La première énigme

Paralipomènes 12/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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La première énigme passée dans le Jardin, c’est l’Énigme HM, sixième série du blog. Allez la voir, je ne vous donne pas la solution si jamais vous vouliez la chercher pour vous amuser. Écoutez ça avant ou après, ça va très bien dedans. Celui qui a mal tourné, Georges Brassens, avec un clip assez bien fait, bricolé à partir d’extraits de film de Charlie Chaplin.

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Charlot chante

Le silence en chanson 2/8
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Je vous rappelle qu’on cherche toujours le plus long silence dans une chanson. Christelle de Villeurbanne me propose l’absence de réaction de Bob Dylan à son prix Nobel de littérature. Merci. C’est effectivement un très long silence d’un chanteur (voir ici), mais pas dans une chanson, réponse refusée !

On a vu dans le premier post de la série comment, en 1927, le tout premier film parlant entremêlait chanson, silence et dramatisation. Qu’en est-il du dernier grand film muet ?

En 1934, Charlie Chaplin décide de tourner un Charlot parlant. Mais après quelques essais, il réalise que la poésie de son personnage est difficile à transposer en film parlant… Il se décide donc finalement pour un film muet, alors que toute l’industrie du cinéma est déjà passée au parlant depuis longtemps. Les Temps Modernes sera donc le dernier grand film muet de l’histoire du cinéma. Certains passages sont parlants ou sonorisés, mais on peut y voir une critique du parlant, puisqu’on entend surtout le bruit aliénant des machines et la voix tyrannique du patron de l’usine.

La voix de Charlot résonne toutefois dans une unique scène vers la fin du film. Il doit chanter une chanson, mais incapable de mémoriser les paroles, il en place une copie sur  des manchettes qu’il perd au début de sa performance. Il improvise alors un texte fantaisiste en grommelot, variante de charabia en usage dans la Commedia dell’arte.

Juste avant qu’il chante, dans un bel intertitre, Paulette Goddard lance un ultime plaidoyer pour le cinéma muet : »Sing, never mind the words ! » Et oui, qu’importent les mots… On retiendra que le long silence de Charlot (sa filmographie s’étale sur une vingtaine d’années) est brisé par une chanson en charabia.

Pour finir, que diriez vous d’un petit massage ?

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Le silence du chanteur de jazz

Le silence en chanson 1/8
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On s’intéresse à partir d’aujourd’hui au silence dans la chanson. Le thème se prête particulièrement au bavardage, mais n’insistons pas sur ce paradoxe, ça en rajouterait encore (du bavardage).

Avant de démarrer la série, je lance un grand concours : trouvez-moi le plus long silence dans une chanson. Attention, John Cage ne compte pas (ceux qui ne connaissent pas ce compositeur le découvriront très bientôt dans cette série). Je veux une vraie chanson, avec un vrai silence dedans : pas de silence qui suit Mozart et qui est encore du Mozart (on en parlera aussi dans la série, c’est tout à fait valable, mais ce n’est pas de la chanson). J’ai un exemple de silence de presque trois secondes, je le passerai à la fin de la série. Qui dit mieux ?  J’attends vos propositions avec impatience.

Commençons notre étude du silence par une scène du Chanteur de Jazz, tout premier film « parlant et chantant » de l’histoire du cinéma. En fait, le film est principalement muet, seules quelques scènes sont parlantes et chantantes. Il raconte la relation conflictuelle de Jakie Rabinowitz avec son père, chantre dans une synagogue de New York.  Ce dernier souhaiterait que son fils vive dans la tradition juive et devienne chantre à son tour. Surtout pas chanteur de jazz en tout cas. Je vous passe une scène où un silence des plus éloquents interrompt notre chanteur : Al Jolson, dans une chanson dont je n’ai pas retrouvé le titre.

Ce silence soudain induit une belle dramatisation et fait basculer la scène « parlante et chantante » dans une esthétique typiquement muette. L’intertitre « Papa, you have no words for your son » peut se comprendre à plusieurs niveaux : le père n’a effectivement pas de mots, puisque le film est redevenu muet… à moins que le film ne redevienne muet faute de mots.

À écouter sur le silence au cinéma (et en particulier cette scène du Chanteur de Jazz) : sur le site de France Culture, Quand le cinéma donne la parole au silence, dans l’émission Les Chemins de la philosophie d’Adèle Van Reeth, avec José Moure. Ici.

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