Dieu est un fumeur de havane

La cigarette 21/26

Michel Houellebecq a écrit :
À un moment donné, dans l’esprit de pas mal de gens, j’ai été une espèce de réactualisation de Serge Gainsbourg. Je fume autant que lui, mais je bois quand même largement moins. Et puis, je suis moins obsédé sexuel que lui. Mais j’ai l’impression qu’en vieillissant, je suis devenu pour les jeunes une espèce de mémoire du temps où le comportement était plus libre. Du genre des rockers qui se mettent à ressembler à de vieux reptiles, venus d’une époque où on avait le droit de fumer, de boire. Une mémoire reptilienne …

Gainsbourg et Catherine Deneuve, Dieu est un fumeur de havane.

Montage sur la tabagie de Gainsbourg.

1 – La cigarette, c’est dans la tête
1bis – La gitane
2 – Du gris
3 – Il fume pour oublier
3bis – Don’t smoke
4 – La cigarette après l’amour
5 – Sanseverino fume
5bis – Confinement
6 – Cigarettes sur cigarettes
7 – Cigare à moteur
8 – Fumer le cigare
9 – Café, tabac
10 – La cigarette qui me brûle les doigts
11 – Addiction
12 – Brigitte fontaine fume
13 – Suzanne Gabriello
14 – Je suis une cigarette
15 – La complainte du tabac
16 – Je ne veux pas travailler
17 – La fête du tabac
18 – L’amour est-il comme une cigarette ?
19 – La cigarette d’Higelin
20 – Duo
21 – Dieu est un fumeur de havane
22 – Bien après minuit
23 – Sardou les enfume
24 – Cigarettes, whisky et p’tites pépées
25 – Bye Bye Clope
26 – Si j’étais une cigarette

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La chanson pro-israélienne

Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 8/19

Le courant est aujourd’hui un peu passé de mode, mais il y a eu plusieurs chansons pro-israéliennes dans les années 1960. Par exemple, Exodus, paroles d’Eddy Marnay, interprétée par Édith Piaf, pour le film du même nom.

Autre exemple, Nino Ferrer, Je vous dis bonne chance.

Dans un contexte plus actuel et circonstancié, Renaud évoque Israël dans Hyper cacher, chanson écrite après les attentats de janvier 2015.

Pour un exposé plus doctrinaire du sionisme en chanson, je vous propose Plaidoyer pour ma terre (qu’est-ce que le sionisme) d’Herbert Pagani.

J’inclus aussi une chanson de Serge Gainsbourg, Le sable et le soldat, écrite à l’occasion de la guerre des six jours, et dont il n’existe qu’une maquette. Plus d’information sur cette étrange chanson ici (à écouter si vous vous posez tout plein de questions sur Gainsbourg, la France et le sionisme).

 

1 – Le chandelier
2 – Le mot « juif » dans des listes
3 – La chanson anticléricale œcuménique
3bis – Souchon et Ferré
4 – Le juif non-dit
5 – Les juifs chez Gainsbourg
6 – Un juif célèbre
7 – L’Aziza
8 – La chanson pro-israélienne
9 – Le conflit israélo-palestinien
10 – Image des juifs dans le rap
11 – L’anti-antisémitisme de Pierre Perret
12 – La chanson antisémite
13 – On peut rire de tout, mais pas en mangeant du couscous
14 – Les mères juives
15 – Betty Boop
16 – Noirs et juifs aux USA
17 – Nica
18 – Noirs et juifs en chanson chez Jean-Paul Sartre
19 – Azoy
19bis – Retour sur quelques commentaires

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Les juifs chez Gainsbourg

Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 5/19

Dans ce billet, je dois faire une sorte de mea culpa. Les séries sur les juifs et la chanson ont été écrites au fur et à mesure de l’année, ce qui fait je ne découvre que maintenant des éléments pour les séries précédentes. Je disais au début de la série sur les chanteurs juifs que seul Enrico Macias affirme une identité juive dans ses chansons, mais il est clair qu’on peut y ajouter Serge Gainsbourg. En ce domaine comme en bien d’autres, son image est un peu brouillée. Là, c’est parce qu’aucune de ses chansons évoquant le judaïsme n’a rencontré le succès.

Toute sauf peut-être une, mais dont le lien avec le judaïsme n’a a priori pas été envisagé par Gainsbourg au départ. Il s’agit de sa reprise de La Marseillaise en style reggae, son premier disque d’or après plus de 20 ans carrière, qui a déclenché une célèbre polémique. Michel Droit, dans Le Figaro écrivait à son propos :

Beaucoup d’entre nous s’alarment, souvent à juste titre, de certaines résurgences, dans notre monde actuel, d’un antisémitisme que l’on était en droit de croire enseveli à jamais avec les six millions de martyrs envoyés à la mort par son incarnation la plus démoniaque.

Or, dans ce domaine de l’antisémitisme, chacun sait que, s’il y a des propagateurs, il peut y avoir aussi, hélas !, les provocateurs (…). Il n’est évidemment pas un homme de bonne foi, qui songerait à associer cette parodie scandaleuse, même si elle est débile, de notre hymne national et le judaïsme de Gainsbourg. Mais ce ne sont pas précisément les hommes de bonne foi qui constituent les bataillons de l’antisémitisme (…)

Ce à quoi Gainsbourg a répondu dans un article du Matin intitulé On n’a pas le con d’être aussi Droit :

Peut-être Droit, journaliste, homme de lettres, de cinq dirons-nous, membre de l’association des chasseurs d’Afrique francophone, cf. Bokassa Ier, officiant à l’ordre national du Mérite, médaillé militaire, croisé de guerre 39-45 et croix de la Légion d’honneur dite étoile des braves, apprécierait-il que je mette à nouveau celle de David que l’on me somma d’arborer en juin 1942 noir sur jaune et ainsi, après avoir été relégué dans mon ghetto par la milice, devrais-je trente-sept ans plus tard y retourner, poussé cette fois par un ancien néo-combattant (…)

L’affaire a culminé lors d’un concert à Strasbourg, annulé à cause de menaces d’attentats, où Gainsbourg a chanté La Marseillaise a capella, en présence de paras venus pour en découdre, voir la vidéo sur le site de l’INA, ici (on reconnait les paras à leur béret rouge).

Gainsbourg a aussi écrit des chansons moins connues où il donne sa vision du judaïsme, toujours dans une veine provocatrice, Juif et Dieu.

Pour conclure ce billet, je note que Gaimbard était le faux nom utilisé par la famille Ginzburg pour se cacher pendant la guerre. Impossible de ne pas y associer le surnom Gainsbar, qui apparait notamment dans la chanson Ecce homo. Ecce homo : « voici l’homme », paroles prononcées par Ponce Pilate présentant le Christ à la foule selon l’évangile de Jean.

Et ouais cloué le Gainsbarre
Au mont du Golgothar
Il est reggae hilare
Le cœur percé de part en part

 

 

1 – Le chandelier
2 – Le mot « juif » dans des listes
3 – La chanson anticléricale œcuménique
3bis – Souchon et Ferré
4 – Le juif non-dit
5 – Les juifs chez Gainsbourg
6 – Un juif célèbre
7 – L’Aziza
8 – La chanson pro-israélienne
9 – Le conflit israélo-palestinien
10 – Image des juifs dans le rap
11 – L’anti-antisémitisme de Pierre Perret
12 – La chanson antisémite
13 – On peut rire de tout, mais pas en mangeant du couscous
14 – Les mères juives
15 – Betty Boop
16 – Noirs et juifs aux USA
17 – Nica
18 – Noirs et juifs en chanson chez Jean-Paul Sartre
19 – Azoy
19bis – Retour sur quelques commentaires

 

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Le juif non-dit

Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 4/19

Les billets précédents rassemblaient plusieurs chansons parlant des juifs explicitement. Ici on aborde le juif non-dit, allusif, dont on ne sait qu’il est juif que parce qu’on connait l’histoire de la chanson ou de son auteur. En lien avec les billets précédents, vous verrez d’ailleurs que ne pas dire le mot permet de se libérer un peu et d’évoquer plus concrètement le judaïsme.

Tout d’abord, comme on l’avait déjà remarqué dans une série précédente (ici), la discrétion sur le judaïsme est plutôt la règle chez les chanteurs juifs eux-même, à l’exception notable d’Enrico Macias et de Serge Gainsbourg (mais dans des chansons peu connues de son répertoire, on en reparle dans le prochain billet). Par exemple, Le chandelier, première chanson passée dans cette série fait allusion au judaïsme sans le nommer, on peut facilement passer à côté. Je ne reviens pas sur cette question à laquelle on a déjà consacré une série, je rappelle juste que de nombreux chanteuses et chanteurs juifs ne mentionnent simplement jamais leurs origines dans leurs chansons, le plus emblématique étant peut-être Francis Lemarque. Plusieurs n’en parlent que par allusion, comme Jean Ferrat. Ou Jean-Jacques Goldman dans Je te donne :

Je te donne nos doutes et notre indicible espoir
Les questions que les routes ont laissées dans l’histoire
Nos filles sont brunes et l’on parle un peu fort
Et l’humour et l’amour sont nos trésors

Ou Barbara, dont l’errance de la famille en fuite pendant la guerre occupe dans toutes ses chansons en tout et pour tout quatre vers de Mon enfance.

La guerre nous avait jetés là, d’autres furent moins heureux je crois
Au temps joli de leur enfance
La guerre nous avait jetés là, nous vivions comme hors-la-loi
Et j’aimais cela quand j’y pense

Je vous propose dans un style encore plus allusif, une chanson d’Eddy Marnay et Emil Stern, chantée par Renée Lebas. On doit à ce trio ce qui semble être la première chanson française évoquant à demi-mot la Shoah : La fontaine endormie, voir ici. La chanson Tire l’aiguille (laï laï laï) est inspirée d’une musique klezmer et évoque le métier de tailleur, très répandu dans l’immigration juive d’Europe de l’Est.

Chez les chanteurs non-juifs, le judaïsme est aussi parfois évoqué par allusion.
Tout d’abord, curieusement, le parolier qui puise le plus abondamment aux références bibliques est celui qui ne parle rigoureusement jamais des juifs : dans le petit théâtre de Georges Brassens, dans son village anachronique, au milieu de ses curés, cocus et bergères, dans ses chansons dont le personnage principal est Dieu en personne (le mot est cité dans plus de soixante de ses chansons), les juifs ou le judaïsme n’existent pour ainsi dire pas. Son seul personnage juif est sans doute le Christ (ajoutez-y Simon de Cyrène si vous voulez). La Prière, adaptation d’un poème de Francis Jammes.

Maxime Le Forestier a écrit La vie d’un homme, en soutien à Pierre Goldman, le demi-frère de Jean-Jacques, voir ici le billet qu’on a déjà consacré à cette affaire qui a fait grand bruit en son temps. Les paroles n’évoquent les origines juives du héros de la chanson que par soustraction :

À ceux qui sont dans la moyenne,
À ceux qui n’ont jamais volé,
À ceux de confession chrétienne,
À ceux d’opinion modérée…

Je vous propose maintenant une trouvaille intéressante datant du début de l’époque où pour faire vibrer la fibre antisémite du public, il a fallu inventer des formules ambiguës du type « l’anarchiste allemand Cohn-Bendit », qui ont l’avantage de combiner une critique admise et explicite à une critique taboue et implicite, flattant un auditoire potentiellement antisémite qui dans un étrange compagnonnage sera le seul avec les juifs à saisir l’allusion. Les communistes utilisaient « cosmopolite » de cette manière et de nos jours « finance internationale » ou « sionisme » ont plutôt la côte.

Sur la vidéo à suivre, Jacques Bodoin nous propose des imitations de Tino Rossi, Dario Moreno et Luis Mariano. La tonalité générale est désuète et xénophobe. Dario Moreno est présenté comme « Français, s’il l’on ose dire » puis chanteur « dont le pseudonyme sud-américain dissimule tant bien que mal et plutôt mal que bien un accent qui fleure bon l’islam ». Alors que Dario Moreno était de père turc, de mère mexicaine, tous les deux juifs, et que sa langue maternelle était l’espagnol ! Mais va pour l’islam.

Par ailleurs, les imitations de Bodoin sont assez réussies techniquement… et peut-être ignorait-il les origines de Moreno. J’observe qu’il a connu son plus grand succès en s’attaquant à un autre peuple habituellement taxé de radinerie : les écossais bien sûr. La panse de brebis farcie, célèbre sketch de Jacques Bodoin.

 

1 – Le chandelier
2 – Le mot « juif » dans des listes
3 – La chanson anticléricale œcuménique
3bis – Souchon et Ferré
4 – Le juif non-dit
5 – Les juifs chez Gainsbourg
6 – Un juif célèbre
7 – L’Aziza
8 – La chanson pro-israélienne
9 – Le conflit israélo-palestinien
10 – Image des juifs dans le rap
11 – L’anti-antisémitisme de Pierre Perret
12 – La chanson antisémite
13 – On peut rire de tout, mais pas en mangeant du couscous
14 – Les mères juives
15 – Betty Boop
16 – Noirs et juifs aux USA
17 – Nica
18 – Noirs et juifs en chanson chez Jean-Paul Sartre
19 – Azoy
19bis – Retour sur quelques commentaires

 

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Recollage

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 9/10

Je vous rappelle que j’attends toujours vos vers préférés chez Brassens ! Je fais le point demain sur les différentes propositions.

Devinette du jour : quel alexandrin de Brassens est obtenu en recollant les titres de trois chansons ?

Réponse à la devinette d’hier. On demandait quelle célébrité a la particularité de voir son nom cité dans des chansons de Adamo, Alizée, Art Mengo, Pierre Bachelet, Barbara, Didier Barbelivien, Claude Barzotti, Bénabar, Benjamin Biolay, Georges Brassens, Jean-Roger Caussimon, Alain Chamfort, Julien Clerc, Vincent Delerm, Bob Dylan, Lara Fabian, Jean Ferrat, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Mark Knopfler, Serge Lama, Allain Leprest, Yves Montand, Mouloudji, Pascal Obispo, Pierre Perret, Renaud, Yves Simon, Charles Trenet et Zazie.

Il s’agit bien sûr de Paul Verlaine, bravo a Pierre Delorme qui a trouvé la réponse le premier, suivi de près par Patrick Hannais et Nadia (de Meylan). Simon me propose même une chanson à ajouter à la liste, Rive gauche d’Alain Souchon qui n’hésite pas à couper en deux le nom de ce pauvre Verlaine. Vous pouvez retourner voir la série qu’on a consacré à cet étrange phénomène, ici. Je ne vais pas vous passer toutes les chansons… Je me contente d’une des plus inattendues : Bob Dylan, You’re gonna make me lonesome when you go.

Et si vous ne me croyez pas, voici la liste des chansons, allez-y voir !

Pauvre Verlaine, Adamo
À cause de l’automne, Alizée
L’enterrement de la lune, Art Mengo
En ce temps là j’avais 20 ans, Pierre Bachelet
La Solitude, Barbara
Gottingen, Barbara
Hop Là !, Barbara
L’absinthe, Barbara
Dinky Toys, Didier Barbelivien
Quitter l’autoroute, Didier Barbelivien
Je ne t’écrirai plus, Claude Barzotti
Remember Paris, Bénabar
Si tu suis mon regard, Benjamin Biolay
À Mireille [parlé, texte de Paul Fort], Georges Brassens
L’enterrement de Verlaine [parlé, texte de Paul Fort, mais il existe des versions chantées], Georges Brassens
Paris jadis, Jean-Roger Caussimon
Jamais je t’aime, Alain Chamfort
Hélène, Julien Clerc
Les chanteurs sont tous les mêmes, Vincent Delerm
You’re gonna make me lonesome when you go, Bob Dylan
La différence, Lara Fabian
Les poètes, Jean Ferrat
Ma môme, Jean Ferrat
Blues, Léo Ferré
La fortune, Léo Ferré
Paris, Léo Ferré
À Saint-Germain des Prés, Léo Ferré
Monsieur Barclay, de Léo Ferré
Je suis venu te dire que je m’en vais, Serge Gainsbourg
Metroland, Mark Knopfler
Jardins ouvriers, Serge Lama
Des éclairs et des révolvers, Serge Lama
Neige, Serge Lama
Pauvre Lélian, Allain Leprest
Ma môme, ma p’tite môme, Yves Montand
Rue de Crimée, Marcel Mouloudji
Et bleu…, Pascal Obispo
Je rentre, Pascal Obispo
Ce qu’on voit… allée Rimbaud, Pascal Obispo
L’arbre si beau, Pierre Perret
T’as pas la couleur, Pierre Perret
La femme grillagée, Pierre Perret
Peau Aime [parlé], Renaud
Mon bistrot préféré, Renaud
Les gauloises bleues, Yves Simon
Aux fontaines de la cloche, Charles Trenet
Ohé Paris, Charles Trenet
Adam et Yves, Zazie

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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Le plus cité

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 8/10

Devinette du jour : quelle célébrité a la particularité de voir son nom cité dans des chansons de Adamo, Alizée, Art Mengo, Pierre Bachelet, Barbara, Didier Barbelivien, Claude Barzotti, Bénabar, Benjamin Biolay, Georges Brassens, Jean-Roger Caussimon, Alain Chamfort, Julien Clerc, Vincent Delerm, Bob Dylan, Lara Fabian, Jean Ferrat, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Mark Knopfler, Serge Lama, Allain Leprest, Yves Montand, Mouloudji, Pascal Obispo, Pierre Perret, Renaud, Yves Simon, Charles Trenet et Zazie ?

Les fidèles du blogs doivent pouvoir trouver facilement. Léo Ferré va jusqu’à citer notre mystérieuse célébrité dans cinq chansons, Barbara dans quatre.

Réponse à la devinette d’hier. On demandait quel toponyme est cité dans le plus grand nombre de chansons de Georges Brassens, après « Paris », « Espagne » et « France ». Bravo à Diego qui a le premier proposé la bonne réponse. Il s’agit de « Cythère », mentionnée dans six chansons. Je plains ceux qui ont cherché la réponse en écoutant systématiquement les douze albums de Brassens dans leur ordre de sortie, parce que la première occurrence de « Cythère » se trouve seulement à la 8e piste du 7e album ! En plus, les suivantes sont dans le 9e album, le 11e, puis dans divers inédits. Je vous passe Les amours d’antan, 8e piste du 7e album donc.

Les autres chansons : Je bivouaque au pays de Cocagne, L’andropause, Le bulletin de santé, Quatre-vingt quinze pour cent et S’faire enculer (où l’on remercie Brassens de ne pas nous avoir gratifié de la rime avec « clystère »).

Réponse à la question subsidiaire. Le seul toponyme désignant un endroit situé en Amérique (Nord et Sud confondus) cité par Brassens est « Pérou », dans Gastibelza, adaptation d’un poème de Victor Hugo. Bravo encore à Diego qui a trouvé le premier. JF nous propose l’Eldorado, qui apparaît dans Le père Noël et la petite fille. Son statut de toponyme est problématique, mais pourquoi pas… il y aurait donc deux toponymes américains chez ce sacré Brassens. Il est aussi question d’un « bar américain » dans Le moyenâgeux et une sorte de scène de western est racontée dans La visite, mais ça ne répond pas vraiment à la question.  Sur la vidéo, curieusement Brassens oublie de dire « Pérou », comme s’il rechignait vraiment à nous parler d’Amérique !

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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Des voix off

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 19/23

Hitler lui-même, avec sa gestuelle outrée et ses discours colériques, est une matière première de choix pour le cinéma ou la chanson comique. Le premier a en avoir tiré parti est sans doute Charlie Chaplin dans Le dictateur.

Plusieurs artistes ont exploité ce filon après-guerre. Hitler on ice, extrait de La folle histoire du monde de Mel Brooks.

Mel Brooks lui-même en Hitler dans To be or not to be, remake (probablement lourdingue, je ne l’ai pas vu) du magnifique film de d’Ernst Lubitsch. Quelle colossale rigolade. Mel Brooks commence par « heil myself », probablement le meilleur gag du film.

Mon préféré dans le genre, c’est Jacques Villeret qui incarne le demi-frère d’Hitler dans Papy fait de la résistance.

Pour finir, la vision de Gainsbourg, qui aimait à explorer les rimes orphelines, celle en « olphe » lui donnant un fil particulier à retordre. J’entends des voix off.

1 – La chanson de Simon Srebnik
2 – La chanson de Treblinka
3 – Yisrolik
4 – Le chant des marais
5 – Le Verfügbar aux Enfers
6 – Casimir Oberfeld
7 – Êtes-vous heureux ?
8 – La fontaine endormie
9 – Il n’y a plus de roses rue des Rosiers
10 – Le petit train de Rita Mitsouko
11 – Comme-toi
12 – Nuit et brouillard
13 – Smoke gets in your eyes
14 – Pitchipoï
15 – Évariste
16 – Au fil du temps
17 – Les Ramones à Bitburg
18 – Signé Furax
19 – Des voix off
20 – Roméo et Judith
21 – Culture du camp
22 – La troisième symphonie de Górecki
23 – Beltz

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Les Ramones à Bitburg

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 17/23

Je vous propose dans ce billet de quitter les chansons françaises et yiddish pour un petit tour dans la musique anglo-saxonne. Merci à Tal Bruttmann qui m’a proposé les chansons de ce billet.

Joey Ramone, le chanteur des Ramones, est né dans une famille juive new-yorkaise. Un peu dans la manière provocatrice et ironique de Nazi rock de Gainsbourg, un des plus grands des succès des Ramones s’appelle d’ailleurs Blitzkrieg pop. Les Ramones ont aussi écrit une chanson sur la controverse de Bitburg, qui a fait suite à la visite du président des État-Unis, Ronald Reagan, au cimetière de Bitburg où plusieurs anciens SS étaient enterrés.

Bonzo goes to Bitburg (my brain is hanging upside down)

Je vous propose aussi Reagan at Bitburg, morceau instrumental intéressant de Frank Zappa.

1 – La chanson de Simon Srebnik
2 – La chanson de Treblinka
3 – Yisrolik
4 – Le chant des marais
5 – Le Verfügbar aux Enfers
6 – Casimir Oberfeld
7 – Êtes-vous heureux ?
8 – La fontaine endormie
9 – Il n’y a plus de roses rue des Rosiers
10 – Le petit train de Rita Mitsouko
11 – Comme-toi
12 – Nuit et brouillard
13 – Smoke gets in your eyes
14 – Pitchipoï
15 – Évariste
16 – Au fil du temps
17 – Les Ramones à Bitburg
18 – Signé Furax
19 – Des voix off
20 – Roméo et Judith
21 – Culture du camp
22 – La troisième symphonie de Górecki
23 – Beltz

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Smoke gets in your eyes

Les Juifs et la chanson III – Shoah et chanson 13/23

Serge Gainsbourg a consacré un concept-album au nazisme, Rock around the bunker. On en a déjà passé plusieurs extraits dans ces séries sur les juifs et la chanson. Beaucoup de sujets sont évoqués : la nuit des longs couteaux dans Nazi rock, les persécutions antisémites dans Yellow star, l’exil des nazis en Amérique du sud dans SS in Uruguay, etc, etc.

Mais pas de chanson sur la Shoah, en apparence du moins. Car je pense que la chanson sur la Shoah de l’album, c’est la seule en anglais : la reprise du standard de jazz Smoke gets in your eyes.

C’est juste une hypothèse, mais les paroles de cette chanson d’amour prennent un relief particulier si on les écoute dans cette perspective. De toute manière, sans ça, on se demande ce que Smoke gets in your eyes fabrique dans cet album.

They asked me how I knew
My true love was true
I of course replied
« Something here inside
Cannot be denied »

They said someday you’ll find
All who love are blind
When your heart’s on fire
You don’t realize
Smoke gets in your eyes

So I chaffed and I gaily laughed
To think they could doubt my love
Yet today, my love has flown away
I am without my love

Now laughing friends deride
Tears I cannot hide
So I smile and say
« When a lovely flame dies,
Smoke gets in your eyes. »

Smokes get in your eyes était parait-il un des standards préférés de Thelonious Monk.

Autre extrait de l’album de Gainsbourg, Nazi rock. Au début de la vidéo, échange entre Philippe Bouvard et Serge Gainsbourg :

PB : Pourquoi tout un disque sur les nazis ?
SG : Disons que c’est un os qui m’était resté depuis 34 ans.
PB : Vous étiez très jeune au moment de l’occupation.
SG : Mais j’ai de la mémoire, j’avais 12 ans.

Pour finir sur une note plus légère, je vous propose une parodie de Smoke gets in your eyes, par Mickey Katz : Don’t let the schmaltz get in your eyes. Le « schmaltz » désigne en yiddish la graisse d’oie, ingrédient de la cuisine juive d’Europe de l’Est.

1 – La chanson de Simon Srebnik
2 – La chanson de Treblinka
3 – Yisrolik
4 – Le chant des marais
5 – Le Verfügbar aux Enfers
6 – Casimir Oberfeld
7 – Êtes-vous heureux ?
8 – La fontaine endormie
9 – Il n’y a plus de roses rue des Rosiers
10 – Le petit train de Rita Mitsouko
11 – Comme-toi
12 – Nuit et brouillard
13 – Smoke gets in your eyes
14 – Pitchipoï
15 – Évariste
16 – Au fil du temps
17 – Les Ramones à Bitburg
18 – Signé Furax
19 – Des voix off
20 – Roméo et Judith
21 – Culture du camp
22 – La troisième symphonie de Górecki
23 – Beltz

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Gainsbourg est-il misogyne ?

Féminisme / sexisme 9/16

On a parlé de Jane Birkin il y a quelques billets, mais qu’en est-il de son mentor Serge Gainsbourg ? Pour instruire son procès en misogynie il y a une difficulté. Son personnage est embrouillé par toutes ses ambiguïtés et provocations. Exemple avec Sois belle et tais-toi. Est-ce une injonction ou la critique de cette injonction ?

Autre exemple, Les femmes ça fait pédé, qui renvoie dos-à-dos des poncifs sur femmes et pédés, manière amusante de montrer leur inanité… tout en les exposant par le menu. Par Régine.

Je vous propose aussi Ronsard 58, chanson revancharde d’homme laid (thème très gainsbourien). Sur le plateau de l’émission Apostrophe. Notez que Guy Béart n’applaudit pas à la fin. La prestation est musicalement assez nulle soit dit en passant.

En conclusion, je risque cette hypothèse : Serge Gainsbourg n’était pas un féministe enragé.
1 – Les petites filles de Michèle Bernard
2 – Êtes-vous sexiste-Beatles ou sexiste-Rolling Stones ?
3 – Jane Birkin
4 – Marie Dubas nous fait mal
5 – Les rapeurs sont-ils jugés sexistes ?
6 – Léo Ferré est-il misogyne ?
7 – Jacques Brel est-il misogyne ?
8 – Georges Brassens est-il misogyne ?
9 – Gainsbourg est-il misogyne ?
10 – Les z’hommes
11 – Le monsieur du métro
12 – À part peut-être Renaud
13 – Anne Sylvestre
13bis – La faute à Ève
14 – Rimes féminines
15 – Ne vous mariez pas les filles
16 – Nettoyer, balayer

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