Évariste le Gaulois

Les scientifiques dans la chanson 12/12
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Voilà le dernier post sur la science. Que ne me suis-je plaint dans cette série… ces pauvres petits scientifiques, dont l’image est malmenée dans la chanson. Mais que font-ils pour leur image ? Peut-être n’ont-ils qu’à s’en prendre à eux même ? Aujourd’hui : le chanteur Évariste (dont le pseudonyme s’inspire sans doute d’Évariste Galois, mathématicien du XIXè siècle, mort en duel à seulement 20 ans, et qui a eu le temps auparavant de produire une œuvre révolutionnaire, c’est devenu une sorte de mythe, voir ici). Sur le chanteur Évariste, vous pouvez en apprendre plus ici, merci à GA, suiveur fidèle de ce blog de me l’avoir fait découvrir.  On écoute sa chanson la plus connue, qui fera beaucoup pour établir définitivement la réputation de santé mentale des scientifiques.  Connais tu l’animal qui inventa le calcul integral ? 

 

 (Pour info, et pour encore un tout petit peu de science avant de passer à autre chose. L’invention du calcul intégral (ou différentiel, ou infinitésimal, mais c’est en gros la même chose) a fait l’objet de la plus célèbre querelle de priorité, entre Newton et Leibniz, ouh les vilains copieurs, voir ici. C’est sûrement cette histoire bien connue qui a suggéré le thème de la chanson à Évariste).

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Musique scientifique

Les scientifiques dans la chanson 11/12
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Courage : on arrive bientôt au bout de cette longue série sur les scientifiques dans la chanson. On fait un petit détour par la musique contemporaine, à travers la figure de Jean-Claude Risset, qui a peut-être le mieux combiné recherche scientifique et écriture musicale. Vous pouvez lire un résumé de sa vie ici. On lui doit le glissando de Shepard-Risset, une construction astucieuse qui donne l’impression paradoxale d’un son qui descend continuellement vers le grave, ou qui monte continuellement vers l’aigu (le truc est expliqué ici) :

On lui doit aussi de nombreuses compositions, par exemple la musique du film Mutations de Lillian Schwartz :

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Richard Feynman

Les scientifiques dans la chanson 10/12
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Ça y est, c’est le 10è post de la série sur les scientifiques dans la chanson, c’est la plus longue série de ce blog. Un petit mot d’explication : c’est l’été. Ou bien vous êtes en vacances et vous ne lisez pas, ou bien vous êtes en vacances, et vous avez du temps pour lire. Dans les deux cas, cet alourdissement ne nuira pas : je n’hésite pas à être un plus verbeux que d’habitude. Aujourd’hui, ça vole très haut.

Dans le dernier post, on a évoqué plusieurs chanteurs français « scientifiques ». Mais aucun d’eux n’était réellement un scientifique professionnel. Ils ont étudié les sciences et se sont consacrés à d’autres choses ensuite. On peut supposer qu’un homme aussi créatif et intelligent que Boris Vian serait devenu un grand scientifique s’il l’avait voulu, mais cela ne restera qu’une hypothèse. Et allez savoir si Bernard Menez ne recèle pas dans le secret de son âme les qualités d’un grand mathématicien…

Aujourd’hui, on s’intéresse à un véritable scientifique, de très haut niveau, qui était musicien amateur. Les exemples sont très très nombreux chez ces anciens bons élèves, beaux esprits, surdoués, portés sur l’abstraction, durs à la besogne, souvent élevés dans de bonnes familles et ayant étudié la musique au conservatoire (allez donc voir par exemple le parcours de l’impressionnant Karol Beffa, qui après des études brillantes a finalement opté pour la musique, ici). Le cas que j’ai choisi pour cette série est d’une autre nature : Richard Feynman, prix Nobel de physique 1965 et joueur de bongo réputé (sa page wikipedia le qualifie prudemment de joueur « enthousiaste » pour ne pas se prononcer sur son niveau de jeu). Il a appris le bongo sur le tard, ça n’est pas vraiment de la chanson, mais disons de la musique populaire et sans prétention. Je trouve que ça jette un éclairage intéressant sur son parcours et son style, disons très détendu, libre et pour tout dire « américain ».

Richard Feynman est probablement le meilleur exemple de ces chercheurs en physique quantique de la troisième génération. La première génération, celle de Max Planck et Albert Einstein, a posé les principes de cette science nouvelle, sans trop y croire, comme un formalisme mathématique décrivant une réalité qui ne serait comprise que plus tard, d’une autre manière. La deuxième génération, celles des Niels Bohr, Werner Heisenberg, Erwin Schrödinger, ou Paul Dirac, a compris que la théorie quantique décrivait vraiment le monde physique, et constituait de ce fait une nouvelle étape, totalement imprévue, de la révolution copernicienne : après que la Terre fut éjectée hors du centre du monde, puis que Darwin eut éjecté l’homme du centre de la Création, les notions naïves de temps, d’espace et de matière se trouvaient éjectées au delà de toute possibilité de compréhension intuitive humaine. Cela n’allait pas sans difficultés philosophiques, une bonne lecture pour vous en faire une idée : ici.

La troisième génération, celle de Feynman donc, a accepté l’héritage des pères fondateurs, et a continué a bâtir le fantastique édifice sans la moindre angoisse philosophique, sans se retourner pour des génuflexions embarrassées à Kant, Bergson, ou je ne sais qui. Richard Feynman est particulièrement  significatif de ce point de vue : ses livres de vulgarisation sont extraordinaires de clarté et de fraicheur, et ses cours publiés, qu’on trouve encore aujourd’hui, écrits dans un style très direct et totalement dépourvu de pédanterie, ont une réputation excellente. Sa biographie n’a rien de rocambolesque. Il est un pur produit de l’Amérique : fils d’émigrés juifs d’Europe de l’Est installés à New-York, étudiant brillant, puis universitaire autant passionné par la recherche que l’enseignement (il a même refusé un poste de la plus prestigieuse institution scientifique du monde, l’Institute for Advanced Studies de Princeton, au motif qu’il n’y avait pas de charge d’enseignement). Un parcours très américain donc (et à titre de comparaison entre la France et les USA, je vous conseille de lire La nature de la physique, de Feynman, et de le comparer à Le hasard et la nécessité de Jacques Monod, qui par coïncidence a reçu le prix Nobel de Physiologie et de Médecine la même année où Feynman recevait son prix de physique).

Tout la vie de Feynman semble marquée par l’hédonisme : dans son autobiographie,  Vous voulez rire, Monsieur Feynman !, il raconte ses choix scientifiques, guidés par le plaisir de la découverte ou l’étonnement. Et puis des aspects plus curieux, comme sa participation au projet Manhattan (et oui, à un moment, le voilà vraiment « fabriquant de bombes atomiques »), dont il fut peut-être le plus jeune contributeur. Le gros de son travail a consisté en l’élaboration de codes secrets pour communiquer avec sa femme en échappant à la surveillance tatillonne du contre-espionnage. L’explication détaillée de ses techniques pour draguer les hôtesses de l’air de la TWA en escale à son hôtel ne manque pas non plus de saveur.  Et bien sûr sa passion pour le bongo, voilà une petite vidéo de lui en train d’en jouer.

Ne nous quittons pas sans une vraie chanson. Ci-dessous, Bohemian Gravity!, de A Capella Science, une version scientifique de la Bohemian Rhapsody de Queen (très beau travail, merci à Nathalie et Bastien, internautes de Lyon 7è de me l’avoir signalée).  À 1min. 6s., vous verrez même au tableau ce qu’on appelle un diagramme de Feynman, vous savez tout sur lui maintenant (mais ce que je préfère, c’est la petite marionnette d’Einstein) !

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Boby Lapointe, mathématicien

Les scientifiques dans la chanson 9/12
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On a déjà noté dans cette série que Boris Vian était ingénieur. À son instar, les exemples de chanteurs scientifiques ne manquent pas : Guy Béart (ingénieur des Ponts et Chaussées), Antoine (centralien comme Boris Vian),  Nicolas Peyrac (étudiant en médecine) et même Bernard Menez (reçu au concours de l’ENSET, aujourd’hui appelée École Normale Supérieure de Cachan, et un moment prof de maths). J’en oublie sûrement. Je n’ai pas trouvé tellement de traces de leurs études dans leurs chansons.

Il n’en va pas de même avec Boby Lapointe. Son affinité avec les mathématiques a déjà été noté dans ce blog, dans la série sur la chanson oulipiste (ici). Il était mathématicien amateur dans sa jeunesse et auteur d’un mémoire sur la numération binaire.  On trouve quelques traces de cette carrière parallèle dans ses chansons : goût immodéré pour ces constructions formelles que sont les calembours, art de tirer toutes les conséquences logiques d’une idée, aussi absurde soit-elle, et parfois même, une curieuse manière de procéder axiomatiquement, comme par exemple en posant que « uhuhuh » est un « refrain ». Le saucisson de cheval. 

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Michel Jonasz et la science

Les scientifiques dans la chanson 8/12
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On s’intéresse toujours à l’image des scientifiques dans la chanson. On a vu qu’elle n’était pas excellente. Faut-il en déduire que les chanteurs n’aiment pas les scientifiques ? Aller, on écoute une belle chanson qui n’a rien à voir, et on en rediscute après. Les fourmis rouges, de Michel Jonasz.

Alors, Michel Jonasz aime-t-il les scientifiques ? Je ne suis pas sûr que la réponse se trouve dans ses chansons. Mais il doit bien les aimer, puisqu’il interviewe Étienne Klein pendant une heure. Pourquoi n’y a-t-il rien dans ses chansons alors ?

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Merci mon Dieu pour la pilule

Les scientifiques dans la chanson 7/12
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Merci à NP, internaute de Lyon 6è, pour m’avoir trouvé la chanson d’aujourd’hui, La pilule d’or, de Sœur Sourire. Pas vraiment de scientifiques dans cette chanson, mais un éloge clair de la science : « La biologie a fait un nouveau pas », « Science et connaissance éclairent la foi »… Inutile de préciser que Sœur Sourire, une sœur dominicaine qui a connu un succès planétaire avec son tube Dominique dans les années 1960, a perdu le soutien de l’Église suite à cette défense de la contraception. Je vous laisse découvrir son triste destin (par exemple ici), et surtout cette étonnante chanson.


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Un professeur qui change la vie

Les scientifiques dans la chanson 6/12
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Comme je l’ai déjà dit, il est très difficile de trouver des chansons qui donnent une bonne image des scientifiques. Je n’en ai trouvé aucune de vraiment convaincante. Aujourd’hui, portrait élogieux d’un professeur (on ne sait pas de quoi), par Jean-Jacques Goldman, dans Il changeait la vie.

On notera que le professeur en question tire son mérite d’être un « simple professeur », et de se tenir « loin des grandes théories ». Ces précautions rappellent un peu la rubrique Exaltation du bas dans le sottisier de Gustave Flaubert, mais oublions : par les temps qui courent, tout éloge des professeurs est bon à prendre.



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