Vins d’appellation

Vin, alcool et ivrognerie 19

Les poètes et paroliers vont parfois jusque dans le détail des appellations. Contrerime de Paul-Jean Toulet, Un Jurançon 93.

Un Jurançon 93
Aux couleurs du maïs,
Et ma mie, et l’air du pays :
Que mon cœur était aise.

Ah, les vignes de Jurançon,
Se sont-elles fanées,
Comme ont fait mes belles années,
Et mon bel échanson ?

Dessous les tonnelles fleuries
Ne reviendrez-vous point
À l’heure où Pau blanchit au loin
Par-delà les prairies ?

La Romanée Conti, chanson d’Anne Sylvestre qui célèbre la plus fameuse parcelle de Bourgogne.

Tous les thèmes

1 scotch, 1 bourbon, 1 bière

Vin, alcool et ivrognerie 18

Aujourd’hui, nous lisons Cocher ivre, poème zutique d’Arthur Rimbaud, en vers de un pied s’il vous plait.

Pouacre
Boit :
Nacre
Voit :

Acre
Loi,
Fiacre
Choit !

Femme
Tombe,
Lombe

Saigne :
Geigne.
— Clame !

Pour ce billet sous le signe du nombre un, Marcel Zanini nous chante 1 scotch, 1 bourbon, 1 bière.

Tous les thèmes

Commando Pernod

Vin, alcool et ivrognerie 16

Bacchanale de José-Maria de Heredia.

Une brusque clameur épouvante le Gange.
Les tigres ont rompu leurs jougs et, miaulants,
Ils bondissent, et sous leurs bonds et leurs élans
Les Bacchantes en fuite écrasent la vendange.

Et le pampre que l’ongle ou la morsure effrange
Rougit d’un noir raisin les gorges et les flancs
Où près des reins rayés luisent des ventres blancs
De léopards roulés dans la pourpre et la fange.

Sur les corps convulsifs les fauves éblouis,
Avec des grondements que prolonge un long râle,
Flairent un sang plus rouge à travers l’or du hâle ;

Mais le Dieu, s’enivrant à ces jeux inouïs,
Par le thyrse et les cris les exaspère et mêle
Au mâle rugissant la hurlante femelle.

Berurier noir, Commando Pernod.

Tous les thèmes

Le dernier trocson

Vin, alcool et ivrognerie 15

L’heure verte de Charles Cros :

Comme bercée en un hamac
La pensée oscille et tournoie,
À cette heure où tout estomac
Dans un flot d’absinthe se noie.

Et l’absinthe pénètre l’air,
Car cette heure est toute émeraude.
L’appétit aiguise le flair
De plus d’un nez rose qui rôde.

Promenant le regard savant
De ses grands yeux d’aigues-marines,
Circé cherche d’où vient le vent
Qui lui caresse les narines.

Et, vers des dîners inconnus,
Elle court à travers l’opale
De la brume du soir. Vénus
S’allume dans le ciel vert-pâle.

Parabellum nous chante Le dernier trocson.

Tous les thèmes