Les astuces de tonton Georges

Les chansons courtes, 5/13
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Quand une chanson est trop courte, ce bon Georges Brassens qui excellait plutôt dans le texte interminable usait d’une astuce toute simple : chanter la fin deux fois de suite pour rallonger un peu la sauce. Sans ça, Philistins dépasserait à peine la minute.

Philistins, poème de Jean Richepin.

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Les copains d’abord (à vélo !)

Les copains d’abord (à vélo !)

Le Jardin aux Chansons fait sa rentrée ce matin, et pour une fois, c’est mézigue qui s’y colle avec une vidéo exclusive. On passe aux choses sérieuses demain. Et surtout, prudence à vélo !

Les copains d’abord, chanson de Georges Brassens, interprétée par un internaute de Villeurbanne.

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Paul Fort

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 31/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Paul Fort, né en 1872.

Paul Fort est le poète le plus souvent mis en musique par Georges Brassens. Pour changer un peu, Alain Barrière nous chante La reine et le roi.

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Jean Richepin

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 26/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui, Jean Richepin né en 1849. Georges Brassens a mis en musique Les oiseaux de passage, en ne gardant que la moitié environ du texte original. Rémo Gary rétablit le texte intégral.

La version de Georges Brassens, par Dominique Lamour.

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Gustave Nadaud

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 20/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Gustave Nadaud, né en 1820.

Georges Brassens nous chante Le roi boiteux.

Je crois qu’il y a une version de Serge Lama, mais impossible de la trouver, help.

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Alphonse de Lamartine

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 15/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. En ce jour de fête nationale, le seule poète qui se soit jamais présenté aux élections présidentielles, Alphonse de Lamartine, né en 1790.

Georges Brassens nous chante Pensées des morts.

Alphonse de Lamartine inaugure le grand siècle romantique, dans lequel on va rester une bonne partie de l’été. Adieu poètes du moyen-âge, de la renaissance, classiques, précieux… Je n’ai trouvé aucune mise en chanson un peu moderne de François de Malherbe ou d’André Chénier, mais qu’est-ce qu’ils fichaient à Saint-Germain des Prés en 1950 tous nos poètes-chanteurs ? Il y a pourtant à faire…

Toujours ce souvenir m’attendrit et me touche,
Quand lui-même, appliquant la flûte sur ma bouche,
Riant et m’asseyant sur lui, près de son cœur,
M’appelant son rival et déjà son vainqueur.
Il façonnait ma lèvre inhabile et peu sûre
À souffler une haleine harmonieuse et pure

André Chénier.

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Gérard Manset

La chanson, art majeur ou art mineur VI. Musique classique, chanson, et réciproquement, 18/18
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Nous voilà au terme de cette série sur la musique classique et la chanson, et plus ou moins au terme de notre réflexion sur le thème de l’année, la chanson art majeur ou mineur. Il y aura encore une longue série d’été sur les poètes mis en musique, mais sans explication particulière ni théorie fumeuse (si je trouve le temps de la préparer cette fichue série)…

Comme promis au début de l’année, il n’y a pas la réponse. Vous ne saurez pas si la chanson est un art majeur ou mineur, débrouillez-vous tout seul si vous y tenez. Et pensez bien à me la dire la réponse, je la ferai suivre très volontiers ! Rappelons que la question vient à l’origine de l’altercation entre Gainsbourg et Béart. Situation étrange, puisque le partisan de la chanson-art-mineur est l’un des plus éminents représentants de la chanson. Mais certains vont bien plus loin que Gainsbourg dans le dénigrement de leur art, dénigrement qui confine au déni tout court. Extraits de l’interview de Gérard Manset par Hélène Hazéra, le 13 janvier 2017 (en réécoute ici). À propos de la chanson :

À part Charles Trenet et des gens comme Brassens, et des poètes genre peintres du dimanche de la rime, à part ça, je trouve pas ça très respectable. 

Un peu plus loin dans l’émission :

HZ : J’espère que vous ne prenez pas ça pour une insulte, mais vous êtes dans la chanson poétique, sauf que, à la différence d’une certaine chanson qu’on a entendue à Saint-Germain des Prés où la mélodie commençait à être vraiment extrêmement plate, pour vous la musique, c’est plus que la moitié de la chanson.

GM : Écoutez, je suis très peiné d’être obligé de revenir là-dessus, je ne suis pas un chanteur, et je ne suis pas dans la chanson, chanson quelle qu’elle soit, de quelque nature que ce soit. Je suis un compositeur, je suis contraint de chanter ce que je compose. Chanter, oui je chante, c’est pas parce que je chante que je suis un chanteur.

HZ : Vous écrivez des textes aussi.

GM : Oui, je suis un artiste.

À la fin de l’entretien : « Si j’avais à me rattacher à quelqu’un, ce serait toujours Charles Trenet ».

Je vous passe le plus grand succès de Gérard Manset, Il voyage en solitaire. Attention, ce n’est pas du tout de la chanson. Tout en se rattachant à Charles Trenet. Mais oui bien sûr.

Encore une. Animal, on est mal, de Gérard Manset.

 

Une dernière chanson, Un p’tit air, paroles d’Albert Willemetz, musique de Mireille. Contient une définition de la chanson :

Un p’tit air
Avec des paroles pas bien méchantes
Un p’tit air
Avec une musique pas trop savante
Un p’tit air
Qu’on peut siffler comme un Vittel menthe
Un p’tit air tralalalalère
Un p’tit air po po po
Un p’tit air ha ha !
Un p’tit air

Par Maurice Chevalier :

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Porte des Lilas

Lieux possibles, impossibles et imaginaires de la chanson 14/17
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Je vous propose maintenant des lieux non pas inventés, mais comme habités par des chansons… Ceci est bien sûr hautement subjectif. Mais l’aura de la chanson Les Lilas est suffisante pour que la RATP affiche un beau portrait de Georges Brassens à la station Porte des Lilas.

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Joël Favreau en concert

Les annonces du mercredi

Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas posté une annonce du mercredi… Amis parisiens, le week-end prochain, dimanche 14 avril à 19h30, vous pouvez aller voir Joël Favreau au Café de la danse, plus d’info ici et billetterie ici. Vous connaissez peut-être Joël Favreau comme deuxième guitare de Brassens. Il a aussi écrit et chanté de bien belles chansons. La cuirasse.

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La reprise : un art majeur

La chanson, art majeur ou art mineur V. Les nanards de la chanson, 9/11
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Composer, écrire des chansons, voilà sûrement un art mineur : c’est Gainsbourg qui le dit. Mais les reprendre, leur apporter jeunesse, les magnifier, voilà un art majeur. Extrait de La musique et l’ineffable, de Vladimir Jankélévitch, philosophe et musicien :

Le créateur, l’exécutant qui est recréateur actif, l’auditeur qui est recréateur fictif participent tous les trois à une sorte d’opération magique : l’exécutant coopère avec le premier opérateur en faisant exister l’œuvre effectivement dans l’air vibrant pendant un certain laps de durée, et l’auditeur, recréateur tertiaire, coopère en imagination ou par des gestes naissants avec les deux premiers. Refaire, disions-nous, c’est faire, et le recommencement est parfois un vrai commencement […]
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La nuit, je mens, chanson d’Alain Bashung reprise par Cazoul. À force de l’écouter, je lui trouve quelques mérites, mon côté recréateur actif sans doute. D’ailleurs, pour une fois qu’une chanson parle de théorie des graphes (« voleur d’amphores au fond des cliques »).

Sinon, je me demande à quoi tient ce génie de la chanson pour le mauvais goût. Je dirais qu’entre tous les arts, la chanson est celui dans lequel on regarde l’artiste avant l’œuvre. C’est l’art de la sincérité, de l’identification par excellence. J’en tiens pour preuve l’hystérie des fans, phénomène qui concerne surtout la chanson (on y consacrera une série bientôt).

Autre indice : on juge souvent un chanteur sur l’authenticité du personnage qu’il incarne (encore une série en préparation). On reproche à Renaud de ne pas être un vrai loubard, à tel rappeur de ne pas venir d’une cité. Mais on congratule Daniel Guichard d’avoir vraiment perdu son père, qui était vraiment un prolo, Brel de vraiment avoir des problèmes avec les femmes, Barbara d’être vraiment amoureuse, d’avoir vraiment visité Göttingen, d’avoir vraiment perdu son père à Nantes, père qui avait vraiment abusé d’elle. Quand Sardou explique benoitement que dans Je suis pour, ce n’est pas lui mais son personnage qui défend la peine de mort, personne ne le croit. Probablement, lui-même n’y croit pas. On se félicite par contre que Brassens soit vraiment un bon bougre. Et Pierre Perret, qu’il soit peut-être un faux bon bougre, que son amitié avec Léautaud soit peut-être inventée, l’affaire est assez grave pour mériter une campagne de presse et un procès. Si vous ne connaissez pas cette étrange histoire, tapotez dans votre moteur de recherche préféré, vous verrez.

Mais savoir si Louis de Funès est vraiment colérique, Chaplin vraiment un vagabond, etc., tout le monde s’en fout. Au contraire, on mesure le talent de l’acteur au nombre de kilos qu’il prend ou qu’il perd pour n’être plus lui-même et coller à son personnage, on félicite Bruno Ganz pour incarner son contraire (Hitler dans La chute), on admire Peter Sellers qui dans Docteur Folamour est successivement un savant nazi, un colonel british et un président des états-unis falot, on adore Sabine Azéma et Pierre Arditi qui interprètent tous les personnages de Smoking, no smoking, etc.  Je ne parle même pas des cantatrices, des mimes, des imitateurs, des marionnettistes, …

Le chanteur de chansons, c’est le seul dont on exige qu’il soit lui-même. Tout lui sera alors pardonné, il peut chanter faux, mal jouer de la guitare, écrire des paroles con-con et des musiques simplettes. Mais s’il fait du kitsch ou du bidon, on l’entend comme une part essentielle de sa personne. Et de la notre, car dans l’offense au bon goût du chanteur, notre complicité de « recréateur tertiaire » (cf Jankélévitch au début du billet) est requise. Dans le vague karaoké permanent, le casque sur les oreilles ou dans sa voiture, l’amateur de chansons n’entend pas la chanson-hon comme il jetterait un œil distrait sur un bibelot kitch.

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