La môme à trois pieds

Paralipomènes 18/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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La onzième série du blog était consacrée à l’Ouchanpo, variante chansonneuse de l’Oulipo. On demandait quelle chanson déjà donnée dans le blog est écrite en vers de trois pieds. Personne n’a trouvé la réponse, c’est sûrement faute d’avoir cherché… Réponse : Jolie môme de Léo Ferré, qu’on avait passée dans la série sur le sexisme (chantée par Juliette Gréco, ici). Je vous passe la version de Ferré.

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Cayenne

Putain de métier 1/11
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Le jardin a déjà exploré l’image de divers groupes sociaux dans la chanson. Tout d’abord les Roms (ici), groupe le plus discriminé en France et en Europe. Leur image dans la chanson est pourtant excellente : les chansons vantant tel Gitan ou tel Manouche sont légion, à tel point que Le Gitan est devenu une sorte de personnage conventionnel qui permet d’évoquer beaucoup en peu de mots : liberté farouche, amitié, générosité, honneur, etc. Nous avons aussi évoqué les scientifiques, catégorie sociale parmi les plus favorisées, et dont l’image dans la chanson est presque systématiquement négative, voir ici. La chanson serait donc l’art d’inverser la réalité ? Miroir, contre-pied, contre-poids, le paradoxe est vieux comme la chanson réaliste.

Qu’en est-il de l’image de la prostituée dans la chanson ? C’est le thème de la série qui démarre aujourd’hui, et les chansons ne manquent pas. Encore une fois, on va voir que le lien avec la réalité est parfois distendu. Mais à la différence des Roms et des scientifiques dont l’image dans la chanson est nette et univoque, la situation est complexe : la chanson met en scène un véritable débat sur les prostituées. Sont-elles « filles de joie » vouées aux délices de l’amour, ou esclaves honteusement exploitées ? Le bordel est-il un lieu d’exotisme, d’abattage ou de raffinement ? Doit-on le regretter, voire même le célébrer comme lieu de haute culture (on a déjà passé une chanson là-dessus : Nos chères maisons, par Juliette Gréco, ici) ?

Pour commencer notre étude, on part des racines de la chanson réaliste, avec Cayenne, une chanson de Bruant qui raconte la vie d’un maquereau. La putain y est bien présente avec une image assez nette : elle est la compagne de l’Apache, en butte comme lui au mépris du « richard » en particulier et de la Société en général. Je vous en passe une reprise rock-punk par le groupe Parabellum.

Une version que j’aime bien, très punk aussi, par Sanseverino, qui se prend pour Jimi Hendrix le temps d’un mini-pont…

Parabellum omet le dernier couplet :

Sur la tombe on lira
Cette glorieuse phrase
Écrite par des truands
D’une très haute classe
Honneur à la putain
Qui m’a donné sa main
Si je n’étais pas mort
Je te baiserais encore !

Sinon, vous avez remarqué que Nina est la « reine des morue de la plaine Saint-Denis » ? Les parisiens s’attendraient plutôt à la rue Saint-Denis, haut lieu de prostitution. Mais vérification faite, c’est bien la plaine Saint-Denis, un quartier de la banlieue nord de Paris où on a construit le Stade de France et où on tourne des émissions de télé comme Loft Story, rien à voir avec la prostitution donc.  Le « petit cimetière près de la rue Saint-Martin », on le cherche encore.

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Baudelaire, on en parle

L’affaire Verlaine 1bis/9
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J’ai écrit dans le dernier post que je ne connaissais pas de chansons qui cite Baudelaire. Floréal me signale dans un commentaire Comme Rimbaud de Brigitte Fontaine (merci) :

Et je jure que c’est vrai, j’en ai entendu une autre quelques heures après avoir écrit le post, dans un podcast de Étonnez-moi Benoît, l’émission de Benoît Duteurtre sur France Musique.  Il doit y en avoir plein en fait.  Nos chères maisons, paroles de Bernard Dimey, interprétée par Juliette Gréco. Le jour où j’écris ces lignes, la vidéo sur youtube a seulement 216 vues, ce qui est assez injuste, la chanson est très belle. Encore un petit effort Juliette avant de rattraper Gangnam Style. On retrouve Verlaine dans le prochain post.

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Fallait-il que je la déclamasse pour que vous la sussiez ?

Imparfait du subjonctif 3/5
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L’imparfait du subjonctif est un peu pédant, mais il est si plein d’auto-dérision qu’on le lui pardonne (le passé simple a aussi un gros potentiel). Voici la Complainte Amoureuse d’Alphonse Allais.

La complainte a été mise en musique, mais pour une fois je trouve qu’on y perd plutôt. Faites vous votre opinion avec Juliette Gréco.

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La chose de la vie qu’on oublie

Féminisme / Sexisme – 4/6
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Merci à Maryvonne pour sa proposition (voir le post d’avant-hier) : Les femmes. Elle gagne un prix exceptionnel : un week-end à Villeurbanne.

On aurait pu proposer La the nana, et sans doute plusieurs autres chanson de Léo Ferré. Ma réponse subjective : la chanson la plus sexiste de Ferré est Jolie môme.

Extraits :
« T’ es qu’une vamp, qu’on éteint, comme une lampe, au matin », ou encore « T’es qu’une chose de la vie qu’on arrose qu’on oublie », je vous en passe et des plus salées. Écoutez plutôt, et pour changer de Léo, je vous ai mis une version par Juliette Gréco.