Chanson d’automne

L’affaire Verlaine 4/9
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En ce 1er octobre, un post de saison, La Chanson d’Automne de Verlaine, mise en musique par Charles Trenet, sous le titre Verlaine, qui n’hésite pas à un peu tordre le texte (« blesse mon cœur » devient « berce mon cœur » par exemple). Et ceux pour qui les paroles de Gainsbourg dans le post précédent étaient mystérieuses (« Comme dit si bien Verlaine au vent mauvais … ») trouveront là quelques éclaircissements.

Avant d’écouter, on continue notre enquête sur la présence de Verlaine dans la chanson, sous le haut patronage de Jorge Luis Borges, parrain de ce blog (à son corps défendant : j’ai emprunté le nom du blog à l’une de ses nouvelles, Le jardin aux sentiers qui bifurquent).  Borges appréciait beaucoup Verlaine. Exemple, dans un entretien avec Jacques Chancel, Radioscopie, décembre 1979 :
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Si je pense à la France, je pense aussitôt à la Chanson de Roland, à Voltaire, à Taine… En poésie, à Hugo, mais surtout à Verlaine. Voilà un poète que je ne placerais évidemment pas au-dessus de Virgile, mais vous serez d’accord avec moi qu’en vertu de son incomparable innocence,  il domine de loin toute la poésie française. J’ai par exemple la certitude qu’il écrivait d’un seul jet. Impression unique et tout à fait opposée à celle que me laisse Baudelaire, dont les textes « sentent le brouillon », nombreux et préalables. De Verlaine, on peut imaginer que tout lui est venu ou lui a été donné à son insu, qu’il écrivait en pensant à autre chose. Il y a comme une inconscience, une force de la nature, dans sa poésie. En tout cas, pas de « métier ».

J. L. Borges
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Baudelaire, on en parle

L’affaire Verlaine 1bis/9
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J’ai écrit dans le dernier post que je ne connaissais pas de chansons qui cite Baudelaire. Floréal me signale dans un commentaire Comme Rimbaud de Brigitte Fontaine (merci) :

Et je jure que c’est vrai, j’en ai entendu une autre quelques heures après avoir écrit le post, dans un podcast de Étonnez-moi Benoît, l’émission de Benoît Duteurtre sur France Musique.  Il doit y en avoir plein en fait.  Nos chères maisons, paroles de Bernard Dimey, interprétée par Juliette Gréco. Le jour où j’écris ces lignes, la vidéo sur youtube a seulement 216 vues, ce qui est assez injuste, la chanson est très belle. Encore un petit effort Juliette avant de rattraper Gangnam Style. On retrouve Verlaine dans le prochain post.

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La rengaine qui se prend pour du Verlaine

L’affaire Verlaine 1/9
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Vous rappelez-vous cette série sur Jean-Sébastien Bach dans la chanson (ici) ? On y notait ce paradoxe que Bach est mentionné nommément dans quelques chansons, alors que sa musique, qui ne se prête pas tellement à de la chansonnette, est assez rarement utilisée. Verlaine est victime d’un phénomène similaire : on cite beaucoup son nom dans les chansons, on parle de lui, on le proclame, on s’en réclame.  Certes, il a souvent été mis en musique (voir ici).  Mais le nombre de chansons (assez connues pour certaines) qui parlent de lui est surprenant, alors que je n’en connais pas qui parle de Baudelaire par exemple.

Enquête sur ce mystère : l’affaire Verlaine. Pour le percer à jour, on va alterner pendant quelques jours des chansons dont les paroles sont de Verlaine avec des chansons parlant de Verlaine. On commence par Paris Jadis, générique du film Des Enfants Gâtés,  de Bertrand Tavernier. Musique de Philippe Sarde, paroles de Jean-Roger Caussimon, interprétée par Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort. Écoutez bien, Verlaine est mentionné dans le 1er couplet.

 

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