409

En voiture 2/7
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Dans Mythologies, Roland Barthes écrivait :

Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique.

Que dire de la chanson alors ? On en parlera une autre fois.
409 des Beach Boys (déjà passée dans la série sur les nombres en chanson, ici).

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Antoine : récupéré par la société

De l’usage du mot « société » en chanson – 3/5
1 – 2 – 3 – 45

Pour qui veut tout faire péter pour faire finalement refleurir la Commune, c’est curieux de se présenter comme un successeur du chanteur Antoine, même avant que la « société » ne l’ait « récupéré ». Tiens encore un mot que je n’entends plus tellement, déjà présent dans la chanson du  tout premier post de ce blog : « récupéré ». Et oui, on est « récupéré » par la « société », tandis que « le système », on « en fait partie ». Gauche (société), avec lutte des classes, éveils de conscience et trahisons, contre droite (système) : chacun est déterminé par sa naissance, ses gènes, ou par on ne sait pas très bien quoi, l’important étant que chacun ait sa place et y reste. On notera qu’il y a une « sociologie », mais pas de « systèmologie » : le « système », on sait ce que c’est grâce au « bon sens », ce « chien de garde des équations petites-bourgeoises » comme disait Roland Barthes. Et oui, « tout le monde » sait bien qui « fait partie du système » et qui est « anti-système », pas besoin de grande théorie pour ça…

Quoi qu’il en soit, l’artiste a toujours raison, oh yé ! 

Société, tu m’auras pas, de Renaud. 



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Merci !

Merci ! 

Avant de démarrer une nouvelle série, je voulais dire un grand merci à ceux qui suivent ce blog, par exemple à « écureuil avisé », une internaute de Paris 10è pour son gentil commentaire sur Michèle Bernard. Je réponds à quelques questions parues dans les commentaires ou adressées directement.

À propos de l’adresse de ce blog

Un internaute anonyme demande pourquoi j’ai changé l’adresse du blog. Tout simplement parce qu’au départ je n’avais pas de nom valable pour ce blog. « Chanson du jour », c’était un peu nul, et déjà pris en plus. J’ai pensé à « Jardin aux chansons qui bifurquent », et j’ai voulu que l’URL soit conforme au nom du blog. Désolé pour les inconvénients occasionnés, c’est la dernière fois. 

À propos de l’École Normale Supérieure de Fontenay

Merci à NP, internaute de Lyon 6è de me signaler que, selon sa maman, la chanson de Maxime Le Forestier, Fontenay aux Roses, ne peut pas concerner l’École Normale Supérieure, aux motif que le texte ne colle pas à la réalité de l’École. Par exemple, les normaliennes n’avançaient pas en rang par deux. C’est oublier que les chansons sont parfois plus affaire de fantasmes que d’exactitude… Mais il est difficile de mener une enquête sérieuse sur cette affaire. Je tenais l’information de longue date et de je ne sais où : tout le monde sait bien que Maxime parle de l’ENS. La page wikipedia de la chanson est formelle sur ce point, mais ne cite aucune source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontenay-aux-Roses_%28chanson%29

Il pourrait bien s’agir d’une légende urbaine, ou plutôt peri-urbaine en l’espèce. Si quelqu’un détient une information étayée, merci d’en faire état (dans les commentaires tant qu’à faire, que tout le monde en profite).

À propos de Gainsbourg et de l’École Polytechnique

Merci à Henri, internaute de Paris 10è, pour son commentaire sur ma page facebook. J’ai dit plus haut que la chanson était plus affaire de fantasme que d’exactitude, mais je me demande si avec Gainsbourg, ça n’est pas le contraire, lui qui disait que la connerie est la décontraction de l’intelligence…   Nous parlons de Qui est « in » qui est « out », la chanson de Gainsbourg qui fait prétendument allusion à l’École Polytechnique (également appelée « X »). Voici le commentaire d’Henri :

« Non, Nicolas, « la botte » ça n’a rien à voir avec l’X, mais bien avec une relation sexuelle, dans un argot archaïque aujourd’hui : on entendait l’expression : proposer la botte à une dame… Et c’est davantage dans l’esprit de Gainsbourg auquel Polytechnique était assez étranger… »

Mouais… Revenons à la chanson. Le refrain relève de ce sous-genre de la chanson qui explore sous forme de liste toutes les modalités d’une certaine situation. Gainsbourg excellait dans cet exercice qu’il abordait avec une précision discrète, comme dans Les petits papiers ou Ford Mustang. Ici, le bref catalogue énumère des situations où il faut sortir dans les premiers d’un classement ou satisfaire aux exigences d’un décompte.

« Jusqu’à neuf tu es OK, tu in, après quoi, tu es KO, tu es out. C’est idem pour la boxe, le ciné la botte et le Cash Box ». À la boxe, il est bien connu que l’arbitre compte jusqu’à dix avant de proclamer le KO du boxeur à terre.  Le Cash Box était un magazine américain qui publiait des palmarès du hit-parade. Le ciné, je ne sais pas trop ce qu’il fait là, mais c’est probablement une référence au box-office. Reste la « botte »… C’est effectivement une relation sexuelle en vieil argot (je ne savais pas), mais qu’est-ce que ça viendrait faire parmi les classements alors ?  Tandis qu’à l’X,  la botte est précisément un classement, comme expliqué dans le post ici débattu.

L’expression « sortir dans la botte », au sens de « sortir bien classé d’une école », je l’ai entendue de mes propres oreilles il y a longtemps, à propos d’un collègue de mon papa, de qui je la tiens. Si moi je l’ai entendue, pourquoi pas Gainsbourg ? Avec les grandes oreilles qu’il avait…

Pour finir, qu’importe « l’esprit de Gainsbourg » ? Le texte n’a-t-il pas son autonomie ? Aïe, me voilà en train de resservir Contre Sainte-Beuve et de refaire le coup de Sur Racine 50 ans après Roland Barthes, à un internaute de Paris qui plus est… Ne rallumons pas la Querelle de la Nouvelle Critique à front renversé et pour si peu. Merci en tout cas de me signaler que Gainsbourg s’intéressait au sexe, ça m’aidera pour la suite de ce blog.

Place à Charles Trenet !

Merci enfin à Nathalie, internaute de Lyon 7è, qui nous signale dans un commentaire que Becassine de Brassens cite une chanson de Charles Trenet. C’est notre chanson du jour : Fleur bleue. À propos, qui saurait donner un autre exemple de chanson de Trenet citée par Brassens ?

Et n’oubliez pas de revenir demain, ça repart très fort avec une énorme énigme.

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