Le Verfügbar aux Enfers

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 5/23

Il y avait une vie culturelle assez active dans les ghettos, voire même dans certains camps, on l’a vu dans les billets précédents. Des camps d’extermination, comme Chelmno, Belzec, Sobibor ou Treblinka, où la quasi totalité des juifs étaient assassinés dès leur arrivée, quelques dizaines de survivants seulement sont revenus. A fortiori, très peu de témoignages en sont parvenus, et ne parlons même pas de chansons. Dans les camps de concentration, les prisonniers pouvaient séjourner longtemps et parvenaient parfois, malgré les conditions extrêmement dures, à créer. Je vous propose aujourd’hui Le Verfügbar aux enfers, opérette écrite clandestinement par Germaine Tillion au cours de l’hiver 1944-1945, durant son internement au camp Ravensbrück.

Le titre s’inspire d’Orphée aux enfers. « Verfügbar », qu’on peut traduire par « disponible », désigne un prisonnier qui n’est temporairement affecté à aucun travail (à aucun kommando comme on dit dans le langage des camps), ce qui le rend « disponible » pour une nouvelle affectation. L’opérette utilise des airs connus, sur lesquels Germaine Tillon a ajouté des paroles de son cru et pleines d’humour. Résumé de l’histoire : un naturaliste découvre une nouvelle espèce, le verfügbar (mais personne ne voudrait être un verfügbar). L’opérette est un tour d’horizon de tous les aspects de la vie de la déportée. Le sort des juifs est évoqué dans certains passages. Adaptation et mise en scène d’Henri Mariel.

Je suis abonné depuis quelques temps à Academia, un site qui permet de déposer et consulter librement des travaux universitaires. Depuis environ un an, pas moins de huit mémoires de master, communications ou publications ont été consacrés au Verfügbar aux enfers. À vue d’œil, je dirais que c’est le sujet principal en chansonologie, à peu près à égalité avec des questions identitaires québecquoises :

Germaine Tillion. Credo du « solidus » et sympathie à la lettre, de Djemaa Maazouzi.
Créativités féminines dans les camps de concentration, de Renée Dray-Bensoussan.
Discours sur la méthode de Germaine Tillion, document non signé.
Le Verfügbar aux Enfers – un document de conception orale, de Marie-Hélène Benoit-Otis et Philippe Despoix.
Le Verfügbar aux Enfers. Études et mises en scène contemporaines, de Cécile Quesney.
L’interprétation vocale du Verfügbar aux Enfers au XXIe siècle de Catherine Harrison-Boisvert et Caroline Marcoux-Gendron.
Orphée à Ravensbrück ? Une revue de composition orale : mémoire phonographique et parodie, de Philippe Despoix
Rien de sert de pleurer, il faut rire à point, de Pascale Mottura.

1 – La chanson de Simon Srebnik
2 – La chanson de Treblinka
3 – Yisrolik
4 – Le chant des marais
5 – Le Verfügbar aux Enfers
6 – Casimir Oberfeld
7 – Êtes-vous heureux ?
8 – La fontaine endormie
9 – Il n’y a plus de roses rue des Rosiers
10 – Le petit train de Rita Mitsouko
11 – Comme-toi
12 – Nuit et brouillard
13 – Smoke gets in your eyes
14 – Pitchipoï
15 – Évariste
16 – Au fil du temps
17 – Les Ramones à Bitburg
18 – Signé Furax
19 – Des voix off
20 – Roméo et Judith
21 – Culture du camp
22 – La troisième symphonie de Górecki
23 – Beltz

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5 commentaires sur “Le Verfügbar aux Enfers

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