Mon Mai 68 à moi

Mai 68 V, Les nostalgiques de Mai 68, 11/11
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En ce 12 mai, voilà le dernier billet de la dernière de nos cinq séries sur Mai 68. Tout le monde est un peu nostalgique de Mai 68, chacun selon son humeur. Qui aurait bien aimé lancer un pavé sur un CRS, qui aurait voulu vivre dans une communauté hippie. Qui envisage pour sa quéquette des débouchés rétrospectifs et formidables en cette période de révolution sexuelle. Qui, en visionnaire de la réaction, aurait voulu critiquer Mai 68 pendant mai 68, manière tellement plus originale de faire Mai 68. Qui aurait voulu tout simplement trouver du boulot facilement, voir son salaire augmenté puis s’acheter une Simca.

Bref, en cet anniversaire, nous voilà tous « frustrés de la débauche, des honneurs, de la célébrité, du génie ; parfois de chimères plus indéfinissables, de ce que chacun recélait de profond et de doux, depuis son enfance, dans la niaiserie particulière de son rêve. » (c’est du Marcel Proust qui pastiche Gustave Flaubert, dans Pastiches et mélanges).

Dans ce dernier billet sur Mai 68, je vous livre ma vision toute personnelle : moi ce que j’aurais aimé, c’est voir le soleil se lever après la fin du concert des Who, le 29 août 1970 sur l’ile de Wight. See mee, feel me.

Ou peut-être entendre Janis Joplin en vrai, juste une fois. To Love Somebody.

En live, un an avant sa mort à l’âge de 27 ans. Summertime.

Je vous livre aussi un souvenir d’enfance pour conclure. Étant moi-même fils de soixante-huitards, j’ai été biberonné de toutes sortes de discours politiques. À tel point que je croyais que le refrain du tube de l’été de mes 8 ans était « L’était facho, l’était facho » ! Souvenir authentique, et bien étrange dommage collatéral… Je me souviens que ça avait bien fait rigoler mon papa. L’été s’ra chaud, 1979, Éric Charden.

Dans la préparation de ces séries, le site de Jacques Deljéhier m’a bien aidé.
http://www.deljehier.levillage.org/mai_68.htm

La conférence d’Ignatus Que dit la chanson de nous ainsi que quelques échanges avec lui m’ont fourni plusieurs bonnes idées, merci. Voir ses conférences ici.

Je vous recommande le webdoc Mai 68, la science s’affiche, ici.

Pour les villeurbannais, à ne pas manquer, un spectacle sur Mai 68 en chansons, vendredi 18 mai à 20h30 à l’ENM, entrée libre et gratuite, détails ici.

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Satisfaction

Les cultures soixante-huitardes 1/8
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Bienvenue sur le Jardin aux chansons qui bifurquent, le blog qui parle de chansons à travers des séries thématiques ! Vous pouvez voir tous les thèmes traités depuis le début ici. Au début de chaque billet, il y a des petits numéros (regardez, c’est trois lignes au dessus), qui permettent de naviguer dans le thème.

Si vous vous abonnez (lien en haut à droite), dès demain, vous pourrez commencer à chercher une énigme passionnante… Là, vous êtes au début du premier des cinq thèmes consacrés à Mai 68 en chanson :

1 – Les cultures soixante-huitarde
2 – Mai 68 politique
3 – Les chansons de mai
4 – La chanson anti-soixante-huitarde
5 – Les nostalgiques de Mai 68

On commence par un aspect paradoxal de Mai 68, maintes fois souligné : grande révolution collective et sociale et en même temps irruption de l’individualisme et de l’hédonisme dans le champ politique. Déjà les « en même temps »… Je vous passe Satisfaction, des Rolling Stones, classée 2e plus grande chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone !! Ça date de 1965.

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Encore un peu de The Who

Quand le rythme devient envahissant 6/6
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Pour conclure cette série sur le rythme envahissant, on revient au point de départ de la série : The Who, et son batteur Keith Moon. Lorsque Mick Jagger s’est retrouvé en prison pour une sombre affaire de stupéfiants, quelques artistes publièrent pour le soutenir des reprises des Stones. The Who se fendit d’une version très spéciale d’Under My Thumb, chanson qu’on a déjà rencontrée dans ce blog dans notre série sur le féminisme et le sexisme, ici.
Alors que la version originale tient debout par le contraste entre l’ostinato entêtant du marimba de Brian Jones et le chant syncopé de Mick Jagger, la version de The Who sonne un peu amateur et se tient tout entière par la batterie littéralement hors de contrôle de ce cher Keith… On notera aussi le traitement très spécial des chœurs, une autre spécificité de The Who, dont on reparlera quand j’y aurai compris quelque chose. Tout ça donne un je ne sais quoi de frais et d’humoristique à cette version.

Pour comparer, l’original des Stones :

Cette série vous a plu ? On en reparle :
George Kollias, batteur virtuose

 

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Keith le dingue

Quand le rythme devient envahissant 1/6
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À partir d’aujourd’hui, on parle d’équilibre, ou plutôt de déséquilibre. En musique, chaque instrument doit occuper sa place, ni trop ni trop peu. Avant un concert, c’est lors de la séance de « balance » qu’on règle le volume des différents instrument afin que se produise le « mix ». Mais il y a un instrument qui a toujours du mal à se contrôler : la batterie. On va en voir quelques exemples au cours des prochains jours.

On commence avec l’un des plus grands batteurs de toute l’histoire du rock, Keith Moon, de The Who, grand groupe de rock, actif de 1964 à nos jours. Keith était surnommé « Moon the loon » (= « Moon le dingue »), et comme on va le voir, il prenait beaucoup de place. Je vous laisse naviguer sur la toile pour découvrir sa triste vie, conclue par une overdose en 1978. Je vous propose trois vidéos.

La première est un show à la télévision anglaise, de 1968. C’est probablement un playback, mais vous noterez la présence incroyable d’une simple petite paire de claves (claves = deux bâtons qu’on frappe l’un contre l’autre). Essayez d’en faire autant ou, si vous aimez le solfège, essayez de repiquer ce petit chef d’œuvre de rythme pour voir. Vous pouvez aussi jeter un œil à Pete Townshend, le guitariste du groupe avec son célèbre moulinet du bras droit. Magic Bus.

La deuxième vidéo vient aussi d’un célèbre show télé, où Keith Moon a mis dix fois la dose d’explosif prévue pour faire exploser sa batterie à la fin. Il parait que Pete Townshend, est resté sourd d’une oreille suite à l’incident. My generation.

La troisième vidéo, c’est juste pour le plaisir : notre Magic Bus en live devant plus de 600 000 spectateur, lors de l’un des plus grands concert de rock de tous les temps, le concert de l’Île de Wight en 1970.

 

 

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