Édith Piaf

L’énigme de l’été 2018, 2/63
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C’est la série d’été du Jardin aux Chansons. Je vous rappelle qu’on cherche ce qui se cache derrière 62 chansons… Aujourd’hui, Édith Piaf, La faute à tes yeux .

J’essaie de dire un ou deux mots sur chaque chanteur ou chanteuse passée cet été (mais pas tous, si c’est juste pour recopier leur fiche wikipedia, c’est pas très intéressant …). Que dire sur Édith Piaf ? Juste un mot sur sa voix. Quiconque l’entend la trouve immédiatement exceptionnelle, tout en étant bien en peine de dire précisément en quoi. Elle n’est ni spécialement aiguë ni spécialement grave. Elle est sans doute puissante, mais qu’importe à l’heure des micros. Je pense que son timbre est remarquablement homogène. C’est-à-dire que dans ses graves ou ses aigus, c’est exactement la même voix, qualité assez rare chez les chanteurs et chanteuses de variété.

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Qu’est-ce qu’un compositeur de Nougaro ?

Ils n’ont rien composé pour Nougaro 1bis/8
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Sur Facebook, Pierre Delorme me fait remarquer qu’il faudrait distinguer « ceux qui ont effectivement composé pour Nougaro (à sa demande) et ceux dont il a mis en paroles un de leurs thèmes ». Certes… mais ça demanderait une enquête assez fouillée qui dépasse le cadre amateur de mon petit blog. Si quelqu’un est au courant d’un travail chansonologique (mémoire, thèse, article ?) sur les compositeurs de Nougaro, merci de le signaler. Ça me fera le point de départ d’une troisième série sur ce sujet.

Pierre Delorme me rapporte l’histoire suivante :

Je sais que pour L’Irlandaise, il avait entendu cette musique à la radio et comme elle plaisait particulièrement à sa compagne, il avait téléphoné à Didier Lockwood pour lui demander l’autorisation de mettre des paroles sur la mélodie.

Restent 72 compositeurs pour lesquels la nature précise du lien est à éclaircir ! Il y a probablement de belles histoires à chaque fois. À propos de Marguerite Monnot par exemple, connue entre autre pour les musiques de plusieurs chansons d’Édith Piaf ou de la comédie musicale Irma la douce. J’ai lu en préparant la série que Nougaro alors débutant, lui avait envoyé des textes en demandant des musiques.

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Le plus grand bluesman français est une femme

Qui est le plus grand bluesman français ? 8/8
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Voilà, on est tout au bout du chemin, et on n’a pas trouvé le plus grand bluesman français. Tout simplement parce que la question était mal posée. Le plus grand bluesman français, c’est une blueswoman, c’est une femme bien sûr : Madame Colette Magny.

Bravo à Partageux, qui a trouvé la bonne (quoique subjective) réponse dans un commentaire du 30 décembre. Précédemment, Pierre Delorme et NP s’étaient approchés de la vérité en proposant respectivement les blueswomen Édith Piaf et Véronique Sanson.

Je vous laisse écouter.

Saint James Infirmary, au Petit Conservatoire de Mireille, avec une interview à ne pas manquer au milieu de la vidéo.

Nobody knows you when you’re down and out (chanson déjà entendue dans la série, par Scrapper Blackwell).

Any Woman’s Blues.

L’original, par Bessie Smith.

Un reportage sur elle.

Partageux m’a aussi proposé des chansons de Annkrist, merci pour cette découverte. Par exemple Prison 101. Peut-être une référence à 1984 de Georges Orwell ?

Ou encore Par la rue haute, qui sonne moitié celtique moitié blues d’Afrique de l’ouest.

 

Et pour finir, un autre blues d’une autre blueswoman. Janis Joplin, Turtle Blues. Paroles traduites ici.

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L’accordéoniste

Putain de métier 3/11
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On écoute aujourd’hui L’accordéoniste. C’est peut-être la chanson de l’époque réaliste la plus connue et reprise aujourd’hui. Elle aborde un sujet universel : la fascination pour la musique. On en oublierait presque qu’elle raconte l’histoire tragique d’une prostituée. La musique très malléable a un beau potentiel, révélé par l’arrangement jazzy des Glossy Sisters.

Je vous passe aussi l’original par Edith Piaf, qui fait son entrée dans le blog aujourd’hui. Et oui, chaque fois qu’un grand de la chanson fait une entrée tardive dans le blog, je vous fais le coup : scandale, c’est au N-ième post que gnagnagna, honte à moi, j’aurais dû le mettre plus tôt, je me contris, je me flagelle. J’ai fait ça pour Barbara, Reggiani, Bruant, Souchon, Cabrel, etc, on connait la chanson quoi…

Pour en savoir plus sur les Glossy Sisters, c’est là :


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Cording, Bike et Sainclair : rockeurs

Les péchés originels du rock français 3/8
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On a vu dans le dernier post avec le ragtime que la France était parfaitement capable d’accommoder une musique étrangère. Le ragtime n’a pas pour autant marqué  la musique populaire française, on aurait pu prendre des exemples bien plus probants dans la chanson : Charles Trenet qui arrive même à faire swinguer Verlaine (voir ici), ou les Double Six avec le jazz (voir notre série sur le Vocalese, ici), ou même plus récemment le rap. Mais le rock, au départ, ça a donné ça.

Non mais quelle daube (et pour rappel, le rollmops, c’est du hareng roulé et mariné dans une sorte de saumure).  Qui chante ? Qui a écrit les paroles ? Et la musique ? Sûrement de pauvres nazes aujourd’hui bien oubliés. Effectivement, avez-vous entendu parler du chanteur Henry Cording, du compositeur Mig Bike, et du parolier Vernon Sinclair ?  Peut-être pas, mais sous ces trois pseudonymes se cachent respectivement Henri Salvador, Michel Legrand et Boris Vian ! Donc, c’est clair, ils se fichent de nous les vilains garnements, et ils n’osent même pas mettre leur vrai nom. Voilà le péché originel : le rock n’a pas été pris au sérieux. Il faut dire que dans ces années 1950, c’est pas génial le rock. Écoutons Rock Around The Clock de Bill Haley, l’un des tous premiers tubes de rock (regardez bien la vidéo, il y a même un accordéon derrière, et si vous voulez savoir ce que veut dire marquer les temps 2 et 4, regardez bien les petites filles qui tapent dans leurs mains).

 

C’est plein d’entrain, mais musicalement, après un demi-siècle de Ragtime, de Blues, de Swing, de Stride, de Be Bop, ça n’est vraiment pas une révolution. On dirait plutôt à une tentative de tirer le dernier jus commercial du jazz avant de passer à autre chose. Rien de très innovant. Pourquoi s’intéresser à cette mode passagère ? Surtout dans cette France qui a dominé la musique légère pendant des décennies avec les opérettes (par exemple Offenbach…), et dont les chanteurs populaires comme Maurice Chevalier ou Édith Piaf sont des stars planétaires dans ces années 1950.

Le rock de la fin des années 1950 c’est trois accords de blues, un rythme syncopé avec appui sur les temps 2 et 4, le tout chanté trop vite et trop fort pour de jeunes babyboomers à peine adolescents. Voilà, rien du tout. Évidemment, c’est sa vacuité même qui est pleine de promesses : c’est une page blanche, un cadre d’une surprenante plasticité où Bob Dylan allait pouvoir déverser de la poésie, les Beach Boys de la polyphonie, les Rolling Stones de la révolte, et les Beatles tout, et en particulier n’importe quoi. Etc. En 1960, il aurait fallu une sacrée boule de cristal pour deviner que le rock n’allait pas finir aux oubliettes, allongeant la litanie des musiques à danser et autres coups commerciaux sans lendemain : twist, jerk, smurf, tecktonik…

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Brel et les femmes

Féminisme / Sexisme – 6/6
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On va clore le thème du sexisme dans la chanson avec le cas le plus complexe : Jacques Brel. Son œuvre comporte des chansons comme Les filles et les chiens, véritable exposé de doctrine misogyne.  Et à l’inverse, on trouve les lamentations les plus aplaties comme dans Ne me quitte pas, à propos desquelles Édith Piaf a dit :  « Un homme ne devrait pas chanter des trucs comme ça ». On consacrera plus tard toute une série au thème de Brel et des femmes.

En attendant les détails, voici l’une des chansons les plus célèbres de Brel, mais qui en raison de ses éminentes qualités, est rarement citée pour son sexisme.  Il y aurait pourtant de quoi : les marins boivent à santé des putains, c’est-à-dire des femmes, et à la fin, ils font pipi, on ne sait pas très bien où…

Je profite de l’occasion pour vous signaler le blog de Pierre Delorme, auteur/compositeur/interprète/professeur (et blogueur donc), qui a attiré mon attention sur cet aspect d’Amsterdam. Pierre Delorme contribue régulièrement à Crapauds et rossignols, un site consacré à la chanson. Liens ci-dessous.
http://pierredelorme.free.fr/parlonschanson.htm#106
http://www.crapaudsetrossignols.fr/

Cette série vous a plu ? On en reparle dans les posts suivants :

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