Guy Béart

L’énigme de l’été 2018, 32/63
123456789
10111213141516171819
20212223242526272829
30313233343536373839
40414243444546474849
50515253545556575859
60616263

C’est la série d’été du Jardin aux Chansons. Je vous rappelle qu’on cherche ce qui se cache derrière 62 chansons… Aujourd’hui, Hôtel-Dieu de Guy Béart.

Chipée sur facebook, cette notice de Pierre Delorme :
C’est une autre chanson que j’ai découverte il y a une dizaine d’années seulement.
Elle est peu connue et différente des autres chansons de Guy Béart, elle a un tour bien plus personnel et biographique. Comme me l’avait dit un copain en l’écoutant « les images sont coupées au couteau ». J’aime sa sobriété et sa chute d’une simplicité très forte, « au couteau ». Je ne sais pas si c’est « une chanson importante de ma vie », mais je la tiens pour une très grande chanson.

Tous les thèmes

Abusé par l’abus de buses

Pierre Delanoë, parolier géopolitique 4bis/8
12344bis5678

Cette série sur Pierre Delanoë me rappelle une anecdote personnelle. Il y a quelques temps, j’ai participé à une conférence qui célébrait l’anniversaire de deux chercheurs, un Français et une Brésilienne. Pour leur faire une surprise, j’ai demandé à tous les participants, français et brésiliens en majorité, de préparer une chanson pour animer le diner. J’ai choisi Comme l’oiseau, adaptation par Pierre Delanoë d’un classique de la bossa nova, Você abusou. Une chanson franco-brésilienne, quoi de mieux ? Cerise sur le gâteau : la conférence se tenait à Grenoble, patrie de Michel Fugain. J’ai prévenu tout le monde, imprimé les paroles en portugais et en français, et même un peu travaillé la grille d’accords à la guitare.

La veille de la conférence, un collègue brésilien me demande embarrassé pourquoi j’ai choisi cette chanson. Il avait vraiment l’air gêné, et a fini par me dire que les paroles ne convenait pas du tout à la célébration d’un anniversaire. Traduction :

Você abusou = Tu as abusé
Tirou partido de mim = T’as tiré parti de moi
Abusou = Abusé

Mas não faz mal = Mais ce n’est pas grave
É tão normal ter desamor = C’est tellement normal d’avoir du désamour

etc, etc.

Patatras. Je croyais naïvement que abusou était une sorte d’oiseau, probablement une buse… Finalement, tout le monde a chanté dans une bonne humeur typiquement brésilienne et on ne m’a pas viré.

Você abusou, version originale, par Antonio Carlos et Jocafi.

 

Comme l’oiseau, par Michel Fugain.

 

La synthèse : franco-brésilienne, par Marcia Maria. Je trouve le placement rythmique remarquable au début, mais dans les paroles en français, elle se décale d’au moins une mesure et puis se rattrape l’air de rien !

 

Si vous êtes encore là, vous pouvez lire cet article paru dans le journal Le Monde, le 19 avril 1966. Comme quoi même les plus grands ont eu des problèmes de traduction…

Il y a quelques mois Gilbert Bécaud a enregistré pour une maison de disques allemande une version allemande de Nathalie. Comme le chanteur ne comprend que fort peu l’allemand, il l’a enregistrée phonétiquement ; ne pouvant pas soupçonner qu’on allait lui faire chanter un faux, il ne s’était pas fait retraduire en français la  » traduction  » allemande du texte de Pierre Delanoé.

Or, dans la version allemande, la charmante Nathalie n’est pas un guide moscovite, mais une fille russe quelconque qui se fait accoster par le premier étranger venu ; elle ne parle pas  » en mots sobres  » de la révolution d’Octobre, mais  » en mots appris par cœur  » ; finalement, l’auteur de la version allemande présente Nathalie comme une fille qui n’a qu’un désir : quitter l’Union soviétique au plus vite pour aller vivre à Paris. Bref, l’auditeur de la version allemande a l’impression que Nathalie n’est qu’une version féminine de Kravchenko, qui va  » choisir la liberté « .

Gilbert Bécaud a décidé qu’à l’avenir il ne chanterait les versions étrangères de ses chansons qu’après avoir pris connaissance d’une retraduction mot à mot en français.

Tous les thèmes

Chienne d’énigme

L’énigme ALF 9/9
12345677bis89

Voici l’heure tant attendue de la solution. Vous l’avez tous deviné, le point commun de toutes les chansons passées dans l’énigme, c’est qu’elles parlent d’un sujet qui n’est révélé qu’à la fin de la chanson (A La Fin = ALF) : la solitude, l’âne gris, les deux amoureux qui s’ennuient, pourquoi LV88 dit Hou La La, le sujet la lettre reçue par Renan Luce, le motif de la sieste du dormeur du val, le père de Barbara, etc.

Dans le même style, Pierre Delorme nous propose Le monsieur et le jeune homme, de Guy Béart. Par Juliette Gréco.

Pour conclure, je vous propose un exemple encore plus extrême : une chanson où on ne dit pas du tout de quoi ça parle, même à la fin. Chienne d’idée, Maxime Le Forestier et Vanessa Paradis.

Et oui, c’est quoi cette chienne d’idée ? C’est la liberté, mais ça n’est jamais dit explicitement. Je tiens l’info d’une interview du parolier, Boris Bergman.

Tous les thèmes

Promethée

Ils n’ont rien composé pour Nougaro 6bis/8
11bis23455bis66bis78

Je demandais il y a deux billets quelle chanson a été composée par Nougaro sur des paroles d’un autre. Pierre Delorme me répond sur Facebook qu’il a composé Rue Saint Denis, Nous n’avons pas de passé et Perle brune sur des paroles de Jacques Audiberti. Ainsi que Chanson de pirates, adaptation d’un poème de Victor Hugo. Vérification faite sur le site de la Sacem, en fait la musique de ces quatre chansons est co-écrite avec Maurice Vander, pianiste, arrangeur et souvent compositeur de Nougaro. Pas mal, merci.

La réponse de Daniel me semble meilleure : Prométhée, paroles de Jean-Pierre Bourdeaux, musique de Claude Nougaro. Jean-Pierre Bourdeaux a écrit quelques chansons, il était surtout acteur sous le pseudonyme de Jean-Pierre Maurin, et il était le frère de Patrick Dewaere. Prométhée.

Tous les thèmes

Qu’est-ce qu’un compositeur de Nougaro ?

Ils n’ont rien composé pour Nougaro 1bis/8
11bis23455bis66bis78

Sur Facebook, Pierre Delorme me fait remarquer qu’il faudrait distinguer « ceux qui ont effectivement composé pour Nougaro (à sa demande) et ceux dont il a mis en paroles un de leurs thèmes ». Certes… mais ça demanderait une enquête assez fouillée qui dépasse le cadre amateur de mon petit blog. Si quelqu’un est au courant d’un travail chansonologique (mémoire, thèse, article ?) sur les compositeurs de Nougaro, merci de le signaler. Ça me fera le point de départ d’une troisième série sur ce sujet.

Pierre Delorme me rapporte l’histoire suivante :

Je sais que pour L’Irlandaise, il avait entendu cette musique à la radio et comme elle plaisait particulièrement à sa compagne, il avait téléphoné à Didier Lockwood pour lui demander l’autorisation de mettre des paroles sur la mélodie.

Restent 72 compositeurs pour lesquels la nature précise du lien est à éclaircir ! Il y a probablement de belles histoires à chaque fois. À propos de Marguerite Monnot par exemple, connue entre autre pour les musiques de plusieurs chansons d’Édith Piaf ou de la comédie musicale Irma la douce. J’ai lu en préparant la série que Nougaro alors débutant, lui avait envoyé des textes en demandant des musiques.

Tous les thèmes

Ni Georges Brassens, ni Renaud ni Francis Cabrel n’est le plus grand bluesman français

Qui est le plus grand bluesman français ? 6/8
11bis233bis44bis5677bis8

Hasard du calendrier : ce premier billet de l’année 2018 est aussi le 500è billet du Jardin aux Chansons qui bifurquent ! Faites passer, partagez, abonnez-vous, faites suivre, et bonne année à tous !

Mais pour moi, aujourd’hui c’est le désespoir, j’ai le blues. Parce qu’on n’a toujours pas trouvé le plus grand bluesman français. On passe au bizarre, aux hypothèses les plus folles.

Brassens m’a été proposé dans un commentaire sur Facebook.  En fait, avant d’écrire cette série, j’ai lu quelque part que Brassens, finalement c’est du blues. Cette citation m’a d’ailleurs été rapporté par Pierre Delorme au début de la série. Impossible de trouver qui a dit ça au départ, help.

Je dois rejeter cette hypothèse : les musiques de Brassens n’empruntent pas grand chose au blues. Mais je pense que les tenants de l’hypothèse « Brassens » voient plutôt le blues comme un état d’esprit.  Alors cet homme qui tire seul sur sa pipe dans les bayous de l’étang de Thau en méditant sur la marche du monde et la démarche de la femelle du canard, il pourrait faire l’affaire. Et certaines de ses chansons ont quelque chose du blues… Le 22 septembre.

Mais non, ici, le blues, c’est le blues, yeah baby. Osons toutefois le pas prévu, bousculons nos certitudes. Tenez, par exemple, Renaud. Avez-vous remarquer que son H.L.M. ça peut sonner un peu comme un blues ? Mais de là à dire que Renaud est le plus grand bluesman français, alors là, je dis non, un vrai bluesman ça ne donne pas de coups de pied à des pigeons idiots (même pour de faux). Et ça ne vote pas Fillon.

Ou alors Francis Cabrel, qui m’a été proposé par Pierre Aboulker, internaute de bientôt quelque part espère-t-on. Il n’est pas mal du tout, très « root » à sa manière. Il a écrit des sortes de blues, comme Sarbacanne.

Ou encore La dame de Haute Savoie.

Je ne sais pas pourquoi il cache ça derrière des arrangements rocks ou variétoches. Car si on fait attention à la grille d’accords, on réalise que c’est pas loin d’un blues. Si la grille d’accords ne vous parle pas, contentez vous de cette preuve irréfutable : dans les paroles, Cabrel envisage la mort de son chien. Mais il ne va pas au bout de l’idée, il laisse ce désastre propre à donner le blues à l’état d’hypothèse.

Pour entendre La dame de Haute-Savoie comme un blues, il faut un peu fouiller le web à la recherche d’amateurs. Par exemple, une certaine Victoria. Soyez indulgent, le groove ne se met pas en place tout de suite :

Si vous aimez les vidéos d’amateurs, allez voir une autre version sympathique par Nathy&Mel

Bon, trêve d’amateurs. Monsieur Cabrel, vous êtes un grand professionnel. Mais n’oubliez pas que le Titanic a été construit par des professionnels et l’Arche de Noë par un amateur. Et puis je vous le dis tout net : vous auriez pu être le plus grand bluesman français, il fallait juste ne pas mettre ces arrangements variétoches partout, non mais. Et bien sûr faire mourir votre chien (dans votre chanson, je n’ai rien contre les chiens en dehors du blues). Et vouloir être un bluesman, zut. Non, mieux : ne pas avoir d’autre choix qu’être un bluesman, oh shit man, why ain’t gotta you the blues Francis ? Comme Skip James par exemple. Hard time killin’ floor blues.

Tous les thèmes

Ni Fred Ox ni Gérard Delahaye n’est le plus grand bluesman français

Qui est le plus grand bluesman français ? 4bis/8
11bis233bis44bis5677bis8

Ce jeu piste à la recherche du plus grand bluesman française suscite de très nombreuses propositions, merci à tous.

Tout d’abord, Pierre Delorme me signale une énorme bourde dans le dernier billet. Les accords du blues, c’est I, IV, V et non pas I, II, V comme écrit initialement. C’est corrigé, merci.

Ensuite Loïc Perlman me propose sur Facebook de très nombreuses pistes. Georges Brassens (dont on reparle bientôt), Gérald de Palmas, Louis Bertignac et l’irréductible et inoxydable Fred Ox. Je ne peux pas tout passer… Je retiens Fred Ox, Procrastination. Ne remet jamais à demain ce que tu peux faire après-demain Fred Ox !

Sur Facebook encore, Alain Berjon me propose Funeral Blues de Gérard Delahaye, je ne connaissais pas, très joli, merci. Les paroles sont une traduction d’un poète anglo-américain, W.H. Auden. J’ai trouvé un blog de chansons poétiques qui propose de nombreuses traductions du poème, intéressant : ici.

Tout ces trucs ne sont pas vraiment des blues… Et puis, je voudrais passer la fin de la série, alors si j’ai tout de suite le plus grand bluesman français, ce sera un coup arrêt (et pire, un coup de blues).

Tous les thèmes

 

 

Higelin n’est pas le grand bluesman français

Qui est le plus grand bluesman français ? 3bis/8
11bis233bis44bis5677bis8

Sur Facebook, Pierre Inkognito propose Higelin comme plus grand bluesman français. L’idée est excellente, je me suis presque laissé convaincre. Banlieue Boogie Blues.

Mais je ne peux pas accepter cette suggestion, j’ai déjà nommé Higelin chanteur français du bonheur (ici), il ne peut en même temps être le plus grand bluesman. Au fait, il va falloir arrêter de faire des suggestions de plus grand bluesman français, parce que je vais bientôt être à bout d’arguments de mauvaise fois pour les refuser…

Inkognito signale aussi Hold Tight, dans un style ragtime très réjouissant (profitez-en pour retourner voir les deux billets consacrés au ragtime, ici et ici).

 

Sinon, dans un des billets sur le blues, je vous ai passé Blind Willie Mctell. Bob Dylan lui a rendu un hommage que me signale Pierre Delorme. No one sings the blues like Blind Willie McTell, ici, chanté avec Mark Knopfler (je pense qu’il accompagne à la guitare, je ne suis pas sûr de l’entendre chanter… et si quelqu’un me trouve une version sans ce piano balourd, j’achète).

Tous les thèmes