La solution

La chanson, art majeur ou art mineur I. L’énigme ART 9/9
1233bis455bis66bis788bis99bis

Voici venue l’heure tant attendue de la solution. Vous l’avez tous deviné, le point commun entre toutes les chansons, c’est le poncif le plus éculé de toute la poésie : « amour » y rime avec « toujours ». ART = Amour Rime avec Toujours donc. De la variétoche-pour-femme-d’un-certain-âge de Frank Michael au grand poète de la chanson Brassens, de la belle amoureuse Barbara à l’artiste d’avant-garde Patrick Vian, de la chanson paillarde à la suave intimité de Mathieu Boogaerts, de la poésie faussement naïve de Paul Fort à la pop kitsch années 1980 de Léopold nord et vous, et jusqu’au héros national Aznavour : tout le monde est d’accord pour se vautrer dans cette facilité.

Certains petits malins se jouent du poncif, comme Michel Berger qui dit « L’amour, le vrai, celui qui ne rime pas avec jamais », ou Souchon, qui fait rimer « toujours » avec « hou hou ». J’ai dit qu’Emmenez-moi et Mes amis, mes emmerdes de Charles Aznavour n’étaient pas loin de l’énigme sans pouvoir y figurer. C’est qu’amour y rime avec « jour », ce qui ne suffit pas, loin s’en faut.

Cette rime facile devrait suffire à clore le débat : la chanson serait un art mineur. Mais regardez ce qu’on lit dans Phèdre de Racine.

Œnone
Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours ?
Ils ne se verront plus.

Phèdre

                                     Ils s’aimeront toujours.

Bon, la chanson serait donc à l’instar de la tragédie classique, un-art-majeur-qui-fait-rimer-amour-avec-toujours, catégorie injustement oubliée par l’Esthétique ? Pfouuu, c’est compliqué, je m’y perds. Je vous passe un petit Brigitte Fontaine en attendant la suite. Pipeau.

À partir de samedi prochain, on s’intéresse à une chanteuse des années 1960, je ne vous dis pas qui, c’est une surprise. On se retrouve quelques jours plus tard pour la deuxième série sur la chanson, art majeur ou art mineur.

Tous les thèmes

Aznavour dans l’énigme

La chanson, art majeur ou art mineur I. L’énigme ART 5bis/9
1233bis455bis66bis788bis99bis

Ça patine cette énigme, personne ne trouve alors que ce n’est pas si compliqué. Je vous rappelle qu’on cherche le point commun entre quelques chansons, de Barbara, Brassens, Frank Michael, Patrick Vian ou Mathieu Boogaerts. Il y a même une chanson paillarde, voir les billets précédents. Je vous propose un indice en bonus.

Si la mort du grand Aznavour vous a laissé mélancolique, soignez le mal par le mal et regardez la vidéo de l’INA avec ses chansons les plus marquantes. La première chanson, Et pourtant, possède le point commun entre toutes les chansons de l’énigme ART. Je le dis même pour les impatients : il suffit d’écouter la première minute de la vidéo ! Pour le reste, Emmenez-moi et Mes amis, mes emmerdes ne sont pas loin, mais non, elles ne peuvent pas faire partie de l’énigme.

Tous les thèmes

 

Celina

La chanson, art majeur ou art mineur I. L’énigme ART 3/9
1233bis455bis66bis788bis99bis

Comme troisième volet de l’énigme, je vous propose un extrait de l’album de Frank Michael, Il est toujours question d’amour, 9è album le plus vendu en France en 2000. Celina.

Tous les thèmes

Franck-mickaélisation

Expressions et mots venant de la chanson : les sources et les robinets 2/13
11bis234567899bis1010bis111213

On explore les mots et expressions plus ou moins courants qui viennent de la chanson. Proposez-moi vos idées d’ailleurs. Et maintenant, la réponse à la devinette du dernier billet : pourquoi une chanson de Frank Michael dans cette série ?

Le mot d’aujourd’hui est « franck-mickaélisation », qui ne vient pas d’une chanson mais du nom du chanteur Frank Michael. Le mot a été inventé par Thomas Legrand, éditorialiste sur France Inter, le 11 octobre 2011. C’était à propos de l’échec de Ségolène Royal, aux primaires du parti socialiste. Extrait :

Ils [les partisans de Ségolène Royal] se raccrochaient à la ferveur des salles de militants à travers la France. Ils ne pouvaient pas concevoir que l’on peut remplir des salles et vider des urnes à la fois. C’est le syndrome Franck Michael [sic]. Vous connaissez peut-être ce chanteur ? Il remplit tous les palais des sports et les Zénith de France… Beaucoup plus que bien des vedettes que l’on entend sur toutes les radios ! Mais son nom et ses chansons sont inconnues du plus grand nombre. Le dernier cercle des proches de Ségolène Royal ne s’est tout simplement pas aperçu de la « Franck-michaélisation » de leur candidate.

Vous pouvez trouver le texte intégral ici. Notez que le site internet de France Inter parvient à faire une faute d’orthographe dans le prénom et dans le nom de Frank Michael (le nom est parfois bien orthographié, parfois non). Voilà comment le service public traite la chanson française de qualité ! Je garde les fautes, je trouve qu’elles font pleinement partie de ce nouveau mot. L’expression franck-mickaélisation n’a rencontré quasiment aucun succès, et à bien y réfléchir, elle vient plutôt de la politique que de la chanson.

La politique, voilà une bonne source d’expressions. Elle nous a donné la chienlit, un quarteron (De Gaulle), adacadabrantesque (Chirac), « il faut terroriser les terroristes » (Pasqua)… Je me demande même si l’expression « il fait chaud » n’a pas été inventé par Édouard Balladur…

La gauche se débrouille bien aussi, avec « c’est un scandale » ou « taisez-vous Elkabbach » (Georges Marchais), « moi président » (Hollande), ou « travailleurs, travailleuses » (Laguiller), etc, etc.

Pour conclure ce billet, saviez-vous que le personnage de Fanfan la Tulipe vient à l’origine d’une chanson ? Fanfan la tulipe donc, sur des paroles d’Émile Debraux en 1819, ici chanté par Pierre Bertin.

Tous les thèmes

Rickroll

Expressions et mots venant de la chanson : les sources et les robinets 1/13
11bis234567899bis1010bis111213

On aborde un nouveau thème à partir d’aujourd’hui, mais avant de commencer, j’ai une communication importante. Je vous demande à tous de cliquer ici.

Alors, ça vous a plu ? C’était Never gonna give you up de Rick Astley. Et vous, vous avez victime d’un rickroll, une sorte de T’as-une-tache-pistache-2.0. D’après wikipedia :

Le rickroll est un phénomène internet qui s’est développé autour du clip vidéo de la chanson Never Gonna Give You Up, interprétée par le chanteur anglais Rick Astley. Il consiste à renvoyer un internaute vers le clip en question via un lien apparemment en rapport avec le texte qu’il consulte. On dit alors que l’internaute a été « rickrollé ».

Bref, un truc de geek, retournez donc voir la série sur les geeks dans la chanson. Et plus d’information sur les rickrolls ici. Regardez notamment le poisson d’avril des députés de la chambre des représentants de l’Oregon, qui ont glissé des morceaux des paroles de Never gonna give you up dans leurs interventions d’un 1er avril, afin d’en faire un montage, ici.

Le thème qui commence aujourd’hui, c’est donc les mots ou expressions (plus ou moins courants) qui viennent de la chanson. Par exemple le rickroll. Mais cet exemple n’est pas génial, je lance donc un grand concours : trouvez moi la plus belle expression, ou le plus beau mot de la langue française qui trouve son origine dans une chanson. On va mener une longue enquête sur ce sujet intrigant.

Je vous passe maintenant une chanson de Frank Michael. Vous ne connaissez peut-être pas ce chanteur de charme pour femmes d’un certain âge, qui vend des millions de disques et rassemble un public nombreux et fervent en dehors de tous les circuits médiatiques. Je vous propose Toutes les femmes sont belles. Et une devinette pour la prochaine fois : pourquoi une chanson de Frank Michael dans cette série ?

Tous les thèmes