Un juif célèbre

Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 6

Je vais commencer ce billet en vous racontant une histoire authentique. Un juif américain très pieux envoie son fils en vacances en Israël, or le fils revient converti au christianisme. Désespéré, le père va consulter un célèbre rabbin : « Sage entre les sages, qu’ai-je fais pour que mon fils trahisse ainsi la religion de nos ancêtres ? » Le rabbin lui dit : « écoute, c’est incroyable, je n’ai jamais osé en parler à personne, mais il m’est arrivé exactement la même histoire qu’à toi, malheur à nous. Je vais en référer directement au Tout-Puissant ». Dans sa prière, il demande « Mon Dieu, nous avons envoyé nos fils en Israël et ils sont revenus convertis au christianisme, quel malheur ». Dieu répond : « C’est encore plus terrible que tu ne le penses, il m’est arrivé exactement la même chose ».

Et oui, le juif le plus célèbre est probablement Jésus. Si vous en doutiez, considérez qu’il est rentré dans le business de son père, qu’à 33 ans, il n’était pas encore marié et croyait que sa mère était vierge (mère qui le prenait d’ailleurs pour Dieu). Le Christ comme juif apparaît dans quelques chansons, comme dans Hosanna ! de Charles Aznavour.

Je vous propose aussi un extrait des paroles des Vigiles de Léo Ferré, dont je ne trouve aucun enregistrement.

Je vois un juif descendre d’une croix
Et qui vient les battre
Dans tous leurs théatres
Histoir’ de chanter
Le chant des libertés qui viennent du bout du monde

Ou encore Ton Christ est juif, qui appartient au répertoire antiraciste énumératif. Julos Beaucarne.

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Les juifs chez Gainsbourg

Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 5

Dans ce billet, je dois faire une sorte de mea culpa. Les séries sur les juifs et la chanson ont été écrites au fur et à mesure de l’année, ce qui fait je ne découvre que maintenant des éléments pour les séries précédentes. Je disais au début de la série sur les chanteurs juifs que seul Enrico Macias affirme une identité juive dans ses chansons, mais il est clair qu’on peut y ajouter Serge Gainsbourg. En ce domaine comme en bien d’autres, son image est un peu brouillée. Là, c’est parce qu’aucune de ses chansons évoquant le judaïsme n’a rencontré le succès.

Toute sauf peut-être une, mais dont le lien avec le judaïsme n’a a priori pas été envisagé par Gainsbourg au départ. Il s’agit de sa reprise de La Marseillaise en style reggae, son premier disque d’or après plus de 20 ans carrière, qui a déclenché une célèbre polémique. Michel Droit, dans Le Figaro écrivait à son propos :

Beaucoup d’entre nous s’alarment, souvent à juste titre, de certaines résurgences, dans notre monde actuel, d’un antisémitisme que l’on était en droit de croire enseveli à jamais avec les six millions de martyrs envoyés à la mort par son incarnation la plus démoniaque.

Or, dans ce domaine de l’antisémitisme, chacun sait que, s’il y a des propagateurs, il peut y avoir aussi, hélas !, les provocateurs (…). Il n’est évidemment pas un homme de bonne foi, qui songerait à associer cette parodie scandaleuse, même si elle est débile, de notre hymne national et le judaïsme de Gainsbourg. Mais ce ne sont pas précisément les hommes de bonne foi qui constituent les bataillons de l’antisémitisme (…)

Ce à quoi Gainsbourg a répondu dans un article du Matin intitulé On n’a pas le con d’être aussi Droit :

Peut-être Droit, journaliste, homme de lettres, de cinq dirons-nous, membre de l’association des chasseurs d’Afrique francophone, cf. Bokassa Ier, officiant à l’ordre national du Mérite, médaillé militaire, croisé de guerre 39-45 et croix de la Légion d’honneur dite étoile des braves, apprécierait-il que je mette à nouveau celle de David que l’on me somma d’arborer en juin 1942 noir sur jaune et ainsi, après avoir été relégué dans mon ghetto par la milice, devrais-je trente-sept ans plus tard y retourner, poussé cette fois par un ancien néo-combattant (…)

L’affaire a culminé lors d’un concert à Strasbourg, annulé à cause de menaces d’attentats, où Gainsbourg a chanté La Marseillaise a capella, en présence de paras venus pour en découdre, voir la vidéo sur le site de l’INA, ici (on reconnait les paras à leur béret rouge).

Gainsbourg a aussi écrit des chansons moins connues où il donne sa vision du judaïsme, toujours dans une veine provocatrice, Juif et Dieu.

Pour conclure ce billet, je note que Gaimbard était le faux nom utilisé par la famille Ginzburg pour se cacher pendant la guerre. Impossible de ne pas y associer le surnom Gainsbar, qui apparait notamment dans la chanson Ecce homo. Ecce homo : « voici l’homme », paroles prononcées par Ponce Pilate présentant le Christ à la foule selon l’évangile de Jean.

Et ouais cloué le Gainsbarre
Au mont du Golgothar
Il est reggae hilare
Le cœur percé de part en part

 

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