Goldman et Guichard

La dizaine des blogueurs 2bis/6
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La dizaine des blogueurs suscite de nombreux commentaires de mes collègues blogueurs, merci à eux.

À propos de Jean-Jacques Goldman, Pascal du blog Life Sensations In Music me raconte ses expériences comme musicien de bal, ou lors d’un projet au conservatoire. Intéressant. Je réalise en y réfléchissant que Goldman est rarement pris au sérieux comme auteur de chanson : on retient sa musique énergique, immédiatement reconnaissable, même avec une épaisse couche de Johnny par dessus ou noyée dans la grande chorale des Enfoirés. On retient ses orchestrations… Mais allez voir les « cover » de Goldman qui trainent ici ou là, personne n’essaye de chanter les chansons de Goldman comme de simples chansons. Je pense que ça pourrait marcher. Personne sauf Goldman lui-même de temps en temps évidemment. Pas toi, par Fredericks, Goldman et Jones.

Juthova, du blog La Reprise Musicale m’indique que Mon vieux n’est pas une chanson de Daniel Guichard au départ, ce que j’ignorais. L’histoire est détaillée ici et sur la vidéo à suivre. Paroles de Michelle Senlis, musique de Jean Ferrat, par ses premiers interprètes Jacques Boyer et Jean-Louis Stain (le disque est rayé !).

Allez donc voir le blog Approximative But Fair, j’ai trouvé de très belles chansons dessus. Et tous les autres blogs :

Aux Sons Islandais (Spydermonkey)
Life Sensations In Music (Pascal)
Gaitapis (Devant)
Les Jolies Compiles de Keith Michards (Keith)
Jardins Aux Chansons (Pas de lien, vous êtes dessus !)
Blinking Lights (Xavier)
JeePeeDee (JP)
Charlu (Charlu)
Absolutely Cool (Audrey)
Fracas64 (Fracas)
Ma Petite Boîte A Musiques (Chris)
Approximative But Fair (Olivier)
Muziks et Cultures (Francky)
La Reprise Musicale (Juthova)
Dancing On Architecture (Guic)
La Critique Selon Moi (Papasfritas69)

Et les organisateurs :
La Pop D’Alexandre et Etienne (Alexandre et Etienne)
Last Stop ? This Blog ! (Elnorton)

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Le meilleur, c’est Bashung

La chanson sexuellement explicite 13/18
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Passé l’effet de sidération de Je t’aime moi non plus, comment encore écrire des chansons sexuellement explicites ? Les tentatives un peu ratées de Jean Yanne, Herbert Léonard ou Jean Ferrat montrent que malgré l’absence de censure (ou peut-être à cause de son absence ?) ça n’a rien d’évident. Gainsbourg aurait tué le job. Lui-même a connu un coup de mou après Je t’aime moi non plus, voir les billets précédents.

Bashung est peut-être celui qui a su renouveler le genre avec le plus de bonheur. Je vous passe trois de ses chansons plus ou moins explicites. Comme les paroles sont assez obscures (voir ici), on peut imaginer bien des choses… je vous épargne les explications de texte.

Ma petite entreprise.

Madame rêve.

Malédiction, c’est ma préférée.

Vous avez remarqué ? Les trois titres commencent par « ma ». Parlez-en à votre psychanalyste.

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La CSQ (chanson sexuelle de qualité)

La chanson sexuellement explicite 9/18
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La chanson explicite n’est pas le point fort des grands poètes de la chanson. Voyez L’amour est cerise, de Jean Ferrat, véritable accident industriel (à mon humble avis). Mais où a-t-il été fourrer sa moustache pour nous pondre une chanson pareille ? Je ne parle même pas des roses écarquillées du clip, voyez plutôt.

Jean Ferrat, L’amour est cerise.

Dommage Jean Ferrat, j’aimais mieux quand tu disais simplement dans Ma môme :

On s’dit toutes les choses qui nous viennent
C’est beau comm’ du Verlaine
On dirait
On regarde tomber le jour
Et puis on fait l’amour
En secret

Chez Charles Trenet, il n’y a pas trop de sexe, pas explicite en tout cas. La folle complainte, chanson personnelle à l’ambiance provinciale, bourgeoise et poisseuse, contient le célèbre couplet de la bonne qui se donne de la joie. Avec une passoire.

La folle complainte est très souvent reprise. Après un petit tour sur le web, je vous ai choisi ma reprise préférée, par Romain Didier.

Higelin adore.

Brassens, parle très souvent de sexe dans ses chansons, sur un mode tendre, humoristique ou paillard. Puisqu’aujourd’hui c’est grand-de-la-chanson-bashing, je vous passe Le blason, l’une des rares chansons de Brassens que je trouve un peu ratée. Le texte en est si alambiqué que je l’aurais plutôt appelée Les circonlocutions, mais faites-vous votre opinion vous-même. Le blason, version tempo endiablé. Brassens en casse une corde à sa guitare !

Une amie me disait à propos de cette chanson : imagine-t-on une femme qui chante la gloire de cet engin viril, qu’on qualifie par un mot de quatre lettres, ignoble, infâme, désignant normalement un dispositif d’amarrage ? Une femme, certes non. Mais un homme oui. Dans C’est extra, Léo Ferré compare sa quéquette à un archet. Si, si, écoutez bien. Contradiction surprenante : comment une métaphore peut-elle être simultanément aussi prétentieuse et si peu virile ? C’est extra (j’aime pas du tout, voilà, c’est dit).

Si vous vous intéressez à Léo, je vous propose l’exercice suivant. Réécoutez attentivement La mémoire et la mer, puis Jolie môme, et partout où vous le pouvez, interprétez chaque tournure et chaque métaphore sexuellement. Racontez votre expérience dans un commentaire.

Dans cette série, je vous épargne Que je t’aime de Johnny National : le cheval mort, ou lourd, ou en sueur, ou tiède et gluant, ou je ne sais plus trop quoi, j’ai même pas envie d’aller vérifier, beuaaaark. Johnny, je préfère quand tu es enfermé dans un pénitencier (au fait, pénitencier, d’après mon psychanalyste, ce serait en fait pénis-entier, et ce serait à cause de ça que j’ai joué de la guitare).

Johnny, je te range dans le billet sur la chanson de qualité aujourd’hui. Mais c’est juste pour que Crapauds et Rossignols s’indigne bruyamment, ce qui me fera un peu de pub. En attendant, c’est moi qui leur fait de la pub… Bon, il faut bien en passer une de Johnny, je propose la jolie Sarah, une de mes préférées, le Johnny destroy des seventies. Le parolier, l’écrivain Philippe Labro, raconte qu’une fois, pour se plaindre de ses visites trop espacées, sa vieille maman lui a dit : « tu viens me voir… merci pour ton effort ». Oh ma jolie Sarah, avec David Hallyday à la batterie, pauvre petit bonhomme, je réclame une juste part de l’héritage pour lui.

 

Finalement, parmi les « grands de la chanson », je trouve que Jacques Brel tire son épingle du jeu. Jamais paillard Brel. Il fait rarement allusion au sexe. Sur un mode caustique dans Les Jardins du Casino (tiens un jardin…) :

Passent aussi indifférents
Quelques jeunes gens faméliques
Qui sont encore confondant
L’érotisme et la gymnastique

Fataliste et désabusé dans Les vieux amants :
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte

Ce misogyne maladif trouve finalement les mots justes dans J’arrive.

J’arrive, j’arrive
Mais qu’est-ce que j’aurais bien aimé
Encore une fois remplir d’étoiles
Un corps qui tremble et tomber mort
Brûlé d’amour, le cœur en cendres
J’arrive

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Jean Ferrat

L’énigme de l’été 2018, 35/63
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C’est la série d’été du Jardin aux Chansons. Je vous rappelle qu’on cherche ce qui se cache derrière 62 chansons… Aujourd’hui, Jean Ferrat chante Un jour, un jour, poème de Louis Aragon en hommage à Federico García Lorca.

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Alain Goraguer n’a rien composé pour Nougaro

Ils n’ont rien composé pour Nougaro 5/8
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Nougaro a chanté sur des musiques de plusieurs compositeurs ou arrangeurs français qui ne sont associés à aucun courant musical précis. Les électrons libres Michel Colombier ou Jean-Claude Vannier par exemple, et surtout Michel Legrand. Mais rien d’Alain Goraguer, qui a beaucoup travaillé pour Gainsbourg ou Ferrat. On en reparle dans une future série sur les arrangeurs de Gainsbourg.

Goraguer a par exemple écrit les arrangements de Poupée de cire, poupée de son. Par France Gall.

Goraguer était aussi un excellent compositeur avec par exemple la bande originale de La planète sauvage, dessin animé de René Laloux.

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Chansons écolos françaises

Mai 68 politique 5/8
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Après les deux chansons américaines du billet précédent, on repasse au français. On a déjà eu des chansons françaises écolos dans le blog : La maison près de la fontaine de Nino Ferrer (ici),  Le grand chêne de Brassens (ici) ou Le soleil est noir de Tri Yann (ici) par exemple. On trouve des précurseurs avant les années 1960, comme La pêche à la baleine, de Jacques Prévert, mise en musique par Joseph Kosma, et chantée par les Frères Jacques. Et il a fallu 457 billets pour que je mentionne enfin Jacques Prévert…

Les choses se précisent au fil du temps. Restera-t-il un chant d’oiseau, Jean Ferrat, sortie en 1962.

 

À l’approche de Mai 68, tout le monde s’y met, c’est le grand n’importe quoi. En 1967, Plante un arbre par Richard Anthony.

 

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Fritz Lang danse le jerk

Les secrétaires 3/4
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La secrétaire est la prolétaire du secteur tertiaire : pas étonnant qu’elle se marie avec un ouvrier admirateur de Lénine.  Si si, écoutez bien les paroles, dans Le Jerk, de Thierry Hazard.

Dans le clip, on reconnaît bien Christophe Salengro dans le rôle de Roger, mais je me demande qui joue Joséphine ? Et pourquoi porte-t-elle ces sortes de brassards gonflables en plastique au coude ? Après une enquête poussée auprès des sites spécialisés en fétichisme ou en articles de bureau vintage, aucune trace de cet ustensile…

La chanson cite discrètement Jean Ferrat (le « poulet aux hormones », comme dans La Montagne). Enfin le clip fait référence au film Metropolis de Fritz Lang. Voyez plutôt (et comme quoi, il y a parfois plus qu’on ne croit au Top 50).

 

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Le poète s’est absinthé

L’affaire Verlaine 9bis/9
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Un petit message de Pierre Delorme sur facebook nous signale deux chansons citant Verlaine, très belles toutes les deux, merci.  Et dans un commentaire de M-the nous en signale une troisième (très bien aussi, et assez connue) ! Verlaine est un terreau bien fertile.

D’abord À Saint-Germain-des-Prés de Léo Ferré. La chanson cite plusieurs poètes, mais Verlaine a bien sûr la place d’honneur.

 

Et puis Pauvre Lelian, (anagramme de Paul Verlaine !), d’Allain Leprest, sur une musique de Romain Didier. La vidéo montre plusieurs portraits de Verlaine, à voir.

 

Enfin, Ma môme de Jean Ferrat.

 

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