Humour tautologique

Mathématiques et chansons 34

Quiconque a pratiqué un peu intensivement les maths l’a un jour rencontré, sans le reconnaître peut-être. Il est là partout, mais et il n’est pas très facile d’en donner un exemple. Il s’agit de l’humour mathématique. Peut-être le type d’humour qui correspond le mieux à la définition du rire de Bergson : de la mécanique plaquée sur du vivant. Car quelle mécanique est plus implacable que la rigueur du raisonnement mathématique ? Et quoi de plus vivant que ce désir de prouver et de comprendre ?

On peut même dire qu’en un sens, l’activité mathématique est toute entière comique. Pensez à notre cerveau, si peu adapté au calcul… Bien peu d’entre nous peuvent calculer de tête le résultat d’une multiplication de deux nombres de trois chiffres, ou se figurer clairement les relations possibles deux-à-deux entre cinq objets, etc. Alors que ce sont en principe des tâches mathématiques parmi les plus simples selon toute mesure objective de complexité. Bien plus simples que nombre de tâches autrement plus difficiles à décrire ou automatiser, et dont on s’acquitte sans effort, comme reconnaître un visage, identifier une mélodie perdue dans le bruit, etc. Tout mathématicien, depuis l’enfant qui sèche sur son exercice jusqu’au professionnel, a donc quelque chose du clown mal chaussé, ce qui explique bien des fou rires au tableau ou simplement quelques sourires entendus.

En chanson, l’humour mathématique apparaît parfois, par exemple dans l’usage des tautologies, ces vérités mathématiques si évidentes qu’elles se passent presque de démonstration. Leur redondance intrinsèque confine à la vacuité jusqu’à produire un effet comique, utilisé depuis des temps très reculés. La chanson de Lapalisse.

Une variante plus moderne. Par Henri Dès.

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