A song about Uranus?

Cinq devinettes sur Georges Brassens 4/6
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Voici la réponse à notre troisième devinette sur Brassens : quelle planète n’est citée dans aucune de ses chansons ? Il s’agit bien sûr d’Uranus ! Merci à Stéphan de Lyon 7è, concepteur de cette énigme il y a bien des années. Voyez plutôt :

– Mercure est cité dans Stances à un cambrioleur, déjà passées ici.

– Vénus est citée dans 22 chansons, je me demande vraiment pourquoi c’était la planète préférée de Brassens, quel coquin. Une fois dans le titre, Vénus callipyge, et les 21 autres fois dans le texte, je vous épargne la liste. J’ai trouvé ça sur le site Analyse Brassens qui propose un moteur de recherche spécialisé dans ce genre de questions urgentes, allez-y voir (attention, le moteur confond Vénus et venus du verbe venir, il faut faire le tri à la main).

– La Terre est citée plein de chansons, comme ce Pauvre Martin qui bêche la terre. En tant que planète, on la trouve dans L’orage ou Une jolie fleur par exemple.

– Mars est cité dans La guerre de 14-18.

– Jupiter est cité dans L’orage et La marche nuptiale (déjà passée ici).

– Saturne est bien sûr cité dans Saturne (déjà passée trois fois dans le blog, ici, ici et ici).

– Neptune est cité dans Supplique pour être enterré sur la plage de Sète (déjà passée ici).

– Pluton est cité dans Le grand Pan (déjà passée ici).

Pluton n’est plus classé comme une planète me direz-vous ? On pourrait donc chercher la Lune (dans Celui qui a mal tourné), Europe (dans Les deux oncles) ou Charon (dans Le grand Pan). Voire même la Grande Ourse dans Auprès de mon arbre… mais il manque toujours Uranus.

Je vous passe L’orage (comme ça on aura la Terre et Jupiter). C’est une chanson pas évidente à reprendre, en alexandrins, sur une mélodie un peu monotone, avec une rythmique un rien lourde (de longues séries de noires, et ça tombe souvent sur le temps, un vrai hachoir)… Très difficile de s’extraire de la version originale sans tomber dans des ornières. Je vous passe une version par Joe Dassin et le bien nommé Big Bazar, avec Michel Fugain dans les choux. Joe Dassin fait du bon boulot. C’est le grand n’importe quoi sur les paroles, ils s’arrêtent avant la fin, mais c’est pas mal.

 

Il reste encore deux devinettes !!

Quatrième devinette : quand Brassens se livre-t-il à la censure ?
Brassens, chanteur anarchiste épris de liberté et dont nombre de chansons furent censurées était donc logiquement l’ennemi de la censure. Pourtant il n’hésite pas à censurer des poètes… Où donc ?

Cinquième devinette : quand Brassens se livre-t-il à l’auto-censure ?
D’accord, Brassens censure, l’affaire est entendue. Mais dans quelle chanson Brassens s’autocensure-t-il ? Évidemment, c’est impossible à déduire de la simple écoute de la chanson, puisque le couplet caviardé ne s’y trouve pas (ce ne serait pas de la censure sinon)… Attention, il y a au moins deux réponses possibles.

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L’été indien

Paralipomènes 21/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Je vous ai passé une chanson de Pierre Delorme sur Gauguin pour remercier Christelle, qui a peint la belle image qui illustre mon blog. Si vous aimez, allez voir tout ce qu’elle fait sur son compte instagram, ici.

J’en profite pour repasser une chanson de peinture (on consacrera bientôt une série à ce sujet). La chanson d’aujourd’hui est dédiée à tout ceux qui croient que Cézanne est un personnage inventé par France Gall, ou que Pablo Picasso doit sa célébrité au fait d’être l’anagramme de Pascal Obispo. Et surtout à ceux qui croient que Marie Laurencin était la petite copine de Joe Dassin. Ça prouve juste qu’ils sont d’authentiques amoureux de la chanson, total respect ! Et spéciale dédicace pour Christelle donc. L’été indien.

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Il était une fois nous deux

Quand l’esprit d’épicerie rencontre la révolution sexuelle 2/11
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On continue à explorer ces chansons mentionnant explicitement l’âge des premières turpitudes. Comme annoncé, il y en a un nombre impressionnant, datant surtout des années 1960 à 1970. Cette époque était traversée par deux courants : la libération sexuelle et le triomphe de la classe moyenne de la fin des trente glorieuses. Selon d’anciennes catégories, on pourrait dire que tout un chacun pouvait accéder à la bourgeoisie et au libertinage. Cette rencontre aboutit à ce curieux décompte d’une société cherchant ses limites, chiffres à l’appui…  Dans ce post, Joe Dassin invente dans un hôtel borgne une forme mielleuse de machisme soft et paternaliste. Pour lui, c’est « 18 ans à peine », ce qui doit faire en gros 17 ans si mes comptes sont exacts. À moins que ça ne soit 18 ans et quelques jours ?  Il était une fois nous deux.

Vous l’avez compris, ce sera très variétoche ce thème. Si jamais vous en aviez assez, je vous ai préparé quelque chose de plus littéraire. J’ai recherché les descriptions de « premières fois » dans tous les romans de Flaubert, cas intéressant d’écrivain bourgeois haïssant les bourgeois. Et j’ai eu la surprise de voir que lui aussi mentionnait assez souvent l’âge des protagonistes en cette circonstance.  Je vous égrène tout ça au fil de la série, lisez bien ça vaut la peine. On commence par Rosanette, la cocotte de Frédéric Moreau dans L’éducation sentimentale. 

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Elle soupira, et se mit à parler de son enfance. Ses parents étaient des canuts de la Croix-Rousse. Elle servait son père comme apprentie. Le pauvre bonhomme avait beau s’exténuer, sa femme l’invectivait et vendait tout pour aller boire. Rosanette voyait leur chambre, avec les métiers rangés en longueur contre les fenêtres, le pot-bouille sur le poêle, le lit peint en acajou, une armoire en face, et la soupente obscure où elle avait couché jusqu’à quinze ans. Enfin un monsieur était venu, un homme gras, la figure couleur de buis, des façons de dévot, habillé de noir. Sa mère et lui eurent ensemble une conversation, si bien que, trois jours après… Rosanette s’arrêta, et, avec un regard plein d’impudeur et d’amertume :

— « C’était fait ! »

Gustave Flaubert, L’éducation sentimentale.

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