L’art majeur du massacre

La chanson, art majeur ou art mineur V. Les nanards de la chanson, 5

La chanson, c’est un art mineur d’accord. Donc, logiquement, massacrer une chanson devrait être un art majeur alors, puisqu’il fait diminuer la quantité d’art mineur, ce qui est le but des arts majeurs, non ? Plus grand massacre de tous les temps : La boite de jazz de Michel Jonasz, en mode shreds, par des artistes hélas restés anonymes. Je le regarde souvent, grosses économies sur la drogue, ça vaut bien trois doses de LSD.

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Le groupe de groupies : un art majeur

La chanson, art majeur ou art mineur V. Les nanards de la chanson, 4

Dans le dernier billet, on parlait de The Shaggs. Kurt Cobain citait leur album Philosophy of the world comme une influence majeure. Frank Zappa a dit qu’elles étaient « mieux que les Beatles ». Bigre. En fait, Zappa, qui détestait la musique commerciale, avait une certaine complaisance pour les amateurs complets. Il a même poussé la création de GTO’s, un groupe formé par des fans enthousiastes mais qui ne jouaient pas très bien. Ils leur a fait sortir un album, curiosité intéressante. Circular Circulation de GTO’s.

Puisqu’on parle de Zappa, je vous passe ma chanson de lui préférée, The dangerous kitchen.

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The Shaggs : de l’art majeur

La chanson, art majeur ou art mineur V. Les nanards de la chanson, 3

Si vous ne connaissez pas The Shaggs, vous avez de la chance, vous allez vivre une expérience unique. Écoutez d’abord leur musique telle quelle, sans préjugé, je vous raconte ensuite. Essayez d’écouter le morceaux en entier… si vous y arrivez. The Shaggs, My pal Foot Foot.

Ça vous a plu ? Je vous résume : The Shaggs est un groupe formé de trois sœurs, obligées par leur père à devenir des stars du rock alors qu’elles ne savaient pas (et surtout ne voulaient pas) jouer. Elles ont inventé sous cette contrainte une musique entièrement nouvelle et étrange, enregistrée dans leur unique album au titre mégalomane : Philosophy of the world. Je vous recommande d’insister un peu, on finit par trouver des vertus à leurs créations, à cet exemple très rare en musique d’art authentiquement brut. Amateurs de solfège : essayez d’écrire cette musique sous la dictée, bonne chance. Essayez de jouer comme elles, de retrouver leur rythme si spécial, plongez-vous dans cette perplexité… Je vous laisse en apprendre plus sur cette histoire, en bande dessinée sur le blog de Pénélope Bajieu, ici.

Si vous voulez voir The Shaggs jouer, encore une vidéo. Je crains que le son ne soit pas d’origine.

La Shaggologie est une science humaine toute aussi naïve que la musique de The Shaggs, et dont je suis un éminent représentant. Elle consiste à recopier plein de trucs trouvés sur le net à propos de The Shaggs, à les arranger un peu, puis à les poster ici ou là, dans le but de s’attirer une parcelle de leur gloire. Ma seule contribution originale à cette science que je soumets à la sagacité d’éventuels autres Shaggologistes arrivés ici par le hasard des moteurs de recherche : je pense que sur la deuxième vidéo, The Shaggs joue bien mieux que sur l’album Philosophy of the world. Parce qu’elles ont bien dû finir par savoir jouer, c’est pas si compliqué. Ceci explique que le public puisse danser.

Pour conclure, ma citation préférée de The Shaggs, que chaque chercheur peut faire sienne :
There are many things I wonder
There are many things I don’t
It seems as though the things I wonder most
Are the things I never find out

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Bien manger et bien boire : un art majeur

La chanson, art majeur ou art mineur V. Les nanards de la chanson, 2

En fait, le Jardin aux chansons qui bifurquent a déjà exploré quelques chansons nanards. J’suis pas rassuré de Zambla, Terre, tu peux compter sur moi par les Enfants du phare, la Bamba triste de Pierre Billon, Autoroute A6 de Mario d’Alba, Je t’aime moi non plus magnifié par l’Ensemble vocal Garnier. On a aussi passé Florence Jenkins, la cantatrice qui chante faux. Tous ces artistes ont atteint des sommets, merci à eux. Mais on a oublié le grand Patrick Topaloff, et son tube J’ai bien mangé, j’ai bien bu.

C’est l’un des plus grands succès des disques Flèche, le label créé par Claude François. Les mauvaises langues disent que Claude François voulait lancer des chanteurs le moins glamour possible pour rester au top par contraste… Vile calomnie, puisqu’Alain Chamfort a été produit par les disques Flèche, en contradiction totale avec cette théorie du complot. On notera sur la vidéo que Patrick Topaloff sait bien battre la mesure, tout comme Pierre Billon, déjà passé dans le blog. Allez, je vous la remets quand même cette bamba, plus grande chanson-hon de tous les temps dans mon petit Panthéon. La bamba triste.

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La musique instrumentale : un art majeur

La chanson, art majeur ou art mineur V. Les nanards de la chanson, 1

On poursuit notre étude de la question « La chanson est-elle un art majeur ou un art mineur ? ». On a vu les poncifs en chanson dans les trois premières séries (I, II, III). On a vu dans la quatrième série des avatars de la question chez les meilleurs auteurs du temps jadis.

Dans la série présente, on explore le côté obscur de la chanson, son versant le plus éminemment mineur : les nanards, les chansons ratées, les chanson-hons chères à Philippe Meyer. On écoutera ce qu’il y a de pire, les dernières extrémités du mauvais goût. Il faut dire qu’entre tous les arts, la chanson excelle dans le kitsch, c’est son génie propre, une part d’elle-même que personne ne lui enlèvera. À quoi cela tient-il ? On en reparle plus tard dans la série… où l’on verra que ce qui est simple est en fait compliqué, que ce qui naïf est savant, et ce qui est brut est raffiné. On le verra : ce qui est nul est génial. Et si ce qu’il y a de pire est génial, alors la chanson doit bien être un art un peu majeur, non ? À moins que ça ne soit l’inverse ? Car tout est dans tout. Mais le contraire est-il vrai ?

On commence très fort avec Mario Mathy. Il ne lui manque que la parole. Jumping Dance.

Si on évalue la qualité d’une musique au nombre de claviers, Mario Mathy fait un bon score, son art est des plus majeurs. Il s’en explique dans une interview, assez émouvante au final.

Aller, encore une pour les fans. Liberty.

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La chanson associée à un voyage inoubliable

La dizaine des blogueurs 6/6
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Je vous rappelle que Le jardin aux chansons qui bifurquent participe à l’opération La dizaine des blogueurs. Plusieurs blogs de chansons ou de musiques publient en même temps sur le même sujet !

Aujourd’hui, dernier billet : la chanson associée à un voyage inoubliable. Pas simple… car si le voyage est inoubliable, on peut très bien oublier la chanson. Comme cette chanson sur un rythme zouk entendue dans un bus en Côté d’Ivoire en 1995, avec au milieu un Français qui explique qu’il vient de Versailles, pas loin de Paris. Hilarant, mais comment retrouver ça ? Si quelqu’un peut m’aider.

En 1998, dans un village en Chine, peut-être dans le Sichuan ou le Yunnan, près du Tibet, dans un bar tenu par des russes, il y a une guitare. J’accompagne la patronne qui chante avec une voix magnifique Ой, да не вечер (Ce n’est pas encore le soir), chanson que j’avais apprise en classe quelques années auparavant. La chanson est parfois appelée La parabole du cosaque ou Le rêve de Stenka Razine. Par Janna Bitchevskaïa (Жанна Бичевская).

La chanson raconte l’histoire du chef cosaque Stenka Razine, qui rêve qu’un corbeau lui enlève son chapeau. Une voyante lui révèle que c’est un présage fatal, qu’il sera décapité. Je vous passe aussi La légende de Stenka Razine par Charles Aznavour et Les compagnons de la chanson (qui font leur apparition au 782è billet du blog, damned… mais combien en ai-je encore oublié ?).

 

La version album.

Liste des blogs participants :
Aux Sons Islandais (Spydermonkey)
Life Sensations In Music (Pascal)
Gaitapis (Devant)
Les Jolies Compiles de Keith Michards (Keith)
Jardins Aux Chansons (Pas de lien, vous êtes dessus !)
Blinking Lights (Xavier)
JeePeeDee (JP)
Charlu (Charlu)
Absolutely Cool (Audrey)
Fracas64 (Fracas)
Ma Petite Boîte A Musiques (Chris)
Approximative But Fair (Olivier)
Muziks et Cultures (Francky)
La Reprise Musicale (Juthova)
Dancing On Architecture (Guic)
La Critique Selon Moi (Papasfritas69)

Et les organisateurs :
La Pop D’Alexandre et Etienne (Alexandre et Etienne)
Last Stop ? This Blog ! (Elnorton)

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La chanson qui met des frissons dans le dos

La dizaine des blogueurs 5/6
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Aujourd’hui, la chanson qui met des frissons dans le dos. Ma révérence, de Véronique Sanson.

 

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Hommage à Michel Legrand

Ambitus, tessiture et notes extrêmes 11bis/11
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Dans un commentaire, Miss Monde me demande à propos des déclic musicaux si j’ai pensé à rendre hommage à Michel Legrand qui nous a quitté récemment. Hélas non… En fait, mon petit jardin ne publie qu’exceptionnellement des billets d’actualité, et seul notre Johnny national a eu le droit à un billet spécial pour sa disparition, ici. Ne me demandez pas pourquoi…

Mais j’adore Michel Legrand, et puisqu’il est question de déclic, allons-y. Je rajoute ce billet à la fin de la série de septembre 2018, sur les notes extrêmes, à cause d’une chanson de Michel Legrand que j’ai oubliée. Rien de grave dans les aigus, chanson pleine d’humour sur l’ambitus, chantée par Christiane Legrand, sœur de Michel.

En regardant la vidéo, j’ai découvert le groupe vocal Les blue stars, et j’ai trouvé cette vidéo charmante de Lola (ou la légende du pays des oiseaux), version en français de Lullaby of birdland. L’arrangement est dû à Michel Legrand.

Je vous propose aussi La valse des lilas.

Et puis Je ne pourrai jamais vivre sans toi, par Monique Leyrac.

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La chanson déclic, qui nous a permis de découvrir un nouvel univers musical

La dizaine des blogueurs 4/6
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Aujourd’hui, la chanson déclic, qui nous a permis de découvrir un nouvel univers musical. Pas vraiment de chanson donc… puisqu’un nouvel univers univers musical, ça n’est pas la chanson en ce qui me concerne. Pour le jazz, l’album Solo Monk, Thelonious Monk, seul au piano.

Un genre que j’affectionne, les polyphonies de la renaissance, et de mémoire, je dirais que le déclic, ça a été Josquin des Prés. Miserere mei deus.

La musique contemporaine… je connais mal, des fois j’entends des trucs géniaux sur France Musiques, je ne retiens pas ce que c’est, puis je ne trouve que des trucs incompréhensibles sur youtube… Je vous propose le fascinant Knee play, extrait de Einstein on the beach, opéra de Philip Glass. J’ai passé un peu de temps à chercher une logique dans les one-two-three-…-eight. Des fois, il manque le « one » des fois non. Partition en main, j’ai noté la structure, j’ai essayé la base 2, j’ai peut-être même regardé si ça ne faisait pas référence au Yi Jing, mais au final je n’ai trouvé aucune logique. C’était il y a longtemps…

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Elliot Smith, Beethoven et les Beatles

La dizaine des blogueurs 3bis/6
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Denis H. m’informe sur Facebook qu’une erreur s’est glissée dans le dernier billet. La version dépouillée de Because des Beatles est en fait une reprise par Elliott Smith, dans la bande originale du film American Beauty. Je vous la repasse avec quelques extraits du film.

Juthova m’indique dans un commentaire que la musique de Because est inspirée de la Sonate au clair de lune de Beethoven. En fait, la mélodie est inspirée de la fameuse sonate, mais jouée à l’envers. Et puisqu’on en parle, je vous passe le sketch de Bernard Haller, Le pianiste.

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