Commentaires

Les Juifs et la chanson I – La chanson yiddish 1bis/14

Le billet d’hier a suscité plusieurs commentaires. Jean-Pierre Segot me signale la chanson La mia nonna l’é vecchierella, dont la mélodie ressemble aussi à Bella Ciao.

 

Jacquouille, internaute isérois, me demande s’il y a un lien entre les paroles de Bella Ciao et celles de Dus zekele koilen. Je ne crois pas. Pour en savoir plus, une traduction de Dus zekele koilen est disponible ici et la partition originale sur le site de la bibliothèque du congrès ici. La page Wikipedia de Bella Ciao donne une traduction des paroles en français, ici.

Les Juifs et la chanson I – La chanson yiddish
1 – Bella Ciao, d’Odessa à Tom Waits
1bis – Commentaires
2 – Ruth Rubin legacy
3 – Yiddish art song
4 – Molly Picon
5 – The Barry Sisters
6 – Yiddish swing
7 – Sarah Gorby
8 – Tango
9 – Yiddish Rhapsody
10 – Yiddeshe mame par Billie Holiday
11 – Bei mir bistu shein
12 – Catherine Ringer
13 – La véritable histoire de Davy Crockett
14 – Le temps des cerises en yiddish

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Jean Genet

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 56/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Jean Genet, né en 1910.

Marc Ogeret nous chante Le condamné à mort.

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Robert Desnos

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 50/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Robert Desnos, né en 1900.

Les Têtes Raides nous chantent On ne quitte pas son ami.

Cher lecteur, sache que cette vidéo est, sans en avoir l’air, le point de départ de cette série. Je ne sais plus qui, a déniché une interview de Christian Olivier, le chanteur des Têtes raides. Il disait qu’il n’aimait pas certaines chansons de Léo Ferré. Un propos aussi scandaleux a déclenché une controverse sur Facebook. Où la présente chanson est apparue comme une pièce à conviction, une preuve irréfutable, mais je ne sais plus de quoi. Suite à cet incident, Floréal Melgar a publié sur son mur de très nombreuses poésies mises en chanson. Merci à lui, j’y ai découvert au moins la moitié des chansons de la série.

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Francis Carco

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 43/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Francis Carco, né en 1886.

Valérie Ambroise nous chante Il pleut (au Petit conservatoire de Mireille).

La chanson la plus connue de Carco est peut-être Le doux caboulot. Par Jean Sablon.

Parolier connu donc, au point que dans le cœur de Jean-Roger Caussimon, « y’a des rengaines dont les rimes incertaines se prenaient pour du Verlaine, du Bruant ou du Carco ». Soit. Tout ceci n’empêche pas certains sites de le confondre avec le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux ! Voir ici.

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Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 35/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz, né en 1877.

Gérard Delahaye nous chante Tous les morts sont ivres.

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Francis Jammes

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 30/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Francis Jammes, né 1868.

Ricet Barrier nous chante Entre (l’évier sent fort). C’est à 6:23 sur la vidéo.

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Jules Laforgue

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 28/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Jules Laforgue, né en 1860.

Gérard Pierron nous chante Falot Falotte.

Vous avez remarqué que trois poètes français sont nés en Uruguay, à Montévidéo ? Étrange coïncidence : Jules Laforgue, Jules Supervielle et Lautréamont. À propos pour ce dernier, je n’ai pas trouvé de mise en chanson…

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Arthur Rimbaud

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 27/68
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C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Arthur Rimbaud né en 1854.

Léo Ferré nous emmène en voyage. Le bateau ivre. À écouter en entier, si vous avez le temps…

Bon, moi c’est pareil, je ne me sens plus guidé par les râleurs.

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Grand malentendu pour grande dispute

La chanson, art majeur ou art mineur VI. Musique classique, chanson, et réciproquement, 5/18
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On a vu dans les billets précédents des jugements contrastés : la chanson de variété, véhicule des « clichés les plus éculés » selon Ulrich Michels, opposée à la « musique morte, impuissante et statique » dénoncée par Bernard Lavilliers. Et dans la série consacrée à l’histoire ancienne de la controverse art majeur / art mineur, on a vu que dès le XVIIe siècle, on opposait art savant et art populaire, bien souvent pour préférer (ou prétendre préférer) le second. Voir les citations de Molière ici, Rousseau ici ou Lamartine ici. On ne va pas épiloguer là-dessus plus longtemps… Dans ce billet, je voudrais juste insister sur une dimension purement musicale de l’opposition chanson/musique classique, apparu au tournant du XIXe et du XXe siècle, dimension à l’origine de certains malentendus.

Les coupables sont deux grandes innovations. Première innovation, du côté de la musique classique : le phrasé rubato, en plein siècle romantique, le XIXe. Le rubato, c’est l’art de ne pas suivre un tempo figé : ralentir ou accélérer au gré de l’émotion, se décaler un peu pour faire ressortir le soliste, etc. Deuxième innovation, du côté de ce qui allait devenir le jazz : le métissage entre musiques occidentales et africaines, initié par le ragtime et suscitant de nombreuses inventions rythmiques au tournant du XIXe et du XXe siècle. Extrait de La partition intérieure, de Jacques Siron, extraordinaire ouvrage sur les musiques improvisées modernes :

La conception du rythme est un point de désaccord majeur entre les musiciens de jazz et les musiciens qui n’ont baigné que dans la tradition rythmique de la musique classique. Faute de connaissance et de reconnaissance réciproque, de nombreux malentendus existent entre ces deux univers rythmiques.

Dans la musique classique, on n’utilise pas la très grande stabilité de la pulsation recherchée dans les musiques syncopées. Très souvent, les pulsations suivent le phrasé, ralentissent à la fin des phrases, introduisent de subtiles césures ; depuis la tradition romantique du XIXe siècle, le phrasé rubato est utilisé pour donner plus de souplesse et plus de vie à la phrase ; la plupart des interprètes classiques l’utilisent de manière expressive au détriment de la stabilité de la pulsation de base. Dans les orchestres classiques, la présence d’un chef d’orchestre responsable du tempo général ne favorise pas la prise en charge individuelle et collective du tempo ; de plus la précision rythmique de l’oreille est de beaucoup supérieure à la vue du geste silencieux de la baguette.

La stabilité de la pulsation du jazz est souvent perçue comme rigide ou redondante par des oreilles classiques, alors que, pour les musiciens de jazz, le phrasé classique passe pour anémique et totalement dépourvu des qualités du swing : il n’est que rarement en place, les syncopes sont sautillantes, hachées et précipitées, le rythme est décollé de la terre et perd ses qualités dansantes.

Pour illustrer cette citation, je vous propose de réécouter la reprise de J’m voyais déjà par Jaroussky & friends. Si vous prêtez attention au rythme, vous entendrez que les chanteurs ne se fondent pas complètement dans la métrique dansante du morceau. Ils préfèrent faire valoir leur timbre ou leurs émotions par de subtils ralentissements ou des notes tenues qui cassent le groove (sauf Natalie Dessay qui semble avoir réfléchi à la question, cf le billet précédent, et fait bien le job, enfin je trouve …).

À comparer avec Aznavour. Lui aussi prend quelques libertés avec le rythme, mais en respectant la métrique, et donc sans que l’orchestre ait à ralentir…

En plus de l’opposition musique populaire / musique savante, présente dans notre culture depuis le XVIIe siècle au moins, il y a donc une opposition musicologique, plus discrète dans les débats, mais qui saute aux oreilles prévenues… Entre deux conceptions du rythme donc, disons conception « expressive » (avec le phrasé rubato, et la nécessité d’un chef d’orchestre) et conception « stable » faute de meilleures appellations. Cette deuxième opposition date en gros de la fin du XIXe siècle. Il se trouve que les contingences de l’histoire ont mis la conception expressive du rythme du côté de la musique classique, et donc savante. Tandis que la conception stable, plus dansante, a petit à petit conquis le grand public et a relégué la conception expressive au répertoire classique et à ses amateurs éclairés. Le « stable » s’est donc retrouvé du côté des musiques populaires. Mais il n’y a aucune nécessité, musicale en tout cas, à cet appariement qui admet d’ailleurs tant d’exceptions qu’on peut dire qu’il semble en fait un déplacement conventionnel de la grande querelle savant/populaire. Cette vieille guerre a de temps à autres besoin de nouveaux champs de bataille. Et au fait, puisqu’il y a deux oppositions, il devrait y avoir 2×2 = 4 sortes de musique. Voyons cela.

1. Musique savante / stable, avec bien sûr le jazz, musique qui n’a plus rien de populaire depuis longtemps. Mais on pourrait ranger dans la catégorie « stable » toute la musique baroque, qui a de nombreux points communs avec le jazz (sophistication, musique improvisée et dansée, ce qui nécessite structures répétitives et stabilité rythmique).

2. Musique savante / expressive : musique classique, confondue pour les besoins de la présente démonstration avec la période romantique de la musique classique.

3. Musique populaire / stable : à peu près tout ce qui se vend, tout ce qui groove, tout ce qui balance à Paris, depuis Scott Joplin (ou Charles Trenet en chanson française), en passant bien sûr par le rock et jusqu’au rap.

4. Musique populaire / expressive : courant plus ou moins porté disparu… On peut réécouter Barbara peut-être, ou les grandes chanteuses réalistes. Tout fout le camp. Par Damia, la tragédienne de la chanson, qui fait son entrée au 817e billet du blog…

Cette classification de la musique en quatre cases est bien sûr grossière… Son seul mérite est de clarifier certains malentendus dans l’opposition musique classique / chanson.

Pour conclure, trois versions d’un même morceau, pour un peu entendre différentes manières d’aborder le rythme. Si vous voulez ressentir l’émergence d’une pulsation stable au milieu d’un phrasé plus confus, je vous recommande Caravan, par Michel Petrucciani. Confusion, puis swing, jusqu’à la mise à nu du thème, encore porté par l’imprégnation de la pulsation… et puis voyage en dissonance, magnifique.

Intéressant à comparer avec la version d’un autre grand pianiste, Art Tatum, le maitre du piano « stride », héritier en jazz du ragtime. Je trouve l’approche rythmique intéressante aussi, sans swing, un peu saccadée.

Si vous n’avez pas eu votre dose de rythme, essayez cette dernière version de Caravan. À la batterie, Charly Antolini. J’aime bien l’air consterné du contrebassiste qui aimerait bien jouer un peu lui aussi, vers 2:20 …

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Timbrés ?

La chanson, art majeur ou art mineur VI. Musique classique, chanson, et réciproquement, 4/18
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On a abordé dans le dernier billet la question des chanteurs qui changent de registre : de la variété au classique, et réciproquement. Je vous propose encore un petit voyage dans les deux sens, avec d’abord Le lion est mort, par Philippe Jaroussky & friends, qui renouvellent un peu les harmonies du machin.

Natalie Dessay a laissé de côté sa voix lyrique pour se lancer dans la chanson. Avec Michel Legrand, Les moulins de mon cœur.

Dans Barcelona, Freddie Mercury tient le choc face à Montserrat Caballé.

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