Crochets francophones

Bouchers, boucherie et chanson, 6bis

À propos du billet de samedi dernier, Louis me signale dans un commentaire qu’il y a bien une chanson en français évoquant les crochets de bouchers. Guignol des Têtes raide.

Diego me signale que Brassens évoque implicitement l’abatage des volailles dans Les oiseaux de passage, qu’on a passé il y a quelques jours (le 31 décembre 2020) : « Et quand vient le moment / De mourir il faut voir / Cette jeune oie en pleurs […] ». Et les « bœufs qui passent » de la Légende de la none, j’espère qu’ils ne vont pas à l’équarissage ? Dans le même ordre d’idée on peut se demander si le petit cheval blanc ne finit pas à l’étalage d’une boucherie chevaline, voire dans des lasagnes Findus 100% pur bœuf. Le petit cheval, adaptation d’un poème de Paul Fort (d’ailleurs les trois chansons de Brassens du jour sont des adaptations).

Et si on parlait un peu de salade pour oublier toute cette viande ? La salade, de Raoul Ponchon.

Échinocoque, trichocéphale-dispar,
Anguillule, amœba coli, lombricoïde
Ascarides, ankylostome nicobar,
Oxyure vermiculaire, balantide…
J’en passe et des meilleurs. Tels sont, mes chers enfants,
Entre mille autres, qui vivent à nos dépens,
Les vers intestinaux, les monstrueux reptiles,
Sans compter les crochus et virguleux bacilles,
Qui rognent, sapent, scient, sucent nos intestins,
Quand nous faisons intervenir, dans nos festins,
Ce que vous appelez, moi de même, salade.

Rien qu’à vous les nommer vous m’en voyez malade.
Pensez donc à ceci que chaque individu
De cette faune obscure, en nos tripes rendu,
Y détermine telle ou telle maladie ;
Le « balantidium » une balantidie.
Le « dispar » vous fait disparaître jusqu’à l’os ;
Et le moindre lombrix vous vaut le tétanos,
Que si vous avalez un simple ankilostome,
Vous pouvez devenir une ombre de fantôme.
Songez qu’en dévorant un méchant pissenlit,
Vous risquez d’attraper un amœba-coli ;
Et que l’échinocoque ainsi que l’anguillule
Vous désagrégeront, cellule par cellule.
Autant vaut avaler ton sabre, ô Damoclès !

Qu’être lombricoé par un ascaridès…
Je me sens tricoté par un tricocéphale !…
Ô ma tête ! ma tête ! ô ma pauvre céphale !

Adieu donc, ô salade ! ô raiponce ! ô chicon !
Capables d’enrichir en un jour l’Achéron.
Adieu, scarole jaune, et toi, verte laitue,
Que nous croyions inoffensive et qui nous tue !
Quel coup dur pour l’œuf dur ! Adieu, toi, le cresson !
Tu n’es plus la « santé du corps » de la chanson.
Bonsoir la betterave et la douceâtre mâche !
Endive de malheur, et céleri, grand lâche !
Chicorée ! ah mon Dieu ! c’est fini de friser !
Barbe de capucin !… qui voudrait te raser ?

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2 commentaires sur “Crochets francophones

  1. Bonjour,

    « L’espérance est une idée passagère venue de ces pays où les filles sont belles » .

    C’est de qui (chanson très récente, entendue sur deezer) ?

    Cordialement Hervé

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