Ekphrasis

La chanson, art majeur ou art mineur VIII. Chanson et peinture 13/17

La description d’un tableau en chanson est un exercice de style, variante de ce qu’on appelle en littérature l’ekphrasis. On en a vu un exemple il y a quatre jours avec Goya et Leprest. Autre exemple : Les amants de Chagall, de Philippe Forcioli, à qui je décerne le titre de meilleur chanteur sur la peinture (cf ses autres chansons à venir dans la série).

Ou encore Le petit oiseau bleu, de Gilbert Laffaille.

Un oiseau bleu, serait-ce une chanson prophétique sur twitter ? Ou alors une réminiscence d’un célèbre duo ? Brassens et Trenet, Vous êtes jolie.

1 – Pourquoy n’aura mon langage, son or et ses douces fleurs ?
2 – Être Dieu
3 – Brel à Gauguin
4 – Goya et la chanson
4bis – Goya bis
5 – La peinture en bâtiment est-elle un art majeur ?
6 – Figure mythique du peintre
7 – Van Gogh, peintre par excellence de la chanson
8 – Autres personnages de peintres
9 – Les arbres de Corot
10 – Regard impressioniste
11 – La Joconde
12 – Nicolas Schöffer
13 – Ekphrasis
14 – Serge Rezvani
15 – Nino Ferrer
16 – Mick Micheyl
17 – Serge Gainsbourg

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Goya et la chanson

La chanson, art majeur ou art mineur VIII. Chanson et peinture 4/17

Vous savez tous bien sûr que Pascal Obispo est l’anagramme de Pablo Picasso. Mais il y a des liens bien plus profonds entre chanson et peinture. Lisez ce que racontait une certaine Chantal de Guerre, au micro de Benoît Duteurtre en avril 2019.

Mon père m’avait dit, je t’en supplie ne t’appelle pas de ton vrai nom, parce que si ça ne marche pas […] Chez Guy Darcan, une personne fabuleuse, dans le salon il y avait un vrai Goya. Il y avait du monde : Frank Sinatra, on se retrouvait tous comme si on s’était toujours connus. Il y avait au mur un très beau Goya, un vrai Goya. Il y avait un petit garçon avec une collerette blanche comme le fait si bien ce grand peintre. Et qui me ressemblait un peu. Et il m’avait dit “elle devrait s’appeler Chantal Goya ta femme”. Voila, c’est comme ça que c’est venu.

goya-le-pantin

Voilà comment on devient Chantal Goya ! Allain Leprest et François Lemonnier nous chantent Goya (le peintre Francisco de Goya, pas Chantal).

Mais je n’oublie pas les fans de Chantal Goya dans ce billet. Ses premières chansons : Une écharpe, une rose et C’est bien Bernard.

1 – Pourquoy n’aura mon langage, son or et ses douces fleurs ?
2 – Être Dieu
3 – Brel à Gauguin
4 – Goya et la chanson
4bis – Goya bis
5 – La peinture en bâtiment est-elle un art majeur ?
6 – Figure mythique du peintre
7 – Van Gogh, peintre par excellence de la chanson
8 – Autres personnages de peintres
9 – Les arbres de Corot
10 – Regard impressioniste
11 – La Joconde
12 – Nicolas Schöffer
13 – Ekphrasis
14 – Serge Rezvani
15 – Nino Ferrer
16 – Mick Micheyl
17 – Serge Gainsbourg

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Allain Leprest

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 68/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui, le dernier de la série, Allain Leprest, né en 1954.

Jean-Sébastien Bressy nous chante Pauvre Lélian, chanson sur la vie de Paul Verlaine, poète dont les paroliers aiment à citer le nom (voir ici la série consacrée à ce phénomène). Sur une musique de Romain Didier.

Une autre, Rimbaud, par Allain Leprest sur une musique de Francis Lai.

Et voilà, la plus longue série du blog se termine aujourd’hui. « Tout le reste, c’est garniture ».

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Christophe met des pains

Chanter faux 3/6
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Je vous rappelle que j’attends toujours les réponses au sondage qui m’aidera à préparer le grand thème de l’année… Ça commence le 16 septembre, il me faut une chanson associé à chacun des événements suivants :

  • La révolution française
  • La commune de Paris
  • La première guerre mondiale
  • La seconde guerre mondiale
  • La guerre d’Algérie
  • Mai 68

En attendant, on continue notre exploration des fausses notes avec ce que les musiciens appellent un « pain », c’est-à-dire une fausse note exécutée par maladresse. Il paraît qu’autrefois, on disait une « brioche », l’histoire de cette expression est savoureuse, allez voir ! Bref, quand les musiciens n’auront plus de pains, ils n’auront qu’à refaire des brioches…

Illustration des pains. Tout le monde connaît Les mots bleus de Christophe, on écoute.

Malgré tout le talent de Christophe, et l’arrangement bien travaillé, ça sonne un peu « variété », on se croirait sur radio Nostalgie. Est-ce que quelques fausses notes, quelques pains donc, ne pourraient pas améliorer l’ensemble ? Ci-dessous, la même chanson, trouvée par hasard sur le net. Christophe chante au pied levé après un concert d’Allain Leprest (regardez-le bien, c’est l’homme assis à l’arrière plan avec une casquette). Le piano hésite et sonne bizarrement, Christophe multiplie les pains, le chant tâtonne, déraille, et pourtant il y a comme un fil tendu entre la voix et le piano. Chaque couac devrait distendre et rompre ce fil, mais au lieu de ça, il le tend encore plus. Bref, je trouve cette version bien meilleure que la précédente… Vous n’écouterez plus jamais Les mots bleus comme avant :

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Du réverbère au lampadaire

Paralipomènes 64/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Voilà le dernier billet sur la prostitution (mais on en reparlera, j’ai préparé une série sur les chansons abordant la prostitution du point de vue des clients, restez en ligne si vous voulez voir ça).

En attendant, je vous propose La putain de Serge Reggiani.

Vous noterez l’usage du mot « réverbère », qui évoque avec efficacité tout un imaginaire : nuit, ville, cercle de lumière qu’entoure un cercle d’obscurité, voire même urine de chien nonchalamment épandue… Le mot est aussi convoqué dans Le sac à main, d’Allain Leprest qu’on a passé ici. Mais dans La Mélu, chanson qu’on a passée ici, le « réverbère » devient un « lampadaire », réalité proche mais moins précise et évocatrice. Pourquoi diable ?

Peut-être pour un peu flouter le texte, l’effet sfumato est intéressant. Mais surtout essayez de chanter La Mélu. Dans « Sur le coin d’une lune, d’un lampadaire », la syllabe « pa », très percussive, tombe fort à propos sur un contre-temps. « Réverbère » serait possible, mais la syllabe mollasse « ver » ferait perdre un peu d’efficacité rythmique au mix parole-musique. C’est une accumulation de petits détails comme ça qui fait qu’une chanson marche ou pas… Écoutez bien n’importe quelle chanson de Brassens (par exemple Je m’suis fait tout p’tit), je pense qu’il était très attentif à genre de détails, grâce à quoi il arrivait à nous faire ingurgiter des poésies assez bourratives. On reparle de ça dans une prochaine série.

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Dans le sac à main

Putain de métier 11/11
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Voilà c’est le dernier post de la série. J’espère que je vous ai convaincus : la chanson parle des putains, mais aussi et surtout, les putains nous parlent de chansons, merci à elles. Dans le sac à main, chanson d’Allain Leprest, chantée par Sanseverino.

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Fantine Leprest en concert

Aujourd’hui, c’est mercredi. On fait quoi ce week-end ?
Les annonces du mercredi

(Et accessoirement Le silence en chanson 1bis/8
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)

Ce week-end, allez découvrir Fantine Leprest à Agend’art. Les vendredi 31 mars, samedi 1er avril 2017 à 20h. Et encore le dimanche 2 avril à 18h, aucune excuse. Pour la billetterie, les contacter au 09 51 62 58 77 ou par mail agendartshorslesmurs@free.fr.

En 1ère partie, vous verrez Anissa Karat, dont on a déjà annoncé les concerts ici. Fantine Leprest, La trame :

Une autre belle vidéo : Fantine Leprest en duo avec son père Allain. L’interprétation convient particulièrement bien au thème de la semaine : écoutez tous ces beaux silences ! Mais ça ne compte pas pour le concours, a capella, il y a forcément des silences. Tu valseras pour rien (ça commence vers 0:35) :

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Est-ce la bonne ?

Homme au féminin, Femme au masculin 4/5
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Finalement, pourquoi devrait-on être une femme pour chanter une chanson de femme ? Parce que zut, Jacques Brel est-il un soir d’été ? Georges Brassens est-il fossoyeur ? Est-il pas du tout l’antéchrist ? Claude Nougaro est-il sous mon balcon ? Georges Guétary est-il Robin des Bois ? Alain Souchon a-t-il dix ans ? Est-il carrément méchant ? Et est-il bidon ? Johnny Hallyday est-il l’idole des jeunes ?  Joseíto Fernández est-il un homme sincère ? Allain Leprest est-il nu ? Léo Ferré est-il un chien ? Michel Sardou est-il pour ? Serge Lama est-il malade ? Les Beatles sont-ils le morse ? Boris Vian est-il snob ? Johnny Hess est-il swing ? Claude Barzotti est-il rital ? Renaud est-il une bande de jeunes à lui tout seul ? Elíades Ochoa est-il charretier ? Robert Charlebois est-il reparti sur Québec Air ? Aznavour est-il un homme (oh, comme ils disent) ? Serge Gainsbourg est-il un homme (à tête de chou) ? Est-il poinçonneur ? Et est-il venu me dire qu’il s’en allait ? Daniel Balavoine est-il pas un héros ? Et est-ce qu’il s’appelle Henri ? Michel Polnareff ou William Sheller sont-ils fous de nous ? Claude François est-il mal aimé ? Bigflo et Oli sont-ils ?  Alors pourquoi ne chanteraient-ils pas des chansons de femmes ?

Mathieu Rosaz livre une belle contribution au débat, avant de reprendre Si la photo est bonne, de Barbara.

Mathieu Rosaz a bien raison : la chanson n’est pas simple à reprendre pour un homme. Mais pourquoi se l’interdire, car finalement, si l’interprète devait vraiment coller au personnage de la chanson, et bien pour chanter Si la photo est bonne, il faudrait non seulement être une femme, mais en plus être une authentique femme de président. Quelle idée ridicule, vous voyez Tante Yvonne chanter du Barbara ? Quoique …

 

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Le poète s’est absinthé

L’affaire Verlaine 9bis/9
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Un petit message de Pierre Delorme sur facebook nous signale deux chansons citant Verlaine, très belles toutes les deux, merci.  Et dans un commentaire de M-the nous en signale une troisième (très bien aussi, et assez connue) ! Verlaine est un terreau bien fertile.

D’abord À Saint-Germain-des-Prés de Léo Ferré. La chanson cite plusieurs poètes, mais Verlaine a bien sûr la place d’honneur.

 

Et puis Pauvre Lelian, (anagramme de Paul Verlaine !), d’Allain Leprest, sur une musique de Romain Didier. La vidéo montre plusieurs portraits de Verlaine, à voir.

 

Enfin, Ma môme de Jean Ferrat.

 

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