Le phono qui chante faux

Ça y est, c’est la rentrée, les séries thématiques reprennent !

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Il y a quelques changements cette année. Je vais espacer un peu les billets des séries thématiques : il y en aura trois (et non plus quatre) par semaine : les mardis, jeudis et samedis. En conséquence, les séries s’étaleront un peu plus dans le temps, mais j’essaierai de les faire plus courtes… On verra si j’y arrive. Les lundis, mercredis, jeudis et dimanches, il n’y a rien de prévu : j’en profiterai pour publier vos propositions, vos réponses aux énigmes, etc. Certains mercredis, je posterai peut-être une annonce de concert.

Grande nouveauté : il y aura un thème qui court toute l’année, et qu’on déclinera en différents sous-thèmes. C’est une surprise, ça commence le 16 septembre, restez en ligne ! Pour m’aider à préparer ça, je lance un rapide sondage. Ce serait génial si mes chers lecteurs pouvaient associer une chanson à chacun des événements suivants :

  • La révolution française
  • La commune de Paris
  • La première guerre mondiale
  • La seconde guerre mondiale
  • La guerre d’Algérie
  • Mai 68

Attention, il n’y pas de bonne réponse attendue ou de prix pour le gagnant, ce qui m’intéresse c’est plutôt votre opinion, votre ressenti, votre subjectivité disons. L’idéal, c’est si la chanson vous paraît spontanément ou naturellement associée à l’événement, peu importe pourquoi (chanson d’époque, relatant ou anticipant les faits, etc). On fait le point là-dessus le 16 septembre. En attendant, le premier thème de l’année c’est :

Chanter faux 1/6
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Et oui, on s’intéresse à la fausse note en chanson. Il ne s’agira pas de se moquer de telle ou telle vidéo pitoyable sur youtube, ou de raconter le jour où l’autotune de telle ou telle grande star est tombé en panne. Vous n’entendrez pas non plus parler de votre tonton que personne ne veut écouter au karaoké, ou de votre tata qui chante irrémédiablement faux, même Joyeux anniversaire. Il s’agit plutôt d’explorer la fausse note assumée ou merveilleusement accidentelle, le faux plus beau que le juste, bref, la valeur artistique de la fausse note.

Car la fausse note est partout, nichée jusque dans la pureté de la justesse. Si vous connaissez les fondements du solfège, la théorie des tempéraments, la quinte du loup, les commas pythagoricien, syntonique, ou zarlinien etc, vous savez bien que la justesse en musique est une construction complexe, en partie arbitraire, à la fois mathématique, acoustique, culturelle, sociale et bien sûr artistique. Elle n’en existe pas moins, mais elle n’a ni nécessité absolue ni définition formelle. Savez-vous par exemple qu’il est impossible de construire une gamme dont tous les intervalles sont consonants ? Ça n’est pas un scoop, les Grecs ont découvert ça il y a quelques dizaines de siècles (j’ai même écrit un truc là-dessus, voir ici). Savez-vous qu’il est impossible de faire sonner absolument juste un piano ? Allez voir la page inharmonicité du piano sur wikipedia, je lis ça quand je n’ai pas le moral, ça me remet toujours de bonne humeur. Encore mieux : lisez un manuel d’accordage de clavecin, expérience intéressante, surtout quand on n’a pas de clavecin (j’ai essayé, je vous jure que c’est vrai : Musique et Tempérament de Pierre-Yves Asselin).

Et si vous avez l’âge, vous avez peut-être connu les magnétophones à piles ? Quand les piles faiblissaient, le moteur peinait à entraîner la bande à l’exacte vitesse, et de curieuses distorsions se produisaient, vite insupportables. Mais au tout début, ces notes très légèrement fausses produisait parfois des effets fugaces, intéressants et irreproductibles. Et si vous êtes encore plus vieux, vous avez peut-être la nostalgie d’un vieux phono qui chante faux ? « En écoutant son son fêlé, je me sens plus riche » : Mon bon vieux phono, par Bourvil.

 

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