Rutebœuf

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 1/68
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Voici la troisième série d’été du Jardin aux chansons qui bifurquent. Toute l’année, on s’est demandé si la chanson est un art majeur ou un art mineur. Pour conclure en beauté ces séries, je vous propose chaque jour de l’été 2019 un poète (majeur) mis en chanson (mineure). Je les ai rangés par ordre chronologique. Merci à Floréal Melgar qui a posté toute l’année des chansons sur son mur Facebook, il m’a fourni beaucoup d’idées.

On commence par Rutebœuf, né vers 1230.

Joan Baez nous chante Pauvre Rutebœuf, sur une musique de Léo Ferré.

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Sur le Canon

Plagiats en chanson 9bis/9
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Pierre Delorme me signale qu’en fait la grille des Champs-Élysées (qui est d’ailleurs une adaptation de Waterloo Road de Jason Crest), n’est pas tout à fait celle du Canon de Pachelbel.

On retrouve la grille du Canon dans La maladie d’amour de Michel Sardou ou Rain and tears d’Aphrodite’s Child (qui reprend le Canon assez explicitement).

 

Merci et bonnes vacances (la série d’été commence demain !).

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Il y a tout ce que voulez dans le canon

Plagiats en chanson 9/9
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Où finit la citation, l’emprunt, l’hommage ? Et où commence le plagiat ? Je n’en sais rien, mais une partie non négligeable de la musique a été placée en dehors de ce débat : les grilles d’accords. On ne peut pas les déposer à la Sacem, elles sont toutes libres de droit. Au fait, si vous voulez savoir ce qu’est une grille d’accords, c’est expliqué là :

On consacrera une série aux grilles d’accords les plus utilisées : grille blues, anatole,
I-V-vi-IV, …

 

Juste un avant-goût aujourd’hui. Il parait que Les Champs-Élysées a la même grille d’accords que le Canon de Pachelbel, grand tube de la musique classique. Joe Dassin.

C’est vrai. Concrètement, on peut plus ou moins chanter Les Champs-Élysées sur la musique du Canon, essayez pendant les vacances, c’est amusant.

Et puis c’est fini pour cette année, la série d’été commence bientôt. Et à l’année prochaine avec un nouveau thème, et plein de belles chansons. Keep posted.

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Gainsbourg plagiaire

Plagiats en chanson 8/9
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Je me permets de plagier quelques infos transmises par Pierre Delorme, complétées par une rapide enquête sur la toile. Serge Gainsbourg a été mêlé à plusieurs affaires de plagiat, avec semble-t-il un procès perdu contre les producteurs de Babatunde Olatunji, à qui il a « emprunté » des rythmiques, les chœurs, la mélodie, bref tout sauf les paroles, en « oubliant » de le créditer. On écoute.

Babatunde Olatunji, Akiwowo.

Serge Gainsbourg, New York.

 

Deux autres chansons de Gainsbourg sont des plagiats directs de Babatunde Olatunji : Joanna et Marabout (plagiats de Kiyakiya et Gin-go-la-ba). Il y a d’autres exemples. Écoutons la chanson de Miriam Makeba Umqokozo.

 

Pauvre Lola de Serge Gainsbourg en est un plagiat direct.

Il y a aussi La chanson du forçat, le générique de Vidocq, qui ressemble étrangement à Ballad of Hollis Brown de Bob Dylan.

Et puis c’est tout … à ma connaissance. Je ne pense pas qu’on puisse ranger les emprunts à la musique classique dans la catégorie des plagiats.

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Propositions des lecteurs

Plagiats en chanson 7bis/9
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Plusieurs lecteurs m’ont écrit. Véronique, internaute de Lyon me propose à propos d’Amsterdam la reprise par David Bowie. Port of Amsterdam.

 

À propos de Laurent Voulzy et des Beatles, j’ai reçu plusieurs propositions de chansons avec des similitudes. Je ne pense pas qu’on puisse vraiment parler de plagiat, plutôt d’emprunts, de compositions « à la manière de ».

Pierre Delorme me signale Quand je serai KO, d’Alain Souchon pour les paroles, qui ressemble un peu à When I’m Sixty-Four des Beatles (je vous passe la reprise par Keith Moon, plus connu comme batteur des Who). Noter qu’il y a similitude sur les paroles et la musique.

 

Genzo le parolier m’écrit dans un commentaire :
Dans la chanson Désir, Désir, avec Véronique Jeannot, le passage « Cette chose-là il faut que tu devines », ressemble étrangement à Bluebird et au passage « And you’ll know what love is for ».

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Voulzy et les Beatles

Plagiats en chanson 7/9
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J’ai dix ans d’Alain Souchon et Bip Bop de Paul McCartney comportent d’étranges similitudes.

Il est bien connu que Laurent Voulzy, compositeur de J’ai dix ans, connait à fond les partitions des Beatles. C’est un peu notre Mc Cartney national. On entend les mêmes descentes chromatiques dans Michelle et certains passages de Karin Redinger par exemple.

En fait, c’est plus clair sur une reprise guitare/voix de Karin Redinger, par un contributeur anonyme, dans sa cuisine, très réussie, la chanson n’est pas du tout facile.

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Quand le Jerk est bon

Plagiats en chanson 6/9
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Écoutez bien, Le Jerk et Quand la musique est bonne, c’est assez proche comme musique, surtout les couplets.

Le Jerk, de Thierry Hazard (je suis fan de ce truc, surtout le clip).

Quand la musique est bonne de Jean-Jacques Goldman.

En l’occurrence, les mélodies sont assez pauvres, la similarité vient surtout du rythme. Autre exemple du même phénomène. Le Loir-et-Cher de Michel Delpech et Get back des Beatles.

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La chenille prend un Sambre-et-Meuse par la main

Plagiats en chanson 5/9
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En plagiant le chapitre « plagiat » de L’anthologie des bourdes et autres curiosité de la chanson française (ouvrage recommandé)  je découvre que la mélodie de Prendre un enfant par la main d’Yves Duteil serait un plagiat. Bigre. Écoutons.

Les premières notes seraient les mêmes que celles d’un pilier inoxydable de la Civilisation, La chenille, de la Bande à Basile. La mélodie commence plus ou moins pareil, excellent début pour mettre une troupe en mouvement.

Mouais, il y effectivement une similarité au début de la mélodie, mais de là à parler de plagiat… Toujours est-il que cette chenille ne serait elle-même qu’un plagiat d’un autre chant de marche pour troupe. J’avais remarqué ça tout seul quand j’ai passé Sambre et Meuse il y a quelque temps, ce grand standard de la musique militaire française. Là encore, il y a les même premières notes… Je vous le repasse.  Par André Dassary, plus connu pour être le créateur de Maréchal nous voilà, qui est aussi un plagiat, mais on en reparle l’année prochaine.

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Amsterdam

Plagiats en chanson 4/9
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La musique d’Amsterdam de Jacques Brel rappelle celle de Greenleeves, une chanson traditionnelle anglaise.

Comme j’ai déjà passé les versions de Brel et Parabellum (excellente, ici), je suis parti en quête d’une bonne reprise. Pas facile, allez-y voir sur youtube. J’ai trouvé ça. Amsterdam, par Isabelle Boulay.

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À tous les plagiats que j’ai aimés avant

Plagiats en chanson 3/9
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En préparant la série, j’ai découvert une chanson popularisée par Julio Iglesias et Willie Nelson, To all the girls I loved before.

Ça rappelle furieusement le tube de Didier Barbelivien et Felix Gray, À toutes les filles, déjà passé dans le blog, ici. Même les paroles sont très proches. Une écoute attentive montre cependant de subtiles différences dans la mélodie. La controverse fait rage sur le web… Est-ce une reprise, un pastiche ou un plagiat ? Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais sur le site de la Sacem on voit que la musique est de Didier Barbelivien et les paroles de Félix Gray. Ils ont donc bien déposé cette chanson. Tandis que pour la version anglaise, la page Wikipedia de la chanson indique : « To All the Girls I’ve Loved Before is a song written by Hal David (words) and Albert Hammond (music). » L’hypothèse selon laquelle Barbelivien n’a pas obtenu les droits et a donc écrit un pastiche semble donc raisonnable. Voici sa version des faits, publiée en 2007 dans Paris Match.

Barbelivien découvre à la fin des années 80 une chanson de son ami Julio Iglesias, que ce dernier a enregistrée avec le chanteur country Willie Nelson. « C’était l’histoire de deux mecs qui parlaient de femmes. J’ai dit à Julio : “Je vais faire la même. ” Il m’a répondu : “ Tou n’en seraaas pas capable. ” Piqué au vif, Barbelivien écrit « À toutes les filles…» et convie son copain Félix Gray à la chanter en duo. Le single est un carton surréaliste, une histoire de machos qui évoquent leurs conquêtes passées respectives : « J’avais vu ça comme une blague, mais cela a pris de telles proportions que j’ai préféré passer à autre chose. »

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