Quand j’écoute Michel Sardou

Quel amateur de chanson êtes-vous (5/5) ?
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Voilà le clou, l’acmé, le climax. Quand on écoute Sardou, on est submergé d’émotions : envie de laver sa voiture, de voter pour Giscard, de chanter au karaoké du camping de Cavalaire et peut-être même gagner le premier prix au tournoi de boules : un jambon. Si vous ne ressentez pas tout ça, vous n’êtes pas un vrai amateur de chanson. Le verdict est dur : vous êtes banni de radio Nostalgie à jamais. Et j’oubliais : en écoutant Sardou, on a envie de se prendre une murge à New-York.

 

Vous l’avez compris, je suis fan de La Java de Broadway, hymne final du beauf. Les paroles sont énigmatiques si on y prend garde. Car la java, ça ne swingue pas, même à Meudon. Et pourquoi plaît-elle ? Pourquoi cette intro en anglais d’école de commerce ? On a connu Pierre Delanoë plus précis, mais rarement plus inspiré… Citation de mon fils à qui j’essaye d’inculquer quelques valeurs : « Oui, elle est énigmatique cette chanson, mais derrière, c’est un tas de conneries ». Pffff, allez donc éduquer ces ados. Privé de radio Nostalgie.

Analyse de la vidéo : le chœur de filles n’est pas tout à fait en place. Le naturel y gagne ce qu’y perd le solfège et certifie une performance sans playback. La troisième choriste en partant de la gauche, c’est la chanteuse Christelle Chollet. Si vous aimez associer des chansons à ceci ou cela comme dans cette petite série de posts, regardez-la plutôt. Pas fin mais efficace.

 

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La java des bombes atomiques

Les scientifiques dans la chanson 3/12
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En préparant cette série, j’ai interrogé plusieurs personnes sur leur choix de chansons en rapport avec la science. On m’a fourni quelques trouvailles, chacun sera remercié quand sa chanson passera, mais pas aujourd’hui. Car quasiment tout le monde a cité La java des bombes atomiques de Boris Vian, qui est donc première au hit parade de la chanson scientifique.

À la différence de Brassens et Trenet, Vian savait vraiment de quoi il parlait quand il évoquait la science. Il était ingénieur, diplômé de l’École centrale des arts et manufactures, plus connue sous le nom de « centrale », ou « centrale Paris ». Cette proximité avec son sujet se remarque à plusieurs indices dans la chanson. Tout d’abord, la démarche scientifique de l’oncle est assez crédible, avec essais, succès, mais surtout erreurs.  Quelques traits psychologiques qu’on rencontre chez certains scientifiques sont discrètement suggérés : tendance à raconter son travail avec une certaine véhémence (« Et le soir il rentrait chez nous / Et nous mettait en trans’ / En nous racontant tout »); mépris pour les questions jugées peu stimulantes intellectuellement (« La question du détonateur, S’résout en un quart d’heur’ / C’est de cell’s qu’on écarte »); ou engagement de toute sa personne dans ses recherches (« On voyait à son air féroce / Qu’il tombait sur un os »). Tout cela, sans recours à aucun poncif ou expression toute faite, bravo Boris.

 

Reste à savoir si la chanson donne une bonne ou une mauvaise image des scientifiques. Ce qui est sûr, c’est qu’elle dénonce une catégorie encore plus infâme : les chefs d’état. Ceux là, il faut vraiment se décarcasser pour trouver une chanson à leur gloire : Bienvenue au Président Giscard d’Estaing, par Tchibanga.

 



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