Sous ton balcon

Vin, alcool et ivrognerie 13

Jean Richepin était très ami avec Raoul Ponchon qu’on a déjà vu dans cette série. Ils sont même enterrés côté à côté. Il a dressé son portrait en quatre vers.

Tu sens le vin, Ô pâte exquise sans levain,
Salut Ponchon, salut. Trogne, crinière, ventre,
Ta bouche dans le foin de ta barbe est un antre,
Où gloussent les chansons de la bière et du vin
.

Je suis sous, Claude Nougaro.

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L’alcool de Gainsbourg

Vin, alcool et ivrognerie 10

Encore quelques vers de Raoul Ponchon aujourd’hui.

Absinthe, je t’adore certes.
Il me semble quand je te bois,
Humer l’âme des jeunes bois,
Pendant la belle saison verte

Ton frais parfum me déconcerte
Et dans ton opale,
Je vois des cieux habités autrefois
Comme par une porte ouverte.

Qu’importe Ô recours des maudits,
Que tu sois un vain paradis
Si tu contentes mon envie

Et si devant que j’entre au port,
Tu me fais supporter la vie
En m’habituant à la mort.

L’alcool de Serge Gainsbourg.

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Le vin

Vin, alcool et ivrognerie 1

Nous commençons cette série d’automne par quelques strophes de circonstance. Elles sont de Raoul Ponchon. Peut-être pas le poète le plus célèbre de toute notre belle littérature, mais le plus prolifique sans doute. Il parait qu’il a écrit plus de 150 000 vers. On reparlera de lui dans cette série.

Laisserai-je passer l’automne,
Sans le chanter ?
Non, non. Je n’y puis résister ;
Croyez-moi, c’est la bonne
Saison.
Allons-y de notre chanson.

Que d’aucuns chantent sur leur lyre
Ce qu’ils voudront,
Et qu’ils convoitent pour leur front
Les lauriers d’un Shakespeare…
Ma foi,
C’est leur affaire. Quant à moi,

Qui me fiche autant de la gloire
Que d’un corset
Vide, et suis né, comme l’on sait,
Uniquement pour boire,
Je bois !
Que si j’ose élever la voix

Dans le tumulte de la Vie,
Ce n’est que pour
Célébrer le Vin et l’Amour,
Et l’amour de ma mie,
Ô gué !
Encor suis-je bien fatigué !

Que d’autres chantent sur leur lyre
Le doux Printemps,
C’est gentil quand on a vingt ans ;
Ce serait du délire
À moi,
De m’emballer à son endroit.

Sans remonter au Moyen Âge,
Ne vais-je pas
Toucher… encore quelques pas –
À l’hiver de mon âge ?…
Hélas !
Ce que c’est de nous, Babylas !

Un coq, chaque matin, me guette
« Fini, l’été !
Dit-il. – C’est temps, en vérité,
De fermer ta brayette,
Ponchon !
Ouvre ta cave, mon cochon !

« Tes dents, vrais haricots malades,
Fichent le camp,
Au moindre vent qui souffle, ou quand
Tu manges des panades ;
Et ton
Crâne est plus chauve qu’un toton. »

Las ! je cassais des clous, naguère,
Avec mes dents.
J’avais des cheveux abondants
À ne savoir qu’en faire,
Jadis !
Il ne m’en reste plus que dix !

C’est pourquoi, je vous le répète,
Je bois du vin,
Car il me semble en avoir vingt,
Dès que je suis pompette.
Et quoi
Nous sauve, si ce n’est la foi !

Vive donc le superbe automne,
Rouge et doré !
Le vin magnifique et sacré,
Qui chante dans la tonne,
Le vin…
Je ne dis pas l’eau… mais le Vin !

En ce mois d’octobre célébrons donc sans modération le jus d’octobre et l’alcoolisation. Le vin de Georges Brassens.

Autre chanson alcoolisée de Brassens : L’épave. Au fronton de laquelle j’inscris ces vers de Victor Hugo, aux rimes rendues approximatives par une langue sans doute trop pâteuse.

Un discours de cette espèce
Sortant de mon hiatus,
Prouve que la langue épaisse
Ne fait pas l’esprit obtus.

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