Renaud dans le rap

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 4/10

Devinette du jour : Le rap, du moins en France, est l’héritier du grand courant de la chanson réaliste qui a marqué tout le XXe siècle d’Aristide Bruant à Renaud. À l’appui de cette théorie, je vous demande de trouver dans le rap un maximum de références aux chansons de Renaud (j’ai des exemples communiqués par Émile, internaute confiné dans les Monts du Forez et référent du Jardin pour le rap).

Réponse à la devinette d’hier. On demandait quelle est la chanson de Brassens dont les couplets sont en vers de 13 pieds. Bravo à Pierre, internaute de la Montagne Sainte-Geneviève, qui a le premier donné la bonne réponse.  Il s’agit des Funérailles d’antan. Chanson bouffonne sur un sujet macabre, je me demande s’il faut voir quelque superstition ou message subliminal à ce nombre 13 passé en contrebande (un peu comme le « diabolus in musica » glissé dans la mélodie des Copains d’abord, voir ici).

Pierre remarque que dans Les funérailles d’antan, les vers sont débités « en mitraillette ». C’est quand même une mitraillette bien réglée. Ça fait « un-deux-trois un-deux-trois un-deux-trois un-deux-trois Un » (on peut chanter tous les couplets sur ces paroles, sauf la toute fin). J’ai commis l’erreur de me confiner sans mes partitions de Brassens, mais ça a l’air d’un 12/8, chaque vers s’étalant sur deux mesures. La première est entièrement décomposée en 12 croches (d’où la « mitraillette »), la deuxième contient seulement le dernier pied, et du silence. Et puis ça recommence.

Par Chanson plus bifluorée.

 

Pierre nous signale aussi Le progrès où quelques vers de 13 pieds fleurissent au milieu d’octosyllabes, très belle chanson. Je n’ai pas d’explication à ces apparitions de vers de 13 pieds, mais j’observe que cette fois la musique est de Jean Bertola. Je ne vois pas comment Brassens a pu écrire un texte sur une métrique aussi curieuse sans une ébauche de musique en tête, au moins un placement rythmique. Par Jean Bertola.

Il me semble aussi que dans Embrasse-les tous des vers de 13 pieds se baladent par-ci par-là au milieu d’alexandrins et d’autres choses, car cette chanson n’a pas une conduite très réglée, au plan métrique s’entend…  Par Yves Jamait.

 

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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13 à la douzaine

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 3/10

Devinette du jour : quelle est la chanson de Brassens dont les couplets sont écrits en vers de 13 pieds ? J’ai fouillé tout l’internet pour voir si l’information était disponible quelque part, j’ai juste trouvé ça, alors bon courage :

versde13pieds
Réponse à la devinette d’hier. On demandait quel single, classé numéro un en Angleterre contient dans ses paroles le titre classé numéro un juste après lui ? Cette question n’a pas trop inspiré les lecteurs… Il s’agit d’un des plus gros hits de tous les temps :  Bohemian Rhapsody de Queen, qui contient dans ses paroles « Mamma mia », titre du single de ABBA classé numéro un juste après Bohemian Rhapsody. C’était en janvier 1976.

Cette Rhapsody est tellement rabâchée, c’est fatiguant, je vous la propose a capella par Freddie Mercury himself.

Mamma mia!, par Meryl Streep dans la comédie musicale du même nom.

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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Les premiers seront les premiers

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 2/10

Devinette du jour : quel single, classé en son temps numéro un en Angleterre, contient dans ses paroles le titre du single classé numéro un juste après lui ?

Réponse à la devinette d’hier. On demandait quel personnage des chansons de Brassens est souvent considéré comme une femme, alors que c’est sans doute un homme si on y réfléchit. NP de Lyon 6è et Arnaud de l’Arbreslle me proposent la camarde, figure allégorique de la mort. Réponse refusée ! Patrick de Villeurbanne me propose La nymphomane, titre d’un énoncé de Brassens. Réponse pertinente mais refusée ! Pierre de Paris me propose l’Auvergnat, au motif que ce personnage serait en fait Jeanne Planche, qui a hébergé Brassens pendant la guerre. Mais l’Auvergnat de la chanson est plutôt le marie de Jeanne… Réponse refusée donc !

Bravo à Roland, internaute de Toulouse ainsi qu’à un correspondant anonyme qui ont trouvé une réponse meilleure que la réponse attendue :
Il s’agit d’Archipiades (Ballade du temps jadis). C’est l’autre nom d’Alcibiade, connu pour son homosexualité, ce qui était courant et non scandaleux dans l’antiquité. D’ailleurs le célèbre « Lagarde et Michard » signalait en note que Villon croyait qu’Alcibiade était une femme. Villon mettait Alcibiade au féminin par moquerie mais il savait parfaitement que c’était un homme !

La réponse attendue était Lulu dans Fernande. Et oui, quand il pense à Fernande, à Félicie ou à Léonore, il se passe tout plein de trucs, mais alors Lulu pas du tout. C’est sûrement parce que Lulu est le diminutif de Lucien …

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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Devinettes

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 1/10

Cela faisait bien longtemps que le Jardin n’avait pas proposé une énigme. C’est qu’elles ne sont pas faciles à concevoir… D’autant que j’essaye de trouver des questions dont on ne peut pas trouver la réponse sur son moteur de recherche préféré. Pour me rattraper, il y aura ces prochains jours neuf devinettes. Une sur deux sera consacrée à Georges Brassens. Elles sont toutes très difficiles, bonne chance à tous.

Devinette du jour : quel personnage des chansons de Georges Brassens est souvent considéré comme une femme, alors que c’est sans doute un homme si on y réfléchit ? Merci à Nadia (de Meylan) pour m’avoir proposé cette idée (et bravo à elle également pour avoir décrypté le titre du billet d’hier soir !).  Réponse demain, j’attends vos propositions.

Et puis je lance une grande consultation, dites-moi dans un commentaire quel est votre vers préféré de Brassens, on fera le point là-dessus dans le dernier billet de la série.

Je n’ai pas de chanson du jour puisque dans cette série, la chanson du jour est la réponse à la devinette de la veille … Je vous propose L’ancêtre de Georges Brassens, dédiée à tous nos aïeux et aïeules isolés en maison de retraite, à l’hôpital, etc.

En répétition avec Pierre Nicolas.

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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Pistaches verdies

Pistaches verdies

Suite à la série sur les pastiches d’écrivains (voir ici), plus lecteurs et lectrices m’ont envoyé divers pastiches de chansons (merci à Françoise, Hélène, Sylvette, Henri et Pascal).

D’abord, à la Brassens, le finement ne fait rien à l’affaire ! Isa Rety, Le con finement.

Ensuite à la Brel. Chauffe Les Goguettes ! T’as voulu voir le salon.

Pour finir mon préféré, de profundis coronavirus, Motet pour le temps de confinement, par Benoit Dumon.

Sinon, à partir de demain, il y a énigme, alors pour vous mettre en jambes, donnez-moi le secret caché derrière le titre de ce billet !!

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Antidote

La balade aux jardins actuels, 6

Marie Daviet est un Antidote à l’ennui entre les quatre murs de la chambre.  Avec 30 minutes later.

Un voyage Sous la peau. Avec Chose.

Dans les étoiles, avec Andromède des Pythies.

Dans la littérature britannique, avec The pale panter de Chirp Chirp,

Vous l’aurez compris, Marie Daviet participe à de nombreux groupes ou projets : Chose, Les pythies, Chirp Chirp, Rien faire, etc. À retrouver sur son site.

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Cigarettes sur cigarettes

La cigarette 6

Plusieurs lecteurs et lectrices m’ont réclamé de nouveaux pastiches, je suis désolé mais je suis au bout du rouleau de ce côté. Je vous suggère les excellents pastiches de Paul Strocmer, a voir ici.

Sinon, j’ai entendu à la radio que la nicotine protègerait contre le coronavirus ! Je reprends donc pour quelques jours la série des chansons sur la cigarette, c’est ma pause clope en quelque sorte. Il parait que Zog Ier, roi d’Albanie, fumait 150 cigarettes par jours. Je confirme qu’il n’est pas mort du coronavirus. Michel Corringe nous chante Cigarettes sur cigarettes

Une petite pub de mon sponsor.

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Gustave Flaubert confiné (dans sa correspondance)

Cinq écrivains confinés 6/6

Je vous ai dit qu’il y avait cinq écrivains pastichés dans la série, mais il y a six épisodes ! Car Flaubert a le droit à un deuxième pastiche, le confinement vu non plus dans ses romans, mais dans sa correspondance.

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À Louis Bouilhet, Croisset, le 7 avril 2020

Mon pauvre Louis,

Avec ce confinement, je m’abrutis de travail depuis bientôt quatre semaines. J’ai pioché durant cinq jours pour écrire seulement deux pages, une scène assez drôle où le père Bonveau range des côtes de bœuf tandis que son fils envoie des émoticones de poireaux à la belle, tableau. Du reste, je pose les premiers jalons de la baisade entre la jeune Louise et le fils Bonveau, mais comme elle sera enchâssée dans la faillite de la start-up du père, les tournures du HTML et du régime fiscal du capital-risque (sur lesquels je viens de lire trente quatre volumes !) me posent des problèmes d’assonance presque insurmontables… quelle bêtise. Les Rabelais, Homère, Shakespeare n’avaient pas à les endurer, aussi nous passent-ils de très loin et je vomis mon époque. J’aurai essayé au moins d’approcher le Beau. J’ai lu hier l’appel aux infirmières de Lamartine, c’est gigantesque, à se tordre. J’en viens à me souhaiter le sort commun, à vouloir crever une bonne fois pour toutes de ce Covid.

Merci pour les quatre cents vers que tu m’as envoyés. Garde courage. Je perçois dans ton tableau en octosyllabes des mœurs de l’Abyssinie au Ier siècle l’avenir de la littérature sans doute, qui n’aura bientôt plus que faire de se vautrer dans le bourgeois… la postérité t’en saura gré. Je les lirai demain, ils ont l’air bien roides. J’embrasse ta bonne balle (et ton couillon (gausche)),

Ton G.
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Pour conclure cette série, Michèle Bernard nous chante l’histoire d’un petit asticot blanc : L’éducation sentimentale.

Je vous recommande aussi les excellents pastiches de Paul Strocmer, a voir ici.

1 – Gustave Flaubert confiné
2 – Georges Perec confiné
3 – Jean Racine confiné
4 – René Goscinny confiné
5 – Jorge Luis Borges confiné
6 – Gustave Flaubert confiné (dans sa correspondance)

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Jorge Luis Borges confiné

Cinq écrivains confinés 5/6

Aujourd’hui Jorge Luis Borges est pastiché. Je rappelle aux nouveaux abonnés que le nom de ce blog provient du titre d’une de ses Fictions, Le jardin aux sentiers qui bifurquent. Borges donnait souvent des explications à propos de ses nouvelles à l’occasion de rééditions, alors j’ai ajouté au pastiche un pastiche de postface.


Le confinement circulaire

Nul ne le vit arriver dans le confinement éclectique. Son air aristocrate le distinguait pourtant de la masse interlope des clients de l’hôtel. Les mœurs distanciées imposées à tous par l’épidémie convenaient à l’amitié typiquement anglaise qui s’établit entre nous. Nous prenions chaque soir un verre, loin l’un de l’autre, au bar de l’hôtel resté ouvert malgré les restrictions, par l’effet d’une lassitude hébétée plutôt que d’un vain défi à l’autorité.

Nous convînmes que le confinement n’était que le recommencement cyclique du périple de l’empereur ermite Xio-Chi-Tsun, interpolation de la relégation d’Ovide et de l’enfermement de Sîn-Muballit, roi de Babylone, tels que rapportés dans les manuscrits de l’Arabe dément Abdul al-Hazred. Confinement qui comme le notait Chesterton est le reflet de la quête de Quichotte dans le miroir que les géomètres nomment inversion, opération magique qui transforme les cercles en droites et les droites en cercles. Chacun du reste peut aisément vérifier tout ceci dans les deux volumes annexes de la 7e édition de l’Encyclopædia Britannica, aujourd’hui introuvables.

Au bout d’un temps indéfini, je l’interrogeai sur ses projets. Il était à la recherche d’un labyrinthe désormais perdu, dont l’existence lui avait été rapportée par son oncle, colonel dans l’aréopage qu’on appelait par pure convention Armée des Indes, qui la tenait lui-même d’un maharadja amoureux fou de sa tante. Il avait la particularité que l’entrée en était la sortie, et la sortie en était l’entrée, singularité propre au délire paradoxal qui manqua de faire perdre la raison à Bertrand Russel.

Nous nous mîmes ensemble à la recherche énigmatique du labyrinthe. Après des difficultés, impliquant des tigres et qu’il serait inélégant de rapporter plus avant, nous nous trouvâmes au pied de l’édifice. Toujours est-il que par respect pour ce que le temps unanime désignait par « mesures barrières », qui n’était plus pour nous qu’une distance machinale, l’un prit la sortie qui était l’entrée, tandis que l’autre entra par l’entrée (et sortit donc en quelque manière, puisque l’entrée était la sortie). Et c’est depuis lors que j’erre sans but dans une circularité implicite.

Postface.
J’ai écrit cette nouvelle lors d’un voyage dans le Sud. Au départ, elle était conçue pour être lue avec l’accent russe par un gaucho dans la Pampa. Mais par les contraintes intrinsèques à la littérature, elle a fini par être le contraire exact de ce qu’elle était postulée initialement. Je me suis résigné depuis longtemps à ce que la Fiction écrive Borges et non l’inverse comme le prétend une certaine critique parisienne. Je ne comptais pas la publier, avant que Jean Ménard, l’exécuteur testamentaire de Paul-Jean Toulet ne me proposât d’en inclure la traduction française dans un volume de mélanges, ce que j’acceptai bien volontiers.

Elle me parait baroque aujourd’hui, errement d’un jeune homme épris d’épithètes. L’association ambitieuse, ou laborieuse, de « confinement » avec « éclectique » (ne pouvant d’ailleurs prendre tout son sens qu’en vieil anglais) est un aveu de faiblesse finalement, qui explique sans doute que je n’ai pas reçu le Prix Nobel de Littérature cette année encore. Et non pas comme rapporté par la presse à cause de ma déclaration, au demeurant irréfutable, selon laquelle la dictature militaire est le seul régime s’accommodant de l’argot nouveau des faubourgs de Buenos-Aires.

Paris 1977
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La chanson du jour, c’est Pas sommeil de Benjamin Biolay. On y entend la voix de Borges vers 4:10 (qui disait que sa nouvelle Funes ou la mémoire est une métaphore de l’insomnie).

Et aussi Borges futbol club.

1 – Gustave Flaubert confiné
2 – Georges Perec confiné
3 – Jean Racine confiné
4 – René Goscinny confiné
5 – Jorge Luis Borges confiné
6 – Gustave Flaubert confiné (dans sa correspondance)

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