Georges Perec confiné

Cinq écrivains confinés 2/6

Aujourd’hui, un grand gourou d’Oulipo (moi, qui suis contraint, inscrirai son nom à la fin, G.P. suffira pour l’instant).

Confinons-nous (Roman d’Oulipo sur un virus, où nous lipogrammons)

Un virus ruinait maints pays : il diffusait, s’aggravait, tuait, ça faisait un bail qu’on n’avait vu ça. Confinons-nous dit Macron, un simili-roi. À la maison d’Anton, tout un chacun partit. Pas lui. Il y avait un journal, sur un bar un photomaton d’un amour d’avant, puis sur un frigo un album d’Aznavour, trois portraits : Barbara, Santana, Adamo.

Chacun y allait d’un truc, potion, cordial plus ou moins curatif… On crut d’abord au plan du Chinois Xi Jinping. Mais il avait tout contraint, dans la propagation du faux, pas bon pour nous. On consulta Raoult. Il dit : voilà, y a qu’à, avalons un machin, puis ça ira. Ça fit pshitt. On passa aux maths, calculant la proba d’un plus ou moins gros crash. Puis au go : un virus pris par shibori (ainsi qu’on dit à Tokyo, mais plutôt gǔn bāo à Canton) pouvait-il finir atari ou occis par shisho ? Tout ça donna nada, nothing, vacuum total.

Anton cogitait. Quoi ? Par la raison, on doit pouvoir savoir. Si un anticorps nous manquait, un dont la disparition (mot sibyllin) impliquât la situation ? Il trouva : dans coronavirus, il n’y avait pas d’ .

On l’y mit, puis ça alla. (‘fin j’crois).
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Georges Perec était un oulipien, adepte de contraintes formelles plus ou moins bizarres. Je vous ai servi un lipogramme en « e », dans la manière de son roman La disparition. Voir la série qu’on a déjà consacrée à l’Oulipo en chanson. Je vous propose comme chanson oulipienne Mousse d’Anne Sylvestre, où l’on peut entendre des vers de un pied !

Vous pouvez aussi aller revoir le billet consacré aux Mots bleus de Christophe, ici.

1 – Gustave Flaubert confiné
2 – Georges Perec confiné
3 – Jean Racine confiné
4 – René Goscinny confiné
5 – Jorge Luis Borges confiné
6 – Gustave Flaubert confiné (dans sa correspondance)

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Bashung n’est pas le plus grand bluesman français

Qui est le plus grand bluesman français ? 1bis/8
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Christophe, internaute de Paris, propose sur facebook Bashung. Je pense qu’il y a un malentendu. Bashung est certes l’homme le plus bleu de la chanson française, presque l’égal d’un schtroumpf. Mais ça n’en fait pas un bluesman. Les mots bleus, d’un autre Christophe (qu’on a déjà vu dans le blog, série sur les fausses notes, ici)

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Christophe met des pains

Chanter faux 3/6
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Je vous rappelle que j’attends toujours les réponses au sondage qui m’aidera à préparer le grand thème de l’année… Ça commence le 16 septembre, il me faut une chanson associé à chacun des événements suivants :

  • La révolution française
  • La commune de Paris
  • La première guerre mondiale
  • La seconde guerre mondiale
  • La guerre d’Algérie
  • Mai 68

En attendant, on continue notre exploration des fausses notes avec ce que les musiciens appellent un « pain », c’est-à-dire une fausse note exécutée par maladresse. Il paraît qu’autrefois, on disait une « brioche », l’histoire de cette expression est savoureuse, allez voir ! Bref, quand les musiciens n’auront plus de pains, ils n’auront qu’à refaire des brioches…

Illustration des pains. Tout le monde connaît Les mots bleus de Christophe, on écoute.

Malgré tout le talent de Christophe, et l’arrangement bien travaillé, ça sonne un peu « variété », on se croirait sur radio Nostalgie. Est-ce que quelques fausses notes, quelques pains donc, ne pourraient pas améliorer l’ensemble ? Ci-dessous, la même chanson, trouvée par hasard sur le net. Christophe chante au pied levé après un concert d’Allain Leprest (regardez-le bien, c’est l’homme assis à l’arrière plan avec une casquette). Le piano hésite et sonne bizarrement, Christophe multiplie les pains, le chant tâtonne, déraille, et pourtant il y a comme un fil tendu entre la voix et le piano. Chaque couac devrait distendre et rompre ce fil, mais au lieu de ça, il le tend encore plus. Bref, je trouve cette version bien meilleure que la précédente… Vous n’écouterez plus jamais Les mots bleus comme avant :

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