Pierre Delanoë galactique

Pierre Delanoë, parolier géopolitique 8/8
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Lorsque les pays ne suffisaient plus, Pierre Delanoë mettait en scène les empires ou les continents. Et lorsque ceux-ci devenaient trop étroits pour sa vision, il invoquait la Terre, les étoiles, ou Dieu tout simplement. La ballade des gens heureux, par Gérard Lenorman.

Bon, et au delà du soleil et des étoiles, qu’y a-t-il ? La galaxie, attaquée par les infâmes suppôts de Véga. Heureusement, Goldorak veille sur nous. Mais au fait, qui a écrit les paroles de la chanson de Goldorak ? Je vous laisse deviner… Et bravo pour vos 5000 chansons monsieur Delanoë, total respect. Mais je passerai les 4983 qui restent plus tard. Goldorak, par Noam.

Vous entendez un léger accent ? C’est normal, Noam était un tout jeune chanteur israélien. Il paraît en plus qu’il était grippé le jour de l’enregistrement.

La présente série s’appuyait surtout les tubes les plus connus écrits par Delanoë. Pour découvrir des chansons moins célèbres, meilleures diront certains, je recommande l’émission que lui a consacré Philippe Meyer, le 4 octobre 2014, en réécoute sur le site de France Inter, ici. Et puisqu’on parle de Philippe Meyer, une petite chanson hôn, sur des paroles de Pierre Delanoë : L’été indien, repris par Cazoul.

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Michèle

Quand l’esprit d’épicerie rencontre la révolution sexuelle 3/11
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La chanson d’aujourd’hui est habituellement chantée par Gérard Lenorman : Michèle. Paroles et musique de Didier Barbelivien, gros pourvoyeur de tubes, on le reverra sûrement. Je vous mets une jolie interprétation d’un certain Doceando qui poste pleins de vidéos assez propres de chansons sur youtube. Et au fait, si on écoute bien, dans cette chanson, c’est 17 ans.

Tiens, ça fait longtemps que je ne vous ai pas donné des devoirs. Alors voilà, en été, on prend beaucoup la voiture. Branchez-vous sur radio Nostalgie, et repérez toutes les fois où on donne l’âge de la fille dans une chanson d’amour. Et postez vos trouvailles dans les commentaires of course.

On continue notre petit contrepoint avec l’ami Flaubert : la suite de la triste histoire de Rosannette. De manière très inhabituelle chez Flaubert, des descriptions sont confiées à un personnage qui devient le narrateur le temps d’un long paragraphe. Comme si pris d’une pudeur ou d’une gêne, le narrateur s’effaçait un moment…
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Rosanette s’arrêta, et, avec un regard plein d’impudeur et d’amertume :

— « C’était fait ! »

Puis, répondant au geste de Frédéric :

— « Comme il était marié (il aurait craint de se compromettre dans sa maison), on m’emmena dans un cabinet de restaurateur, et on m’avait dit que je serais heureuse, que je recevrais un beau cadeau.

« Dès la porte, la première chose qui m’a frappée, c’était un candélabre de vermeil, sur une table où il y avait deux couverts. Une glace au plafond les reflétait, et les tentures des murailles en soie bleue faisaient ressembler tout l’appartement à une alcôve. Une surprise m’a saisie. Tu comprends, un pauvre être qui n’a jamais rien vu ! Malgré mon éblouissement, j’avais peur. Je désirais m’en aller. Je suis restée pourtant.

« Le seul siège qu’il y eût était un divan contre la table. Il a cédé sous moi avec mollesse ; la bouche du calorifère dans le tapis m’envoyait une haleine chaude, et je restai là sans rien prendre. Le garçon qui se tenait debout m’a engagée à manger. Il m’a versé tout de suite un grand verre de vin ; la tête me tournait, j’ai voulu ouvrir la fenêtre, il m’a dit : — « Non, mademoiselle, c’est défendu. » Et il m’a quittée. La table était couverte d’un tas de choses que je ne connaissais pas. Rien ne m’a semblé bon. Alors je me suis rabattue sur un pot de confitures, et j’attendais toujours. Je ne sais quoi l’empêchait de venir. Il était très tard, minuit au moins, je n’en pouvais plus de fatigue ; en repoussant un des oreillers pour mieux m’étendre, je rencontre sous ma main une sorte d’album, un cahier —, c’étaient des images obscènes… Je dormais dessus, quand il est entré. » Elle baissa la tête, et demeura pensive.

Les feuilles autour d’eux susurraient, dans un fouillis d’herbes une grande digitale se balançait, la lumière coulait comme une onde sur le gazon ; et le silence était coupé à intervalles rapides par le broutement de la vache qu’on ne voyait plus.

Rosanette considérait un point par terre, à trois pas d’elle, fixement, les narines battantes, absorbée. Frédéric lui prit la main.

— « Comme tu as souffert, pauvre chérie ! »

— « Oui », dit-elle « plus que tu ne crois… Jusqu’à vouloir en finir ; on m’a repêchée. »

— « Comment ? »

— « Ah ! n’y pensons plus !… Je t’aime, je suis heureuse ! embrasse-moi. »

Et elle ôta, une à une, les brindilles de chardons accrochées dans le bas de sa robe.

Frédéric songeait surtout à ce qu’elle n’avait pas dit. Par quels degrés avait-elle pu sortir de la misère ? À quel amant devait-elle son éducation Que s’était-il passé dans sa vie jusqu’au jour où il était venu chez elle pour la première fois ? Son dernier aveu interdisait les questions.

Gustave Flaubert, L’éducation sentimentale.

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