Les arbres de Corot

La chanson, art majeur ou art mineur VIII. Chanson et peinture 9

On survole aujourd’hui le répertoire assez abondant des chansons consacrées à un peintre en particulier. Les arbres de Corot, de Pierre Delorme.

Le Johnny qui chante la peinture, c’est le Johnny artiste, celui qui a quelque chose de Tennessee. Comme tout le monde quoi. Un tableau de Hopper, Johnny Hallyday

Michel Berger, dans une tentative pour trouver un bon sujet pour le bac philo : « Si le bonheur existe, c’est une épreuve d’artiste ». D’accord, mais d’artiste majeur ou mineur ? France Gall, Cézanne peint.

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Brel à Gauguin

La chanson, art majeur ou art mineur VIII. Chanson et peinture 13

Patrick Hannais, fidèle abonné du Jardin, a attiré mon attention sur les destins parallèles de Jacques Brel et Paul Gauguin. À presque un siècle d’intervalle, tous les deux quittent les affaires pour se lancer dans l’art, épousent des femmes du nord aux prénoms similaires (Miche Brel, Mette Gauguin). Ils sont morts à peu près au même âge et sont enterrés côte-à-côte dans le même petit cimetière de l’île de Hiva Oa, aux Marquises.

Patrick Hannais a écrit une chanson sur ces histoires parallèles : Brel à Gauguin. Sur la vidéo, regardez les documents qu’il a réunis et cet étrange air de famille entre Brel et Gauguin.

Brel lui-même évoque Gauguin dans sa chanson testament, Les Marquises.

La pluie est traversière
Elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs
Qui fredonnent Gauguin

Quel dommage que Gauguin n’ait pas peint un portrait de Brel… Je vous passe aussi Gauguin, de Pierre Delorme.

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Raymond Busquet

La chanson, art majeur ou art mineur VII. Été 2019, chaque jour un poète, 64/68
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La série était prévue pour s’arrêter hier, mais je me suis trompé dans mes comptes de poètes, j’en ai mis cinq de trop ! Comment compter pareilles gens… C’est donc encore l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Raymond Busquet, né en 1926.

Pierre Delorme nous chante Au bruit de mon nom.

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Sur le Canon

Plagiats en chanson 9bis/9
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Pierre Delorme me signale qu’en fait la grille des Champs-Élysées (qui est d’ailleurs une adaptation de Waterloo Road de Jason Crest), n’est pas tout à fait celle du Canon de Pachelbel.

On retrouve la grille du Canon dans La maladie d’amour de Michel Sardou ou Rain and tears d’Aphrodite’s Child (qui reprend le Canon assez explicitement).

 

Merci et bonnes vacances (la série d’été commence demain !).

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Gainsbourg plagiaire

Plagiats en chanson 8/9
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Je me permets de plagier quelques infos transmises par Pierre Delorme, complétées par une rapide enquête sur la toile. Serge Gainsbourg a été mêlé à plusieurs affaires de plagiat, avec semble-t-il un procès perdu contre les producteurs de Babatunde Olatunji, à qui il a « emprunté » des rythmiques, les chœurs, la mélodie, bref tout sauf les paroles, en « oubliant » de le créditer. On écoute.

Babatunde Olatunji, Akiwowo.

Serge Gainsbourg, New York.

 

Deux autres chansons de Gainsbourg sont des plagiats directs de Babatunde Olatunji : Joanna et Marabout (plagiats de Kiyakiya et Gin-go-la-ba). Il y a d’autres exemples. Écoutons la chanson de Miriam Makeba Umqokozo.

 

Pauvre Lola de Serge Gainsbourg en est un plagiat direct.

Il y a aussi La chanson du forçat, le générique de Vidocq, qui ressemble étrangement à Ballad of Hollis Brown de Bob Dylan.

Et puis c’est tout … à ma connaissance. Je ne pense pas qu’on puisse ranger les emprunts à la musique classique dans la catégorie des plagiats.

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Propositions des lecteurs

Plagiats en chanson 7bis/9
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Plusieurs lecteurs m’ont écrit. Véronique, internaute de Lyon me propose à propos d’Amsterdam la reprise par David Bowie. Port of Amsterdam.

 

À propos de Laurent Voulzy et des Beatles, j’ai reçu plusieurs propositions de chansons avec des similitudes. Je ne pense pas qu’on puisse vraiment parler de plagiat, plutôt d’emprunts, de compositions « à la manière de ».

Pierre Delorme me signale Quand je serai KO, d’Alain Souchon pour les paroles, qui ressemble un peu à When I’m Sixty-Four des Beatles (je vous passe la reprise par Keith Moon, plus connu comme batteur des Who). Noter qu’il y a similitude sur les paroles et la musique.

 

Genzo le parolier m’écrit dans un commentaire :
Dans la chanson Désir, Désir, avec Véronique Jeannot, le passage « Cette chose-là il faut que tu devines », ressemble étrangement à Bluebird et au passage « And you’ll know what love is for ».

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Détournements erronés ou oubliés

La chanson, art majeur ou art mineur, III. Les expressions toute faites chez Brassens 9bis/10
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Avant de clore cette série sur les expressions toute faites chez Brassens, un point sur les propositions des lecteurs, qui curieusement concernent toutes des syllepses de sens. Pour rappel, une syllepse de sens consiste en l’utilisation d’un mot en son sens propre et en son sens figuré, simultanément.

Pierre Delorme me signale que « faire flèche de tout bois » n’est pas une invention de Brassens, mais une expression qui existait déjà. Je pensais que c’était un détournement de « faire feu de tout bois », mais effectivement. L’expression serait même attesté dans le Dictionnaire de l’Académie Française, édition de 1762.  Brassens recourt donc à une syllepse de sens, puisqu’on lit « Au printemps Cupidon fait flèche de tout bois… » dans Les amours d’antan. Le mot « flèche » est bien simultanément au sens propre et au sens figuré, pour autant qu’elles ne soient pas trop « émoussées dans le bout, les flèches courtoises qu’il nous décoche », ce bon vieux Cupidon…

Nadia, internaute de Meylan relève une syllepse qui m’a échappée dans Auprès de mon arbre : « tous de bonne graine ». J’en prends de la graine.

Diego me propose « en me tenant le bec dans l’eau » dans Comme une sœur.  Effectivement, c’est bien une syllepse puisque le narrateur a vraiment la tête sous l’eau. Il remarque aussi que le si romantique « souper aux chandelles » de La fessée se tient dans une chapelle ardente.

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Guy Béart

L’énigme de l’été 2018, 32/63
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C’est la série d’été du Jardin aux Chansons. Je vous rappelle qu’on cherche ce qui se cache derrière 62 chansons… Aujourd’hui, Hôtel-Dieu de Guy Béart.

Chipée sur facebook, cette notice de Pierre Delorme :
C’est une autre chanson que j’ai découverte il y a une dizaine d’années seulement.
Elle est peu connue et différente des autres chansons de Guy Béart, elle a un tour bien plus personnel et biographique. Comme me l’avait dit un copain en l’écoutant « les images sont coupées au couteau ». J’aime sa sobriété et sa chute d’une simplicité très forte, « au couteau ». Je ne sais pas si c’est « une chanson importante de ma vie », mais je la tiens pour une très grande chanson.

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Abusé par l’abus de buses

Pierre Delanoë, parolier géopolitique 4bis/8
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Cette série sur Pierre Delanoë me rappelle une anecdote personnelle. Il y a quelques temps, j’ai participé à une conférence qui célébrait l’anniversaire de deux chercheurs, un Français et une Brésilienne. Pour leur faire une surprise, j’ai demandé à tous les participants, français et brésiliens en majorité, de préparer une chanson pour animer le diner. J’ai choisi Comme l’oiseau, adaptation par Pierre Delanoë d’un classique de la bossa nova, Você abusou. Une chanson franco-brésilienne, quoi de mieux ? Cerise sur le gâteau : la conférence se tenait à Grenoble, patrie de Michel Fugain. J’ai prévenu tout le monde, imprimé les paroles en portugais et en français, et même un peu travaillé la grille d’accords à la guitare.

La veille de la conférence, un collègue brésilien me demande embarrassé pourquoi j’ai choisi cette chanson. Il avait vraiment l’air gêné, et a fini par me dire que les paroles ne convenait pas du tout à la célébration d’un anniversaire. Traduction :

Você abusou = Tu as abusé
Tirou partido de mim = T’as tiré parti de moi
Abusou = Abusé

Mas não faz mal = Mais ce n’est pas grave
É tão normal ter desamor = C’est tellement normal d’avoir du désamour

etc, etc.

Patatras. Je croyais naïvement que abusou était une sorte d’oiseau, probablement une buse… Finalement, tout le monde a chanté dans une bonne humeur typiquement brésilienne et on ne m’a pas viré.

Você abusou, version originale, par Antonio Carlos et Jocafi.

 

Comme l’oiseau, par Michel Fugain.

 

La synthèse : franco-brésilienne, par Marcia Maria. Je trouve le placement rythmique remarquable au début, mais dans les paroles en français, elle se décale d’au moins une mesure et puis se rattrape l’air de rien !

 

Si vous êtes encore là, vous pouvez lire cet article paru dans le journal Le Monde, le 19 avril 1966. Comme quoi même les plus grands ont eu des problèmes de traduction…

Il y a quelques mois Gilbert Bécaud a enregistré pour une maison de disques allemande une version allemande de Nathalie. Comme le chanteur ne comprend que fort peu l’allemand, il l’a enregistrée phonétiquement ; ne pouvant pas soupçonner qu’on allait lui faire chanter un faux, il ne s’était pas fait retraduire en français la  » traduction  » allemande du texte de Pierre Delanoé.

Or, dans la version allemande, la charmante Nathalie n’est pas un guide moscovite, mais une fille russe quelconque qui se fait accoster par le premier étranger venu ; elle ne parle pas  » en mots sobres  » de la révolution d’Octobre, mais  » en mots appris par cœur  » ; finalement, l’auteur de la version allemande présente Nathalie comme une fille qui n’a qu’un désir : quitter l’Union soviétique au plus vite pour aller vivre à Paris. Bref, l’auditeur de la version allemande a l’impression que Nathalie n’est qu’une version féminine de Kravchenko, qui va  » choisir la liberté « .

Gilbert Bécaud a décidé qu’à l’avenir il ne chanterait les versions étrangères de ses chansons qu’après avoir pris connaissance d’une retraduction mot à mot en français.

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