L’arrière grand-mère de Brel et Brassens

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(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Le 1er avril 2017, je révélais à mes lecteurs ébahis que Georges Brassens et Jacques Brel étaient cousins au second degré. Pfouu, incroyable. Pourtant l’information a été très peu reprise. Et bien en fait, c’est encore plus incroyable que ça, leur arrière grand-mère, c’était la Bolduc. Vous ne me croyez pas ? Vous n’avez qu’à demander à la saucisse. Si les saucisses pouvaient parler, la Bolduc.

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Rotterdam

Paralipomènes 49/67
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Je vous livre une autre réponse à Amsterdam : Rotterdam de Léo Ferré, que m’a signalée Pierre Delorme : « y a pas que des putains, y a pas que des marins », l’allusion à l’Amsterdam de Brel est assez claire.

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Sur Amsterdam

Paralipomènes 48/67
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La trente-troisième série du blog tentait de présenter la géopolitique formant le sous-bassement implicite aux chansons de Jacques Brel. On notait ici que cet arrière-plan était plus introspectif que documenté. La série se concluait par une sorte de réponse à la chanson Amsterdam, par le groupe Parabellum. On n’a peut-être pas assez insisté sur le côté singulier de Amsterdam dans l’œuvre de Brel, et même dans la chanson en général : chanson jamais enregistrée en studio et succès unique dans toutes les annales du music-hall. Sur wikipedia, on lit :

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Jacques Brel avait l’habitude de chanter ses chansons – qu’il composait en tournée avec ses musiciens – pour la première fois en public, aussitôt qu’il les sentait achevées, avant de les enregistrer ensuite en studio. Dans le cas d’Amsterdam, il n’est pas convaincu par la chanson, qu’il considère sans la moindre importance. À tel point que, comptant la chanter pour la première fois lors d’une série de concerts à l’Olympia à Paris, il décide de l’utiliser comme la chanson « sacrifiée » de son concert, en la plaçant tout au début, au moment où peuvent encore se faire quelques ultimes réglages pour le concert, et où les gens du métier savent que le public fait de toute façon bien plus attention aux artistes qu’aux chansons ; « comme ça, on n’en parlera plus, de celle-là », dit-il.

La première est prévue pour le 16 octobre 1964. Mais, comme à l’habitude pour l’Olympia, une représentation servant de répétition générale est donnée la veille, dans un théâtre de Versailles également dirigé par Bruno Coquatrix (directeur de l’Olympia). Constatant alors que la chanson séduit le public, Jacques Brel décide finalement de la déplacer en troisième position de son prochain concert. Lors de la première à l’Olympia, le 16 octobre, la chanson obtient un immense succès auprès des 2 000 spectateurs qui, debout l’ovationnent interminablement ; à tel point que les musiciens, ayant après quelques instants entamé l’introduction de la chanson suivante, sont contraints de la rejouer en boucle un certain nombre de fois devant les applaudissements qui n’en finissent pas. À ces spectateurs s’ajoutent des millions d’auditeurs d’Europe 1 qui retransmet en direct la soirée, auprès desquels la chanson fait également sensation.
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Il semble que cette chanson tracasse particulièrement les chanteurs contemporains de Brel, qui à l’instar de Parabellum semblent lui adresser des réponses, avec « leur » Amsterdam. Sont-ils jaloux du succès incroyable de cette chanson, qui lorsqu’on l’écoute un peu froidement paraît en dessous de bien d’autres chansons de Brel ?

Par exemple, À Amsterdam, de Guy Béart. Il semble que la vidéo ne soit pas disponible sans aller directement sur YouTube, ici.

Au fait, on a déjà passé Amsterdam de Brel dans le blog, ici.

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Aldonza

Putain de métier 6/11
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On l’a vu dans les premiers posts de la série, la putain occupe une place de choix dans la chanson réaliste, et la Complainte de filles de joie vient clore (symboliquement) cette période. Mais les personnages de prostituées sont bien sûr présents dans toutes sortes de chansons. Dans son adaptation d’une comédie musicale américaine sur Don Quichotte, L’Homme de la Mancha, Jacques Brel nous dresse un portrait expressionniste d’Aldonza, fille de mauvaise vie que Don Quichotte prend pour sa Dulcinée. Aldonza, par Joan Diener.

La technique lyrique impressionnante de Joan Diener (il parait qu’elle pouvait chanter sur trois octaves et demi) ne sert pas toujours au mieux le texte, d’autant qu’elle ne parlait pas un mot de français. On peut trouver quelques reprises sur le web qui permettent de mieux suivre les paroles, par exemple ici par Valérie Campo.

Sur le site de Closer, je lis (mais je l’avais déjà lu dans Télérama !) ce témoignage de Johnny Hallyday sur Jacques Brel :

Brel adorait aller dans les bars à fille. Il connaissait tous les bars et toutes les prostituées des villes de province. Il ne faisait jamais rien avec elles, il était juste leur pote et elles, ses amies. Il leur offrait le champagne à toutes et refaisait le monde avec elles jusqu’à 5 heures du matin

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Brassens transi

Brassens et les poètes 2/8
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Je vous ai proposé Les passantes dans le dernier billet, adaptation par Brassens d’un poème d’Antoine Pol. Conformément à l’esprit de la série, j’alterne une adaptation et une chanson purement de Brassens, sur un thème similaire.

Mais j’ai rencontré une difficulté assez intéressante : Brassens n’a écrit quasiment aucune chanson d’amoureux éconduit qui, à l’instar de ce qu’on entend dans Les passantes,  passe à côté du grand amour ou plus simplement de l’occasion. Il raconte quantités de ruptures (par exemple dans Auprès de mon arbre, Comme une sœur, Cupidon s’en fout, Je suis un voyou, L’orage, Le parapluie, P… de toi, Sale petit bonhomme, Sauf le respect que je vous dois, Le temps passé, La traitresse, Le vingt-deux septembre). Mais l’amour non consommé ou l’amoureux transi, ce n’est pas son truc. On comprend donc que pour aborder ce thème, il fasse appel au texte d’un autre. Il y a bien sûr Gastibelza, mais tiens tiens : les paroles sont de Victor Hugo, on en reparle dans la série. En cherchant bien, il y a La princesse et le croque-note, déjà vue ici, n’en parlons plus. Il y a peut-être Pénélope, Marinette ou L’amandier, mais Pénélope est une chanson sociale, Marinette une chanson comique, et L’amandier une fable, on est bien loin des jérémiades de Brel sur l’Amour Impossible.

Bref, la seule, l’unique, l’authentique chanson de Brassens sur l’amour non-consommé, c’est bien sûr Fernande ! Elle est parue dans le même album que Les passantes, et la différence d’approche entre les deux chansons se passe très bien d’explications…

On reconnaît encore Joël Favreau à la deuxième guitare et Pierre Nicolas à la contrebasse. À la petite table à côté, Alain Souchon et Michel Jonasz ont l’air de s’amuser comme des fous… Caché par les sous-titres, on dirait Laurent Voulzy.

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Zangra

Le comique troupier 9/9
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On a déjà vu dans ce blog que Jacques Brel utilisait quelques ressorts du comique troupier dans Le caporal casse-Pompon, ici. Il évoque aussi la vie du conscrit dans Au suivant, et de manière plus allusive dans de nombreuses chansons. Mais puisqu’on s’intéresse à l’énumération des grades, je vous passe Zangra pour terminer la série.  La chanson est inspirée du roman Le désert des Tartares, de Dino Buzzati. Cette fois, les grades sont enfin énumérés en ordre croissant, de lieutenant à général, dans une variante inattendue du crescendo brélien (alors que pour une fois la chanson va decrescendo et rallentando : cette ascension dans carrière est un avachissement, bourgeois ou provincial selon les catégories bréliennes, voir la série sur Brel, ici). La chanson évoque le sentiment le plus marquant de la vie du soldat, du moins de celui qui a eu la chance ne pas se trouver sur le front : l’ennui.

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La cane de Jef

Post spécial scoop

J’interromps la série en cours pour un scoop incroyable, que j’ai obtenu par un lanceur d’alerte anonyme, stagiaire au Soir de Bruxelles.  L’article doit sortir ce soir même sur cinq colonnes à la une… Héhé, je les grille de quelques heures, je sens que ça va buzzer.

Voilà, l’arrière grand-père de Jacques Brel, Hans Breexhsens, suite à la faillite frauduleuse de la pêcherie de harengs dont il avait la gérance au Spitzberg, a dû immigrer dans le sud de la France, où il s’est fait passer pour Italien afin de brouiller les pistes. Il a francisé son nom en Brassens et a refait sa vie, tous les lecteurs de ce blog connaissent le plus célèbre de ses rejetons. Il abandonnait derrière lui dans un orphelinat en Belgique un fils qui n’est autre que le grand-père maternel de Jacques Brel.

Jacques Brel et Georges Brassens étaient donc cousins au deuxième degré ! Le plus incroyable est que le producteur Jacques Canetti avait appris la chose. Il avait même proposé dans le plus grand secret une résidence d’artiste aux deux chanteurs pour composer une chanson ensemble. La seule contrainte était le titre : La cane de Jef. Il y en aurait un enregistrement pirate, je vous le passe dès que je mets la main dessus. En attendant, une chanson de Brassens tirée au sort, Histoire de Faussaire, accompagnée par Joël Favreau à la deuxième guitare et Pierre Nicolas à la contrebasse.

Pfou, comme dirait Brel, ça sent la morue jusque dans le cœur des frites aujourd’hui…

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La bourrée de Jacques Brel

L’énigme VF 8/9
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C’est le dernier volet de l’énigme aujourd’hui. On a commencé par une chanson de Brassens, on termine par une pas très connue de Jacques Brel, j’espère que le voyage vous a plu. La bourrée du célibataire.

Je suis sûr que vous avez tous trouvé le lien entre toutes les chansons de la série ! Solution demain.

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Bouché au réel ?

Petite géopolitique de Jacques Brel 13/13
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Dernier post de cette longue série sur la géopolitique chez Brel !! Avant de le quitter, mentionnons que sa vision du monde ne résiste pas toujours à la vérification factuelle. Par exemple, promenez-vous dans Amsterdam. Vous ne verrez pas tellement de marins qui naissent dans la chaleur épaisse des langueurs océanes ou qui dansent comme des soleils crachés. Comme noté par les gentils garçons du groupe Parabellum, qui vont jusqu’à traiter Brel de « bouché au réel » puis d' »abruti » dans leur version d’Amsterdam ! On ne leur en veut pas… Ilot Amsterdam par Parabellum.

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Brel voit grand

Petite géopolitique de Jacques Brel 12/13
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On arrive presque au bout de la géopolitique de Brel (et oui, j’arrive, j’arrive). Une géopolitique pas toujours très réaliste qui procède par invocation de grands blocs essentiels. J’ai omis de nombreux territoires ou peuples que Brel aborde incidemment : le Brésil, l’Inde ou Varsovie apparaissent dans ses chansons. Dans Voir ami pleurer, il chante « Ni le courage d’être juif, ni l’élégance d’être nègre », mais on en reparlera dans une prochaine série sur les juifs dans la chanson.

Sa géopolitique est un peu expressionniste, plus introspective que documentée, et traversée par ses propres passions. Aucun chanteur ne donne une vision du monde aussi riche, curieuse, personnelle et incarnée. À la manière de Victor Hugo, qui lui aussi voyait grand, et n’hésitait pas à convoquer Napoléon ou Waterloo à tout propos (voir ici) ! Je vous passe une dernière chanson de Brel, qui en fait un rien trop, dans Knokke-Le-Zoute Tango, tour d’horizon délirant de sa propre géographie, plein de saveur et d’autodérision.

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