Brassens chante Villon

Brassens et les poètes 7/8
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On arrive à la fin de la série sur Brassens et les poètes. Toutes mes excuses aux fans de Louis Aragon, Francis Jammes, Alfred de Musset, Jean Richepin, Géo Norge, Pierre Corneille, Tristan Bernard, Hégésippe Moreau, Paul Verlaine, Gustave Nadeau ou Théodore de Banville.
Brassens les a certes chantés, mais on parlera d’eux une autre fois, peut-être. Le dernier sera François Villon, poète du moyen-âge. La ballade des dames du temps jadis.

Rien à dire : la musique épouse le texte merveilleusement (petite confidence : je crois que c’est la chanson de Brassens que je préfère). L’accompagnement à la guitare est assez original et ajoute à l’exotisme de ce Moyen Âge si cher au cœur de Brassens, on en parle dans le prochain post.

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Le jeu des mots, bis

Avec Melba 4/7
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Au jeu de l’association mot-chanson, j’ai proposé le mot « travail ». Melba m’a répondu Hiérarchie de Carmen Maria Vega.

Au mot « famille », Mon frère, de Bensé, belle découverte. Tiens, tiens, la chanson cite Rimbaud, on pourrait faire une série là-dessus, comme avec Verlaine (voir ici) ?

Évidemment je n’ai pas proposé le mot ‘patrie », vous vous croyez où, ici, non mais.

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Je me suis baigné dans le poème de la mer, infusé d’astres et lactescent

Paroles cryptiques 7/9
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On arrive bientôt à la fin de cette série sur le genre « paroles cryptiques » dont on fait aujourd’hui une archéologie simpliste. La situation est assez rare, mais il me semble qu’on peut dater assez précisément l’invention de ce style énigmatique en poésie :  je n’en connais aucun exemple antérieur à Arthur Rimbaud (ou détrompez-moi, mais je refuse les textes magiques, sectaires ou autre manuscrit de Voynich…). Léo Ferré, maître de la chanson cryptique rend hommage au grand inventeur Rimbaud : Le bateau ivre.

Dans une lettre du 15 mai 1871 à Paul Demeny, la fameuse Lettre du Voyant, Rimbaud s’explique : « Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ».

Plus loin dans la même lettre, des explications sur sa vision de la poésie. Il avait 17 ans.

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Donc le poète est vraiment voleur de feu.

Il est chargé de l’humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne forme : si c’est informe, il donne de l’informe. Trouver une langue ;

— Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, — plus mort qu’un fossile, — pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! —

Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d’inconnu s’éveillant en son temps dans l’âme universelle : il donnerait plus — (que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au Progrès ! Énormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !
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La lettre en version intégrale : ici. Et puisqu’on parle de Rimbaud, allez donc voir ou revoir la série consacrée à son ami Paul Verlaine, ici.

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Le chiffre deux

Quel est le plus grand nombre (dans une chanson) ? (1/6)
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Grand concours sur le blog : quel est le plus grand nombre cité dans une chanson ? On explore ce thème dans les jours qui viennent, en agrémentant chaque post de petites réflexions mathématiques. Pour vous laisser le temps de bien réfléchir, je commence doucement, avec le chiffre deux, qualifié de « nombre d’or » par Claude Nougaro. Et au fait, la chanson mentionne Paul Verlaine, une de plus (voir la série sur Verlaine, ici). Chiffre Deux, Nombre d’Or.

 

Sinon, l’expression « nombre d’or » désigne en astronomie le nombre 19 (nombre d’année minimale contenant un nombre entier de lunaisons). Mais généralement, le nombre d’or est défini comme (5 + 1)/2, nombre ayant des propriétés mathématiques intéressantes. Par exemple   (5 + 1)/2 = 1+ 1/(1 + 1 / (1 + 1/(1 + … Ce type d’expression existe pour n’importe quel nombre (c’est le développement en fraction continue). Mais seul le nombre d’or n’a que des « 1 » dans son expression. Ce fait est remarquable et montre que le nombre d’or est en un certain sens le nombre réel le plus difficile à approximer par des fractions. Si on applique le schéma automatique de construction des gammes musicales inventé par le musicologue américain Norman Carey, en partant de l’intervalle défini par le nombre d’or, au lieu de l’intervalle « habituel » (celui de la construction pythagoricienne, défini par log2(3/2) et qui correspond à une quinte pure), on devrait arriver sur une sorte de gamme extrême, de pire gamme possible. Une gamme dont un intervalle conjoint sur deux est un comma (ou plutôt un « comma généralisé » selon la terminologie de Norman Carey) ! Ça ne vous paraît pas clair ? C’est normal, ça ne l’est pas. Plus d’explications ici.

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Brassens lyrique

L’énigme LdV 2/6
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En préparant l’énigme, je suis tombé sur cette étrange version de Colombine, qu’on a déjà écoutée dans la série sur Paul Verlaine (ici). Musique de Georges Brassens, interprétée Philippe Jaroussky sur un arrangement de Jérôme Ducros. Il me semble (sans certitude) que c’est bien Jaroussky qui chante tout le morceau, y compris les parties  plus graves (il bascule sur sa voix de poitrine).

 

Une petite anecdote sur le contre-ténor Philippe Jaroussky (qu’on reverra dans le blog) : son nom de famille proviendrait de son grand-père fuyant la révolution russe. On lui aurait demandé son nom, à quoi il aurait répondu « je suis russe », ce qui en russe se dit « ia rouski » ! Ouh la, je parle, je parle, je vais finir par donner la solution de l’énigme…

Sans lien avec l’énigme, une vidéo très intéressante sur Philippe Jaroussky et les mises en musique de Verlaine auxquelles il a consacré un album (et retournez donc voir la série sur Verlaine, ici) :

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Le poète s’est absinthé

L’affaire Verlaine 9bis/9
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Un petit message de Pierre Delorme sur facebook nous signale deux chansons citant Verlaine, très belles toutes les deux, merci.  Et dans un commentaire de M-the nous en signale une troisième (très bien aussi, et assez connue) ! Verlaine est un terreau bien fertile.

D’abord À Saint-Germain-des-Prés de Léo Ferré. La chanson cite plusieurs poètes, mais Verlaine a bien sûr la place d’honneur.

 

Et puis Pauvre Lelian, (anagramme de Paul Verlaine !), d’Allain Leprest, sur une musique de Romain Didier. La vidéo montre plusieurs portraits de Verlaine, à voir.

 

Enfin, Ma môme de Jean Ferrat.

 

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Pauvre Verlaine

L’affaire Verlaine 9/9
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Voici le dernier post sur Verlaine. Si l’amateur citera volontiers Aragon ou Prévert comme plus chansonnier des poètes, il semble que les paroliers citent Verlaine là où ils s’expriment le mieux : dans leurs chansons. On a beaucoup invoqué sa poésie pour expliquer ce phénomène.  Bien sûr sa vie de poète maudit joue aussi un rôle dans toute cette histoire. Pauvre Verlaine de Salvatore Adamo.  Au revoir Verlaine, « tu ne vis plus que dans l’écho de la brise… »

 

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