Satisfaction

Les cultures soixante-huitardes 1/8
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À la rentrée, je vous ai promis un thème qui va courir toute l’année. Camarades, ce thème, c’est bien sûr Mai 68, cette « révolution manquée qui faillit bouleverser l’Histoire » selon Renaud (citation tirée de sa chanson Hexagone). Tout au long de l’année, le Jardin aux chansons qui bifurquent consacrera cinq séries à cet événement dont on fête bientôt le cinquantième anniversaire ! Chaque série en étudiera un aspect particulier, vous verrez.

Avant de commencer, analysons le sondage que je vous proposais. Il s’agissait d’associer des événements marquants de l’Histoire de France à des chansons. Je n’ai eu que cinq réponses. Vous m’avez proposé :
– Révolution française : Ça ira, La Marseillaise
– Commune de Paris : La butte rouge, La semaine sanglante, Le temps des cerises
– Guerre de 14-18 : J’avions reçu commandement, La chanson de Craonne, La butte rouge, La guerre de 14-18
– Seconde guerre mondiale : Le chant des partisans, Comme toi
– La guerre d’Algérie : Une gégène extraordinaire, Le déserteur
– Mai 68 : Les élucubrations d’Antoine, Chacun de vous est concerné, Con par raison, Crève salope, Paris mai

Le but de ce sondage était de valider l’hypothèse selon laquelle aucune chanson n’est spontanément associée à Mai 68, alors que les autres événements ont leur chanson. Mon hypothèse est partiellement validée : pour Mai 68, tout le monde donne effectivement une réponse différente, alors que à l’opposé, pour la Révolution Française tout le monde cite la même chanson : Ça ira (mais en oubliant La Carmagnole !).   Pour la première guerre mondiale aussi, il y a bizarrement beaucoup de réponses différentes, alors que j’attendais à un tir groupé sur La chanson de Craonne (citée une seule fois).

Ce que je voulais dire, à défaut de pouvoir le prouver sur un échantillon de taille 5, c’est qu’aucune chanson sur Mai 68 ne ressort vraiment. Est-ce à dire que l’événement n’est pas suffisamment « majeur » pour mériter sa chanson ? Ou au contraire, Mai 68 serait un mouvement tectonique d’une telle ampleur sociale que n’importe quelle chanson chantée par un baby boomer de 1960 à nos jours serait en quelque sorte une chanson de Mai 68 ? L’hypothèse n’est pas si absurde…

Je dirais plutôt que Mai 68 a une signification complexe et encore débattue, ce qui ne facilite pas l’émergence d’une chanson particulière. Il s’est en outre produit en concomitance avec la grande vague rock anglo-saxonne, ce qui a laissé moins de place à une chanson bien de chez nous : la chanson « française » de mai 68 est peut-être à chercher chez les Beatles, les Stones ou les Who ?

Oublions ce débat : il y a beaucoup de chansons, aucune ne ressort, voilà qui arrange mes petites affaires de blogger. Le première série sur Mai 68 est donc placée sous le signe de la diversité : on aborde les multiples « cultures » soixante-huitardes : courants, modes, tendances, etc. Pas de chanson trop politique dans cette série, on garde ça pour plus tard.

On commence par un aspect paradoxal de Mai 68, maintes fois souligné : grande révolution collective et sociale et en même temps irruption de l’individualisme et de l’hédonisme dans le champ politique. Déjà les « en même temps »… Je vous passe Satisfaction, des Rolling Stones, classée 2e plus grande chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone !! Ça date de 1965.

 

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Encore un peu de The Who

Quand le rythme devient envahissant 6/6
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Pour conclure cette série sur le rythme envahissant, on revient au point de départ de la série : The Who, et son batteur Keith Moon. Lorsque Mick Jagger s’est retrouvé en prison pour une sombre affaire de stupéfiants, quelques artistes publièrent pour le soutenir des reprises des Stones. The Who se fendit d’une version très spéciale d’Under My Thumb, chanson qu’on a déjà rencontrée dans ce blog dans notre série sur le féminisme et le sexisme, ici.
Alors que la version originale tient debout par le contraste entre l’ostinato entêtant du marimba de Brian Jones et le chant syncopé de Mick Jagger, la version de The Who sonne un peu amateur et se tient tout entière par la batterie littéralement hors de contrôle de ce cher Keith… On notera aussi le traitement très spécial des chœurs, une autre spécificité de The Who, dont on reparlera quand j’y aurai compris quelque chose. Tout ça donne un je ne sais quoi de frais et d’humoristique à cette version.

Pour comparer, l’original des Stones :

 

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Keith le dingue

Quand le rythme devient envahissant 1/6
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À partir d’aujourd’hui, on parle d’équilibre, ou plutôt de déséquilibre. En musique, chaque instrument doit occuper sa place, ni trop ni trop peu. Avant un concert, c’est lors de la séance de « balance » qu’on règle le volume des différents instrument afin que se produise le « mix ». Mais il y a un instrument qui a toujours du mal à se contrôler : la batterie. On va en voir quelques exemples au cours des prochains jours.

On commence avec l’un des plus grands batteurs de toute l’histoire du rock, Keith Moon, de The Who, grand groupe de rock, actif de 1964 à nos jours. Keith était surnommé « Moon the loon » (= « Moon le dingue »), et comme on va le voir, il prenait beaucoup de place. Je vous laisse naviguer sur la toile pour découvrir sa triste vie, conclue par une overdose en 1978. Je vous propose trois vidéos.

La première est un show à la télévision anglaise, de 1968. C’est probablement un playback, mais vous noterez la présence incroyable d’une simple petite paire de claves (claves = deux bâtons qu’on frappe l’un contre l’autre). Essayez d’en faire autant ou, si vous aimez le solfège, essayez de repiquer ce petit chef d’œuvre de rythme pour voir. Vous pouvez aussi jeter un œil à Pete Townshend, le guitariste du groupe avec son célèbre moulinet du bras droit. Magic Bus.

La deuxième vidéo vient aussi d’un célèbre show télé, où Keith Moon a mis dix fois la dose d’explosif prévue pour faire exploser sa batterie à la fin. Il parait que Pete Townshend, est resté sourd d’une oreille suite à l’incident. My generation.

La troisième vidéo, c’est juste pour le plaisir : notre Magic Bus en live devant plus de 600 000 spectateur, lors de l’un des plus grands concert de rock de tous les temps, le concert de l’Île de Wight en 1970.

 

 

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