Monopoly

Jeu et chanson 3

Il paraît que lors de réunions à propos de la proposition de Donald Trump d’acheter le Groenland au Danemark, il a proposé de l’échanger contre Porto Rico. Un jeu capitaliste et immobilier, quoi de mieux pour critiquer le capitalisme ? Alice on the roof, Monopoly loser.

Je profite de ce court billet pour faire un point sur les énigmes en cours. Toutes les énigmes ont été résolues sauf la première qui me semblait la plus facile ! Il s’agissait de trouver le jeu le plus souvent mentionné en chanson. On m’a proposé le poker. Il a effectivement un bon potentiel, mais après quelques recherches, j’ai constaté qu’il est en fait assez peu cité (en chanson française en tout cas). On m’a proposé la belote. C’est un concurrent très sérieux, mais les listes de chansons qu’on m’a fournies montrent qu’il est un rien derrière mon numéro 1. On m’a aussi proposé la bataille, ou cache-cache… J’en doute fort… mais avec une belle liste de chansons, je peux me laisser convaincre. Cherchez encore, ce n’est pas si compliqué ! Je donne ma réponse après-demain.

Bravo à Simon, suivi de près par Pierre Delorme, qui a donné sur Facebook le seul jeu cité dans deux chansons de Brassens. Je précise que ce jeu est aussi un concurrent sérieux au jeu le plus cité en chanson, et personne ne l’a encore proposé. La réponse (ainsi que celles aux autres énigmes) sera donnée plus tard pour ceux qui voudraient encore chercher.

Un immense bravo à Patrick Hannais qui a résolu l’énigme la plus difficile : la chanteuse dont le nom est un jeu de carte et qui chante un autre jeu de carte. Patrick propose la belote comme jeu le plus cité en chanson et m’indique pour appuyer sa réponse des chansons intéressantes qui passeront bientôt, merci.

L’énigme concernant la chanteuse dont les deux tubes évoquent un jeu a également été résolue. Je ne peux pas féliciter l’un des « problem solver » publiquement, parce qu’il se trouve par extraordinaire être un homonyme de la chanteuse, ce qu’il l’a bien sûr beaucoup aidé ! Une internaute anonyme a également résolu cette énigme.

NP, Louis et Rosette ont proposé plusieurs réponses amusantes : jeu de mot, jeux de l’amour, voire du hasard (en rapport avec le chanteur Thierry Hazard bien sûr). Louis note que Yoko Ono, c’est presque Uno, célèbre jeu de carte. Nadia propose le GO, syllabe souvent entendue, surtout en anglais. Mais pourquoi pas les dés ou les dames alors (et oui, comme hamster n’a pas de féminin, certains chanteurs sont obligés de parler des hamsters-dames). Réponses refusées !!

Je vous rappelle les devinettes :

  • Quel est le jeu le plus souvent cité en chanson ? Je ne prétends pas avoir la réponse ultime, qui supposerait de connaître toutes les chansons… et tous les jeux. J’attends vos propositions, les plus foutraques s’il vous plait.
  • Quelle chanteuse dont la carrière fut assez brève a la particularité que ses deux plus grands succès mentionnent chacun un jeu dans leur titre (mais pas le même jeu) ? Indice : cherchez du côté des années 1980.
  • Georges Brassens ne semble pas avoir eu le démon du jeu. Aussi, peu de jeux sont-ils cités dans ses chansons. Quel est le seul d’entre eux qui soit mentionné dans deux d’entre elles ? Indice : la réponse ne se trouve pas au début de la chanson Le moyenâgeux.
  • La devinette la plus difficile. Quelle chanteuse qui a pour nom un jeu de carte chante une chanson sur un autre jeu de carte ? Bravo à qui la résout, celle-là…

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Le jeu générique

Jeu et chanson 2

Assez joué aux échecs. Réfléchissons un peu au jeu en chanson. Car l’exploration des grands mythes de la chanson est une vieille marotte de ce blog. Quelques exemples pour les nouveaux.

  • Le plus grand mythe de toute la chanson française : Paris. Le sujet est trop vaste pour une série et il n’a pas encore été abordé dans le blog. Ça ferait un bon thème pour toute une année quand j’aurai le courage de m’y attaquer.
  • Le mythe le plus consensuel : le Gitan. Tout le monde est d’accord, il est beau, mais à la différence du légionnaire, il ne sent pas le sable chaud. Il est libre, et chose à peine croyable : il joue de la guitare encore mieux que Thomas Dutronc alors que sa maman ne lui a pas payé de cours. Il ne vole pas de poules. Voir ici.
  • Le mythe le moins consensuel : la putain. À une époque, tout grand chanteur se devait de chanter les putains. Mais sont-elles esclaves ou filles de joie ? N’espérez aucune réponse claire, la loi du genre chanson-sur-les-putains est de faire valoir un versant aussi admirable qu’original de la virilité de l’auteur. Aussi chaque chanson se doit-elle de contredire la précédente. Voir ici.
  • Le mythe le plus incantatoire : Paul Verlaine. Ce poète est le probablement celui dont le nom apparait le souvent dans des paroles de chansons. Le simple nom du poète aux vers solubles dans l’air aurait le pouvoir d’alléger les rimes les plus balourdes. Voir ici.
  • Le mythe le plus franchouillard : la java. Aussi fort que le camembert, sans l’odeur désagréable bien sûr. Si votre chanson n’est pas assez française à votre goût, ne l’appelez pas « machin-bidule », mais « java de machin-bidule », et le tour est joué. La série sur le sujet est en préparation.
  • Le mythe le moins franchouillard : le blues. Miroir du précédent, il représente tout ce qu’on désire dans l’Étranger. Le mot est performatif, inutile que votre chanson ait un rapport quelconque avec le blues, il suffit de dire « blues », ou mieux « du blues ». Sa musique est saine comme le bon sauvage, et avantage non négligeable : du moment que c’est du blues, il est permis de se lamenter sur soi-même (on est bien obligé, c’est un des principes du blues). Voir ici.
  • Les mythes secondaires : Jean-Sébastien Bach, les scientifiques, l’imparfait du subjonctif, etc etc. Une série sur les bouchers est actuellement en préparation, il y a un nombre incroyable de chansons qui parlent de bouchers.

Les jeux fournissent aussi quelques mini-mythes. On a vu le jeu d’échecs : jeu supérieur, profond et violent, jeu d’élite, jeu du roi, roi des jeux et inspiration pour les rappeurs. Avant d’explorer d’autres jeux, nous étudions aujourd’hui un paradoxe, une curieuse inversion dans le passage du particulier au général : on verra dans cette série que presque chaque jeu pris individuellement a plutôt une image positive en chanson, alors que le jeu globalement, le jeu générique, non spécifié, a une image plutôt négative. Le tout serait en l’espèce opposé à la somme de ses parties… Voyons cela à travers plusieurs exemples.

La mauvaise réputation du jeu générique vient surtout des cruels jeux de l’amour. François Feldman et Joniece Jamison, Joue pas.

Un deuxième exemple. Plasticines, La règle du jeu.

La « règle du jeu » peut aussi symboliser l’arbitraire. Jeu de loi, par la Chanson du Dimanche.

La règle du jeu est donc implacable, à l’instar de la police, de la loi ou de l’ordre qui n’ont pas bonne réputation en chanson. Mais le jeu en sa futilité est tout aussi négatif : on joue avec nos vie, qui ne sont pas grand chose. Par exemple dans le refrain du prophétique Osmose 99 de Parabellum, qui nous prouve que même des Français peuvent inventer un bon gros riff.
T’as joué t’as gagné t’as tiré un as de pique
Tu y as cru t’as perdu tout ca c’est d’la politique

Le jeu à la généricité la plus innocente, le joujou, n’est là que pour révéler la part de sadisme de l’enfant… La révolte des joujoux par Guy Berry.

Reprise intéressante par Enzo Enzo.

Je pense que la réputation négative du jeu générique est typiquement française. Chez nos amis anglo-saxons, sa réputation est meilleure. Il faut dire qu’ils aiment la compétition et le capitalisme ces Amerloques et English. « Its a free world… play the game » nous chante Queen dans Play the game.

Et Starsky et Hutch, vous avez remarqué que quand il y a une fille entre les deux ils acceptent les règles du jeu ? Non mais quels bons bougres ceux-là. Le générique est interprété par Lionel Leroy.

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Live

La balade aux jardins actuels, 16

C’est la rentrée. Les salles rouvrent. On peut les retrouver et y écouter … la musica en vivo, live music,… (Comment ? Rien en français ?)

Place aux premières parties, d’Alexis HK

https://www.youtube.com/watch?v=Rc2sUhZ9qA8

ou de Julien Doré,

aux live sessions (Décidément !), seul (Saint-Jean)


ou bien accompagné (Y’a pas d’étoile, avec Noémie Brigant).

Retrouvez Pandore sur Facebook et Youtube.

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Les échecs

Jeu et chanson 1

Pour le premier thème de l’année, le Jardin joue : chanteurs joueurs, joueurs chanteurs, jeux en chansons, etc. Vous aussi, chères lectrices et chers lecteurs, êtes invités à jouer puisque je vous propose quatre devinettes :

  • Quel est le jeu le plus souvent cité en chanson ? Je ne prétends pas avoir la réponse ultime, qui supposerait de connaître toutes les chansons… et tous les jeux. J’attends vos propositions, les plus foutraques s’il vous plait.
  • Quelle chanteuse dont la carrière fut assez brève a la particularité que ses deux plus grands succès mentionnent chacun un jeu dans leur titre (mais pas le même jeu) ? Indice : cherchez du côté des années 1980.
  • Georges Brassens ne semble pas avoir eu le démon du jeu. Aussi, peu de jeux sont-ils cités dans ses chansons. Quel est le seul d’entre eux qui soit mentionné dans deux d’entre elles ? Indice : la réponse ne se trouve pas au début de la chanson Le moyenâgeux.
  • La devinette la plus difficile. Quelle chanteuse qui a pour nom un jeu de carte chante une chanson sur un autre jeu de carte ? Bravo à qui la résout, celle-là…

Mais entrons dans le vif du sujet et commençons notre étude par le jeu d’échecs. Saviez-vous que le meilleur joueur de son temps, le premier véritable théoricien du jeu, François-André Danican Philidor, était aussi un compositeur renommé ? Probablement l’exemple le plus éclatant de double carrière dans le jeu et la musique jusqu’à l’avènement de Patrick Bruel.

En chanson, le jeu d’échecs est rarement évoqué. Je vous propose La partie d’échecs de Jacques Douai, dans un disque de La fine fleur de la chanson française.

Les échecs inspirent donc assez peu les chanteurs. Ce jeu élitiste serait-il incompatible avec un art aussi populaire que la chanson ? À l’encontre de cette théorie, j’observe que le jeu d’échecs inspire assez les rappeurs.

Échec et mat par Sofiane

Jeu d’échec par Malakine

Mon hypothèse : la confrontation titanesque de deux égos s’accommode bien de l’univers violent du rap. La grandiloquence ésotérique du jeu est en outre une variante originale de l’étalage d’armes à feu, ce qui divertit quelque peu la mégalomanie fatiguée du rappeur.

Je note que les chansons de ce billet sont assez inintéressantes du point de vue du jeu. Il faut dire que les échecs, et plus généralement les sujets techniques ou scientifiques, sont souvent maltraités dans la culture populaire. Voyez cet extrait du film Revolver, avec l’exposé laborieux d’une théorie tout aussi bouffonne que la partie qui l’illustre.

Les joueurs d’échec curieux peuvent consulter ce lien, où la combinaison est reconstituée et commentée.

En fait, même dans des films apparemment bien documentés, les parties d’échecs sont généralement assez fantaisistes. Voir par exemple La diagonale du fou, Oscar du meilleur film étranger en 1984, qui relate un affrontement échiquéen sur fond de guerre froide. La vidéo ci-dessous nous montre une combinaison dont le personnage joué par Michel Piccoli semble assez fier, et qui désarçonne son adversaire. Mais même avec mon niveau très faible aux échecs, elle me parait un peu simplette pour des joueurs en compétition pour le titre mondial.

Je m’en suis ouvert à mon collègue Édouard Bonnet, excellent joueur d’échec (dans le top 150 français), voilà ce qu’il m’écrit :

Le coup Dxh3+ (dame prend pion, échec) n’est pas difficile pour des joueurs candidats au titre mondial. Donc le joueur ayant les Blancs ne devrait pas être surpris. Après ce coup, tout joueur à ce supposé niveau abandonnerait immédiatement, en tout cas en cadence lente.

Même si ce n’est pas la pire dépiction des échecs au cinéma, cette scène comporte plein de mauvais choix des acteurs et/ou du metteur en scène, qui font sourire ou grincer des dents les habitués du monde échiquéen.

Voici une liste non exhaustive d’éléments problématiques.

  • Le déplacement des pièces surtout par Piccoli n’est pas convaincant. Le mouvement sautant du cavalier n’est pas approprié. Sans pièce venant obstruer sa trajectoire, les joueurs d’échecs feraient typiquement glisser cette pièce (surtout que c’est un déplacement court).
  • La main en suspens de son adversaire est aussi totalement déplacée.
  • Ce même adversaire appuie beaucoup trop fort sur la pendule.
  • La tenue à la table pourrait être améliorée.
  • Les joueurs ont chacun une feuille de partie (c’est normal) mais ils ne notent pas les coups (c’est obligatoire après chaque coup).
  • Les applaudissements alors que l’adversaire de Piccoli n’a pas encore abandonné viennent de nulle part.

Finalement, la meilleure partie d’échecs au cinéma, c’est dans Le septième sceau d’Ingmar Bergman.

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Spécial rentrée septembre 2020

Spécial rentrée septembre 2020

Après la longue série d’été, c’est la rentrée du blog aujourd’hui. La première série thématique de l’année commence demain. La chronique « la balade au jardin actuel » de Jean-Christophe, c’est pour samedi. Bref, une rentrée placée sous le signe du dynamisme. Avec un slogan, tel qu’inscrit à l’arrière plan de la vidéo du groupe finlandais Aksuli : « join the team ». Nyt!

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Marizibil par Entre 2 caisses

Été 2020 : le best of 76

Aujourd’hui, Entre 2 caisses nous chante Marizibil. Poème de Guillaume Apollinaire. Passé dans le blog le 20 mai 2020.

Et voilà, c’était la dernière chanson du best of. Vous connaissez maintenant mes 76 chansons préférées. Depuis le 19 mars, je vous ai gratifié d’un billet chaque jour. Demain le blog fait sa rentrée, et reprend très prochainement un rythme plus raisonnable d’un billet tous les deux jours.

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