Propositions des lecteurs

Plagiats en chanson 8bis

Plusieurs lecteurs m’ont écrit. Véronique, internaute de Lyon me propose à propos d’Amsterdam la reprise par David Bowie. Port of Amsterdam.

 

À propos de Laurent Voulzy et des Beatles, j’ai reçu plusieurs propositions de chansons avec des similitudes. Je ne pense pas qu’on puisse vraiment parler de plagiat, plutôt d’emprunts, de compositions « à la manière de ».

Pierre Delorme me signale Quand je serai KO, d’Alain Souchon pour les paroles, qui ressemble un peu à When I’m Sixty-Four des Beatles (je vous passe la reprise par Keith Moon, plus connu comme batteur des Who). Noter qu’il y a similitude sur les paroles et la musique.

 

Genzo le parolier m’écrit dans un commentaire :
Dans la chanson Désir, Désir, avec Véronique Jeannot, le passage « Cette chose-là il faut que tu devines », ressemble étrangement à Bluebird et au passage « And you’ll know what love is for ».

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Voulzy et les Beatles

Plagiats en chanson 8

J’ai dix ans d’Alain Souchon et Bip Bop de Paul McCartney comportent d’étranges similitudes.

Il est bien connu que Laurent Voulzy, compositeur de J’ai dix ans, connait à fond les partitions des Beatles. C’est un peu notre Mc Cartney national. On entend les mêmes descentes chromatiques dans Michelle et certains passages de Karin Redinger par exemple.

En fait, c’est plus clair sur une reprise guitare/voix de Karin Redinger, par un contributeur anonyme, dans sa cuisine, très réussie, la chanson n’est pas du tout facile.

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Quand le Jerk est bon

Plagiats en chanson 6

Écoutez bien, Le Jerk et Quand la musique est bonne, c’est assez proche comme musique, surtout les couplets.

Le Jerk, de Thierry Hazard (je suis fan de ce truc, surtout le clip).

Quand la musique est bonne de Jean-Jacques Goldman.

En l’occurrence, les mélodies sont assez pauvres, la similarité vient surtout du rythme. Autre exemple du même phénomène. Le Loir-et-Cher de Michel Delpech et Get back des Beatles.

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La chenille prend un Sambre-et-Meuse par la main

Plagiats en chanson 5

En plagiant le chapitre « plagiat » de L’anthologie des bourdes et autres curiosité de la chanson française (ouvrage recommandé)  je découvre que la mélodie de Prendre un enfant par la main d’Yves Duteil serait un plagiat. Bigre. Écoutons.

Les premières notes seraient les mêmes que celles d’un pilier inoxydable de la Civilisation, La chenille, de la Bande à Basile. La mélodie commence plus ou moins pareil, excellent début pour mettre une troupe en mouvement.

Mouais, il y effectivement une similarité au début de la mélodie, mais de là à parler de plagiat… Toujours est-il que cette chenille ne serait elle-même qu’un plagiat d’un autre chant de marche pour troupe. J’avais remarqué ça tout seul quand j’ai passé Sambre et Meuse il y a quelque temps, ce grand standard de la musique militaire française. Là encore, il y a les même premières notes… Je vous le repasse.  Par André Dassary, plus connu pour être le créateur de Maréchal nous voilà, qui est aussi un plagiat, mais on en reparle l’année prochaine.

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Amsterdam

Plagiats en chanson 4

La musique d’Amsterdam de Jacques Brel rappelle celle de Greenleeves, une chanson traditionnelle anglaise.

Comme j’ai déjà passé les versions de Brel et Parabellum (excellente, ici), je suis parti en quête d’une bonne reprise. Pas facile, allez-y voir sur youtube. J’ai trouvé ça. Amsterdam, par Isabelle Boulay.

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À tous les plagiats que j’ai aimés avant

Plagiats en chanson 3

En préparant la série, j’ai découvert une chanson popularisée par Julio Iglesias et Willie Nelson, To all the girls I loved before.

Ça rappelle furieusement le tube de Didier Barbelivien et Felix Gray, À toutes les filles, déjà passé dans le blog, ici. Même les paroles sont très proches. Une écoute attentive montre cependant de subtiles différences dans la mélodie. La controverse fait rage sur le web… Est-ce une reprise, un pastiche ou un plagiat ? Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais sur le site de la Sacem on voit que la musique est de Didier Barbelivien et les paroles de Félix Gray. Ils ont donc bien déposé cette chanson. Tandis que pour la version anglaise, la page Wikipedia de la chanson indique : « To All the Girls I’ve Loved Before is a song written by Hal David (words) and Albert Hammond (music). » L’hypothèse selon laquelle Barbelivien n’a pas obtenu les droits et a donc écrit un pastiche semble donc raisonnable. Voici sa version des faits, publiée en 2007 dans Paris Match.

Barbelivien découvre à la fin des années 80 une chanson de son ami Julio Iglesias, que ce dernier a enregistrée avec le chanteur country Willie Nelson. « C’était l’histoire de deux mecs qui parlaient de femmes. J’ai dit à Julio : “Je vais faire la même. ” Il m’a répondu : “ Tou n’en seraaas pas capable. ” Piqué au vif, Barbelivien écrit « À toutes les filles…» et convie son copain Félix Gray à la chanter en duo. Le single est un carton surréaliste, une histoire de machos qui évoquent leurs conquêtes passées respectives : « J’avais vu ça comme une blague, mais cela a pris de telles proportions que j’ai préféré passer à autre chose. »

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Étoile des nais-je ?

Plagiats en chanson 2

Dans Les bronzés font du ski, Jean-Claude Duss, joué par Michel Blanc, se retrouve coincé dans un télésiège le soir. Pour se réchauffer, il entonne Quand te reverrai-je.

En fait, la chanson prévue était Étoile des neiges, mais le réalisateur du film, Patrice Leconte, a refusé de payer le montant exorbitant exigé par les ayants droit de la chanson. Le compositeur de la bande original, le chanteur Pierre Bachelet, a donc sciemment composé un pastiche d’Étoile des neiges, en changeant juste ce qu’il faut de notes et de paroles pour ne pas tomber sous le coup des lois anti-plagiat. Les paroles gardent la structure des rimes d’Étoile des neiges. Au final, je pense que Quand te reverrai-je est aujourd’hui plus célèbre que l’original !

Étoile des neiges, par Line Renaud, qui fait son entrée au 832e billet de ce blog.

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Le jardin aux chansons : un plagiat

Plagiats en chanson 1

À partir d’aujourd’hui, on étudie la délicate question du plagiat en chanson. Tout d’abord, battons notre coulpe : appeler un blog Jardin aux chansons, qu’elles bifurquent ou pas, c’est évidemment un plagiat de l’émission Le jardin des chansons de Dorothée.

Vous venez d’entendre Le roi Dagobert. La mélodie ne vous rappelle-t-elle pas Parlez moi d’amour ? Par Lucienne Boyer.

Il faut dire que les chansons les plus enfantines sont souvent bâties sur des mouvements simplets autour des premières notes de la gamme qu’on retrouve un peu partout. Par exemple do-ré-mi-do-ré etc, c’est le début de J’ai du bon tabac. Par Bourvil.

Mais les premières notes de J’ai du bon tabac, ce seraient pas aussi les premières notes de Wind of changes, le tube planétaire de Scorpions ?

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Gérard Manset

La chanson, art majeur ou art mineur VI. Musique classique, chanson, et réciproquement, 18/18
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Nous voilà au terme de cette série sur la musique classique et la chanson, et plus ou moins au terme de notre réflexion sur le thème de l’année, la chanson art majeur ou mineur. Il y aura encore une longue série d’été sur les poètes mis en musique, mais sans explication particulière ni théorie fumeuse (si je trouve le temps de la préparer cette fichue série)…

Comme promis au début de l’année, il n’y a pas la réponse. Vous ne saurez pas si la chanson est un art majeur ou mineur, débrouillez-vous tout seul si vous y tenez. Et pensez bien à me la dire la réponse, je la ferai suivre très volontiers ! Rappelons que la question vient à l’origine de l’altercation entre Gainsbourg et Béart. Situation étrange, puisque le partisan de la chanson-art-mineur est l’un des plus éminents représentants de la chanson. Mais certains vont bien plus loin que Gainsbourg dans le dénigrement de leur art, dénigrement qui confine au déni tout court. Extraits de l’interview de Gérard Manset par Hélène Hazéra, le 13 janvier 2017 (en réécoute ici). À propos de la chanson :

À part Charles Trenet et des gens comme Brassens, et des poètes genre peintres du dimanche de la rime, à part ça, je trouve pas ça très respectable. 

Un peu plus loin dans l’émission :

HZ : J’espère que vous ne prenez pas ça pour une insulte, mais vous êtes dans la chanson poétique, sauf que, à la différence d’une certaine chanson qu’on a entendue à Saint-Germain des Prés où la mélodie commençait à être vraiment extrêmement plate, pour vous la musique, c’est plus que la moitié de la chanson.

GM : Écoutez, je suis très peiné d’être obligé de revenir là-dessus, je ne suis pas un chanteur, et je ne suis pas dans la chanson, chanson quelle qu’elle soit, de quelque nature que ce soit. Je suis un compositeur, je suis contraint de chanter ce que je compose. Chanter, oui je chante, c’est pas parce que je chante que je suis un chanteur.

HZ : Vous écrivez des textes aussi.

GM : Oui, je suis un artiste.

À la fin de l’entretien : « Si j’avais à me rattacher à quelqu’un, ce serait toujours Charles Trenet ».

Je vous passe le plus grand succès de Gérard Manset, Il voyage en solitaire. Attention, ce n’est pas du tout de la chanson. Tout en se rattachant à Charles Trenet. Mais oui bien sûr.

Encore une. Animal, on est mal, de Gérard Manset.

 

Une dernière chanson, Un p’tit air, paroles d’Albert Willemetz, musique de Mireille. Contient une définition de la chanson :

Un p’tit air
Avec des paroles pas bien méchantes
Un p’tit air
Avec une musique pas trop savante
Un p’tit air
Qu’on peut siffler comme un Vittel menthe
Un p’tit air tralalalalère
Un p’tit air po po po
Un p’tit air ha ha !
Un p’tit air

Par Maurice Chevalier :

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Michel-Maurice Lévy

La chanson, art majeur ou art mineur VI. Musique classique, chanson, et réciproquement, 17/18
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Je vous propose aujourd’hui un aperçu rapide de la double carrière de Michel-Maurice Lévy, compositeur tout à fait sérieux du début du XXe siècle, mais qui ayant du mal à faire jouer ses œuvres s’est lancé parallèlement dans une carrière de fantaisiste sous le pseudonyme de Bétove. Vous pouvez écouter l’émission que lui a consacrée Benoît Duteurtre le 27 janvier 2018, ici.

Quelques succès drolatiques de Bétove, notamment ses pastiches de « grande » musique. Abouche ta bouche avec ma bouche, parodie de comédie musicale à l’américaine.

Vieille chanson bretonne.

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