Le musée d’Athène

La chanson sexuellement explicite 5/18
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Bonne année à tous !

Mes lecteurs s’attendent sûrement à quelques chansons paillardes dans cette série. Mais la chanson paillarde parle plus de la langue française que de sexe me semble-t-il. Dans le Dictionnaire amoureux de la chanson française de Bertrand Dicale, à l’entrée « chanson paillarde », on lit :

La singularité de notre culture est d’avoir ajouté à la célébration chantée de l’acte de chair une virtuosité d’écriture qui, à la nécessaire outrance des motifs exposés, ajoute une recherche lexicale et narrative d’une exigence unique. La chanson paillarde est singulière par son alliance d’érudition et de grossièreté, de haute culture et de bas-ventre.

J’y consacrerai toute une série un de ces jours. Je ne voulais pas en mettre, mais puisque j’en parle… On a déjà passé Le père Dupanloup (ici), La foire à Besançon (ici), et L’artillerie de marine (ici) dans le blog. Aujourd’hui, je vous propose Le musée d’Athènes, meilleure illustration de la citation de Dicale (lui-même en cite quelques extraits dans son Dictionnaire). Par le groupe Les Crévaindieu.

Haute culture, mon œil… ces idiots confondent Caton et Platon. Sur le site extraordinaire de Xavier Hubaut consacré à la chanson paillarde, vous trouverez des indications historiques sur cette chanson. Vous verrez le texte de versions plus anciennes, attribuées à Théophile Gautier, ou publiées dans un recueil par un certain Germain Amplecas (pseudonyme de Guillaume Apollinaire). Tout le site est à visiter. Ici.

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Les âges négatifs

Paralipomènes 33/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Toujours dans la série Esprit d’épicerie et révolution sexuelle, nous avons donc exploré des chansons évoquant des expériences sexuelles précoces… Réécoutez la série pour voir jusqu’où les chanteurs sont allés. Hélas, il y a bien pire : des chansons repoussant les limites de l’indécence bien au-delà des dernières limites permises, non tant par nos pauvres lois humaines que par les possibilités logiques elles-mêmes : les âges négatifs, puis les âges au-delà de la mort. Oui, la chanson ose tout, écoutez plutôt (il faut dire qu’il y a un ecclésiastique dans le coup).

Pierre Perret, Le Père Dupanloup.

Le Père Dupanloup, authentique ecclésiastique du XIXè siècle serait probablement surpris d’apprendre qu’on se rappelle de lui aujourd’hui surtout à cause de cette chanson, l’un des plus grands succès de notre magnifique répertoire paillard national. On en trouve même trace dans La gloire de mon père, de Marcel Pagnol !

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Mais ces escarmouches amicales s’arrêtaient là, et jamais on n’abordait le grand sujet, sinon par des allusions discrètes : l’oncle Jules allait à la messe ! Lorsque mon père apprit – par une confidence de tante Rose à ma mère – qu’il communiait deux fois par mois, il en fut positivement consterné, et déclara que « c’était un comble ». Ma mère alors le supplia d’admettre cet état de choses, et de renoncer, devant l’oncle, à son petit répertoire de plaisanteries sur les curés, et en particulier, à une chansonnette qui célébrait les exploits aéronautiques du vénérable père Dupanloup.
« Crois-tu qu’il se fâcherait vraiment ?
– Je suis sûre qu’il ne remettrait plus les pieds chez nous, et qu’il défendrait à
ma sœur de me fréquenter. » Mon père secoua tristement la tête, et soudain, d’une voix furieuse, il s’écria :
« Voilà ! Voilà l’intolérance de ces fanatiques ! Est-ce que je l’empêche, moi, d’aller manger son Dieu tous les dimanches ? Est-ce que je te défends de fréquenter ta sœur parce qu’elle est mariée à un homme qui croit que le Créateur de l’Univers descend en personne, tous les dimanches, dans cent mille gobelets ? Eh bien, je veux lui montrer ma largeur d’esprit. Je le ridiculiserai par mon libéralisme. Non, je ne lui parlerai pas de l’Inquisition, ni de Calas, ni de Jean Huss, ni de tant d’autres que l’Église envoya au bûcher; je ne dirai rien des papes Borgia, ni de la papesse Jeanne ! Et même s’il essaie de me prêcher les conceptions puériles d’une religion aussi enfantine que les contes de ma grand-mère, je lui répondrai poliment, et je me contenterai d’en rigoler doucement dans ma barbe ! »

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