Amor Matemático

Mathématiques et chansons 44bis

Un petit retour sur la série consacrée aux mathématiques. Dans un commentaire, Simon me signale Amor Matemático de Manolito Simonet y Su Trabuco, merci.

De mon côté, en écoutant l’excellente émission de Benoit Duteurtre consacrée à Michel Jonasz, j’ai pu un peu augmenter ma maigre collection de chansons comprenant des nombres négatifs, sujet de la plus haute importance pour la chansonologie. Il s’agit de Apesanteur, la toute première chanson du premier disque de Michel Jonasz. Je vous mets une longue vidéo avec tout le meilleur du grand Michel.

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L’homme qui rit

Handicap et chanson 3

On passe à un deuxième usage du handicap en chanson : l’angoisse ou le frisson suscité par le monstre. Là encore, on peut remonter à Victor Hugo. Dans L’homme qui rit, il raconte l’histoire d’un enfant mutilé pour devenir monstre de foire. Adaptation récente en opéra par Olivier Gavignaud.

L’homme qui rit, Gwynplain, est affligé d’un rictus permanent qui a parait-il inspiré le personnage du Joker dans Batman.

Toujours dans Batman, la naissance du Pingouin, extrait de Batman returns.

La mort du Pingouin dans Batman returns.

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Talkin’ Global Security Blues

La balade aux jardins actuels, 68

Talkin’ Global Security Blues.

La Chanson Atroce 

qui conte, Loin de l’Hiver,

La Revanche de l’Édredon

et Les rencontres 

pour finir avec Ta Serviette de Table

posée devant moi et Mes Gauloises Bleues

fumées seul.

Plus de LeHache sur son siteYoutube et Facebook.

Crédits
La chanson atroce, avec Diez, Dioups et Rafou.
Loin de l’hiver avec Khôl

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Belle

Handicap et chanson 2

On reste dans Notre-Dame de Paris aujourd’hui, avec la problématique de l’amour impossible, bien résumée par Jacques Brel dans Fanette : « Faut dire qu’elle était belle / Et je ne suis pas beau ». On retrouve ça dans de très nombreuses chansons. En chanson, l’impossibilité de l’amour vient souvent de la vieillesse (Dalida, Il venait d’avoir 18 ans, Serge Reggiani, Il suffirait de presque rien, etc, etc), ou de la laideur. Assez rarement du handicap comme avec Quasimodo. Belle, paroles de Luc Plamondon, musique de Richard Cocciante (qui fait son entrée au 1475e billet de ce blog), avec au chant Garou en Quasimodo, Daniel Lavoie en Frollo et Patrick Fiori en Phœbus.

Avec le handicap, la thématique de l’amour impossible est donc poussée à l’extrême. Cet usage est assez ancien. Je vous propose la bande annonce de Der Zwerg, opéra de Alexander von Zemlinsky (Le nain en français). C’est une adaptation de la nouvelle The birthday of the infanta d’Oscar Wilde, qui raconte l’histoire de l’infante d’Espagne à qui on offre un nain pour son anniversaire. Ce dernier tombe amoureux de la belle, mais il n’est pas au courant de son état, et ne comprend pas pourquoi tout le monde se moque de lui, jusqu’à ce qu’on lui présente un miroir.

J’observe que les deux extraits ci-dessus sont des adaptations d’œuvres littéraires.

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Quasimodo

Handicap et chanson 1

À partir d’aujourd’hui, le Jardin aborde le handicap en chanson. Quand on étudie un peu la chanson, on est vite frappé par l’existence de mythes qui la parcourent. Les plus grands d’entre eux sont sans doute l’amour et Paris. Il y a des milliers de chansons sur Paris. Mais il y a des mythes plus spécialisés. Par exemple les Gitans. Il y a une foule de chansons sur les Gitans, et c’est un répertoire très stéréotypé. En chanson le Gitan est toujours pareil : libre, farouche, musicien génial, à la fois amical et dangereux. C’est frappant, parce que les Gitans, ou les Roms, sont, selon des enquêtes très sérieuses, la population la plus discriminée en Europe.Voir la série que le Jardin a consacrée aux Gitans en chanson.

Un autre mythe intéressant en chanson, c’est la « putain ». Là, c’est un peu le contraire des Gitans, en ce sens que les images de prostituées sont assez variées, voire opposées. En gros, il y a la « fille de joie », opposée à « l’esclave », et de chanson en chanson, il y a comme un débat. Voir la série Putain de métier.

Tous ces mythes, et j’aurais pu en citer plein d’autres (le blues, la java (série en préparation), J.-S. Bach, le scientifique, l’accent espagnol (série en préparation), etc etc), c’est pratique pour les paroliers, parce que c’est partagé, tout le monde comprend en deux secondes, et heureusement parce qu’une chanson dure trois minutes. Tous les chanteurs qui rencontrent le succès utilisent ce genre d’idées toute faites, je dis bien tous (ou presque… ce qui se rapproche le plus d’une exception, c’est peut-être Léo Ferré), voir la série sur les poncifs en chanson ou sur les expressions toute faites chez Brassens.

Et le handicap ou les handicapés ? C’est la première chose à dire : le handicap ne semble pas faire partie de ces mythes chansonniers. C’est typique des sujets gênants ou tabous, comme l’avortement (une série est en préparation, mais il n’y a vraiment pas beaucoup de chansons). J’ai interrogé de nombreux amateurs de chanson, ils ont tous des chansons à citer sur le handicap, mais aucune chanson très connue, pas de « grande chanson » du type Comme ils disent pour l’homosexualité ou La complainte des filles de joie pour la prostitution. Au total, les chansons ne manquent pas. Il faut juste aller les chercher dans de nombreux recoins du répertoire. On s’embarque jusqu’en 2022 dans l’écoute d’une grosse quarantaine de chansons, que j’ai classées par usage du handicap.

Le premier usage, c’est l’identification, un ressort classique en chanson. Charles Aznavour a dit qu’il ne faut pas chanter sa vie mais celle de ceux qui écoutent. C’est très net dans le répertoire sur la prostitution, par exemple L’accordéoniste :

La fille de joie est seule,
Au coin la rue là-bas
Son accordéoniste,
Il est parti soldat

Pas grand monde est « fille de joie », mais tout le monde a ressenti la solitude, le départ de l’être aimé, etc. D’ailleurs, pour L’accordéoniste, plein de gens qui connaissent la chanson ont oublié que ça parle d’une prostituée. Le procédé est banal : présenter des personnages exceptionnels, mais à qui il arrive des choses banales pour qu’on s’y identifie. Et comme l’identification est un mode un peu puéril d’usage des objets culturels, on le retrouve naturellement dans la chanson pour enfants. Rien qu’un jour, extrait du Bossu de Notre-Dame des studios Walt Disney. Notez un détail parmi d’autres : Quasimodo joue avec des sortes de Playmobil, un enfant peut facilement s’y identifier. Francis Lalanne (qui fait son entrée au 1475e billet de ce blog) prête sa voix à Quasimodo et Jean Piat à Frollo.

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That’s Mathematics

Mathématiques et chansons 44

Pour conclure cette longue série, Tom Lehrer nous chante le réjouissant That’s mathematics.

J’ai trouvé plusieurs idées pour cette série sur le site de Maths et Tiques. Cette série reprend plusieurs billets de la 20e série passée dans le blog, consacrée aux liens entre science et chanson.

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Boby Lapointe, Euclide de la chanson

Mathématiques et chansons 43

Les exemples de chanteurs ayant étudié les mathématiques ne manquent pas : Guy Béart (ingénieur des Ponts et Chaussées), Antoine et Boris Vian (ingénieurs centraliens), Évariste bien sûr, Gauvain Sers (diplomé de l’École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) et même Bernard Menez (reçu au concours de l’ENSET, aujourd’hui appelée École Normale Supérieure de Paris-Saclay, et un moment prof de maths). J’en oublie sûrement. Je n’ai pas trouvé tellement de maths dans leurs chansons. Notamment de Boris Vian… si quelqu’un peut m’aider. De lui, je n’ai trouvé que ce couplet, mais pas de musique dessus, ni de vidéo ou d’audio.

Il y a des racines de tout’ les formes
Des pointues des rond’ et des difformes
Cell’ de la guimauve est angélique
Et la mandragore est diabolique
Il y a un’Racin’ qu’est un classique
Mêm’ s’il nous bassin’ on n’y peut plus rien
Mais la racine que j’adore
Et qu’on extrait sans effort-eu
La racin’ carrée ma préférée.

Il n’en va pas de même avec Boby Lapointe, déjà vu dans -2 billets. Son affinité avec les mathématiques a déjà été noté dans ce blog, par exemple dans la série sur la chanson oulipiste (ici). Il était mathématicien amateur dans sa jeunesse et auteur d’un mémoire sur la numération binaire. On trouve quelques traces de cette carrière parallèle dans ses chansons : goût immodéré pour ces constructions formelles que sont les calembours, art de tirer toutes les conséquences logiques d’une idée, aussi absurde soit-elle, et parfois même, une curieuse manière de procéder axiomatiquement, comme par exemple en posant que « uhuhuh » est un « refrain ». Le saucisson de cheval. Admirable (de lapin).

Bref, je nomme Boby Lapointe mathématicien d’honneur de la chanson française !

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7 est égal à -1 modulo 8

Mathématiques et chansons 42

Aujourd’hui, on étudie un nouveau nombre négatif en chanson : 7. Vous me direz que 7 est est positif. Pourtant 7 = -1, parce qu’on s’intéresse aujourd’hui à l’arithmétique modulo 8. Elle n’est pas très familière, aussi vais-je d’abord expliquer l’arithmétique modulo 12, plus courante.

C’est elle qui préside aux calculs horlogers : s’il est 10h par exemple, 5 heures après, il est 3 heures. On dit que modulo 12 (c’est-à-dire quand 12 « fait le tour du cadran »), 10 + 5 = 3 (et oui, à 15h, il est 3h c’est bien connu). On peut aussi dire que 12 = 0, puisque rajouter 12h ne change rien à l’heure qu’il est, comme si on rajoutait 0. Et 11 = -1, car ajouter 11 heures revient à enlever un heure. Pour rappeler le contexte étrange qui préside à ces calculs, on précise qu’on calcule « modulo 12 ».

Modulo 8, c’est pareil, mais le « tour du cadrant » se fait à 8. Donc, 8 équivaut à 0, et alors ajouter 7 revient à enlever 1. Donc, 7 = -1, modulo 8 bien sûr. Et la chanson dans tout ça ? C’est assez subtil, il faut écouter très attentivement Je ne mâche pas mes mots de Camille, et faire attention à la deuxième voix à partir de 1:23 sur la vidéo.

Les choristes répètent Je-ne-ma-che-pas-mes-mots (7 syllabes), sur une phrase musicale de 8 doubles croches. Résultat, à chaque passage, la place des syllabes se décale de -1, car +7 = -1 modulo 8 ! Et au bout de huit tournes, on est revenu à son point de départ, on peut passer à la suite. L’accent rythmique avance dans la phrase comme la phrase recule, de même que le train avance quand la gare recule : il tombe successivement sur « je », « ne », « ma », « che » etc. On ne mâche pas ses mots, on les hache plutôt, une belle trouvaille musico-mathématique, bravo Camille.

Peut-être plus facile à entendre sur le lien suivant, une vidéo confinée où l’on voit plusieurs chanteuses déjà passées par le jardin (Melba et Morikan notamment). Parce qu’on peut voir la chanteuse en charge de cette voix. C’est celle tout en bas à droite, et elle prend en charge la tourne à partir de 1:22.

C’est encore plus clair avec les Ladies Jam, ça commence vers 1:22 aussi. La tourne est prise en charge par la chanteuse en bas à gauche et celle en haut à droite. Cette dernière semble spécialement concentrée sur ce passage pas évident, et bat la mesure en appuyant les temps forts ce qui met mieux en lumière le dispositif.

C’est le 42e billet de la série car 42 est la réponse à La grande question sur la vie, l’univers et le reste.

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Moins deux

Mathématiques et chansons 41

J’ai dit dans le billet précédent n’avoir en mon bestiaire qu’une seule chanson avec un nombre négatif, et que c’était moins une. Et bien quand j’en ai trouvé deux, c’était moins deux… Mais y a-t-il vraiment un nombre négatif dedans ? Je laisse cette question ouverte. From two to two, Boby Lapointe.

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