Petite fugue, grands malentendus

Paralipomènes 4

Le troisième thème abordé par le Jardin était la place de Jean-Sébastien Bach dans la chanson, ou disons dans la musique populaire. On notait les similitudes entre la musique de Bach et les solos du guitariste de hard rock Eddie Van Halen (ici). Et j’avais posé une devinette : quelle chanson française cite nommément Van Halen ? Personne n’a trouvé, et je n’ai pas encore donné la solution ! Je ne vous donne pas la réponse tout de suite, il vous reste quelques jours pour trouver, réponse le 11 juillet prochain, restez en ligne.

Pour revenir à Bach, le billet consacré à La petite fugue de Maxime Le Forestier a donné lieu à quelques malentendus dans des discussions ultérieures sur Facebook. Quand j’ai évoqué la « froideur » de la musique de Bach, ça n’était pas du tout mon jugement sur sa musique, je m’en serais bien gardé. C’était plutôt le constat d’une opinion implicitement partagée faisant partie d’un « mythe Bach » assez répandu.

Et la musique qui sert de support à la chanson de Maxime Le Forestier, c’est
Prélude et fugue N° 11 en F Maj BWV 856 (merci à Marie sur Facebook pour l’info). Ça n’est pas si évident, mais effectivement, le prélude ressemble à la chanson de Le Forestier. Ici joué par Sviatoslav Richter.

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Glenn Gould devient roi du legato !

J.-S. Bach dans la chanson – 2/5
1 – 2 – 3 – 4 – 5

Voilà, vous avez tous bien fait vos devoirs, et vous avez comparé Glenn Gould et Sviatoslav Richter. Vous avez sûrement remarqué que Gould sépare plus les notes que Richter, qui a un jeu plus lié, plus legato comme on dit en solfège. Glenn Gould est connu pour ses interprétations de Bach sans aucun legato, qui en font apparaître tout le mécano contrapuntique.  Tout ceci est bien documenté, vous trouverez à ce sujet mieux à lire ailleurs que sur ce blog.

La chanson du jour est évidemment Sur un prélude de Bach, interprétée par Maurane. La musique est essentiellement de Bach. Les arrangements et les paroles sont d’un grand et discret monsieur de la chanson française, Jean-Claude Vannier, à qui on consacrera une série plus tard. Ce mélange de classique et de variétés plaît ou déplaît, je trouve ce débat sans intérêt. Postulons que la chanson est réussie. Il reste que même avec tout le respect que je dois à Maurane et à J.-C.Vannier, il y a un contre-sens flagrant : le pianiste joue assez legato, surtout dans les couplets, tout le contraire de Gould… C’est que la Chanson ne s’embarrasse pas d’exactitude, elle a bien mieux à faire. Pour faire passer quelque chose en 3 minutes, Gould, le legato et le pas-legato c’est un peu compliqué… Recourir à un mythe déjà plus ou moins connu, c’est bien pratique et ça économise les explications. Or, Bach est un mythe.  C’est ce que nous verrons demain.

 

 

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Jean-Sébastien Bach et la chanson : prélude

J.-S. Bach dans la chanson – 1/5
1 – 2 – 3 – 4 – 5

On passe à un nouveau thème aujourd’hui : J.-S. Bach dans la chanson. On le verra, Bach y apparait de temps à autre. Sa musique sert parfois, mais il est surtout nommé, à la différence des romantiques, comme Chopin ou Brahms par exemple, dont les musiques sont utilisées (par Gainsbourg notamment) sans que leur nom apparaisse dans la chanson proprement dite. Bach serait une incantation et prononcer son nom permettrait d’en absorber les propriétés magiques… Nous verrons cela.

Avant d’attaquer, on se nettoie un peu les oreilles avec deux versions du Prélude en do majeur du Clavier bien tempéré. Ça nous fera le plus grand bien de quitter la chanson pour un jour. Je vous propose d’abord une version par Glenn Gould. Et puis une autre par Sviatoslav Richter. Devoirs pour demain : comparer les deux versions. Ça nous servira (et je suis sûr que nombre d’entre vous ont déjà deviné la chanson de demain… si vous croyez être dans ce cas, lâchez vous un peu sur les commentaires, que ça buzze à la fin, quoi).