Cording, Bike et Sainclair : rockeurs

Les péchés originels du rock français 3/8
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On a vu dans le dernier post avec le ragtime que la France était parfaitement capable d’accommoder une musique étrangère. Le ragtime n’a pas pour autant marqué  la musique populaire française, on aurait pu prendre des exemples bien plus probants dans la chanson : Charles Trenet qui arrive même à faire swinguer Verlaine (voir ici), ou les Double Six avec le jazz (voir notre série sur le Vocalese, ici), ou même plus récemment le rap. Mais le rock, au départ, ça a donné ça.

Non mais quelle daube (et pour rappel, le rollmops, c’est du hareng roulé et mariné dans une sorte de saumure).  Qui chante ? Qui a écrit les paroles ? Et la musique ? Sûrement de pauvres nazes aujourd’hui bien oubliés. Effectivement, avez-vous entendu parler du chanteur Henry Cording, du compositeur Mig Bike, et du parolier Vernon Sinclair ?  Peut-être pas, mais sous ces trois pseudonymes se cachent respectivement Henri Salvador, Michel Legrand et Boris Vian ! Donc, c’est clair, ils se fichent de nous les vilains garnements, et ils n’osent même pas mettre leur vrai nom. Voilà le péché originel : le rock n’a pas été pris au sérieux. Il faut dire que dans ces années 1950, c’est pas génial le rock. Écoutons Rock Around The Clock de Bill Haley, l’un des tous premiers tubes de rock (regardez bien la vidéo, il y a même un accordéon derrière, et si vous voulez savoir ce que veut dire marquer les temps 2 et 4, regardez bien les petites filles qui tapent dans leurs mains).

 

C’est plein d’entrain, mais musicalement, après un demi-siècle de Ragtime, de Blues, de Swing, de Stride, de Be Bop, ça n’est vraiment pas une révolution. On dirait plutôt à une tentative de tirer le dernier jus commercial du jazz avant de passer à autre chose. Rien de très innovant. Pourquoi s’intéresser à cette mode passagère ? Surtout dans cette France qui a dominé la musique légère pendant des décennies avec les opérettes (par exemple Offenbach…), et dont les chanteurs populaires comme Maurice Chevalier ou Édith Piaf sont des stars planétaires dans ces années 1950.

Le rock de la fin des années 1950 c’est trois accords de blues, un rythme syncopé avec appui sur les temps 2 et 4, le tout chanté trop vite et trop fort pour de jeunes babyboomers à peine adolescents. Voilà, rien du tout. Évidemment, c’est sa vacuité même qui est pleine de promesses : c’est une page blanche, un cadre d’une surprenante plasticité où Bob Dylan allait pouvoir déverser de la poésie, les Beach Boys de la polyphonie, les Rolling Stones de la révolte, et les Beatles tout, et en particulier n’importe quoi. Etc. En 1960, il aurait fallu une sacrée boule de cristal pour deviner que le rock n’allait pas finir aux oubliettes, allongeant la litanie des musiques à danser et autres coups commerciaux sans lendemain : twist, jerk, smurf, tecktonik…

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Cinéma

Nougaro et ses compositeurs 15/15
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Pour dire au revoir à Nougaro, une petit dernière, Le cinéma, musique de Michel Legrand (déjà vu dans la série). Demain, ça repart très fort sur le blog, avec la première série entièrement publiée sur la nouvelle plateforme… Il y aura un grand test de personnalité (en chanson). Plus tard, une enquête palpitante sur un squatteur de chansons, un certain Paul Verlaine. Bref, restez en ligne.

 

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Delphine et Guillaume

Nougaro et ses compositeurs 11/15
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Aujourd’hui, une chanson composée par Michel Legrand (mais sans Nougaro). Extrait des Demoiselles de Rochefort film de Jacques Demy. À l’image Catherine Deneuve (Delphine) et Jacques Riberolles (Guillaume). Mais leurs voix sont doublées par Anne Germain et Jean Stout.

Au fait, c’est amusant, Anne Germain fut l’interprète du générique de l’Île aux enfants, tandis que Jean Stout était la voix de Baloo dans la version française du Livre de la jungle de Disney. Aller, on écoute tout ça.  Pas simple de reconnaître leur voix…

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Les Don Juan

Nougaro et ses compositeurs 10/15
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Nougaro a beaucoup collaboré avec Michel Legrand. On en a déjà eu un exemple dans ce blog avec Le paradis voir ici. Une autre chanson, Les Don Juan, que  je trouve intéressante parce qu’on n’y reconnait pas du tout la patte très particulière de Legrand, ce qui montre que Legrand sait faire autre chose que du Legrand (enfin je trouve…). On notera la présence de Guy Marchand au saxophone (il est prévu dans une future série car il a fait un peu de chanson).

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