Le pied de la nonne

La chanson, art majeur ou art mineur, III. Les expressions toute faites chez Brassens 10/10
1234567899bis10

Dernière chose sur Brassens (je garde le solfège pour la fin, ça enquiquine la plupart des lecteurs). Je disais au début de la série que Brassens triture un peu les textes des poètes qu’il adapte. Il ne retient que 9 strophes des 24 de La légende de la nonne de Victor Hugo. Et la découpe rythmique n’est pas uniforme. Par exemple dans « À l’amour demandent merci », l’accord La7 tombe sur le 3è pied : « mour ». Tandis que sur « D’un feu plus chaste ne brilla », l’accord tombe sur le 4è pied : « chaste ». Ceci est plus ou moins nécessaire pour le mix parole-musique. Ce genre de fantaisie n’arrive jamais avec des paroles de Brassens lui-même, qui avait la maitrise conjointe du texte et de la musique, et pouvait polir les deux jusqu’à la fusion parfaite. Contrainte qui n’échoit pas au poète, tout majeur son art soit-il.

Texte intégral d’Hugo, ici.

La chanson.

Une vidéo intéressante sur Brassens et son rapport à la musique et aux paroles. Avec Juliette et Louis-Jean Calvet.

Tout à la fin de la vidéo, on entend le groupe La pompe moderne dont on reparle un de ces jours. Avant goût, avec DJ, laisse kiffer la vibe. Et surtout, restez en ligne, série spécial Noël après-demain.

Tous les thèmes

Poncifs à l’envers

La chanson, art majeur ou art mineur, III. Les expressions toute faites chez Brassens 1/10
1234567899bis10

Voici notre troisième série consacrée à la grande question : la chanson est-elle un art majeur ou un mineur ? On revient sur l’usage immodéré que la chanson fait du poncif, signe indiscutable d’art mineur. Et on s’intéresse dans toute cette série au seul cas de Georges Brassens. Ceci ne fera pas du tout avancer le débat, mais mon but étant de ne parvenir à aucune réponse, c’est la bonne approche.

Peu d’auteurs de chansons ont pu prétendre comme Brassens au titre mythique de poète, certificat indiscutable d’art majeur. Il a reçu le grand prix de poésie de l’Académie Française en 1967, ce qui causa une controverse à l’époque, voir le site de l’Amandier qui rassemble à ce sujet des documents très intéressants, ici.

Pourtant, à l’instar de Brel, Brassens ne revendiquait pas le titre de poète, et je pense qu’il ne faut pas voir là une coquetterie. Il savait la différence entre une poésie et une chanson, voir sa réponse à la question « êtes-vous poète », c’est vers 8:00 dans la vidéo suivante.

Je vous renvoie aussi aux pages que Bertrand Dicale consacre dans Brassens ? au véritable charcutage auquel se livrait Brassens pour adapter Victor Hugo : des dizaines de strophes caviardées, des mots changés par ci par là. Il transformait des poésies en chansons. En d’autres temps, s’il y avait eu un public pour ça, peut-être aurait-il essayé le chemin inverse ?

Dans ses paroles, Brassens utilisait des tics typiques de la chanson. Dans Corne d’Aurochs il écrit 52 fois « ô gué ». Je parie que Rimbaud ou Ronsard n’auraient pas fait ça. Il écrit « tralala » dans La mauvaise herbe. Est-ce qu’un poète a jamais écrit « tralala » ? Et puis imaginez le texte du GoriIle au milieu d’un recueil de Baudelaire, ça ferait tâche franchement.

Pourtant Brassens travaillait ses textes jusqu’à la perfection, ou jusqu’à son idée de la perfection. Comment traitait-il le poncif ? En bon auteur de chansons, il devait offrir cette accroche facile à son public, mais en artiste ambitieux, il devait s’en défier. Brassens a résolu cette équation impossible en inventant un mode spécial d’usage des expressions toute faites : les utiliser systématiquement, mais sous une forme surprenante, retournée ou détournée. Brassens est le maître de l’expression toute faite détournée. Avec son art de la mélodie, c’est selon moi la clef d’un des mystères de son succès : comment pouvait-il parler à chacun dans une écriture aussi classique et parfois compliquée ?

Je vous propose une exploration raisonnée et aussi exhaustive qu’il m’a été possible des expressions toute faites chez Brassens : il y a plusieurs dizaines d’exemple. Allez, au boulot.

Tout d’abord, Brassens utilise souvent des expressions toute faites à l’envers. Dans La mauvaise réputation « tous les chemins mènent à Rome » devient « en suivant les ch´mins qui n´mènent pas à Rome ». Dans Le fossoyeur : « prendre la vie comme elle vient » devient « prendre la mort comme elle vient ». Dans La guerre de 14-18 « un coup d’épée dans l’eau » devient « Je sais que les guerriers de Sparte / Plantaient pas leurs épées dans l’eau ». Dans La non demande en mariage, le titre et le refrain sont des expressions classiques prises à l’envers : « demande en mariage », et « demander la main ». Dans L’orage, « parler de la pluie et du beau temps » ne devient qu’à moitié négative : « Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps ».

Une inversion discrète donne parfois du relief au propos. Dans La ronde des jurons, « par-ci, par-là » est retournée : « jurant par-là, jurant par-ci ». Dans Les croquants, « mettre la main dessus » devient « mettre la main dessous », ce qui, appliquée à une « pucelle », est assez graveleux si on y réfléchit. Mais digne cependant (quant à l’écriture).

Les croquants.

Tous les thèmes

Numance

Avec Lise Médini 1/7
1234567

Je vous propose à partir d’aujourd’hui une balade dans la discographie trop méconnue à mon goût de Lise Médini. J’ai découvert cette chanteuse sur une compilation consacrée aux poètes en chanson, avec Numance. La chanson évoque les ruines d’une ville antique située dans l’Espagne actuelle et détruite par les légions romaines. Les paroles sont de Luc Bérimont (dont on reparle dans la série), la musique et l’interprétation de Lise Médini.

Numance m’a frappé, alors qu’elle était perdue au milieu de dizaines de chansons de Ferré, Brassens, Aragon, Hugo, Villon, etc. J’ai voulu en savoir plus sur Lise Médini. J’ai découvert une compositrice et interprète (plus rarement auteure) talentueuse, dont la carrière se situe de part et d’autre de Mai 68. Nous verrons à travers son œuvre plusieurs aspects de la période : thèmes en vogue dans la chanson poétique des années 1960, fin de l’époque des cabarets rive gauche et renouveau de la chanson engagée.

Tous les thèmes

Le grandiose et l’intime

Pierre Delanoë, parolier géopolitique 4/8
12344bis5678

De même que Victor Hugo réconciliait le « grotesque et le sublime », Pierre Delanoë mariait le grandiose à l’intime. Dans Les yeux d’Émilie, les Québécois se terrant au chaud dès l’automne ou sortant leur nez comme des marmottes au printemps soulignent le flux et le reflux des sentiments de Joe Dassin et de sa belle Émilie… Et la débâcle du Saint-Laurent, c’est la débâcle tout court.

Dans Une belle histoire, on évoque discrètement le Nord et le Sud, et à l’occasion, Michel Fugain en remet une couche.


Dans Derrière l’amour, Pierre Delanoë théorise sur l’Amour. Quand c’est Johnny qui chante, on peut enfin se passer des leçons d’histoire-géo de Maître Pierre. Johnny est un continent assez vaste à lui tout seul (pour les « visions de néant » en tout cas).

Minute de solfège : je trouve que sur la vidéo Johnny chante un peu « devant », surtout au début de la chanson, vers 0:37. C’est-à-dire qu’il est légèrement en avance sur le tempo, ce qui accentue la tension érotique produite par l’animal Johnny prêt à bondir… Sur des versions live de sa fin de carrière, il chante un peu derrière. C’est le Johnny philosophe, qui jette un regard rétrospectif sur l’amûûûr, la vie, les oiseaux et tout ça.

Tous les thèmes

Les copains d’abord

Expressions et mots venant de la chanson : les sources et les robinets 8/13
11bis234567899bis1010bis111213

On a vu dans le dernier billet qu’il y avait des sources et des robinets. Mais tous les hydrologues vous le diront, l’eau de la source elle-même vient bien de quelque part.

Voyez la Sorgue, petite rivière, qui surgit d’une falaise directement, sans avoir jamais été ni torrent ni ruisseau, pas très loin d’Avignon. Sa source est la 5è du monde par le débit. Cette rivière qui jaillit de la terre a donné son nom à un département, le Vaucluse (vallée close). Le village où la Sorgue prend sa source s’appelait simplement Vaucluse, on l’a rebaptisé Fontaine-de-Vaucluse pour éviter la confusion avec le département.

« Rivière trop tôt partie, d’une traite, sans compagnon » écrivait l’enfant du pays René Char. Quelques siècles auparavant, c’est là qu’a choisi de vivre une autre source, le poète Pétrarque, à qui l’on doit une grande invention : la promenade en montagne.

Les géologues n’ont toujours pas réussi à explorer complètement le trou d’eau d’où jaillit la Sorgue. Quel analogue de la Sorgue existerait en chanson, quelle source ? Quel jaillissement soudain et inespéré ? On pense bien sûr à Georges Brassens.
Mais Brassens lui même a ses sources, on a déjà vu ici qu’il a beaucoup emprunté au poète Paul Fort, qui lui-même s’inspirait parfois d’un auteur-compositeur du XIXè siècle un peu oublié aujourd’hui, Gustave Nadeau.

Ecoutez par exemple ce texte de Nadeau mis en musique par Brassens, Carcassonne.

Puis Le nombril des femmes d’agents, paroles et musique de Brassens. La parenté est évidente et assumée (je ne parle pas de la musique, qui est la même, mais de la structure des paroles).

Brassens lui-même a donc ses sources. Parfois, il cite subtilement tel ou tel poète. Dans Le bulletin de santé, « Je suis hanté : le rut, le rut, le rut, le rut » , vient peut-être de chez Stéphane Mallarmé, qui conclut son poème L’azur (texte intégral ici par

Je suis hanté, l’Azur, l’Azur, l’Azur, l’Azur.

Brassens cite souvent Villon, dont il a mis en musique la Ballade des dames du temps jadis, voir ici. Et ses mises en musique de Victor Hugo deviennent si proverbiale qu’elle peuvent même resservir quand un journaliste annonce le mariage d’un sculpteur et d’une actrice porno (« peu s’en fallu que ne pleurassent … », emprunté à la Légende de la nonne). Voir ici. Je vous propose aussi un beau document, interview de Brassens sur la langue, sur le site de l’INA, ici.

Bon, source ou pas, quels mots ou expressions nous aurait laissés Brassens ? Pas grand chose… « Gare aux gorilles » peut-être. Et puis j’ai l’impression que « les copains d’abord » est une tentative ratée de créer une expression, un échec marketing comparable à la décadanse de Gainsbourg.

Si on y réfléchit, les quatre mots ont un potentiel énorme de subversion. Quand un bateau fait naufrage, on sauve « les femmes et les enfants d’abord ». Appeler un bateau « les copains d’abord », ça va à l’encontre de la morale admise, ça aurait dû devenir une expression bougrement immorale et non pas une célébration vague et abstraite l’amitié. Mais non… Le côté provocant de la formule a échappé au public. Il est dans un arrière plan de la chanson. C’est un refrain auquel on ne prête qu’une oreille distraite, un moment de repos qui permet de garder toute son attention pour des couplets dont, sous le charme du swing, on décortique avec gourmandise les textes retors.

Je conclus par une anecdote à propos d’une variante de l’expression « les copains d’abord ». Je me suis vu rétorquer une fois par ma chef lors d’un petit cataclysme bureaucratique comme il y en a tous les jours dans les administrations : « sauve qui peut le vin et le pastis d’abord ». J’ai répondu : « Supplique pour être enterré sur la plage de Sète », chanson de Georges Brassens déjà passée ici d’où est tirée cette expression. Il me fut rétorqué « nous avons les même valeurs ». Monsieur Brassens, votre expression a été utilisée au moins une fois … Pour « les copains d’abord », j’attends encore.

Un dernier truc pour les amateurs de solfège (je mets ça à la fin, ça enquiquine la plupart des lecteurs en général). Le côté subversif des Copains d’abord est attesté par sa mélodie qui contient l’intervalle le plus diabolique : le triton, « diabolus in musica », voir ici. En effet, Brassens chante ré – sol dièse, sur « des ports », la deuxième fois. L’intervalle est descendant en plus, et bien exposé puisqu’il tombe sur une rime et des notes assez longues. C’est rarissime en chanson, et très difficile à chanter juste. Vous me direz, ré et sol dièse, ce ne sont jamais que la 7è et la tierce de l’accord de Mi7, pas de quoi crier au loup…

Tous les thèmes

Promethée

Ils n’ont rien composé pour Nougaro 6bis/8
11bis23455bis66bis78

Je demandais il y a deux billets quelle chanson a été composée par Nougaro sur des paroles d’un autre. Pierre Delorme me répond sur Facebook qu’il a composé Rue Saint Denis, Nous n’avons pas de passé et Perle brune sur des paroles de Jacques Audiberti. Ainsi que Chanson de pirates, adaptation d’un poème de Victor Hugo. Vérification faite sur le site de la Sacem, en fait la musique de ces quatre chansons est co-écrite avec Maurice Vander, pianiste, arrangeur et souvent compositeur de Nougaro. Pas mal, merci.

La réponse de Daniel me semble meilleure : Prométhée, paroles de Jean-Pierre Bourdeaux, musique de Claude Nougaro. Jean-Pierre Bourdeaux a écrit quelques chansons, il était surtout acteur sous le pseudonyme de Jean-Pierre Maurin, et il était le frère de Patrick Dewaere. Prométhée.

Tous les thèmes

Johnny Hallyday n’est pas le plus grand bluesman français

Qui est le plus grand bluesman français ? 5/8
11bis233bis44bis5677bis8

Le blues est rudimentaire et malléable, on l’a dit. On en retrouve des éléments dans toutes sortes de musiques : le jazz bien sûr, le rythm’n blues évidemment, et le rock surtout. Mais de là à dire que « toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du blues », c’est un peu exagéré monsieur Johnny. Il y a le ragtime, le gospel, le jazz, la country et toutes sortes de traditions européennes.

À part, ça, oui, vous êtes presque le plus grand bluesman français monsieur Johnny, parce que vous avez composé le plus grand blues en français de tous les temps. Le public ne s’y est pas trompé qui d’une de vos musiques a décidé de faire votre plus grand tube. Les paroles sont de Michel Mallory, principal parolier de Johnny, avec 114 chansons au compteur ! Johnny, Toute la musique que j’aime.

Mais il ne suffit pas d’avoir composé le plus grand blues pour être le plus grand bluesman. D’ailleurs, les paroles sont trop précieuses à mon goût : « La musi QUE-QUE j’aime », c’est clairement inspiré de Victor Hugo, qui lui aussi maniait le « que-que » avec aisance. Extrait de Paroles sur la dune :

Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau,
Que mes tâches sont terminées ;
Maintenant que voici que je touche au tombeau
etc

Ah, que voici que je touche… Vous avez bien mérité vos funérailles nationales tous les deux. En tout cas, un vrai bluesman, ça ne chante pas Que je t’aime en japonais.

Bref, Monsieur Johnny, vous n’êtes pas le plus grand bluesman français. Mais vous êtes le plus grand bluesman suisse, ça d’accord. Et paix à votre âme. En attendant, un blues. Lightnin’ Hopkins, Woke up this morning.

Tous les thèmes

Il n’y a pas d’amour heureux

Cinq devinettes sur Georges Brassens 5/6
122bis3456

Voici la réponse à notre quatrième énigme : Dans quelle chanson Brassens se livre-t-il à la censure ? En fait dans presque toutes ses chansons adaptées de poésies (voir le livre Brassens ? de Bertrand Dicale, page 111). Brassens coupe 23 des 29 strophes de Pensée des Morts de Lamartine, 17 des 27 strophes des Oiseaux de passage de Jean Richepin, 15 des 24 strophes de La vierge séduite de Victor Hugo qui deviendra La légende de la nonne… On a déjà vu qu’il coupe une strophe des Passantes, bonne occasion d’aller revoir la série du Jardin sur Brassens et les poètes. Dans de nombreuses poésies, il introduit de petites variantes. Pourquoi diable ? Souvent pour resserrer le propos. Et bien sûr, de bonnes poésies ne font pas nécessairement de bonnes paroles, et réciproquement…

Bref, Brassens transforme les poésies en paroles de chanson, on ne peut pas vraiment parler de censure, au sens politique du terme. Sauf quand il se refuse à chanter l’amour de la patrie, en caviardant cette strophe d’Aragon dans Il n’y a pas d’amour heureux !

Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l’amour de la patrie
Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs
Il n’y a pas d’amour heureux

Louis Aragon ne prenait pas ombrage que les chanteurs malmènent ses poèmes. Dans le numéro 601 de la N.R.F., Variété. Littérature et Chanson, sous la direction de Stéphane Audeguy et Philippe Forest, on peut lire une interview d’Aragon par Francis Crémieux. À la question de savoir si cela le dérange que Léo Ferré modifie ses textes, Aragon répond :

Non, pourquoi est-ce que ça me gênerait ? (…) Je trouve très naturel qu’un homme qui fait des chansons, un homme du talent et de la sensibilité de Léo Ferré, prenne quelque chose de moi, j’en suis même absolument honoré, et je suis même très intéressé à ce qu’il fait en coupant ainsi, en distribuant les choses : c’est comme s’il pratiquait une critique de ma poésie. (…) Cela m’apprend énormément sur mes poèmes (…)

Je vous propose une version d’Il n’y a pas d’amour heureux par Nina Simone.

Il ne reste qu’une seule devinette.

Cinquième devinette : quand Brassens se livre-t-il à l’auto-censure ?
D’accord, Brassens censure, l’affaire est entendue. Mais dans quelle chanson Brassens s’autocensure-t-il ? Évidemment, c’est impossible à déduire de la simple écoute de la chanson, puisque le couplet caviardé ne s’y trouve pas (ce ne serait pas de la censure sinon)… Attention, il y a au moins deux réponses possibles.

Tous les thèmes

Brassens chante Lamartine

Paralipomènes 61/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
123456789
101112131415161717bis1819
20212223242526272829
30313233343536373839
40414243444546474849
50515253545556575859
6061626364656667

 

La quarante-deuxième série du blog abordait les poètes mis en musique par Brassens. Le sujet est loin d’être épuisé, je vous propose aujourd’hui Pensées des morts adaptation d’un poème d’Alphonse de Lamartine. C’est assez incompréhensible, alors qu’à peu près tout Brassens est en ligne sur Youtube, pour cette chanson, on ne trouve que des reprises plus ou moins lourdeaudes par des fans, allez voir si vous ne me croyez pas… Je vous en propose une qui est très bien par Michel8h.

C’est bien chanté, il faudrait juste juste éviter « c’est alors-re que ma paupière ». Il y a aussi une reprise par Hubert Félix Thiefaine (pas à son meilleur je trouve) ça intéressera les fans.

 

Et puisque dans la série sur Brassens, on citait la préface de l’Anthologie de la poésie française d’André Gide, je vous en ressers un extrait.

__________________________
Je me souviens d’avoir entendu Verlaine, ce musicien, déclarer que, de beaucoup, il préférait à Hugo Lamartine. En tout cas Lamartine est le premier en date et c’est de lui qu’il convient d’abord de parler. Il a des départs prestigieux et je ne connais rien qui puisse être comparé aux premiers vers du Lac ou du Vallon ; mais son essor atteint aussitôt son plafond ; hauteur où il plane ensuite inlassablement (ou du moins ne lassant que le lecteur), sans sursauts, sans nouveaux coups d’ailes. Ce qui manque le plus à ces suites de vers, d’un bercement égal et quelque peu fastidieux, c’est à quoi Baudelaire excellait avec audace : la surprise. Mais, dans le flasque, c’est encore ce que l’on a fait de mieux ;

Tous les thèmes

 

Ma série préférée

Paralipomènes 20/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
123456789
101112131415161717bis1819
20212223242526272829
30313233343536373839
40414243444546474849
50515253545556575859
6061626364656667

Vous vous demandez peut-être quelle est ma série préférée depuis que je fais ce blog ? Plus probablement, vous ne le vous demandez pas… Mais je vous le dis quand même : c’est la treizième série que j’ai passée, Décortiquons l’auto-stoppeuse. Parce qu’elle ne parle de rien de spécial, que ça m’a pris une heure seulement pour la préparer, qu’il y a du rock, du Renaud, de l’interaction avec mes lecteurs, Louis de Funès et quelques vers de Victor Hugo. Je voudrais que toutes les séries soient comme celle-là, mais la vie n’est pas si simple…

C’est aussi l’une des séries qui a eu le moins de succès, retournez donc y jeter un œil. On y parle de Star Shooter, groupe de rock lyonnais, auquel j’affirmais préférer Haine Brigade (ici). Ce groupe anarcho-punk des années 1980 n’a sorti qu’un seul album, Sauvage, qui se trouve être l’un des deux vinyles en ma possession, impossible de me rappeler comment il est arrivé là. Pour information, l’autre, c’est un disque de Vladimir Vyssotski, compagnonnage intéressant, je me plais parfois à imaginer ce que ces deux galettes auraient à se raconter si elles prenaient vie… Je passerai du Vyssotski une autre fois (voir ici).

Haine Brigade a connu en son temps un beau succès d’estime dans le milieu alternatif. Je retiens surtout son authenticité rock et la voix de sa chanteuse Alexa. Une voix peu travaillée et qui rebute certains, mais qui a quelque chose de juvénile, sincère et engagé. Bref j’adore, et le succès de Haine Brigade lui doit beaucoup selon moi. Je vous passe Solitude urbaine, de Haine Brigade.

Je vous propose plein d’autres liens. D’abord, une deuxième vidéo, avec plein de photos d’époque.

Et puis le site officiel du groupe et une belle interview pour en savoir plus.

Tous les thèmes