La partie de bridge

Jeu et chanson 7/15

On aborde aujourd’hui le jeu bourgeois par excellence, le bridge. Avec un petit chef-d’œuvre de Mireille et Jean Nohain, La partie de bridge, par Mireille, Jean Sablon et le duo Pills & Tabet (sur la notion de « petit » chef d’œuvre, voir ici).

Avec Jacqueline Maillan, c’est pas mal aussi. La polyphonie du trio d’hommes (Michel Roux, Philippe Nicaud et Jacques Bodoin) est moins bien réglée que sur le disque, et Mireille est au piano.

Sinon, j’adore lire des commentaires de parties de bridge. Je n’y comprends rien, mais j’aime cette poésie mécanique qu’on ne rencontre plus que là de nos jours, et qui transparaît d’ailleurs dans les paroles de Jean Nohain. Exemple pêché au hasard sur le web. « Dans le silence adverse …».

Après les enchères suivantes, dans le silence adverse : Sud, un cœur – Nord deux carreau – Sud deux cœurs – Nord quatre cœurs, vous entamez du roi de pique, et votre partenaire prend de l’as de pique. Laissez le roi de pique face visible, bloquant ainsi le jeu (vous en avez toujours le droit), et refusant de retourner votre carte jusqu’à ce que vous ayez suffisamment réfléchi à la situation :
1°) Points visibles : 12 + 10 = 22 ; 40 – 22 = 18. Sud a ouvert. Est n’aura donc que 6, maximum 7 points.
2°) L’entame : Sud n’a rien à pique.
3°) Le mort est plat, mais l’impasse au roi de carreau bien placé pour Sud, va réussir.

Tout est noté ? Vous pouvez retourner votre roi de pique. Est repart du valet de pique. Vous ne savez pas s’il est sec ou encore second, vous prenez donc de la dame de pique, et vous rejouez le 10 de pique. Tout le monde fournit. Quelle est maintenant la situation ? Sud avait 3 petits piques, et il a forcément l’as de trèfle et as-roi ou as-roi-dame de cœur pour justifier son ouverture. Il devient donc impossible de trouver une levée mineure. Le seul espoir réside dans la couleur d’atout, cœur. Si Est a la dame de cœur (très peu probable), votre valet de cœur fera chuter. En fait, votre unique solution est d’espérer une promotion d’atout, en jouant le neuf de pique en coupe et défausse : il faut souhaiter qu’Est possède le neuf de cœur, obligeant Sud à surcouper de la dame de cœur, votre seule chance de faire chuter (et si Est a la dame de cœur, c’est encore mieux !). Est-ce que ce plan de jeu, en défense, vous a paru si difficile ?

1 – Les échecs
2 – Le jeu générique
3 – Monopoly
3bis – Chanteuses au nom de jeu
4 – Le flipper
5 – Marelle et pile ou face
6 – Le flambeur
6bis – Cache-cache
7 – La partie de bridge
8 – Le jeu de go
9 – La pétanque
9bis – Cache-cache party et go
10 – Question pour un champion
11 – La belote
12 – Le casino
13 – Les jeux vidéos
13bis – Les jeux vidéos (bis)
14 – Poker
15 – Le joujou du pauvre

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La peinture en bâtiment est-elle un art majeur ?

La chanson, art majeur ou art mineur VIII. Chanson et peinture 5/17

À force de se casser la tête sur les arts majeurs, on oublie qu’en peinture, il y a aussi les peintres en bâtiment.

Y a toujours un peintre, par Marcel Amont.

Les peintres en bâtiment sont souvent cantonnés à la chanson comique. Bourvil, La Rumba du pinceau (par la fenêtre).

Mon oncle a tout repeint, par Marianne Oswald, une chanson de Jean Nohain.

Bourvil et Marcel Amont sont les seuls chanteurs qui joignent le geste à la parole : ils peignent en même temps qu’ils chantent, bravo.

La figure de l’artiste peintre étant plutôt positive, lorsqu’un ex-peintre tourne mal, on s’imagine qu’il ne pouvait être peintre qu’en bâtiment… Tout en prenant quelques précautions pour ne pas heurter cette noble profession. Voir la chanson Il travaille au pinceau, de Georgius, « l’amuseur public numéro 1 ». On en est 1938.

1 – Pourquoy n’aura mon langage, son or et ses douces fleurs ?
2 – Être Dieu
3 – Brel à Gauguin
4 – Goya et la chanson
4bis – Goya bis
5 – La peinture en bâtiment est-elle un art majeur ?
6 – Figure mythique du peintre
7 – Van Gogh, peintre par excellence de la chanson
8 – Autres personnages de peintres
9 – Les arbres de Corot
10 – Regard impressioniste
11 – La Joconde
12 – Nicolas Schöffer
13 – Ekphrasis
14 – Serge Rezvani
15 – Nino Ferrer
16 – Mick Micheyl
17 – Serge Gainsbourg

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La sonate au clair de lune de Beethoven

La chanson, art majeur ou art mineur VI. Musique classique, chanson, et réciproquement, 12/18
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En chanson, on entend parfois une citation classique subreptice. Dans Les bonbons de Jacques Brel, au moment de « sur le kiosque on joue Mozart », l’orchestre se prend pour Mozart un quart de seconde.

 

Dans Couché dans le foin, une chanson de Mireille et Jean Nohain, il y a un emprunt rapide à Carmen de Georges Bizet (sur « Hélas le métier de toréador », vers 1:02). Je vous propose une interprétation par Pills et Tabet. On aperçoit Jean Nohain au début de la vidéo.

Dans Il fait des …, l’une des 87 chansons écrites par Édith Piaf, Yves Montand nous fait entendre quelques passages classiques, dont un petit bout de la Sonate au clair de lune de Beethoven, c’est vers la fin.

J’en profite pour vous repasser l’excellent sketch de Bernard Haller.

Il est vrai que cette sacrée sonate se prête volontiers à toutes sortes de massacres. Au kazoo, Joël Van Der Mark.

Puisqu’on parle de Beethoven, je vous raconte un souvenir personnel. En cours de solfège, la prof nous demande pourquoi à la fin de la Cinquième symphonie, l’orchestre joue plusieurs fois l’accord de tonique. J’ai répondu : « parce que Beethoven était sourd ». On m’a viré de l’école de musique.

Meuh non, on ne m’a pas viré, personne n’a entendu ma bonne blague. Et la vraie réponse c’était plutôt que vue la colossale quantité d’énergie harmonique accumulée, il fallait résoudre plusieurs fois.

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