Smoke gets in your eyes

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 13/23

Serge Gainsbourg a consacré un concept-album au nazisme, Rock around the bunker. On en a déjà passé plusieurs extraits dans ces séries sur les juifs et la chanson. Beaucoup de sujets sont évoqués : la nuit des longs couteaux dans Nazi rock, les persécutions antisémites dans Yellow star, l’exil des nazis en Amérique du sud dans SS in Uruguay, etc, etc.

Mais pas de chanson sur la Shoah, en apparence du moins. Car je pense que la chanson sur la Shoah de l’album, c’est la seule en anglais : la reprise du standard de jazz Smoke gets in your eyes.

C’est juste une hypothèse, mais les paroles de cette chanson d’amour prennent un relief particulier si on les écoute dans cette perspective. De toute manière, sans ça, on se demande ce que Smoke gets in your eyes fabrique dans cet album.

They asked me how I knew
My true love was true
I of course replied
« Something here inside
Cannot be denied »

They said someday you’ll find
All who love are blind
When your heart’s on fire
You don’t realize
Smoke gets in your eyes

So I chaffed and I gaily laughed
To think they could doubt my love
Yet today, my love has flown away
I am without my love

Now laughing friends deride
Tears I cannot hide
So I smile and say
« When a lovely flame dies,
Smoke gets in your eyes. »

Smokes get in your eyes était parait-il un des standards préférés de Thelonious Monk.

Autre extrait de l’album de Gainsbourg, Nazi rock. Au début de la vidéo, échange entre Philippe Bouvard et Serge Gainsbourg :

PB : Pourquoi tout un disque sur les nazis ?
SG : Disons que c’est un os qui m’était resté depuis 34 ans.
PB : Vous étiez très jeune au moment de l’occupation.
SG : Mais j’ai de la mémoire, j’avais 12 ans.

Pour finir sur une note plus légère, je vous propose une parodie de Smoke gets in your eyes, par Mickey Katz : Don’t let the schmaltz get in your eyes. Le « schmaltz » désigne en yiddish la graisse d’oie, ingrédient de la cuisine juive d’Europe de l’Est.

1 – La chanson de Simon Srebnik
2 – La chanson de Treblinka
3 – Yisrolik
4 – Le chant des marais
5 – Le Verfügbar aux Enfers
6 – Casimir Oberfeld
7 – Êtes-vous heureux ?
8 – La fontaine endormie
9 – Il n’y a plus de roses rue des Rosiers
10 – Le petit train de Rita Mitsouko
11 – Comme-toi
12 – Nuit et brouillard
13 – Smoke gets in your eyes
14 – Pitchipoï
15 – Évariste
16 – Au fil du temps
17 – Les Ramones à Bitburg
18 – Signé Furax
19 – Des voix off
20 – Roméo et Judith
21 – Culture du camp
22 – La troisième symphonie de Górecki
23 – Beltz

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La véritable histoire de Davy Crockett

Les Juifs et la chanson I – La chanson yiddish 13/14

On fait aujourd’hui connaissance avec Mickey Katz, chanteur fantaisiste américain. Il a débuté dans l’orchestre de Spike Jones (déjà passé dans le blog, ici). Il s’est ensuite spécialisé dans la parodie de classiques américains en simili yiddish avec accent à la Rabbi Jacob. Une sorte de Popeck en chanson, dont je n’ai pas trouvé d’équivalent français.

Mickey Katz nous chante la véritable histoire de Davy Crockett, dont l’historiographie ignore largement qu’il a été nourri au gefilte fish (= la carpe farcie). Duvid Crockett.

Puisque le billet du jour est sous le signe de la cuisine juive et de la blague, en voilà une. C’est un Villeurbannais qui cherche à se loger, et qui visite un appartement habité par des Juifs très pieux. Il s’étonne de voir deux éviers, chacun à un bout de la cuisine. Les occupants du lieu lui expliquent : « C’est pour la cuisine casher, qui suit des règles très strictes. La Torah dit « tu ne mangeras point l’agneau dans le lait de sa mère ». Il nous est donc interdit de manger lait et viande en même temps, c’est pourquoi pour éviter tout mélange nous avons deux éviers ».

Il s’étonne alors de voir quatre frigidaires : un pour le lait, un pour la viande, d’accord, mais pourquoi les deux autres ? « Le troisième frigidaire c’est pour Pessa’h, la Pâque juive. En souvenir des Hébreux qui n’ont pas eu le temps de faire lever le pain avant de fuir l’Égypte, il nous est interdit durant Pessa’h de manger le « hametz », (= la levure) : pas de pain levé, pas de yaourt, pas de bière, etc. Le troisième frigidaire est donc exempt de toute levure et ne sert que durant Pessa’h ».

D’accord, mais le quatrième frigidaire ? « Oh, celui-là, c’est pour quand on a envie d’une tranche de jambon ».

Si vous voulez d’autres explications sur Pessa’h (Passover en anglais), regardez cet extrait de Prends l’oseille et tire-toi, film de Woody Allen.


Les Juifs et la chanson I – La chanson yiddish

1 – Bella Ciao, d’Odessa à Tom Waits
1bis – Commentaires
2 – Ruth Rubin legacy
3 – Yiddish art song
4 – Molly Picon
5 – The Barry Sisters
6 – Yiddish swing
7 – Sarah Gorby
8 – Tango
9 – Yiddish Rhapsody
10 – Yiddeshe mame par Billie Holiday
11 – Bei mir bistu shein
12 – Catherine Ringer
13 – La véritable histoire de Davy Crockett
14 – Le temps des cerises en yiddish

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