Ma série préférée

Paralipomènes 20

Vous vous demandez peut-être quelle est ma série préférée depuis que je fais ce blog ? Plus probablement, vous ne le vous demandez pas… Mais je vous le dis quand même : c’est la treizième série que j’ai passée, Décortiquons l’auto-stoppeuse. Parce qu’elle ne parle de rien de spécial, que ça m’a pris une heure seulement pour la préparer, qu’il y a du rock, du Renaud, de l’interaction avec mes lecteurs, Louis de Funès et quelques vers de Victor Hugo. Je voudrais que toutes les séries soient comme celle-là, mais la vie n’est pas si simple…

C’est aussi l’une des séries qui a eu le moins de succès, retournez donc y jeter un œil. On y parle de Star Shooter, groupe de rock lyonnais, auquel j’affirmais préférer Haine Brigade (ici). Ce groupe anarcho-punk des années 1980 n’a sorti qu’un seul album, Sauvage, qui se trouve être l’un des deux vinyles en ma possession, impossible de me rappeler comment il est arrivé là. Pour information, l’autre, c’est un disque de Vladimir Vyssotski, compagnonnage intéressant, je me plais parfois à imaginer ce que ces deux galettes auraient à se raconter si elles prenaient vie… Je passerai du Vyssotski une autre fois.

Haine Brigade a connu en son temps un beau succès d’estime dans le milieu alternatif. Je retiens surtout son authenticité rock et la voix de sa chanteuse Alexa. Une voix peu travaillée et qui rebute certains, mais qui a quelque chose de juvénile, sincère et engagé. Bref j’adore, et le succès de Haine Brigade lui doit beaucoup selon moi. Je vous passe Solitude urbaine, de Haine Brigade.

Je vous propose plein d’autres liens. D’abord, une deuxième vidéo, avec plein de photos d’époque.

Et puis le site officiel du groupe et une belle interview pour en savoir plus.

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La prime à l’ignorance à QPUC

Questions pour un champion 5/6
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L’un des aspects les plus curieux de QPUC est la prime à l’ignorance. Bien des contempteurs du jeu en ont une vague notion, quand ils notent que les champions ne sont pas « vraiment » cultivés (whatever that means). De nombreuses anecdotes soutiennent cette opinion, tel ce grand champion, vainqueur de cagnottes et joueur invincible de club, que j’ai vu répondre « 1923 » à la question de savoir quand les nazis avait pris le pouvoir. Il estimait s’être trompé de pas beaucoup, 1923 ne différant que d’un chiffre de la bonne réponse : 1933. La prochaine fois, il répondra peut-être 1833… le champion sait tout, mais rien de plus pourrait-on dire. Il serait même l’ignorant paroxystique : détenteur d’un bric-à-brac de faits anecdotiques, vide-grenier de la culture, chien savant, adepte d’une sorte de gonflette du cerveau, authentique déconstructeur du savoir, broyant tout l’édifice de la connaissance pour le réduire à des miettes débitables au 4 à la suite, faisant donc exactement le contraire de l’intellectuel véritable. Peut-être, et alors ? Du moment qu’on marque au 9 points gagnant, où est le mal ?

Au delà de ces jugements de valeurs sans intérêt, au jeu, la prime à l’ignorance est un phénomène bien réel. Abordée sous l’angle de la modélisation, on peut l’expliquer ainsi : plus la mémoire est grande, plus l’algorithme de récupération des informations est lent (un peu comme une bibliothèque : plus elle est grande, plus il faut de temps pour retrouver son bouquin). Donc, une mémoire vraiment gigantesque doit finir par être un handicap dans un jeu de rapidité. Ce phénomène ne s’observe pas vraiment à l’échelle humaine et à QPUC, sauf sur des sujets très précis et rarement abordés dans le jeu.

Par exemple, supposez que vous ayez des connaissances professionnelles en mathématiques, et qu’il y ait une question sur un théorème. Vous croyez être avantagé, vous en connaissez des dizaines, voire des centaines. Facteur psychologique non négligeable : vous ne voulez pas donner une réponse ridicule dans votre domaine d’expertise (erreur de débutant : jouer à QPUC est en soi ridicule, une fausse réponse ne vous rendra pas plus ridicule). Mais voilà, pendant que vous réfléchissez à tous ces beaux théorèmes, vos cinq adversaires buzzent chacun leur tour sans réfléchir pour dire : Pythagore, Thalès, Gauss, Euclide, Pasolini. Bien sûr, la bonne réponse se trouve là dedans, vous vous faites doubler sur votre terrain, un spécialiste en bricolage-jardinage-collection-de-boite-à-camembert marque le point. Quel crétin celui-là. Mais le jour de votre revanche viendra, vous marquerez un jour en beuglant « Louis de Funès », parce que c’est le seul acteur que vous connaissez…

La prime à l’ignorance s’observe de manière aiguë si vous essayez de faire jouer des enfants que vous connaissez bien, les vôtres par exemple. Pour ne pas les dégouter du jeu, vous ne posez que des questions dont vous êtes sûr que tous les enfants soient au moins en mesure de comprendre la réponse. Invariablement, c’est l’enfant le plus jeune (et donc le plus « ignorant ») qui gagne, car c’est lui qui a l’espace de connaissances le plus petit à explorer, et comme vous vous arrangez pour que la réponse y soit, la prime à l’ignorance tourne à plein. Sauf si l’aîné joue « stratégique », et commence à entrer dans la psychologie de celui qui pose les questions… le jeu devient parfois intéressant. Enfin rassurez-vous : une ignorance réellement encyclopédique ne sert pas à grand chose (à QPUC du moins).

Pas facile de trouver une chanson sur l’ignorance… Jean Gabin, Maintenant je sais.

Et puis un petit jeu avec prime à l’ignorance, La famille en plomb, des Inconnus :

 

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Mon pot’

Chansons roms, chansons sur les roms 3/9
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Encore une petite chanson sur les gitans, belle interprétation de Mouloudji, Mon pot’ le Gitan. 

 

Savez vous que Mon pote le Gitan est aussi un film avec Louis de Funès de 1959 ? Sur l’extrait, vous reconnaitrez sans peine le petit air que siffle le gitan avec la grosse clef à molette…

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Jacques Borel

Décortiquons l’auto-stoppeuse 3/5
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Qui est ce mystérieux Jacques Borel que cite Renaud dans L’auto-stoppeuse ?

On s’est arrêté pour bouffer après Moulins,
Et Jacques Borel nous a chanté son p’tit refrain :
Le plat pourri qui est le sien, j’y ai pas touché,
Tiens, c’est pas dur, même le clébard a tout gerbé !

Jacques Borel était un entrepreneur ayant ouvert de nombreux restaurants d’autoroute servant de la cuisine industrielle dans les années 1970. Les restaurants « Jacques Borel » devinrent un tel symbole de la malbouffe qu’on dut les rebaptiser (ce qui était sûrement plus simple qu’améliorer la bouffe). Pas simple de trouver une autre chanson sur lui… Ce personnage bien réel a inspiré le méchant du film L’aile ou la cuisse, l’infâme Jacques Tricatel, combattu par le critique gastronomique Charles Duchemin, joué par Louis de Funès. À la fin du film, de Funès est atteint d’agueusie (perte du goût) malgré quoi, dans une scène d’anthologie, il parvient à triompher de l’ignoble Tricatel, gloire à la France et au pinard !

 

Pour ne pas se quitter sans musique et tout en restant dans le délicieusement vintage, le générique  de L’aile ou la cuisse, musique de Vladimir Cosma.


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