La tendresse de Bourvil

Main dans la main, joue contre joue 5/15

À partir d’aujourd’hui, on s’intéresse à un phénomène curieux. La chanson tendre, où l’on se touche délicatement, prend un virage après-guerre. Le premier degré n’est plus de mise, plus de « baisers dans le soir sous les étoiles » comme nous les chantait Rina Ketty. La tendresse se fait didactique, on se justifie, on nous édifie, on nous enseigne la tendresse. Est-ce de la nostalgie ? Ou sont-ce des leçons d’urbanité en ces temps de déferlement du cinéma et d’exode rural ? On est en 1963. Bourvil, La tendresse. Cette chanson est restée très populaire jusqu’aujourd’hui.

Dans la même veine pédagogique, environ dix ans plus tôt (un peu hors-sujet dans la série), La goualante du pauvre Jean par Edith Piaf.

1 – La rose, la bouteille et la poignée de main
2 – Joue contre joue
3 – Abouche ta bouche avec ma bouche
4 – Baisers dans le soir
5 – La tendresse de Bourvil
6 – Aznavour démodé
7 – Big bisou
8 – Les uns contre les autres
9 – See me, feel me, touch me
10 – Everybody needs somebody
11 – Main dans la main
12 – Embrasse-moi idiot
13 – Katerine des bisous
14 – Bahia
15 – De l’autre côté de mon rêve

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14 commentaires sur “La tendresse de Bourvil

  1. C’est toujours très délicat de se remettre dans l’état d’esprit d’une autre époque. Mais je vais apporter mon petit témoignage. J’ai entendu « La tendresse » un très grand nombre de fois lors des réunions de famille. Cette chanson, c’est pour moi celle de mes tantes qui la reprenaient en solo ou en groupe à chaque occasion. Elle semblait vraiment très importante pour la génération née entre 1935 et 1945.

    Après le décès de mes parents j’ai remis la main sur la littérature diffusée du lendemain de la Libération aux années 1960. Plein de préceptes sur l’hygiène, l’éducation des enfants, le comportement à l’égard du conjoint, des enfants, des animaux domestiques, des animaux de la ferme. On peut sourire aujourd’hui de certains préceptes ou de la façon de les énoncer mais tout cela traduisait globalement une humanisation. On abandonnait la brutalité, l’inconfort ou le taudis, la crasse, les facteurs de maladies telles la tuberculose.

    Dans l’esprit de mes jeunes tantes, « La tendresse » venait avec une maison claire et propre quand elles avaient connu les taudis sombres, humides et froids, venait avec un travail qui devenait moins dur, venait avec de meilleurs vêtements quand elles avaient connu les robes faites dans de la toile de parachute (souvenir du débarquement…), venait avec des relations infiniment plus paisibles, venait avec une vie plus épanouie.

    Et puis il faudrait parler du fait que l’on chantait à tout propos, en toute occasion, pas seulement lors des fêtes de famille ou des réunions publiques, mais au travail, dans la maison, pour endormir ou assagir les enfants. Cela demandait un vaste répertoire et certaines chansons, comme « La tendresse », rencontraient une telle adhésion qu’elles passaient aisément et l’épreuve du temps et la barrière des générations.

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