Michel Jonasz n’est pas le plus grand bluesman français

Qui est le plus grand bluesman français ? 3/8
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Le plus grand bluesman français serait-il Michel Jonasz ? La question est un peu tordue. Je suis très fan de l’interprète. Comme parolier, je le trouve plutôt sous-estimé, on parlera de ça une autre fois. Comme musicien, ses mélodies ciselées me font plus penser à Vincenzo Bellini qu’à B.B. King. Écoutez plutôt, Dolente immagine di Fille mia, de Vincenzo Bellini, par Luciano Pavarotti, et puis Dites-moi, de Michel Jonasz, en duo avec Véronique Sanson. Vous ne trouvez pas comme une parenté ?

Moi, je trouve une parenté dans la mélodie. Et puis voilà des compositions qui accordent une certaine attention à la respiration du chanteur, c’est une musique qui s’écoute avec les poumons je trouve, alors que le blues ça s’écoute avec les tripes évidemment. Pourtant Jonasz parle souvent de blues, c’est presque une manie. Écoutez plutôt.

Du blues du blues du blues, en duo avec Eddy Mitchell

La même, avec Nougaro et Bill Deraime.

Joueurs de blues, ça groove grave.

Mais voilà, Jonasz, le blues, il en parle, il en parle, mais il n’en fait pas tellement… Joueur de blues n’est pas un blues, Du blues du blues du blues, ce n’est pas du blues. Comme aurait dit De Gaulle, il ne suffit pas de sauter comme un cabri en criant « du blues, du blues ». Non, monsieur Jonasz, vous n’êtes pas le plus grand bluesman français. Vous l’auriez été sans difficulté, mais pour ça, il eût fallu chanter du blues, tout simplement. Comme par exemple Blind Willie McTell, Statesboro Blues.

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Claude Nougaro n’est pas le plus grand bluesman français

Qui est le plus grand bluesman français ? 1/8
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Nous démarrons un jeu de piste pour Noël, en quête d’un mythe de la chanson française. Elle n’en manque pas, le Jardin aux chansons qui bifurquent en a déjà abordé quelques-uns. Comme le Gitan (voir ici) : libre et farouche. Puisse sa liberté libérer notre chanson. Et puisse notre chanson nous faire gagner l’amitié si précieuse et redoutable du manouche.

Ou encore Verlaine (voir ici). On glisse son nom dans des paroles plus que celui d’aucun autre poète. On implore sa légèreté, on la supplie de dissoudre dans l’air notre chanson grise… Ça marche des fois. On a abordé des mythes d’importance moindre comme Jean-Sébastien Bach (ici), la « société » (ici), ou les scientifiques (ici).

D’accord, tout ceci est bien mythique. Mais quel style de musique est mythique ? Le menuet ? Non, Johnny Hallyday n’a pas écrit « toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du menuet ». La sonate ? Non, dans Starmania, il n’y a pas de Sonate du businessman. L’oratorio ? Non, Michel Jonasz n’a pas écrit « Enfant noir, femme de Toulouse, tous ceux qui chantent I was born to loose, on est des joueurs d’oratorio ». La fugue ? Non, Henri Salvador et Boris Vian n’ont pas écrit une Fugue du dentiste. L’opéra ? Non, Eddy Mitchell n’a pas chanté le Lèche-bottes opéra.

Vous l’avez compris, ce genre mythique, c’est bien sûr le blues. Un seul autre style peut lui être comparé (comme grand mythe de la chanson française s’entend) : la java.

Le blues et la java : je pense que ce sont les deux styles musicaux les plus souvent cités dans les paroles de chansons, voire même dans les titres de chansons… Deux pôles opposées. La java, c’est une référence purement nationale, une sorte de camembert originel franchouillard, à la fois paradis perdu et destination fatale d’un perpétuel retour aux sources. On parlera de java une autre fois, car là, on s’intéresse au blues.

Le blues est pour la chanson française un élément à la fois étranger, amical, authentique et pur, un art mineur qui ensemence un autre art mineur (la chanson française) pour le magnifier. Écoutez, c’est dit presque explicitement dans la chanson d’aujourd’hui. Claude Nougaro, Bleu, blanc, blues.

Mais je vous avais promis un jeu de piste, et je ne fais que parler… Le voilà : on cherche le plus grand bluesman français. C’est qui ?

Monsieur Nougaro, ce n’est pas vous, parce que Bleu, blanc, blues, ce n’est pas du blues, tout simplement. Sinon vous seriez sûrement le plus grand bluesman français. Sinon, voilà du blues. Big Bill Broonzy, In the evening (when the sun goes down).

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Brassens transi

Brassens et les poètes 2/8
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Je vous ai proposé Les passantes dans le dernier billet, adaptation par Brassens d’un poème d’Antoine Pol. Conformément à l’esprit de la série, j’alterne une adaptation et une chanson purement de Brassens, sur un thème similaire.

Mais j’ai rencontré une difficulté assez intéressante : Brassens n’a écrit quasiment aucune chanson d’amoureux éconduit qui, à l’instar de ce qu’on entend dans Les passantes,  passe à côté du grand amour ou plus simplement de l’occasion. Il raconte quantités de ruptures (par exemple dans Auprès de mon arbre, Comme une sœur, Cupidon s’en fout, Je suis un voyou, L’orage, Le parapluie, P… de toi, Sale petit bonhomme, Sauf le respect que je vous dois, Le temps passé, La traitresse, Le vingt-deux septembre). Mais l’amour non consommé ou l’amoureux transi, ce n’est pas son truc. On comprend donc que pour aborder ce thème, il fasse appel au texte d’un autre. Il y a bien sûr Gastibelza, mais tiens tiens : les paroles sont de Victor Hugo, on en reparle dans la série. En cherchant bien, il y a La princesse et le croque-note, déjà vue ici, n’en parlons plus. Il y a peut-être Pénélope, Marinette ou L’amandier, mais Pénélope est une chanson sociale, Marinette une chanson comique, et L’amandier une fable, on est bien loin des jérémiades de Brel sur l’Amour Impossible.

Bref, la seule, l’unique, l’authentique chanson de Brassens sur l’amour non-consommé, c’est bien sûr Fernande ! Elle est parue dans le même album que Les passantes, et la différence d’approche entre les deux chansons se passe très bien d’explications…

On reconnaît encore Joël Favreau à la deuxième guitare et Pierre Nicolas à la contrebasse. À la petite table à côté, Alain Souchon et Michel Jonasz ont l’air de s’amuser comme des fous… Caché par les sous-titres, on dirait Laurent Voulzy.

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Ubu

L’énigme VF 3/9
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Je vous rappelle qu’on cherche le lien secret unissant les chansons de la série. La chanson du jour est Le père Ubu, de Dick Annegarn. On l’a déjà passée dans le blog pour « fêter » l’élection d’un père Ubu véritable à la tête des USA, voir ici.

Je vous en propose aujourd’hui une version par le collectif Sol en Si, avec Maxime Le Forestier  à la voix lead et une petite chorale de luxe : Francis Cabrel, Michel Jonasz, Catherine Lara, Maurane, Alain Souchon et Zazie.

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Michel Jonasz et la science

Les scientifiques dans la chanson 8/12
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On s’intéresse toujours à l’image des scientifiques dans la chanson. On a vu qu’elle n’était pas excellente. Faut-il en déduire que les chanteurs n’aiment pas les scientifiques ? Aller, on écoute une belle chanson qui n’a rien à voir, et on en rediscute après. Les fourmis rouges, de Michel Jonasz.

Alors, Michel Jonasz aime-t-il les scientifiques ? Je ne suis pas sûr que la réponse se trouve dans ses chansons. Mais il doit bien les aimer, puisqu’il interviewe Étienne Klein pendant une heure. Pourquoi n’y a-t-il rien dans ses chansons alors ?

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João Gilberto

Samba de uma nota só – 4/6
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Après le chef d’œuvre d’hier (tiens c’était le 1er avril), on continue la série Samba de uma nota. La version la plus belle, par João Gilberto. Pas de fioriture : juste la guitare et la voix. Admirez la précision de l’accompagnement, le placement et tout et tout.

Avez-vous bien écouté Jonasz au début de cette série ? Il disait qu’il avait de « l’affinité pour Desafinado« . Explication :

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Au pays de la samba de uma nota

Samba de uma nota só – 1/6
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L’auteur de ces lignes a besoin de repos. Pourquoi n’irait-il pas au Brésil, profiter du soleil sur une plage de sable blanc ? On va commencer une longue série brésilienne centrée sur une seule chanson, ça sera encore plus reposant. Et pour que le repos soit complet, cette chanson sera bâtie sur une seule petite note de musique. Mais pour briser cette monotonie, il y aura de temps en temps une deuxième chanson !

La Samba de uma nota só, composée par Carlos Jobim. D’abord chantée par Stacey Kent.


Énigme : qui dit que le Brésil est « le pays de la Samba de uma nota » ? Puisque c’est repos, on donne la réponse tout de suite : Michel Jonasz, bien sûr, le « pauvre chanteur un peu cabot » de La samba. 

 

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