Let’s go get stoned

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On a eu le sexe dans le billet précédent et le rock’n roll un peu partout. Il manque la drogue… Joe Cocker, Let’s go get stoned, au mythique concert de Woodstock en 1969. La chanson est un classique du Rythm’n Blues, popularisée par Ray Charles, qui l’a chantée pour évoquer son addiction à l’héroïne.

Vers 1:28 on assiste à un moment historique : Joe Coker invente la Air Guitar, mais c’est une autre histoire. La version de Ray Charles.

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Libération sexuelle

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Mai 68 est bien sûr l’époque de la libération sexuelle, thème qu’on a déjà abordé dans la série Esprit d’épicerie et révolution sexuelle. La pilule contraceptive a été légalisée en France en 1967 (voir La pilule d’or, chantée par Sœur Sourire ici).

Le chanteur incarnant le mieux cet aspect de 68 est probablement Michel Polnareff, avec son premier tube, La poupée qui fait non, et plus encore L’amour avec toi. Les deux chansons sont sorties en 1966. L’amour avec toi a bien sûr été censurée à la radio.

La poupée qui fait non.

L’amour avec toi (que j’ai oublié de mettre dans la série sur le mot société en chanson …).

À propos de La poupée qui fait non, la guitare de la version studio est jouée par Jimmy Page, futur guitariste de Led Zeppelin !

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Les routard bis

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Sur Facebook, Pierre Delorme me signale que le thème du voyage était très à la mode au milieu des années 1960. Par exemple, Antoine a chanté pas moins de trois chansons autour du thème : Une autre autoroute, Autoroute européenne n°4 et Je reprends la route demain (qui insiste sur les raisons de partir plutôt que sur les agréments du voyage lui-même….) :

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Le mariage

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Nombre d’institutions vénérables ou « bourgeoises » se sont trouvées sous la critique « révolutionnaire » en Mai 68, par exemple le mariage. Déjà attaqué par Georges Brassens dans La non-demande en mariage.

 

Alors Brassens était-il soixante-huitard ? On répondra à cette question urgente quand on aura fini les cinq séries sur 68 (ou même après la fin du blog…).  En attendant, je trouve l’accompagnement à la guitare de cette chanson très instructif. Brassens n’utilise pas sa « pompe » habituelle (le boom-tchak boom-tchak). Le rythme lent de la chanson, la douceur des paroles et les mouvements amples de l’archet sur la contrebasse appelleraient assez naturellement des arpèges un peu mièvres (je parie que ce serait le réflexe de la majorité des guitaristes). Mais Brassens opte pour un accompagnement que je trouve un peu brutal rythmiquement : saccadé, rudimentaire, et presque punk-rock avant l’heure si on y réfléchit. J’y vois la marque d’une chanson authentiquement révoltée…

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Routard

Les cultures soixante-huitardes 3/8
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Dans San Francisco (voir le billet précédent), on entend :

Un autre arrivera
Pour nous dire des nouvelles
D’un qui reviendra dans un an ou deux…

Quel est ce personnage étrange qui vient dîner seulement tous les deux ans ? C’est bien sûr un routard, autre personnage typique de la génération Mai 68, toujours « on the road » !

On the road again, par Canned Heat.

Sur le même thème et en français, j’ai déniché Macadam à 4 voies, d’Yves Simon. Le routard part avant tout à la découverte de lui-même : « Mon sac, mes rêves et moi ».

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Hippie, beatnik et babacool

Les cultures soixante-huitardes 2/8
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Mai 68 fut l’époque des communautés de hippies, chantées par Maxime Le Forestier dans San Francisco. Vers 1:10, il dit « défoncés », mais je crois plutôt que c’est « enlacés » dans les paroles officielles. T’as fumé quoi Maxime ?

Sinon, grande nouveauté dans le blog : les billets des séries thématiques vont paraître les lundi, jeudi et samedi (au lieu de mardi, jeudi, samedi). C’est pour éviter le trou de deux jours dimanche-lundi.

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La complainte du partisan

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J’ai eu quelques commentaires à propos du premier billet sur Mai 68. Presque toutes les chansons et liens que vous m’avez proposés vont passer dans les prochaines séries.  À propos du sondage, un internaute me signale La complainte du partisan. En cherchant cette chanson, je découvre qu’elle a été écrite en 1943 par Emmanuel d’Astier de La Vigerie sur une musique d’Anna Marly. Il semble qu’elle ait été plus connue en son temps que Le chant des partisans, qui l’a détrônée après-guerre. Avant que Leonard Cohen ne la reprenne en anglais (je croyais que c »était de lui …).

Sinon, si vous ne savez pas quoi faire ce dimanche, écoutez donc l’émission Étonnez-moi Benoît du samedi 16 septembre 2017 sur France Musique, consacrée à la Fête de l’Humanité en chansons. Il y est un peu question de Mai 68. Ici.

Allez aussi chez France Culture écouter Bernard Lavilliers qui reprend des chansons de Léo Ferré, ici. Il y a quelques bijoux…

Dans une prochaine série sur Mai 68, je vous parlerai de Claire Bretécher. En attendant, vous pouvez l’écouter, sur les Nuits de France Culture, ici.

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Satisfaction

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À la rentrée, je vous ai promis un thème qui va courir toute l’année. Camarades, ce thème, c’est bien sûr Mai 68, cette « révolution manquée qui faillit bouleverser l’Histoire » selon Renaud (citation tirée de sa chanson Hexagone). Tout au long de l’année, le Jardin aux chansons qui bifurquent consacrera cinq séries à cet événement dont on fête bientôt le cinquantième anniversaire ! Chaque série en étudiera un aspect particulier, vous verrez.

Avant de commencer, analysons le sondage que je vous proposais. Il s’agissait d’associer des événements marquants de l’Histoire de France à des chansons. Je n’ai eu que cinq réponses. Vous m’avez proposé :
– Révolution française : Ça ira, La Marseillaise
– Commune de Paris : La butte rouge, La semaine sanglante, Le temps des cerises
– Guerre de 14-18 : J’avions reçu commandement, La chanson de Craonne, La butte rouge, La guerre de 14-18
– Seconde guerre mondiale : Le chant des partisans, Comme toi
– La guerre d’Algérie : Une gégène extraordinaire, Le déserteur
– Mai 68 : Les élucubrations d’Antoine, Chacun de vous est concerné, Con par raison, Crève salope, Paris mai

Le but de ce sondage était de valider l’hypothèse selon laquelle aucune chanson n’est spontanément associée à Mai 68, alors que les autres événements ont leur chanson. Mon hypothèse est partiellement validée : pour Mai 68, tout le monde donne effectivement une réponse différente, alors que à l’opposé, pour la Révolution Française tout le monde cite la même chanson : Ça ira (mais en oubliant La Carmagnole !).   Pour la première guerre mondiale aussi, il y a bizarrement beaucoup de réponses différentes, alors que j’attendais à un tir groupé sur La chanson de Craonne (citée une seule fois).

Ce que je voulais dire, à défaut de pouvoir le prouver sur un échantillon de taille 5, c’est qu’aucune chanson sur Mai 68 ne ressort vraiment. Est-ce à dire que l’événement n’est pas suffisamment « majeur » pour mériter sa chanson ? Ou au contraire, Mai 68 serait un mouvement tectonique d’une telle ampleur sociale que n’importe quelle chanson chantée par un baby boomer de 1960 à nos jours serait en quelque sorte une chanson de Mai 68 ? L’hypothèse n’est pas si absurde…

Je dirais plutôt que Mai 68 a une signification complexe et encore débattue, ce qui ne facilite pas l’émergence d’une chanson particulière. Il s’est en outre produit en concomitance avec la grande vague rock anglo-saxonne, ce qui a laissé moins de place à une chanson bien de chez nous : la chanson « française » de mai 68 est peut-être à chercher chez les Beatles, les Stones ou les Who ?

Oublions ce débat : il y a beaucoup de chansons, aucune ne ressort, voilà qui arrange mes petites affaires de blogger. Le première série sur Mai 68 est donc placée sous le signe de la diversité : on aborde les multiples « cultures » soixante-huitardes : courants, modes, tendances, etc. Pas de chanson trop politique dans cette série, on garde ça pour plus tard.

On commence par un aspect paradoxal de Mai 68, maintes fois souligné : grande révolution collective et sociale et en même temps irruption de l’individualisme et de l’hédonisme dans le champ politique. Déjà les « en même temps »… Je vous passe Satisfaction, des Rolling Stones, classée 2e plus grande chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone !! Ça date de 1965.

 

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« Je chante un peu faux » (G. Moustaki)

Chantons faux 6/6
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Après Chet Baker, proposé par Sylviane Fessieux, à mon tour de vous présenter mon chanteur qui chante faux préféré. C’est Georges Moustaki. Par exemple dans La philosophie.

Selon certaines hypothèses, le chant un peu bizarre de Moustaki vient de ce qu’il a grandi au contact de systèmes musicaux différents du nôtre (arabes, turcs, grecs,…), faisant usage de quart de ton ou de modes inhabituels dans la musique occidentale. Quoi qu’il en soit, Moustaki dit lui-même qu’il chante faux dans une chanson ! C’est assez rare pour être signalé. À la fin du premier couplet, dans Rock’n’roll raté : « Mais j’ai pas d’voix et je chante un peu faux ». Du moment qu’il philosophe juste…

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