Hippie, beatnik et babacool

Les cultures soixante-huitardes 2

Mai 68 fut l’époque des communautés de hippies, chantées par Maxime Le Forestier dans San Francisco. Vers 1:10, il dit « défoncés », mais je crois plutôt que c’est « enlacés » dans les paroles officielles. T’as fumé quoi Maxime ?

Sinon, grande nouveauté dans le blog : les billets des séries thématiques vont paraître les lundi, jeudi et samedi (au lieu de mardi, jeudi, samedi). C’est pour éviter le trou de deux jours dimanche-lundi.

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Brassens et NTM nous parlent du système

Paralipomènes 17bis/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Merci pour vos propositions de chansons qui parlent du « système ». Nathalie, internaute de Lyon 7è, nous propose La maîtresse d’école, une chanson de Georges Brassens, ici chantée par Maxime Le Forestier. « Ce système ne fut jamais admis… »

Bastien, lui aussi internaute de Lyon 7è (ils doivent probablement être voisins ?), nous propose Laisse pas traîner ton fils de Suprême NTM. « Le système a la tête sous l’eau ».

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Petite fugue, grands malentendus

Paralipomènes 4/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Le troisième thème abordé par le Jardin était la place de Jean-Sébastien Bach dans la chanson, ou disons dans la musique populaire. On notait les similitudes entre la musique de Bach et les solos du guitariste de hard rock Eddie Van Halen (ici). Et j’avais posé une devinette : quelle chanson française cite nommément Van Halen ? Personne n’a trouvé, et je n’ai pas encore donné la solution ! Je ne vous donne pas la réponse tout de suite, il vous reste quelques jours pour trouver, réponse le 11 juillet prochain, restez en ligne.

Pour revenir à Bach, le billet consacré à La petite fugue de Maxime Le Forestier a donné lieu à quelques malentendus dans des discussions ultérieures sur Facebook. Quand j’ai évoqué la « froideur » de la musique de Bach, ça n’était pas du tout mon jugement sur sa musique, je m’en serais bien gardé. C’était plutôt le constat d’une opinion implicitement partagée faisant partie d’un « mythe Bach » assez répandu.

Et la musique qui sert de support à la chanson de Maxime Le Forestier, c’est
Prélude et fugue N° 11 en F Maj BWV 856 (merci à Marie sur Facebook pour l’info). Ça n’est pas si évident, mais effectivement, le prélude ressemble à la chanson de Le Forestier. Ici joué par Sviatoslav Richter.

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Brassens et les poètes : Les passantes

Brassens et les poètes 1/8
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Bienvenue sur Le jardin aux chansons qui bifurquent, le blog qui explore la chanson à travers des séries thématiques ! La série que vous avez sous les yeux, c’est Brassens et les poètes, mais il y a en eu plein d’autres, voir la liste ici.

On s’intéresse donc aux poètes mis en musique par Georges Brassens. On va procéder par contraste, en alternant les poèmes chantés par Brassens avec des chansons dont il a lui-même écrit les paroles : excellent moyen de découvrir des aspects méconnus du grand Georges, de son rapport à la poésie et à tout plein de choses.

On garde le meilleur pour le début avec la mise en musique la plus rocambolesque de l’histoire de la chanson. Les lecteurs qui nous arrivent de MusikTips connaissent déjà l’histoire : dans les années 1940, Georges Brassens déniche sur un marché aux puces Émotions Poétiques, recueil édité à compte d’auteur en 1918 par un inconnu, Antoine Pol.  Il remarque plus particulièrement un poème : Les passantes. Brassens a mis des années avant de lui trouver une musique convenable. Il y parvient vers la fin des années 1960, et se met en quête de l’auteur pour obtenir son autorisation.  Mais impossible de le retrouver. En 1971, incroyable coïncidence, c’est Antoine Pol qui écrit à Georges Brassens pour une tout autre raison : il souhaite publier un recueil de ses textes. Brassens n’en revient pas bien sûr et propose un rendez-vous à Pol. Mais jamais la rencontre n’a pu se faire parce qu’Antoine Pol est mort quelques semaines plus tard.
Vous pouvez aller voir le site du petit-fils d’Antoine Pol, ici.

Je vous propose trois versions de la chanson, ce qui sera très utile à notre étude. Écoutez bien, ça vaut pas la peine. D’abord la version d’Iggy Pop (et oui…).

Puis une version par Georges Brassens. Il parait que c’est le premier enregistrement de la chanson, c’est effectivement un peu brut de décoffrage. Vous noterez que les arpèges (les ti-gi-li-gi-li-gi-li de la guitare) sont à l’arrière plan, surtout au début, la « pompe » typique de Brassens (le « boom-tchak boom-tchak ») prenant toute la place. La version de Brassens sonne donc beaucoup plus rock que le truc vaguement mièvre d’Iggy Pop, yeah, well done Georges.
Brassens disait souvent qu’il était obligé de varier un peu ses accompagnements, mais que sur bien des chansons, il aurait préféré garder sa bonne vieille pompe… C’est vrai qu’il n’y a rien de tel.

La dernière version, c’est Georges Brassens et Maxime Le Forestier, au Grand Échiquier, émission de Jacques Chancel. On reconnaît sur la vidéo Lino Ventura, dont Les Passantes était parait-il la chanson préférée. Il y a aussi Joël Favreau à la deuxième guitare. Ce qui est intéressant, ce sont les paroles : écoutez bien, Maxime Le Forestier ajoute un couplet ! Plus exactement, c’est Brassens qui a supprimé une strophe du poème d’Antoine Pol, une pratique dont il était coutumier, on en reparle dans la suite de la série.

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Élégie à un rat de cave

Le silence en chanson 8/8
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Dernier post de notre série sur le silence en chanson. Je vous demandais le plus long silence dans une chanson française. Ma réponse, Georges Brassens, dans Élégie à un rat de cave. Écoutez bien le magnifique silence vers 0:43, presque deux mesures, presque trois secondes, et bien plus si ce « gras du bide de Moustache » ne le brisait pas d’un petit coup de baguette…

Sur la vidéo, on reconnaît Moustache à la batterie, Marcel Zanini à la clarinette et Joël Favreau à la guitare.

Dans le post 2bis de la série, je demandais une chanson citant Sambre et Meuse. Bravo à Pierre Delorme qui a trouvé une de mes deux  solutions, Lèche-cocu. L’autre, c’est  Les chateaux de sables, de Brassens aussiD’après le site de la sacem, la musique est de Gérard Bourgeois.

 

Les chateaux de sable, chanté par Maxime Le Forestier.

Si ce thème vous a intéressé, cliquez sur ce lien qui m’a bien aidé à préparer cette série :
silence-une-musique-a-nulle-autre-pareille

J’arrête là, parce que comme disait Ludwig Wittgenstein dans son Tractatus logico-philosophicus : « Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence ».

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Ubu

L’énigme VF 3/9
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Je vous rappelle qu’on cherche le lien secret unissant les chansons de la série. La chanson du jour est Le père Ubu, de Dick Annegarn. On l’a déjà passée dans le blog pour « fêter » l’élection d’un père Ubu véritable à la tête des USA, voir ici.

Je vous en propose aujourd’hui une version par le collectif Sol en Si, avec Maxime Le Forestier  à la voix lead et une petite chorale de luxe : Francis Cabrel, Michel Jonasz, Catherine Lara, Maurane, Alain Souchon et Zazie.

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Une petite cantate

L’énigme LdV 4/6
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On cherche toujours le lien secret unissant les chansons de la série. Ceux qui auraient déjà trouvé peuvent chercher pourquoi l’énigme s’appelle LdV (pas simple). Après Trenet, Brassens chanté par Jaroussky et les Jackson 5, je vous propose Une Petite Cantate, de Barbara. D’ailleurs, j’aurais pu vous proposer La Petite Fugue de Maxime Le Forestier à la place de la Petite Cantate, mais on l’a déjà vue dans le blog dans la série sur Bach, ici.  Ne connaîtriez-vous pas une Petite Symphonie, un Petit Concerto, ou un Petit Opéra pour la prochaine fois ?

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Chansonnette à celle qui reste

Quand l’esprit d’épicerie rencontre la révolution sexuelle 11/11
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Il est temps de conclure cette série d’été…  Chansonnette à celle qui reste. Paroles de Georges Brassens, musique de Jean Bertola, interprétée par Maxime Le Forestier.

 

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Merci !

Merci ! 

Avant de démarrer une nouvelle série, je voulais dire un grand merci à ceux qui suivent ce blog, par exemple à « écureuil avisé », une internaute de Paris 10è pour son gentil commentaire sur Michèle Bernard. Je réponds à quelques questions parues dans les commentaires ou adressées directement.

À propos de l’adresse de ce blog

Un internaute anonyme demande pourquoi j’ai changé l’adresse du blog. Tout simplement parce qu’au départ je n’avais pas de nom valable pour ce blog. « Chanson du jour », c’était un peu nul, et déjà pris en plus. J’ai pensé à « Jardin aux chansons qui bifurquent », et j’ai voulu que l’URL soit conforme au nom du blog. Désolé pour les inconvénients occasionnés, c’est la dernière fois. 

À propos de l’École Normale Supérieure de Fontenay

Merci à NP, internaute de Lyon 6è de me signaler que, selon sa maman, la chanson de Maxime Le Forestier, Fontenay aux Roses, ne peut pas concerner l’École Normale Supérieure, aux motif que le texte ne colle pas à la réalité de l’École. Par exemple, les normaliennes n’avançaient pas en rang par deux. C’est oublier que les chansons sont parfois plus affaire de fantasmes que d’exactitude… Mais il est difficile de mener une enquête sérieuse sur cette affaire. Je tenais l’information de longue date et de je ne sais où : tout le monde sait bien que Maxime parle de l’ENS. La page wikipedia de la chanson est formelle sur ce point, mais ne cite aucune source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontenay-aux-Roses_%28chanson%29

Il pourrait bien s’agir d’une légende urbaine, ou plutôt peri-urbaine en l’espèce. Si quelqu’un détient une information étayée, merci d’en faire état (dans les commentaires tant qu’à faire, que tout le monde en profite).

À propos de Gainsbourg et de l’École Polytechnique

Merci à Henri, internaute de Paris 10è, pour son commentaire sur ma page facebook. J’ai dit plus haut que la chanson était plus affaire de fantasme que d’exactitude, mais je me demande si avec Gainsbourg, ça n’est pas le contraire, lui qui disait que la connerie est la décontraction de l’intelligence…   Nous parlons de Qui est « in » qui est « out », la chanson de Gainsbourg qui fait prétendument allusion à l’École Polytechnique (également appelée « X »). Voici le commentaire d’Henri :

« Non, Nicolas, « la botte » ça n’a rien à voir avec l’X, mais bien avec une relation sexuelle, dans un argot archaïque aujourd’hui : on entendait l’expression : proposer la botte à une dame… Et c’est davantage dans l’esprit de Gainsbourg auquel Polytechnique était assez étranger… »

Mouais… Revenons à la chanson. Le refrain relève de ce sous-genre de la chanson qui explore sous forme de liste toutes les modalités d’une certaine situation. Gainsbourg excellait dans cet exercice qu’il abordait avec une précision discrète, comme dans Les petits papiers ou Ford Mustang. Ici, le bref catalogue énumère des situations où il faut sortir dans les premiers d’un classement ou satisfaire aux exigences d’un décompte.

« Jusqu’à neuf tu es OK, tu in, après quoi, tu es KO, tu es out. C’est idem pour la boxe, le ciné la botte et le Cash Box ». À la boxe, il est bien connu que l’arbitre compte jusqu’à dix avant de proclamer le KO du boxeur à terre.  Le Cash Box était un magazine américain qui publiait des palmarès du hit-parade. Le ciné, je ne sais pas trop ce qu’il fait là, mais c’est probablement une référence au box-office. Reste la « botte »… C’est effectivement une relation sexuelle en vieil argot (je ne savais pas), mais qu’est-ce que ça viendrait faire parmi les classements alors ?  Tandis qu’à l’X,  la botte est précisément un classement, comme expliqué dans le post ici débattu.

L’expression « sortir dans la botte », au sens de « sortir bien classé d’une école », je l’ai entendue de mes propres oreilles il y a longtemps, à propos d’un collègue de mon papa, de qui je la tiens. Si moi je l’ai entendue, pourquoi pas Gainsbourg ? Avec les grandes oreilles qu’il avait…

Pour finir, qu’importe « l’esprit de Gainsbourg » ? Le texte n’a-t-il pas son autonomie ? Aïe, me voilà en train de resservir Contre Sainte-Beuve et de refaire le coup de Sur Racine 50 ans après Roland Barthes, à un internaute de Paris qui plus est… Ne rallumons pas la Querelle de la Nouvelle Critique à front renversé et pour si peu. Merci en tout cas de me signaler que Gainsbourg s’intéressait au sexe, ça m’aidera pour la suite de ce blog.

Place à Charles Trenet !

Merci enfin à Nathalie, internaute de Lyon 7è, qui nous signale dans un commentaire que Becassine de Brassens cite une chanson de Charles Trenet. C’est notre chanson du jour : Fleur bleue. À propos, qui saurait donner un autre exemple de chanson de Trenet citée par Brassens ?

Et n’oubliez pas de revenir demain, ça repart très fort avec une énorme énigme.

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Comment réchauffer du chocolat chaud avec Bach

J.-S. Bach dans la chanson – 3/5
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Continuons d’explorer ce paradoxe : l’un des moins chantant de nos compositeurs classiques est l’un des plus cités dans la chanson. Il y a quelques grands mythes issus de la musique classique, comme Mozart, incarnation du génie pur.  Jean-Sébastien Bach est un mythe d’une nature différente, sur lequel courent bien des poncifs : musique divine et compliquée, mais froide et dépourvue de sentiments. On le dit mathématicien, c’est-à-dire que la froideur de sa musique puise à une source magique et incompréhensible.

Maintenant, imaginez que vous ayez à peindre une scène de famille un dimanche après-midi, avec tartines et chocolat chaud.  Comment faire ressentir cette chaleur ? Vous pouvez essayer la méthode directe comme José-Maria de Heredia :

Ce soir, au réduit sombre où ronfle l’athanor,
Le grand feu prisonnier de la brique rougie
Exalte son ardeur et souffle sa magie
Au cuivre que l’émail fait plus riche que l’or.

A-t-on jamais rien écrit de plus incandescent ?  Mais vous pouvez aussi procéder par contraste : mettez donc Bach dans un coin, il est tellement glacial qu’il fait apparaître tout le reste plus chaud, ambiance garantie !

Catherine et Maxime Le Forestier, La petite fugue. 

 

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