Du réverbère au lampadaire

Paralipomènes 64

Voilà le dernier billet sur la prostitution (mais on en reparlera, j’ai préparé une série sur les chansons abordant la prostitution du point de vue des clients, restez en ligne si vous voulez voir ça).

En attendant, je vous propose La putain de Serge Reggiani.

Vous noterez l’usage du mot « réverbère », qui évoque avec efficacité tout un imaginaire : nuit, ville, cercle de lumière qu’entoure un cercle d’obscurité, voire même urine de chien nonchalamment épandue… Le mot est aussi convoqué dans Le sac à main, d’Allain Leprest qu’on a passé ici. Mais dans La Mélu, chanson qu’on a passée ici, le « réverbère » devient un « lampadaire », réalité proche mais moins précise et évocatrice. Pourquoi diable ?

Peut-être pour un peu flouter le texte, l’effet sfumato est intéressant. Mais surtout essayez de chanter La Mélu. Dans « Sur le coin d’une lune, d’un lampadaire », la syllabe « pa », très percussive, tombe fort à propos sur un contre-temps. « Réverbère » serait possible, mais la syllabe mollasse « ver » ferait perdre un peu d’efficacité rythmique au mix parole-musique. C’est une accumulation de petits détails comme ça qui fait qu’une chanson marche ou pas… Écoutez bien n’importe quelle chanson de Brassens (par exemple Je m’suis fait tout p’tit), je pense qu’il était très attentif à genre de détails, grâce à quoi il arrivait à nous faire ingurgiter des poésies assez bourratives. On reparle de ça dans une prochaine série.

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Brassens chante Lamartine

Paralipomènes 61

 

La quarante-deuxième série du blog abordait les poètes mis en musique par Brassens. Le sujet est loin d’être épuisé, je vous propose aujourd’hui Pensées des morts adaptation d’un poème d’Alphonse de Lamartine. C’est assez incompréhensible, alors qu’à peu près tout Brassens est en ligne sur Youtube, pour cette chanson, on ne trouve que des reprises plus ou moins lourdeaudes par des fans, allez voir si vous ne me croyez pas… Je vous en propose une qui est très bien par Michel8h.

C’est bien chanté, il faudrait juste juste éviter « c’est alors-re que ma paupière ». Il y a aussi une reprise par Hubert Félix Thiefaine (pas à son meilleur je trouve) ça intéressera les fans.

 

Et puisque dans la série sur Brassens, on citait la préface de l’Anthologie de la poésie française d’André Gide, je vous en ressers un extrait.

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Je me souviens d’avoir entendu Verlaine, ce musicien, déclarer que, de beaucoup, il préférait à Hugo Lamartine. En tout cas Lamartine est le premier en date et c’est de lui qu’il convient d’abord de parler. Il a des départs prestigieux et je ne connais rien qui puisse être comparé aux premiers vers du Lac ou du Vallon ; mais son essor atteint aussitôt son plafond ; hauteur où il plane ensuite inlassablement (ou du moins ne lassant que le lecteur), sans sursauts, sans nouveaux coups d’ailes. Ce qui manque le plus à ces suites de vers, d’un bercement égal et quelque peu fastidieux, c’est à quoi Baudelaire excellait avec audace : la surprise. Mais, dans le flasque, c’est encore ce que l’on a fait de mieux ;

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L’arrière grand-mère de Brel et Brassens

Paralipomènes 60

Le 1er avril 2017, je révélais à mes lecteurs ébahis que Georges Brassens et Jacques Brel étaient cousins au second degré. Pfouu, incroyable. Pourtant l’information a été très peu reprise. Et bien en fait, c’est encore plus incroyable que ça, leur arrière grand-mère, c’était la Bolduc. Vous ne me croyez pas ? Vous n’avez qu’à demander à la saucisse. Si les saucisses pouvaient parler, la Bolduc.

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Suzy Solidor, précurseur de Serge Gainsboug

Paralipomènes 39

Dans la vingt-sixième série du blog, homme au féminin, femme au masculin, on présente Gainsbourg comme un précurseur : premier homme qui aurait chanté une chanson de femme, Mon légionnaire. Il a été précédé par Suzy Solidor. Je vous livre sa version du Parapluie de Georges Brassens, chanson d’homme.

Suzy Solidor était une personnalité très intéressante, vous pouvez lire sa biographie ici.  Encore une chanson d’elle, La fille des bars.

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Hélas, les carabins…

Paralipomènes 29

Dans la vingtième série du blog, on s’intéressait à l’image des scientifiques dans la chanson, et on notait qu’elle était toujours négative. On mentionnait L’ancêtre, de Georges Brassens, qui donne une image plutôt négative des médecins (carabins en argot). Mais je n’ai pas passé la chanson, oubli réparé (la vidéo avec son contrebassiste Pierre Nicolas est très intéressante, Brassens chante en fumant la pipe, on comprend qu’il s’entende mal avec les médecins).

Les « mignonnes qui fument, crénom de nom », elles seraient bien allées dans la série sur les prostituées…

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Brassens et NTM nous parlent du système

Paralipomènes 17bis

Merci pour vos propositions de chansons qui parlent du « système ». Nathalie, internaute de Lyon 7è, nous propose La maîtresse d’école, une chanson de Georges Brassens, ici chantée par Maxime Le Forestier. « Ce système ne fut jamais admis… »

Bastien, lui aussi internaute de Lyon 7è (ils doivent probablement être voisins ?), nous propose Laisse pas traîner ton fils de Suprême NTM. « Le système a la tête sous l’eau ».

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La première énigme

Paralipomènes 12

La première énigme passée dans le Jardin, c’est l’Énigme HM, sixième série du blog. Allez la voir, je ne vous donne pas la solution si jamais vous vouliez la chercher pour vous amuser. Écoutez ça avant ou après, ça va très bien dedans. Celui qui a mal tourné, Georges Brassens, avec un clip assez bien fait, bricolé à partir d’extraits de film de Charlie Chaplin.

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Le bouquet d’Ypres

Paralipomènes 9/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Le 9 mars 2016, j’ai posté un billet de remerciements à mes premiers suiveurs. C’est le billet qui a obtenu le moins de succès depuis le début du blog : un seul petit clic ! Je suis poli de dire « merci », et voilà comment on me récompense…

Je notais dans ce billet que Bécassine de Brassens citait la chanson Fleur Bleue de Trenet. En fait, selon Bertrand Dicale, les vers

Qui pourra chanter la chanson,
Des fleurs bleues en toute saison

font plutôt référence au Bouquet d’Ypres, que Brassens citerait également dans Corne D’auroch, voir le livre Brassens ? page 88. Le bouquet d’Ypres est une chanson de poilus, évoquant Ypres, ville belge où furent menés des combats très meurtriers lors de la première guerre mondiale, et où pour la première fois furent utilisés des gaz de combat (d’où le nom d’ypérite donné au gaz moutarde).

Vous êtes vraiment trop fort Monsieur Dicale. Pour ma part, je trouve que la référence au Bouquet d’Ypres est assez claire pour Corne d’Auroch, mais pour Bécassine, la référence à Trenet me semble plus pertinente, si toutefois il y a là une référence quelconque. Que chacun se fasse son opinion, je vous mets toutes les chansons concernées !

Le bouquet d’Ypres

Fleur bleue

Bécassine

Corne d’Auroch

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