Grave en musique classique

Ambitus, tessiture et notes extrêmes 9/11
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Vous pensez peut-être qu’en chant classique, prétendument plus exigeant, on va trouver des morceaux avec encore plus d’ambitus, de graves et d’aigus ? En fait non, et pour deux raisons. En chant classique, on prête une grande attention au timbre, ce qui fait qu’on y utilise peu les notes extrêmes, jugées peu esthétiques. Ensuite, le chant classique s’est développé sans amplification, le chanteur doit se faire entendre, ce qui est très difficile dans le grave.

Je vous propose tout de même Les vêpres de Rachmaninov. Ça se termine sur un si bémol. C’est grave, mais on est presque une octave au-dessus du Rainbow of love.

Dans la Messe de Notre-Dame de Guillaume de Machaut par le collectif Grain de la voix, on entend un la (ou peut-être même la bémol) trois lignes sous la clef de fa, c’est ce que je connais de plus grave en classique, mais dites-moi… Vous pouvez entendre la note à 58:55, chantée par Jean-Christophe Brizard.

La Messe de Notre-Dame est le plus ancien chœur à quatre voix dont on ait gardé la partition. Il y a des débats sans fin pour savoir comment retrouver les sonorités d’origine, perdues à jamais. J’aime bien cette version… et sa basse incroyablement basse !

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Cake walk et ragtime

Les péchés originels du rock français 2/8
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On se demandait dans le dernier post pourquoi le rock français était si nul (les fans de Noir Désir, Téléphone, Trust et autres Bérurier Noirs me pardonneront : je parle du rock français des années 1950-1960). Résumons : le Rock’n Roll nait aux États-Unis dans les années 1950, croisement de musique blanche (folk, country) et noire (blues, jazz), puis arrive jusqu’en France. Les Français seraient-ils incapables d’absorber une musique nouvelle ou étrangère ? Peut-être à cause de leur « identité », provenant à coup sûr de leurs ancêtres gaulois ?

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 En fait, l’histoire montre que les Français sont tout à fait capables d’absorber une musique étrangère. En 1899, Scott Joplin compose Maple Leaf Rag, pièce emblématique du ragtime, un genre musical combinant des éléments de musique occidentale (piano, harmonie) à des rythmes issus du cake walk, une danse d’esclaves noirs américains. Le succès d’édition de Maple Leaf est incroyable : la partition s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires. Le succès du cake walk et du ragtime arrive jusqu’en France : Georges Mélies réalise un film Le cake walk infernal, et Claude Debussy lui-même compose du ragtime ! On regarde tout ça .

D’abord le Maple Leaf Rag de Scott Joplin, enregistrée par lui-même sur un piano mécanique.

 

Le Golliwogg’s Cakewalk de Debussy joué par Rachmaninoff lui-même.

 

Le cake walk infernal de Georges Méliès

 

En bonus, un ragtime d’Igor Stravinsky.

 

Alors, pourquoi Pierre Boulez ne composa-t-il pas un rock’n roll dans les années 1950 (il a certes collaboré avec Frank Zappa, mais bien plus tard) ? On en parle dans le prochain post.

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