Professeur Choron, boucher et assassin

Bouchers, boucherie et chanson, 9

Aujourd’hui, le professeur Choron nous chante Les pages rouges du bottin. Il est accompagné par Los Carayos, groupe éphémère qui a rassemblé dans les années 1980 la fine fleur du rock alternatif parisien (notamment François Hadji-Lazaro dont on reparle dans le prochain billet, Schultz guitariste et chanteur de Parabellum, et bien sûr Manu Chao avant qu’il ne devienne le Che Guevara de la variétoche internationale sur grille de trois accords, voir la série qu’on lui a consacrée ici).

Les mélomanes peuvent écouter une version au son un peu plus propre.

Je vous ajoute un poème de Charles Baudelaire, L’Héautontimorouménos.

Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher !
Et je ferai de ta paupière,

Pour abreuver mon Saharah,
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d’espérance
Sur tes pleurs salés nagera

Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon coeur qu’ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge !

Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ?

Elle est dans ma voix, la criarde !
C’est tout mon sang, ce poison noir !
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.

Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !

Je suis de mon cœur le vampire,
Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire !

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Los Carayos (ne demandez pas ce que ça veut dire)

La carrière de Manu Chao 2/6
12 – 3 – 4 – 56
 
Après les Hot Pants, Manu Chao a participé à Los Carayos, une sorte de dream-team de la scène alternative parisienne de la fin des année 1980. Le groupe réunit outre Manu Chao, Schultz (plus connu comme chanteur et guitariste de Parabellum, on en reparle plus tard) et le célèbre multi-instrumentiste, François Hadji-Lazaro (les Garçons Bouchers,  Pigalle, …).

Los Carayos a la spécificité d’avoir écrit une chanson s’appelant Los Carayos, destinée à présenter Los Carayos au public de Los Carayos. On y trouve un mini-manifeste sur leurs influences (« De Nashville à Ménilmontos », le « os » étant là pour la rime mais aussi pour souligner l’influence hispanique), une appréciation objective (« C’est vraiment des bêtes les musiciens, C’est même les meilleurs du coin »), et bien d’autres chose que je vous laisse découvrir.

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