Il n’y a plus de roses rue des Rosiers

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 9

En 1967 Pia Colombo chante Il n’y a plus de roses rue des Rosiers.

Les paroles sont de Sylvain Reiner, la musique de Joël Holmès. Tous deux ont perdu leurs deux parents qui ne sont pas revenus d’Auschwitz. La rue des Rosiers est le cœur du vieux quartier juif de Paris, dans le Marais.

Interview très intéressante de Sylvain Reiner sur le site du magazine Je chante, ici.

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La fontaine endormie

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 8

Quelques années après la guerre, la Shoah devient progressivement un sujet pour la chanson française, et ce de manière très discrète au départ. Écoutez La fontaine endormie, on est en 1956. Un mur à Varsovie tout au fond d’une cour où s’arrête la vie : l’allusion au ghetto est assez claire à mon avis. D’autant que les paroles sont d’Eddie Marnay, qui a écrit plusieurs chansons sur des sujets juifs, on le reverra dans nos séries. La musique est de son comparse Emil Stern. Chantée par Renée Lebas (de son vrai nom Lieben), fille d’immigrés juifs roumains. Son père et sa sœur ont été arrêtés à la rafle du Vel’ d’Hiv’ en juillet 1942 et ne sont pas revenus de déportation.

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Êtes-vous heureux ?

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 7

On va voir dans les prochains billets que de nombreux chanteurs ou paroliers juifs, parfois enfants de déportés, parfois même orphelins, ont évoqué la Shoah dans leurs chansons. Mais les survivants des camps eux-mêmes, juifs ou non, n’ont pas témoigné en chanson à ma connaissance. Le témoignage sur la Shoah a pourtant été assez abondant et parfois contemporain de la Shoah. Annette Wieviorka commence son livre L’ère du témoin par cette citation de l’archiviste du ghetto de Varsovie, Emmanuel Ringelblum :

Tout le monde écrivait […]. Journalistes et écrivains, cela va de soi, mais aussi les instituteurs, les travailleurs sociaux, les jeunes et même les enfants.

Et dans sa thèse Déportation et génocide, entre la mémoire et l’oubli, elle recense 34 ouvrages parus en France dès 1945, 37 en 1946 et 36 en 1947. Mais ces témoignages sont des livres. Plus tard, ce seront des interviews, des documentaires, etc. Mais pas de chanson, française en tout cas, à ma connaissance. Mon avis sur la question, c’est que la chanson est tout simplement un art assez impropre au témoignage. Charles Aznavour aimait dire qu’on doit raconter dans une chanson non pas sa vie, mais celle de celui qui écoute… La chanson est plus l’art de ce qu’on veut entendre que celui de ce qu’on a à dire, il est rarement à l’avant garde, voir la série du blog sur les sources et les robinets.

À part la chanson de Simon Srebnik passée dans le premier billet de la série, je n’ai trouvé qu’une seule chanson où l’on entende une survivante des camps de la mort : Marceline Loridan-Ivens, dans Êtes-vous heureux, une chanson de Vincent Delerm qui ne concerne pas la Shoah a priori.

La chanson est plutôt un collage, à partir d’extraits de Chronique d’un été, un film expérimental, entre le documentaire et le cinéma-vérité, de Jean Rouch et Edgar Morin. Marceline Loridan-Ivens interviewe des passants Place de la République à Paris. Autre extrait du film :

Toujours dans Déportation et Génocide, je trouve des paroles écrites par un déporté tout juste libéré d’Auschwitz : Henry Bulawko. La chanson a été écrite en mars 1945 au centre de rassemblement des Français de Katowice. Ce n’est pas vraiment une chanson de témoignage, plutôt un chant patriotique. À chanter sur l’air du Chant du départ, je n’ai pas trouvé de version enregistrée.

Brisant enfin ses fers
Notre France éternelle
Ayant connu un véritable enfer
A déployé à nouveau ses ailes
Le fier coq de la liberté
A chanté le réveil de la patrie

Refrain
Une République nouvelle
Nous appelle à conquérir à nouveau
Tout ce qui fit la France si belle (bis)
Sa Marseillaise et son drapeau

[…]

 

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Casimir Oberfeld

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 6

On évoque dans ce billet Casimir Oberfeld, compositeur juif polonais immigré en France dans l’entre-deux guerre. Il y devient un compositeur de chansons renommé. On lui doit par exemple Paris sera toujours Paris, Félicie aussi popularisée par Fernandel, ou encore C’est vrai !, peut-être la chanson la plus connue de Mistinguett.

Casimir Oberfeld a été déporté à Auschwitz fin 1943. Il y a survécu comme musicien dans l’orchestre et est mort dans les marches qui ont suivi l’évacuation du camp par les Allemands en janvier 1945.

Il semblerait que la musique de l’hymne officieux de l’État français, Maréchal nous voilà, soit un plagiat de La Margoton du bataillon, chanson composée par Casimir Oberfeld pour une opérette. On a déjà vu dans un billet précédent que le slogan de l’état français « la terre elle ne ment pas » serait dû à Emmanuel Berl, juif alsacien. Maintenant c’est Maréchal nous voilà. Ce type de rapprochements ridicules ou tragiques est simplement le signe de l’intégration complète des juifs à la société française d’avant-guerre. L’absurdité de ces coïncidences, c’est en miroir l’absurdité de l’antisémitisme. Il y a de nombreux autres exemple et pour me restreindre à la chanson, j’en cite un dernier. Le chansonnier Montéhus, de son vrai nom Gaston Mardochée Brunswick, était un juif alsacien. On lui doit des chansons engagées comme La butte rouge ou Gloire au 17e. Il paraît qu’il était ami avec Lénine, mais aussi avec Pierre Laval, qui aurait tenté de le faire témoigner lors de son procès en 1945.

La Margoton du bataillon par Armand Bernard.

Je vous propose encore Maréchal, version parodique de Maréchal nous voilà, en 1983. Les paroles sont de Georges Coulonges et la musique est de Jean Ferrat (dont on reparle bientôt), qui s’inspire de l’original, ou de l’original de l’original peut-être. Interprétée par Juliette Gréco. Noter que la mère et la sœur de Juliette Gréco ont été déportées à Ravensbrück pour résistance en 1943. La jeune Juliette n’y a échappé qu’en raison de son âge (elle avait 15 ans), et a été jetée en prison. À la libération de Paris, presque un an avant celle de Ravensbrück, Juliette Gréco a été hébergée chez Hélène Duc près de Saint-Germain-des-Prés.

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Le Verfügbar aux Enfers

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 5

Il y avait une vie culturelle assez active dans les ghettos, voire même dans certains camps, on l’a vu dans les billets précédents. Des camps d’extermination, comme Chelmno, Belzec, Sobibor ou Treblinka, où la quasi totalité des juifs étaient assassinés dès leur arrivée, quelques dizaines de survivants seulement sont revenus. A fortiori, très peu de témoignages en sont parvenus, et ne parlons même pas de chansons. Dans les camps de concentration, les prisonniers pouvaient séjourner longtemps et parvenaient parfois, malgré les conditions extrêmement dures, à créer. Je vous propose aujourd’hui Le Verfügbar aux enfers, opérette écrite clandestinement par Germaine Tillion au cours de l’hiver 1944-1945, durant son internement au camp Ravensbrück.

Le titre s’inspire d’Orphée aux enfers. « Verfügbar », qu’on peut traduire par « disponible », désigne un prisonnier qui n’est temporairement affecté à aucun travail (à aucun kommando comme on dit dans le langage des camps), ce qui le rend « disponible » pour une nouvelle affectation. L’opérette utilise des airs connus, sur lesquels Germaine Tillon a ajouté des paroles de son cru et pleines d’humour. Résumé de l’histoire : un naturaliste découvre une nouvelle espèce, le verfügbar (mais personne ne voudrait être un verfügbar). L’opérette est un tour d’horizon de tous les aspects de la vie de la déportée. Le sort des juifs est évoqué dans certains passages. Adaptation et mise en scène d’Henri Mariel.

Je suis abonné depuis quelques temps à Academia, un site qui permet de déposer et consulter librement des travaux universitaires. Depuis environ un an, pas moins de huit mémoires de master, communications ou publications ont été consacrés au Verfügbar aux enfers. À vue d’œil, je dirais que c’est le sujet principal en chansonologie, à peu près à égalité avec des questions identitaires québecquoises :

Germaine Tillion. Credo du « solidus » et sympathie à la lettre, de Djemaa Maazouzi.
Créativités féminines dans les camps de concentration, de Renée Dray-Bensoussan.
Discours sur la méthode de Germaine Tillion, document non signé.
Le Verfügbar aux Enfers – un document de conception orale, de Marie-Hélène Benoit-Otis et Philippe Despoix.
Le Verfügbar aux Enfers. Études et mises en scène contemporaines, de Cécile Quesney.
L’interprétation vocale du Verfügbar aux Enfers au XXIe siècle de Catherine Harrison-Boisvert et Caroline Marcoux-Gendron.
Orphée à Ravensbrück ? Une revue de composition orale : mémoire phonographique et parodie, de Philippe Despoix
Rien de sert de pleurer, il faut rire à point, de Pascale Mottura.

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Le chant des marais

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 4

On quitte momentanément la Shoah proprement dite pour les camps de concentration, qui étaient au départ destinés à la seule répression politique (ce n’est qu’à partir de fin 1941 qu’ont été construits les centres spécifiquement dédiés au gazage des juifs). Le camp de Börgermoor, était l’un des « camps des marais », des camps où les prisonniers étaient employés à des travaux agricoles. En 1933, des communistes allemands y ont composé un chant qui a connu une belle postérité, Moorsoldatenlied, en français Le chant des marais, ou Chant des déportés. À cette époque, les SS et les SA expérimentaient encore et laissaient une certaine liberté aux prisonniers, qui ont pu écrire cette chanson et la chanter lors d’un spectacle autorisé par les gardes du camps qui y ont même assisté.

La musique est de Rudi Goguel et les paroles allemandes sont de Johann Esser et Wolfgang Langhoff. Ce dernier a été libéré en 1934 et a publié en Suisse l’un des premiers témoignages sur les camps allemands, Les Soldats du marais sous la schlague des nazis.

Le chant est devenu célèbre dès avant la guerre. En France, il a été assez universellement adopté : des communistes jusqu’aux militaires. Je vous propose une version par Leny Escudero (qui fait son entrée au 994e billet de ce blog), et une autre par un chœur de parachutistes de l’armée française.

Plus d’information ici.

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Yisrolik

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 3

Les juifs des territoires conquis par les nazis à l’est de l’Allemagne ont été rassemblés dans certains quartiers des plus grandes villes, les ghettos. De nombreuses chansons y ont été composées, surtout en yiddish. Je vous propose aujourd’hui ma préférée, Yisrolik, écrite en 1942 dans le ghetto de Vilnius. Paroles de Leyb Rozental, musique de Misha Veksler, interprétation de Rochelle Horowitz.

Pour plus d’information à propos de la créatrice de la chanson, Khayele Rozental, voir ici. Le site propose de très nombreuses chansons en lien avec la Shoah, ici. Traduction des paroles du yiddish en français :

Allons, achetez-moi des cigarettes,
Achetez-moi de la saccharine
De nos jours, la marchandise ne vaut plus rien.
Une vie pour un groshen [grosz = centime du zloty, la monnaie polonaise]
Un sou, un grain
Vous avez bien entendu parler du « marchand du ghetto ».

Refrain
Je m’appelle Yisrolik,
Je suis un enfant du ghetto,
Un garçon sans foyer,
Et même si je suis resté comme ça, sans rien,
Je n’ai pas mis mes yeux et la langue dans la poche!

Un manteau sans col,
Des pantalons faits dans un sac,
J’ai des guêtres
Il ne me manque que les chaussures !
Et qui oserait se moquer, oy, eh bien,
Je lui montrerai qui je suis !

Ne croyez pas que je suis né
Dans la rue, sans feu ni Dieu,
Chez papa maman, moi aussi j’étais un enfant,
Je les ai perdus tous les deux,
Ne croyez pas que ça m’amuse !
Je suis resté comme le vent dans les champs.

Je m’appelle Yisrolik,
Mais quand personne ne peut me voir,
J’essuie silencieux les larmes de mes yeux,
Mais de ma profonde peine
Mieux vaut ne pas en parler
À quoi sert de se souvenir et d’en avoir le cœur si lourd ?

Une autre chanson assez connue a été écrite dans le ghetto de Vilnius en 1943 : Zog Nit Keynmol, sur des paroles de Hirsch Glick et une musique empruntée à une chanson russe. Cette chanson écrite suite à l’insurrection du ghetto de Varsovie est devenue par la suite l’hymne des partisans juifs.

Vous pouvez écouter de nombreux chants des ghettos sur le site du Ruth Rubin Legacy (voir aussi le billet consacré à ce projet). Je recommande la chanson A Bokh. Ici. D’autres chansons ici.

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La chanson de Treblinka

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 2

« Shoah », « catastrophe » en hébreu, désigne l’assassinat de plusieurs millions de juifs par les nazis pendant la seconde guerre mondiale. L’ampleur inédite du massacre et l’emploi de moyens militaires, industriels et bureaucratiques pour assassiner une population civile sans défense marquent une rupture dans la civilisation européenne. Des institutions comme les chemins de fer ou la police, sensées servir ou protéger, des sciences comme la chimie, sont complices du grand crime et y sont durablement associées dans nos mémoires. Une notion aussi neutre et abstraite que la « liste » est compromise, si bien qu’en préparant ces séries sur les juifs et la chanson, j’ai ressenti une réticence à établir une liste des chanteurs juifs. Liste que je n’ai finalement pas établie, même dans le secret de mes notes préparatoires.

Mais la chanson, l’innocente chanson, simplette et populaire, avec ses tralalas et son tsoin-tsoin à la fin, a-t-elle en quelque manière participé à la Shoah ? Je vous propose à nouveau un extrait du film Shoah, l’interview du SS Franz Suchomel qui a servi plusieurs mois au camps d’extermination de Treblinka. Car si la première partie de Shoah commence par la chanson d’un survivant, la deuxième partie débute par la chanson d’un bourreau. Écrite par les SS, peut-être par sadisme, peut-être pour cadencer le travail des juifs réquisitionnés, elle n’a pas de titre à ma connaissance. Selon Suchomel, la chanson a été écrite par « Franz ». Il s’agit peut-être de Franz Strangl, ou de Kurt Franz, qui ont tous deux commandé Treblinka à des périodes différentes, ou d’un autre Franz. Claude Lanzmann dit à Suchomel qu’il est très important qu’il chante la chanson, fort et jusqu’au bout.

Pourquoi faire débuter deux parties du film par des chansons ? Claude Lanzmann n’est plus là pour le dire. Peut-être pour donner un peu de rythme au montage de ce film sobre à l’extrême et qui ne recourt ni aux images d’archive ni à une quelconque « musique de film ». Peut-être ces chansons sont-elles aussi le témoignage d’une époque où la chanson était bien plus présente qu’aujourd’hui, où chacun connaissait des chants de marche, de travail, etc.

Je vous propose un extrait du témoignage de Yakov Gabbay, déporté à Auschwitz en 1944, et affecté au sonderkommando. Lu dans Des voix sous la cendre, manuscrits des Sonderkommandos d’Auschwitz-Birkenau, paru chez Calmann-Lévy en 2005. Les propos sont recueillis par Gideon Greif, page 299.

Y.G. : […] La nuit, nous avions le droit de chanter, nous avions une mandoline et une guitare à notre disposition. Avec les Allemands, tous ensemble, nous chantions mangions, et buvions.

G.G. : Pendant que vous buviez et mangiez avec les Allemands, vous rapprochiez-vous ? De quoi parliez vous avec eux ?

YG : Nous n’approfondissions pas en politique. Nous racontions des blagues et parlions de chansons. Ils aimaient chanter. Cela semble certainement horrible et incompréhensible que nous puissions vivre ainsi avec nos assassins. Mais à Auschwitz tout était possible.

Des rush de l’interview de Suchomel pour le film Shoah sont visibles ici.

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La chanson de Simon Srebnik

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 1

Notre troisième série sur les juifs et la chanson est consacrée à la Shoah. Le film Shoah de Claude Lanzmann commence par une chanson, chantée par Simon Srebnik, l’un des seuls survivants du camp d’extermination de Chelmno.

La chanson commence vers 4:50. Il me semble qu’elle est en polonais.

Dans L’ère du témoin d’Annette Wieviorka, page 111, je lis :
Dans son témoignage [au procès Eichmann], Srebnik n’évoque à aucun moment le chant. Or pour les spectateurs de Shoah, Simon Srebnik est l’enfant chanteur de Chelmno.

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Nettoyer, balayer

Féminisme / sexisme 16/16

Pour conclure la série, je note que la bataille la plus importante de la guerre des sexes, à savoir celle de la répartition des tâches ménagères, est assez peu évoquée en chanson… Je vous propose le tube Maldon (la musique dans la peau) de Zouk Machine. Je recommande l’écoute en suivant les paroles ci-dessous.

Traduction des paroles du créole en français :

Couplet 1
Ka sa yé misyé bobo
Eh ben « monsieur bobo »

Fo pa’w kon-prann bibi sé on kouyon
Ne prends pas « bibi » pour une imbécile

Si tout lé mwen o founo
Si je suis tout le temps aux fourneaux

Fo’ wa tann vou on jou ké ni maldon
Attends-toi à ce qu’il y ait maldonne un jour

Nétwayé, baléyé, astiké
Nettoyer, balayer, astiquer

Kaz la toujou penpan
La maison est toujours propre

Ba’w manjé, baw lanmou
Je te fais à manger, je te donne de l’amour

E pou vou an kafey an chantan, Ha
Et pour toi je le fais en chantant

Couplet 2
Ka sa yé misyé bobo
Eh ben « monsieur bobo »

Pa mandé bibi rété kon madon
Ne demande pas à « bibi » de rester comme une madone

Menn si an fé on ti solo
Même si je fais un petit solo

Ou sav ké sé toujou vou ka kontrol
Tu sais bien que c’est toujours toi qui gardes le contrôle

Byen dé fwa, an té vlé, enprovizé
Souvent, j’ai voulu improviser

E fé on ti boujé
Et sortir un peu

An kaz la, ka rété
Je reste à la maison
Ka santi mwen kon si an prizonyé
Et je me sens emprisonnée

Refrain:
Pa mé lé mwen kon sa ké ni maldon Ha
Ne me bloque pas comme ça ou sinon il y aura maldonne

Pa fé mwen Pa fé mwen
Ne me la fais pas x2

Wo ho si’wvlé ké pou nou dé sa kontinué
Si tu veux que ça continue entre nous

Ban fil pou mwen pé boujé
Relâche la corde pour que je puisse bouger

Couplet 3
Ka sa yé misié bobo
Eh ben « monsieur bobo »

Hum, bibi enmé mizik ki chébran
Bibi aime la musique « branché »

Lazé, k7 vidéo
Les lasers, les cassettes vidéo

Ka méné mwen iwen pou on ti moman
Me permettent de m’évader pendant quelques instants

Nétwayé, baléyé, astiké
Nettoyer, balayer, astiquer

Kaz la toujou penpan
La maison est toujours propre

Ba’w manjé, ba’w lanmou
Je te fais à manger, je te donne de l’amour

E pou vous an ka fey an chantant
Et pour toi je le fais en chantant

La minute solfège, toujours pour la fin des billets (ça soûle les lecteurs en général). Je me suis longtemps demandé ce qui fait qu’on reconnait tout de suite le zouk. J’ai cherché sur internet sans succès. Je pense que c’est à cause de l’appui sur le premier contre-temps. Je m’explique, écoutez-bien le refrain. Ça démarre sur un « Pa » très percutant. Il est sur la deuxième croche du premier temps de la mesure, après un demi-soupir. C’est un appui rythmique assez inhabituel, très syncopé, très dansant. Inhabituel, sauf dans le zouk. Pas facile à chanter en rythme d’ailleurs. Dans cette chanson formatée « variété », on n’entend cette signature qu’au début du refrain, mais dans des morceaux plus pur-zouk, c’est tout le temps.

1 – Les petites filles de Michèle Bernard
2 – Êtes-vous sexiste-Beatles ou sexiste-Rolling Stones ?
3 – Jane Birkin
4 – Marie Dubas nous fait mal
5 – Les rapeurs sont-ils jugés sexistes ?
6 – Léo Ferré est-il misogyne ?
7 – Jacques Brel est-il misogyne ?
8 – Georges Brassens est-il misogyne ?
9 – Gainsbourg est-il misogyne ?
10 – Les z’hommes
11 – Le monsieur du métro
12 – À part peut-être Renaud
13 – Anne Sylvestre
13bis – La faute à Ève
14 – Rimes féminines
15 – Ne vous mariez pas les filles
16 – Nettoyer, balayer

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