Le voleur de Nantes

Paralipomènes 15

Dans la neuvième série, celle consacrée aux lieux impossibles ou imaginaires dans la chanson, je racontais l’histoire du Café Pouchkine, inventé pour les besoins d’une chanson de Gilbert Bécaud, et qui, suite au succès de la chanson, a fini par exister pour de bon (ici).

J’ai découvert une histoire similaire avec la rue de Grange-aux-Loups, à Nantes. La rue n’existait pas lorsque Barbara a écrit sa chanson Nantes (pourtant inspirée d’une histoire vraie). Voilà ce que je lis dans Il était un piano noir, mémoires interrompus, de Barbara :

Oui, c’est un voleur [Gérard Depardieu] ! Il vole tout, pour mieux te le transmettre.
Il te vole aussi tes émotions : à Nantes où nous sommes en tournée, nous assistons, un matin, au baptême de la rue de la Grange-aux-loups, hommage que la ville a décidé de me rendre pour ma chanson Nantes. Au moment où l’on découvre la plaque, il s’écrie : « C’est mon père ! » Nantes, à cet instant, est devenue la ville où est mort son propre père !
Voleur magnifique, il veut partager le butin de joie ou de douleur.

 

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Quand la fiction dépasse la réalité

Lieux impossibles ou imaginaires – 4/5
1 – 2 – 3 – 45

Vous connaissez sûrement Nathalie, le tube de Gilbert Bécaud. Aux paroles, Pierre Delanoë qu’on a déjà vu dans ce blog : « Un vent de Sibérie souffle sur la Bohème », c’était lui, dans Vladimir Illicth chanté par Sardou (ici). « La place Rouge était vide », c’est encore lui : on reconnait son art de planter le décor en une seule phrase qui combine une géopolitique sommaire à une poésie tout en efficacité.

L’histoire est bien connue, mais je la vous ressers : le fameux café Pouchkine où l’on va boire un chocolat avec Nathalie à Moscou n’existait pas en 1964. Delanoë l’inventa. C’est seulement en 1999 qu’inspiré par la chanson il fut inauguré par un certain Gilbert Bécaud.

 

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