Le best-of de Pierre Delorme

Peut-on chanter en français – 16bis

Je vous passe aujourd’hui un choix opéré par Pierre Delorme des meilleures adaptations en français de Bob Dylan.

Qui a tué Davy Moore, par Graeme Allwright.

Seven curses, par Sarclo. Pas disponible sur YouTube, je mets un lien vers le site de Sarclo.

Et La fille du Nord, par Hugues Aufray, sur des paroles de Pierre Delanoë.

Merci Monsieur Delorme pour cette sélection des meilleures adaptations du p’tit gars du Minnesota ! Le P’tit gars du Minnesota, paroles, musique et interprétation de Pierre Delorme.

Sur le site Crapauds et Rossignols, un article de Pierre Delorme signale L’étranger de Léonard Cohen. Sur le même lien, je recommande aussi la lecture d’un long commentaire de Sarclo à propos de ses adaptations de Dylan.

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Entre ici versus I have a dream

Peut-on chanter en français – 14

On s’écarte aujourd’hui un peu de la chanson pour aborder l’art oratoire. Et puisqu’on compare l’anglais au français, on écoute les deux discours peut-être les plus célèbres dans ces deux langues : I have a dream de Martin Luther King et Entre ici Jean Moulin d’André Malraux. Deux tubes en quelque sorte.

I have a dream.

Entre ici Jean Moulin.

Je suis frappé par le rythme de I have a dream, qui a plusieurs traits typiques des chansons. D’abord la présence de plusieurs refrains intégrés. Un refrain intégré dans une chanson, c’est un petit bout de phrase qui revient pour séparer les couplets, sans être tout à fait assez long pour constituer un refrain proprement dit, par exemple « et s’appelait les copains d’abord, les copains d’abord ». Martin Luther King utilise de ces bouts de phrase : « One hundred year ago », répété plusieurs fois au début de son discours, puis « Now is the time » au milieu, et bien sûr le célèbre « I have a dream » à la fin. Ce dernier a un placement intéressant : sur le plan sémantique, il est au début du « couplet » (« je rêve que ceci ou cela »), mais rythmiquement, il est placé à la fin, juste après les « ceci et cela » et suivi d’une pause, écoutez bien. Ça donne un effet de contre-temps, ou « en l’air » très efficace, un peu similaire à divers dispositifs rythmiques de la musique noire américaine justement.

Le discours de Malraux est bien plus français, en ce qu’il s’appuie sur le nombre de pieds des phrases, qui bien qu’irrégulier, donne beaucoup de rythme à l’ensemble. J’ai par exemple repéré plusieurs alexandrins :

Il a été le Carnot de la Résistance.

Désormais, elle va combattre en face de l’enfer.

Jean Moulin n’a nul besoin d’une gloire usurpée.

Mais je ne repère rien qui évoque le contre-temps. L’accent tonique final typique du français donne un aspect conclusif et solennel à chaque phrase. Le « entre ici Jean Moulin » de Malraux pourrait être utilisé comme un refrain intégré, mais à l’encontre de ce que je me rappelais, il n’est énoncé qu’une seule fois.

Quelques chansons quand même pour illustrer ce billet. D’abord We shall overcome, de Joan Baez, dont le titre était le slogan des luttes pour les droits civiques.

Et puis à propos de Jean Moulin, une célèbre chanson de résistance, The partisan par Leonard Cohen.

Dans le cadre de cette série, il est intéressant de rappeler que la chanson surtout connue dans sa version en anglais est en fait adaptée du français : paroles d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et musique et interprétation d’Anna Marly.

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Everybody knows

Mathématiques et chansons 16bis

Pour illustrer en chanson la notion de common knowledge, Stéphane Dupraz nous propose dans un commentaire Everybody knows de Leonard Cohen.

1 – Marie Mathématique
2 – Parallèles
3 – Booba, mathématicien du 100-8
4 – Tu fais trop de mathématiques
5 – Seul
6 – Si j’avais un piano
7 – Pourquoi la fatma l’a mis le feu ?
8 – Évariste
9 – Avec moins de clarté que de ferveur
9bis – Le chien du pope
10 – C’est quand qu’on va au pont-aux-ânes ?
11 – Pi
12 – Le théorème de l’électeur médian, l’art majeur et l’art mineur
12bis – Les arbres de Corot
13 – C’est bien ma veine
14 – Trois est un nombre magique
14bis – Great Teacher Issapa
15 – Pas des carrés
16 – Common knowledge
16bis – Everybody knows
17 – La preuve par trois
18 – Un zéro
19 – Rien
20 – New math
21 – Ma thématique
21bis – There a delta for every epsilon
22 – Compter
23 – La prof de math
23bis – L’enfant et les additions
24 – Deux fois deux font quatre
25 – Groupe d’automorphismes des chansons
26 – L’homme orange
27 – Mettre Euclide dans une poubelle
28 – La mémoire et les maths
29 – Lobachevsky
30 – Les valeurs approchées
31 – La vénus mathématique
32 – Mathématiques souterraines
33 – Logarithme 70
34 – Humour tautologique
35 – Quand j’étais petit, je n’étais pas grand
36 – Logical
37 – Permutation circulaire
38 – Contraposée
39 – Je serais pas Mistinguett si j’étais pas comme ça
40 – Les nombres négatifs
41 – Moins deux
42 – 7 est égal à -1 modulo 8
43 – Boby Lapointe, Euclide de la chanson
44 – That’s Mathematics
44bis – Amor Matemático

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La complainte du partisan

Les cultures soixante-huitardes 1bis/8
11bis2344bis5677bis8

J’ai eu quelques commentaires à propos du premier billet sur Mai 68. Presque toutes les chansons et liens que vous m’avez proposés vont passer dans les prochaines séries.  À propos du sondage, un internaute me signale La complainte du partisan. En cherchant cette chanson, je découvre qu’elle a été écrite en 1943 par Emmanuel d’Astier de La Vigerie sur une musique d’Anna Marly. Il semble qu’elle ait été plus connue en son temps que Le chant des partisans, qui l’a détrônée après-guerre. Avant que Leonard Cohen ne la reprenne en anglais (je croyais que c »était de lui …).

Sinon, si vous ne savez pas quoi faire ce dimanche, écoutez donc l’émission Étonnez-moi Benoît du samedi 16 septembre 2017 sur France Musique, consacrée à la Fête de l’Humanité en chansons. Il y est un peu question de Mai 68. Ici.

Allez aussi chez France Culture écouter Bernard Lavilliers qui reprend des chansons de Léo Ferré, ici. Il y a quelques bijoux…

Dans une prochaine série sur Mai 68, je vous parlerai de Claire Bretécher. En attendant, vous pouvez l’écouter, sur les Nuits de France Culture, ici.

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