Mozart, Ein musikalischer Spaß

La chanson, art majeur ou art mineur IV. Archéologie d’une question 7/16
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On fait une pause au milieu de notre enquête sous le capot de la poésie française, mais on garde le cap chronologique : on est à la fin du XVIIIè siècle. Vous voulez de l’art majeur ? En voilà. Du Mozart : si ce n’est pas majeur ça, allez vous abonner à un autre blog. Écoutez bien Ein musikalischer Spaß

 

Mozart à part, vous ne trouvez pas que c’est très mauvais ? En fait, cette œuvre est bel et bien composée par Mozart, mais il s’agit d’une parodie (Ein musikalischer Spaß veut dire Une plaisanterie musicale). Mozart y a glissé volontairement toutes les maladresses qu’il a pu imaginer, pour singer une sorte de compositeur incompétent, l’histoire est bien connue. Ce qui est amusant, ce que certaines « maladresses » inventées par Mozart devinrent plus tard des techniques autorisées, utilisées par Debussy ou Starvinsky par exemple, voir ici. Allez savoir ce qui est majeur ou mineur après ça…

Le métier de compositeur ne s’improvise donc pas. J’en ai moi-même fait la cuisante expérience, en tentant d’écrire un arrangement pour chorale d’Under my thumb des Rolling Stone. J’ai travaillé dur, à partir d’un arrangement pour piano, plusieurs heures chaque matin pendant quinze jours, fort de quelques notions de solfège, avec un petit clavier et une guitare. J’ai pondu une longue partition, et une chorale a accepté de chanter le machin. Comme c’est le seul que je n’ai jamais écrit, j’ai eu la chance d’entendre chanter mes œuvres complètes, et ça n’a pris que 5 minutes, le pied. J’ai trouvé ça pas mal à entendre, mais la chef de chœur m’a expliqué que ça avait été un enfer à monter : ça ne sonnait pas, la voix de soprano était trop aiguë, les phrases se terminaient mal, … Les chanteurs, tous bons musiciens, ont fait un peu à leur sauce. J’avais confié la partie de marimba de Brian Jones à l’alto, je n’ai pas osé lui adresser la parole pendant des semaines, la pauvre a dû endurer de longues séances de répétition à faire tourner en boucle « tu-tu-tu-tu-tu-tup », etc.

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Fragson

L’énigme de l’été 2018, 12/63
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C’est la série d’été du Jardin aux Chansons. Je vous rappelle qu’on cherche ce qui se cache derrière 62 chansons… Aujourd’hui, Le petit cochon de Fragson.

Vous connaissez le Club 27, qui rassemble toutes les vedettes du rock mortes à l’âge de 27 ans ? Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain, et récemment Amy Winehouse. Je propose aujourd’hui la création d’un club encore plus étrange et macabre : le Club 44, qui rassemble les chanteurs tués par leur père à l’âge de 44 ans. C’est le cas de Fragson, vedette des années 1900. Mais y a t-il un autre membre à ce club ? Étrangement, oui : Marvin Gaye, assassiné par son père la veille de ses 45 ans. Coïncidence, mais qui n’a rien à voir avec l’énigme.

Dernière chose sur Fragson : si la plupart de ses chansons sont aujourd’hui oubliées, il a composé un air qui est resté très connu, le refrain de Si tu veux… Margueritte.

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Encore un peu de The Who

Quand le rythme devient envahissant 6/6
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Pour conclure cette série sur le rythme envahissant, on revient au point de départ de la série : The Who, et son batteur Keith Moon. Lorsque Mick Jagger s’est retrouvé en prison pour une sombre affaire de stupéfiants, quelques artistes publièrent pour le soutenir des reprises des Stones. The Who se fendit d’une version très spéciale d’Under My Thumb, chanson qu’on a déjà rencontrée dans ce blog dans notre série sur le féminisme et le sexisme, ici.
Alors que la version originale tient debout par le contraste entre l’ostinato entêtant du marimba de Brian Jones et le chant syncopé de Mick Jagger, la version de The Who sonne un peu amateur et se tient tout entière par la batterie littéralement hors de contrôle de ce cher Keith… On notera aussi le traitement très spécial des chœurs, une autre spécificité de The Who, dont on reparlera quand j’y aurai compris quelque chose. Tout ça donne un je ne sais quoi de frais et d’humoristique à cette version.

Pour comparer, l’original des Stones :

Cette série vous a plu ? On en reparle :
George Kollias, batteur virtuose

 

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