Jean Giraudoux

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 39/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Jean Giraudoux, né en 1882.

Marcel Mouloudji nous chante la Chanson de Tessa.

D’accord, Jean Giraudoux n’est pas vraiment un poète. Plutôt un écrivain et dramaturge, parolier d’occasion. Il y en aura quelques autres.

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Flaubert

La chanson, art majeur ou art mineur IV. Archéologie d’une question 9/16
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On vu dans le billet consacré à Béranger à quel point Flaubert l’exécrait. Mais est-ce que Flaubert avait quelque chose d’autre à dire sur la chanson ? Je n’ai pas trouvé grand-chose. Sinon qu’Emma Bovary meurt en chanson. J’ai lu ça dans un article d’Annie Ernaux, dans Variétés : littérature et chanson, sous la direction de Stéphane Audeguy et Philippe Forest. N°601 de la NRF.

Extrait de Madame Bovary.

Tout à coup, on entendit sur le trottoir un bruit de gros sabots, avec le frôlement d’un bâton ; et une voix s’éleva, une voix rauque, qui chantait :

Souvent la chaleur d’un beau jour
Fait rêver fillette à l’amour.

Emma se releva comme un cadavre que l’on galvanise, les cheveux dénoués, la prunelle fixe, béante.

Pour amasser diligemment
Les épis que la faux moissonne,
Ma Nanette va s’inclinant
Vers le sillon qui nous les donne.

– L’aveugle s’écria-t-elle.

Et Emma se mit à rire, d’un rire atroce, frénétique, désespéré, croyant voir la face hideuse du misérable, qui se dressait dans les ténèbres éternelles comme un épouvantement.

Il souffla bien fort ce jour-là,
Et le jupon court s’envola !

Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s’approchèrent. Elle n’existait plus.

Selon Annie Ernaux, cette intrusion d’une petite chansonnette ajoute au côté « simple et sublime » de sa mort. On peut aussi y voir un « curieux symbolisme » : une chanson simplette, chantée par un infirme hideux, requiem grotesque à une âme empêchée de s’élever, jusqu’à la fin. Et Annie Ernaux de se demander quelle chanson « serait la plus terrible à entendre » sur son dernier lit. Elle cite Histoire d’un amour, de Dalida, Mon Dieu d’Édith Piaf, Un jour tu verras de Mouloudji, et C’est extra de Ferré. Et la Bamba triste alors ?

Dans Une chanson de Rétif et sa réécriture par Flaubert, Revue d’Histoire littéraire de la France, 91e Année, No. 2 (Mar. – Apr., 1991), pp. 239-242 Anthony Williams retrace l’histoire de La chanson de l’aveugle. Elle est de Restif de La Bretonne, et personne ne sait comment Flaubert la connaissait. Il l’a un peu modifiée, les corrections ont été retrouvées dans ses notes. Personne ne sait pourquoi. En général, Flaubert était très critique avec la poésie : il y a des pages entières de corrections des vers de Louise Collet dans sa correspondance, il ne les trouvait pas assez « roides » selon son expression.

Pour trouver une chanson que Flaubert a peut-être chantée, il faut hélas se rabattre sur Béranger, retour à la case départ.

À Louis Bouilhet, le 13 mars 1850, à bord de notre cange, à 12 lieues au delà de Syène.

P.S. – Si tu veux savoir l’état de nos boules, nous sommes couleur de pipe culottée. Nous engraissons, la barbe nous pousse. Sassetti est habillé à l’égyptienne. Maxime, l’autre jour, m’a chanté du Béranger pendant deux heures et nous avons passé la soirée jusqu’à minuit à maudire ce drôle.
Hein ! comme la chanson des « Gueux » est peu faite pour les socialistes et doit les satisfaire médiocrement !

La chanson des gueux, par Germaine Montéro

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La solution

L’énigme CPV 8/9
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Voici l’heure tant attendue de la solution. Comme vous l’avez deviné, les chansons de la série présentaient toutes une faute de liaison. Comme dans « ce n’est pas-t-à moi, je ne sais pas-t-à qui est-ce ». La fin de cette phrase aurait donné le mot « pataquès », dont le sens premier désigne une faute de liaison. Qu’on appelle aussi « cuir » ou « velours », d’où le titre de l’énigme CPV : cuir, pataquès, velours. En fait chacun de ces mots désigne une faute différente, je vous épargne les détails, voir ici.

Je vous propose maintenant un examen détaillé des chansons passées au long de cette énigme, avec quand c’est possible des versions des chansons sans la faute.

Dans Mon amant de Saint-Jean, les doux mots d’amour sont « dits-t-avec les yeux ». Si ça vous chauffe les oreilles, rabattez vous sur la version de Marcel Mouloudji accompagné par Marcel Azzola, la faute n’y est pas… Pour une fois que Marcel ne chauffe pas (nos oreilles)…

Dans Le métingue du métropolitain, ce coquin de Maurice Mac-Nab, auteur des paroles, a glissé :

Peuple français, la Bastille est détruite,
Mais y a-z-encor des cachots pour tes fils !

Dans Drouot, Barbara laisse échapper « on avait mis-t-aux enchères ». Dans sa récente interprétation, Gérard Depardieu évite la faute :

Dans Les poupées, on entend « c’est pas-t-à moi », pataquès paradigmatique s’il en est. Dans Corne d’Auroch de Georges Brassens, on entend :

Alors sa veuve en gémissant
coucha-z-avec son remplaçant.

Notez que dans la reprise punk-rock par Brassens’s not dead, la faute est corrigée ! Merci messieurs les punks.

Dans Mon truc en plumes, on entend : « plumes de-z-oiseaux, de-z-animaux ». Si vous avez voyagé à l’île de la Réunion, vous avez sûrement remarqué les magasins de nourriture pour z’animaux. Si c’est le cas, vous êtes un vrai z’oreille.

Dans À jeun de Jacques Brel, on entend :

Guili, Guili, Guili,
Viens là mon petit lit
Si tu ne viens pas-t-à moi
C’est pas moi qui irai-t-à toi

Dans Pas de boogie woogie, on entend « Reprenez-r-avec moi tous en chœur ». Cette faute est recensée sur plusieurs sites internet consacrées aux fautes dans les chansons. Il s’agit probablement d’une bourde en studio, parce que dans les versions live que j’ai pu écouter, la faute n’est pas présente. Comme dans ma préférée (à propos, retournez voir la série sur le silence en chansons, celle-là aurait bien été dedans).

Dans Le soldat Moralès, il y a beaucoup de fautes de liaisons dans le préambule parlé, mais aussi une dans la chanson proprement dite : « Toi qui voulait voyager, te voilà-z-éparpillé »

La chanson Sur le Mireille commence par « J’étais venue-z-en Avignon ». Et Babx nous chante dans la pub pour son album « un jour je serai-z-une icône » (prédiction qui ne s’est pas réalisée d’ailleurs).

Voilà, partez à la pêche aux cuirs, pataquès et velours, et ramenez moi vos trouvailles. Je vous laisse à vos conjectures quant au caractère volontaire ou non des différents pataquès, dont on continue à parler dans le prochain billet.

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Mon pot’

Chansons roms, chansons sur les roms 3/9
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Encore une petite chanson sur les gitans, belle interprétation de Mouloudji, Mon pot’ le Gitan. 

 

Savez vous que Mon pote le Gitan est aussi un film avec Louis de Funès de 1959 ? Sur l’extrait, vous reconnaitrez sans peine le petit air que siffle le gitan avec la grosse clef à molette…

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