Gogol, Mouna et Théodore Monod

Les chansons de Mai 6bis/9
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Vous avez peut-être remarqué une accélération de la parution des billets ces derniers jours ? C’est dû à une erreur, j’en avais casé deux le même jour, en conséquence de quoi j’ai dû un peu décaler et tasser tout ça.

En ce dimanche, un petit billet pour faire le point sur différentes choses. Tout d’abord, le sondage « quel est le chanteur le plus soixante-huitard ». Je n’ai eu que deux réponses : NP, internaute de Lyon 6è me dit Antoine, et Karim, internaute de Genève me dit Graeme Allwright. Et moi je dis Jacques Dutronc, cf le billet d’avant-hier. L’échantillon n’est pas statistiquement représentatif ! En fait, je me demandais si quelqu’un penserait à Dutronc… Mais tout ça n’a pas grand sens évidemment.

Karim de Genève (déjà cité) me signale une erreur dans le billet consacré à Aguigui Mouna. Gogol Premier n’est pas un groupe de rock, mais un chanteur. C’est corrigé. Dans le billet, je parlais du discours de Théodore Monod à l’enterrement de Mouna. Si vous ne savez pas quoi faire ce dimanche, je vous recommande l’émission de Benoît Duteurtre (en réécoute ici) consacrée à Alain Souchon. Il parle de sa chanson La vie Théodore, sur Théodore Monod justement.

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Paris s’éveille

Les chansons de Mai 5/9
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On continue avec Jacques Dutronc et une chanson de Mai 68 assez surprenante, car plutôt classée de nos jours dans l’immense et vague répertoire des chansons de « variétés » : Il est cinq heures, Paris s’éveille. La chanson est sortie en mars 1968, sur le même disque que L’augmentation et Fais pas ci, fais pas ça vues dans le dernier billet. On est bien dans l’esprit de mai, combinaison paradoxale d’individualisme, d’hédonisme et de conscience sociale : un fêtard rentrant se coucher au petit matin croise des « ouvriers déprimés » qui partent trimer. On retrouve ce mélange dans Et moi et moi par exemple (déjà vue ici), du même parolier, Jacques Lanzmann qui a parfaitement capté l’air du temps.

Mais ce qui a dû parler au cœur du manifestant soixante-huitard, c’est cette vision de Paris, si belle dans le petit matin… Avec quelques barricades, ça devait être encore mieux. Et bien sûr, l’expression « Paris s’éveille » prend un sens tout à fait différent en pleine « révolution »… Il est cinq heures, Paris s’éveille, vidéo du 18 avril 1968.

Notez que ce n’est pas la première fois qu’une chanson au premier abord légère se trouve propulsée au rang de chanson révolutionnaire : il y a eu Le temps des cerises, avec la Commune de Paris, mais c’est une autre histoire. Il paraît que dès Mai 68, les paroles un peu trop petites bourgeoises de Il est 5 heures ont été adaptées aux événements par Jacques Le Glou :

Les 403 sont renversées
La grève sauvage est générale.
Les Ford finissent de brûler
Les enragés ouvrent le bal.
Il est cinq heures… Paris s’éveille,
Paris s’éveille

Cette version révolutionnaire a été enregistrée plus tard. Il est cinq heures, Paris s’éveille par Jacqueline Danno.

Cette chanson est parue sur le disque Pour en finir avec le travail dont on va voir plusieurs titres dans les prochains billets.

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Dutronc soixante-huitard

Les chansons de Mai 4/9
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Je vous ai proposé un sondage il y a quelque temps : quel est le chanteur le plus « soixante-huitard ». Évidemment, il n’y a pas de « bonne réponse », je vous donne la mienne : Jacques Dutronc. Écoutez plutôt. Sur le disque Il est cinq heures, sorti en mars 1968, on trouve L’augmentation, portrait satirique d’un délégué syndical lâche, qui se fait traiter de « fainéant » par son patron. La chanson se trouve à la croisée de bien des chemins : basculement du mouvement ouvrier dans des revendications plus individualistes, luttes vues comme un spectacle (« aujourd’hui je fais mon discours »)…

Et Fais pas ci, fais pas ça, critique de l’éducation traditionnelle, thème hautement soixante-huitard.

Et puis une autre chanson plus surprenante qu’on garde pour le prochain billet…

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Yop’la boom

Putain de métier 4/11
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Le chanteur, tout comme la prostituée, doit aguicher le client. Rien de tel qu’un bon petit « hook ». Si j’en crois wikipedia : « Un hook (crochet) est un procédé musical, souvent un court riff, un passage ou une phrase, utilisé dans la musique populaire pour capter l’attention de l’auditeur. » Le hook est le plus souvent rythmique et/ou mélodique. Il peut être instrumental, mais lorsqu’il est pris en charge par le chanteur, il marchera d’autant mieux qu’il fera usage de syllabes régressives : « yop’la », ou « boum » par exemple. Si vous arrivez à caser les deux à la suite, c’est encore mieux. Prospère, par Maurice Chevalier.

Comme pour L’accordéoniste, la musique, et le hook donc, font oublier la violence des paroles. À tel point que les publicitaires n’ont pas hésité à reprendre la chanson pour vendre une marque de pain d’épice à nos chers petits enfants !

Vous pouvez vous amusez à collectionner les chansons avec « boum » (et transmettez-les moi, je ferai une série sur le sujet) : Boum de Trenet, Boum, Boum, Boum de Mika, Les Playboys de Jacques Dutronc, Comme un boomerang de Gainsbourg. En tirant un peu, il y a aussi Bim Bom de João Gilberto. Et puis une qui est déjà passée dans le blog…  Qui saura la retrouver ? C’est la petite devinette du jour. Un indice : réécoutez tout depuis le début, vous la retrouverez à coup sûr.

Sinon, merci à NP, internaute de Lyon 6è et plus fidèle commentatrice du blog, pour m’avoir signalé une erreur au début de la série : en fait Sanseverino chante bien le dernier couplet de Cayenne, je vais corriger ça. Et dans la série sur Brassens, je pointais vers une vidéo de Philippe Jaroussky chantant Gastibelza. La vidéo a été retiré de YouTube, je n’y peux rien…

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Vos grands nombres

Quel est le plus grand nombre (dans une chanson) ? (6bis/6)
1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 6bis6ter

Comme promis, un petit florilège des nombreuses propositions de chansons citant des grands nombres (merci à tous … le post est exceptionnellement long du coup). Vous avez été plusieurs à me suggérer Et moi, et moi, et moi de Jacques Dutronc, mais seule So Raya me l’a proposée sur Facebook avec le bon nombre : 500 milliards (de petits martiens) !  C’est toutefois très loin du compte, et même mes 1000 milliards du post précédent sont bien petits. Car la vainqueur (ou vainqueuse ? ou vainqueure ?) est NP, internaute de Lyon 6è, qui a déniché une chanson sur un nombre vraiment gigantesque, le Gogolplex ! Par bonheur, tout est expliqué dans la chanson, Googolplex de Jack Pearson (voir ici pour plus d’infos).

 

Dans un commentaire, Alain Berjon écrit « revenons aux sources, et à Tonton Georges qui avait pris date dans la durée, fusse pour chasser le papillon : « Des milliards de fois, et mêm’ davantage ». » En effet, des milliards, c’est beaucoup, et davantage, c’est encore plus ! La chasse aux papillons, de Georges Brassens, chantée par Christine Lebail.

Sur Facebook, Vincent propose carrément une chanson évoquant l’infini : Capitaine Flam, générique d’un dessin animé du début des années 1980, aussi proposé par Nicolas B. quelques jours plus tard. Les paroles sont de Roger Dumas, qui a écrit plus de 80 chansons pour Chantal Goya ! Musique de Jean-Jacques Debout, époux de cette dernière. La chanson évoque aussi le nombre cent mille millions, ce qui se dit cent milliards en bon français, beaucoup moins que le nombre de martiens selon Jacques Dutronc. Si l’on en croit les paroles, Capitaine Flam descend « d’aussi loin que l’infini »… Bien y réfléchir : il est assez simple d’aller vers l’infini, il suffit de se mettre en route et puis d’être très, très patient. Mais venir de l’infini, ou a fortiori en descendre, comme faire ? Très fort Capitaine Flam.

 

Acaber, abonné au blog, nous propose une chanson de Guy Béart, Années Lumière. J’ignorais que Guy Béart eût abordé la science fiction dans ses chansons, intéressant. Ça donne envie de revoir les dessins animés de René Laloux (La planète sauvage ou Les Maîtres du Temps).

 

Découverte toujours, avec Pierre A, internaute de Bruxelles, qui nous propose L’homme fossile, paroles et musique de Pierre Tisserand, chantée par Serge Reggiani (qui arrive dans le blog au 215è post seulement, honte à moi…).

Sur le site de l’INA, ici.

Enfin, Alain, de Montreuil, nous propose  sur Facebook un bon vieux Johnny, 24000 baisers, pas moins. Je vous propose plutôt la version de Dalida pour changer un peu.

 

Dans la catégorie « calembour », la palme revient à Nadia, internaute de Meylan, qui nous propose Le petit vingt blanc. Pas de chance, il est petit justement. Elle nous propose aussi « jamais 203 » sans citer de chanson. Effectivement, il est très difficile de trouver une chanson citant le nombre 203… Tentez votre chance avec la bande originale du film Bollywood Victoria No. 203, mais il vaut mieux comprendre le Hindi. Attention, la vidéo dure 2 heures et 44 minutes.

 

Et vous pouvez regretter que Jacques Brel et son compositeur-arrangeur  François Rauber n’aient pas écrit de chanson sur la Peugeot 203 dans laquelle ils sillonnèrent la France de concert en concert (info piochée dans l’excellent Dictionnaire amoureux de la chanson française de Bertrand Dicale, à l’article Jacques Brel). Mais pourquoi se focaliser sur 203 ? Parce que s’il n’y en a jamais 2 sans 3, et bien il n’y en a peut-être jamais 4 sans 9 ?  Comme disaient les Beach Boys dans 409.

 

Dans la catégorie nombres exotiques, la récolte est bien maigre. Nadia encore se demande comment classer Quatre-vingt-quinze pour cent de Georges Brassens. Cela compte-t-il pour 95 ? Pour 100 ? Ou pour 0.95 ? Je penche pour cette dernière hypothèse, qui nous fournit le seul nombre non-entier de la série… Elle nous dit encore dans son commentaire que cette chanson ne plaît pas aux hommes. Et bien à moi, elle me plaît beaucoup, déduisez-en ce que vous voulez. Une jolie version par les 2moiZelles.

 

L’un des premiers suiveurs du blog, monsieur GA, internaute d’on ne sait plus très bien où, et dont on est très content d’avoir des nouvelles, nous propose en vrac le générique des Tortues Ninja (pour le nombre 4), et puis Albert le 5è Mousquetaire (pour le nombre 5). Je les passerai une autre fois, on a déjà eu Capitaine Flam… Aller GA, encore un effort : pour la prochaine fois, tous les nombres de 1 à 100 !

Pour finir, je vous demandais une chanson citant un nombre négatif, personne n’a trouvé. On en a pourtant déjà vu une dans le blog, c’est André de Sanseverino, déjà passée dans la série sur les roms, ici. Il faut suivre plus attentivement !

Demain, ça repart fort avec une série très spéciale pour passer les fêtes dans une ambiance famille+télé tout à fait typique de Noël (en compagnie de Julien Lepers bien sûr).

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Et moi ?

Quel est le plus grand nombre (dans une chanson) ? (5/6)
1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 6bis6ter

On cherche toujours le plus grand nombre cité dans une chanson (merci pour vos nombreuses propositions, je ferai le best-of bientôt). Grâce à Sardou, on a repoussé bien des limites en dépassant le milliard. Qui dit mieux ? Dutronc : cinq cents milliards ! Dans les commentaires ou sur Facebook, vous avez été plusieurs à penser à cette chanson, mais beaucoup moins nombreux à citer le bon nombre !  Et moi, et moi et moi, paroles de Jacques Lanzmann, musique de Jacques Dutronc.

 

Mais ce n’est pas fini, il y a encore mieux dans le prochain post ! En attendant, je vous donne une petite astuce pour gagner le concours du plus grand nombre : il suffit de trouver une chanson avec le mot « google » dedans, ça ne doit pas être trop difficile vu l’époque. Il est ensuite possible d’arguer que le mot chanté est en fait « googol », qui désigne le nombre écrit en mettant une liste de 100 zéros après un « 1 », 10 à la puissance 100 si vous préférez. Ce nombre a été popularisé par le mathématicien Edward Kasner dans les années 1940, et le nom du célèbre moteur de recherche en provient directement (moyennant une petite faute d’orthographe accidentelle). C’est donc tout à fait défendable, mais le tribunal arbitral du blog considère dans sa sagesse que c’est de la triche (même si une solution valable dans ce style a été trouvée… on voit ça à la fin de la série).

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