Ponchon pochtron

Vin, alcool et ivrognerie 21

On a beaucoup cité Raoul Ponchon dans cette série. C’était un journaliste bohème qui pratiquait un art aujourd’hui perdu : la gazette rimée. Sa citation la plus célèbre :

Quand mon verre est vide, je le plains ; quand mon verre est plein, je le vide.

Sa vie recèle un étrange mystère : alcoolique et goinfre, n’ayant pas eu une hygiène de vie très exemplaire, il vécu pourtant jusqu’à l’âge de 88 ans sans grand problème de santé. Il se pourrait qu’il ait grandement exagéré son alcoolisme. Sa pratique intensive de la marche à pied l’a peut-être aussi gardé en forme. Excellente émission à son sujet sur France Culture ici.

En écoutant l’émission, j’ai pris quelques notes pour cette série, à propos de la vie de « bohème ». Jean-Didier Wagner, historien de la littérature :

Il ne faut pas oublier que « bohème » est un terme qui a été pratiquement imaginé par Henri Murger. Auparavant, on pouvait vivre de façon artiste, en dehors des règles de la vie bourgeoise. Mais le mot « bohème » et « bohème littéraire » n’a pas été associé avant 1842 je dirais au champ littéraire et artistique. C’est une manière de se vendre au public. On est bohème pour le bourgeois en fait. Donc, si on veut vendre, il suffit de mettre comme Goudot « dix ans de bohème » sur ses mémoires.

Renaud, Pochtron.

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Le flipper

Jeu et chanson 4/15

Il est temps de révéler la réponse à la première devinette : le jeu plus souvent cité en chanson. J’ai eu toute sorte de réponses (voir le billet précédent) et personne n’a trouvé la mienne. Diego propose la chasse, réponse intéressante avec beaucoup de chansons, mais je ne range pas la chasse dans les jeux.

Je propose donc : le flipper. Tout comme un bon coup au jeu de go, le flipper remplit plusieurs objectifs. D’abord, le jeu est musical en lui-même, il se prête bien à la musique figurative à l’instar de la machine écrire ou du train par exemple. Ensuite, ce jeu des copains, adolescent et générationnel permet d’actionner le ressort (c’est le cas de le dire) le plus efficace de la chanson : la nostalgie. Le flipper a aussi une valeur métaphorique : les rebonds illogiques de la boule de bumper en bumper sont la vie même. En fait, certains flippers étaient même des petites allégories, avec dans un univers bien défini des zones chanceuses et d’autres adverses, des prisons, des gains inespérées, etc. Bref, le flipper a tout pour plaire au parolier.

Même Édith Piaf a chanté le flipper. Le billard électrique.

Parmi les nombreuses chansons de flipper, je trouve que celle qui exploite le mieux tout le potentiel du jeu, c’est Flipper, du groupe Téléphone.

Pour la valeur nostalgique du flipper, je propose Les forbans, La fille du flipper.

Comme chanson qui exploite le potentiel métaphorique du flipper, je propose Corynne Charby, Boule de flipper. Il faut juste qu’on m’explique pourquoi le clip montre surtout des boules de bowling et une boule de pétanque bien astiquée sur un billard … La musique est de Christophe en personne.

Sur le plan musical, ma chanson de flipper préféré est Pinball wizard des Who. Avec Elton John au chant, le version du film Tommy exploite un peu le potentiel musical du jeu.

Pour les vrais fans des Who, une version live avec Roger Deltrey au chant. Au festival de l’ile de Wight, en 1970. Le tempo s’embourbe quelque peu… Keith Moon devait être un peu défoncé, mais merde, ça a de la gueule.

Version française, par Richard Anthony, un beau massacre, merci. Le sorcier du flipper. Les paroles sont de Boris Bergman, il a quand même fait mieux après …

Tant qu’à rester en France, je préfère de très loin la pop déjantée d’un autre Richard (Gotainer). L’empereur du flipper.

Même Chantal Goya a chanté le flipper, dans sa période yéyé au début de sa carrière. Si tu gagnes au flipper. Tout comme le yaourt avec de vrais morceaux de fruits, il y a de vrais bruits de flipper au début.


Les nuits sans Kim Wilde de Laurent Voulzy exploite le côté obsessionnel du flipper. Paroles d’Alain Souchon.

Je conclus ce billet par une anecdote personnelle. Soucieuse de mon éducation, ma maman m’emmenait parfois sur les lieux de tel ou tel événement historique. Ainsi nous sommes-nous retrouvés il y a une bonne quarantaine d’années dans le café où Jean Jaurès avait été assassiné quelque décennies auparavant, rue Montmartre à Paris pour autant que je me souvienne. Elle a demandé où se trouvait le grand homme au moment du coup de feu. Le garçon nous a répondu : « il était au flipper ». Tout comme Bob qu’était au flip quoi. Marche à l’ombre de Renaud.

Je me suis limité aux chansons centrées sur le flipper. Pour aller chercher l’extra-balle, ou même peut-être « claquer » et gagner une partie gratuite, quelques chansons qui l’évoquent incidemment :
Laisse béton, encore Renaud
Rock autopsie ou Les dingues et les paumés d’Hubert-Félix Thiéfaine
J’ai eu 30 ans de Maxime Le Forestier
Nos amours cassées de Félix Gray & Didier Barbelivien
Couleur menthe à l’eau d’Eddy Mitchell
Cœur en stéréo de Jeanne Mas
La solitude de Gilbert Bécaud

Vous venez de lire le 1200e billet du Jardin aux chansons qui bifurquent.

1 – Les échecs
2 – Le jeu générique
3 – Monopoly
3bis – Chanteuses au nom de jeu
4 – Le flipper
5 – Marelle et pile ou face
6 – Le flambeur
6bis – Cache-cache
7 – La partie de bridge
8 – Le jeu de go
9 – La pétanque
9bis – Cache-cache party et go
10 – Question pour un champion
11 – La belote
12 – Le casino
13 – Les jeux vidéos
13bis – Les jeux vidéos (bis)
14 – Poker
15 – Le joujou du pauvre

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Le conflit israélo-palestinien

Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 9/19

Le conflit israélo-palestinien est parfois évoqué dans des chansons pacifistes, comme Inch’Allah de Salvatore Adamo.

Je n’ai trouvé que peu d’allusion à la cause palestinienne chez des chanteurs ayant une certaine diffusion. Je note que dans les deux chansons à suivre, les règles non-écrites régissant la majorité des chansons évoquant les juifs s’appliquent : rester allusif, ne pas nommer ce dont parle, et lorsqu’on le nomme, l’inclure dans une liste.

Dans Tout le monde y pense de Francis Cabrel, « Des cailloux sur des casques lourds » : tout le monde pense à l’intifada (et à Francis Cabrel).

Dans Miss Maggie, Renaud sacrifie à la tradition énumérative, tout en inventant un génocide pour les besoins de sa démonstration. Suite à une polémique, il paraît qu’il a changé les paroles dans ses concerts, voir ici.

1 – Le chandelier
2 – Le mot « juif » dans des listes
3 – La chanson anticléricale œcuménique
3bis – Souchon et Ferré
4 – Le juif non-dit
5 – Les juifs chez Gainsbourg
6 – Un juif célèbre
7 – L’Aziza
8 – La chanson pro-israélienne
9 – Le conflit israélo-palestinien
10 – Image des juifs dans le rap
11 – L’anti-antisémitisme de Pierre Perret
12 – La chanson antisémite
13 – On peut rire de tout, mais pas en mangeant du couscous
14 – Les mères juives
15 – Betty Boop
16 – Noirs et juifs aux USA
17 – Nica
18 – Noirs et juifs en chanson chez Jean-Paul Sartre
19 – Azoy
19bis – Retour sur quelques commentaires

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La chanson pro-israélienne

Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 8/19

Le courant est aujourd’hui un peu passé de mode, mais il y a eu plusieurs chansons pro-israéliennes dans les années 1960. Par exemple, Exodus, paroles d’Eddy Marnay, interprétée par Édith Piaf, pour le film du même nom.

Autre exemple, Nino Ferrer, Je vous dis bonne chance.

Dans un contexte plus actuel et circonstancié, Renaud évoque Israël dans Hyper cacher, chanson écrite après les attentats de janvier 2015.

Pour un exposé plus doctrinaire du sionisme en chanson, je vous propose Plaidoyer pour ma terre (qu’est-ce que le sionisme) d’Herbert Pagani.

J’inclus aussi une chanson de Serge Gainsbourg, Le sable et le soldat, écrite à l’occasion de la guerre des six jours, et dont il n’existe qu’une maquette. Plus d’information sur cette étrange chanson ici (à écouter si vous vous posez tout plein de questions sur Gainsbourg, la France et le sionisme).

 

1 – Le chandelier
2 – Le mot « juif » dans des listes
3 – La chanson anticléricale œcuménique
3bis – Souchon et Ferré
4 – Le juif non-dit
5 – Les juifs chez Gainsbourg
6 – Un juif célèbre
7 – L’Aziza
8 – La chanson pro-israélienne
9 – Le conflit israélo-palestinien
10 – Image des juifs dans le rap
11 – L’anti-antisémitisme de Pierre Perret
12 – La chanson antisémite
13 – On peut rire de tout, mais pas en mangeant du couscous
14 – Les mères juives
15 – Betty Boop
16 – Noirs et juifs aux USA
17 – Nica
18 – Noirs et juifs en chanson chez Jean-Paul Sartre
19 – Azoy
19bis – Retour sur quelques commentaires

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Le mot « juif » dans des listes

Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 2/19

Quand le mot « juif » apparaît dans une chanson, c’est rarement pour désigner un personnage particulier, ou pour souligner une qualité prêtée aux juifs. On va le voir dans ce billet, le « juif » dans la chanson est souvent abstrait, insipide, à l’antipode du « gitan », personnage récurrent à la personnalité forte et affublé de nombreuses qualités (voir ici). Il y a peu d’exceptions, retournez voir le billet consacré à Georges Moustaki pour en trouver une (ici).

« Juif » apparaît donc souvent dans des chansons énumératives, avec d’autres peuples, ou simplement adossé au nom d’une autre ethnie, comme pour se mettre à distance d’un antagonisme ou pour dissiper toute suspicion de racisme. Dans ce contexte, « juif » et « arabe » sont souvent cités ensemble, l’un justifiant l’autre et inversement, ou l’excusant. Les exemples sont assez nombreux et chacun peut interpréter le phénomène selon sa paranoïa propre, je vous laisse à vos méditations.

Plus belle chanson de la collection, Claude Nougaro, Sonnet à Mouloudji. Vous noterez que techniquement, il ne s’agit pas d’un sonnet, puisque l’avant-dernière strophe contient quatre vers, et que dans la dernière un vers ne rime avec aucun autre, sans que cela ne produise aucune gêne à l’écoute, c’est le génie créatif de Nougaro.

On me prend pour vous
On vous prend pour moi
Ressemblance féconde
Du Juif et de l’Arabe

Kabyle de la Butte
Sarrazin de Toulouse
Ainsi se répercutent
Dans du noir et du rouge

Je serais anarchiste
Comme vous, cher frangin,
S’il n’y avait là, qui geint
Dans ma vierge âme bistre

Un ange, qu’on ne peut nier
Et qui tient à nous mettre
Dans le même panier

Chanson la plus surprenante dans notre étude, magnifique exemple de chanson énumérative : Le zizi de Pierre Perret, seul tube que j’ai trouvé pour cette série (et en sens seul véritable « tube » de toute la chanson française).

Celui d’un marin breton
Qui avait perdu ses pompons
Et celui d’un juif cossu
Qui mesurait le tissu
Celui d’un infirmier d’ambulance
Qui clignotait dans les cas d’urgence

Le mot « juif » apparaît parfois dans des listes de victimes du racisme, comme dans Monsieur Machin de Nino Ferrer.

Vous n’aimez pas les nègres
Vous n’aimez pas les juifs
Vous aimez les gueuletons
Dimanche après la messe
Monsieur Machin, vous êtes mort en naissant

Ou encore, Cannabis, toujours de Nino Ferrer.

La crasse et le vide
La gueule et l’angoisse
La guerre aux métèques
Nègres, Juifs ou chiens
Ça n’fait rien

 

Pour dénoncer la télé-poubelle, Louis Chedid va même jusqu’à mettre dans le même sac racistes et victimes du racisme, dans Reality-Show.

Je m’adresse à tous les charognards
Qui tirent sur la corde sensible
Les chasseurs de sensationnel
Vautours de la télé-poubelle
Qui mélangent dans le même shaker
Juifs, skins, nazis, beurs

 

Plus positivement, les juifs sont souvent cités dans des chansons célébrant l’unité du genre humain. Par exemple dans Mélangez-vous Pierre Perret.

Femme pleine de grâce
Quand l’étranger à l’entour de ta maison passe
Noir, Blanc, Juif ou Berbère
Laisse ton cœur désigner celui qu’il préfère

Ou encore dans J’ai embrassé un flic de Renaud.

Nous étions des millions
Entre République et Nation
Protestants et catholiques
Musulmans, juifs et laïcs
Sous le regard bienveillant
De quelques milliers de flics

Ou encore dans Oye Sapapaya de Doc Gyneco

Je suis nègre, juif et communiste
Allez leur dire aux lepénistes

Dans la géographie imaginaire de Jacques Brel (voir ici), il y a une petite place pour les juifs et les noirs. « Ni le courage d’être juif, ni l’élégance d’être nègre » dit-il dans Voir un ami pleurer. J’observe que le judaïsme est très discret dans l’œuvre de Brel, mais s’il respecte la règle non-écrite consistant à toujours évoquer « juif » avec un autre peuple, il est aussi le seul de tout ce billet qui n’est pas dans une neutralité complète, puisque fidèle à son habitude de prêter une personnalité à tel ou tel peuple, il associe « juif » à une qualité.

Hubert-Félix Thiéfaine utilise aussi le mot juif dans une chanson énumérative. Le titre de la chanson est peut-être une provocation (Je suis partout était un journal antisémite sous l’occupation)… mais peut-être pas, à partir d’une certaine dose de THC dans le sang, c’est difficile de savoir. La chanson aurait eu sa place dans la série sur la Shoah si je l’avais trouvée à temps. Je suis partout.

je suis partout
dans le héros, dans le vainqueur
le médaillé qui fait son beurre
dans la fille tondue qu’on trimbale
à poil devant les cannibales
dans le train Paris-gare d’Auschwitz
entre les corps des amants juifs
dans ces millions d’enfants gazés
qu’on voudrait me faire oublier
je suis partout
partout partouze
tendresse en s.o.s.
eros über alles

Pour conclure ce billet, Philippe Katerine, dont je réalise petit à petit en travaillant à mon blog que toute l’œuvre est une sorte d’analyse critique de la chanson, pousse le dispositif jusqu’à l’absurde dans Juifs Arabes.

 

 

1 – Le chandelier
2 – Le mot « juif » dans des listes
3 – La chanson anticléricale œcuménique
3bis – Souchon et Ferré
4 – Le juif non-dit
5 – Les juifs chez Gainsbourg
6 – Un juif célèbre
7 – L’Aziza
8 – La chanson pro-israélienne
9 – Le conflit israélo-palestinien
10 – Image des juifs dans le rap
11 – L’anti-antisémitisme de Pierre Perret
12 – La chanson antisémite
13 – On peut rire de tout, mais pas en mangeant du couscous
14 – Les mères juives
15 – Betty Boop
16 – Noirs et juifs aux USA
17 – Nica
18 – Noirs et juifs en chanson chez Jean-Paul Sartre
19 – Azoy
19bis – Retour sur quelques commentaires

 

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Recollage

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 9/10

Je vous rappelle que j’attends toujours vos vers préférés chez Brassens ! Je fais le point demain sur les différentes propositions.

Devinette du jour : quel alexandrin de Brassens est obtenu en recollant les titres de trois chansons ?

Réponse à la devinette d’hier. On demandait quelle célébrité a la particularité de voir son nom cité dans des chansons de Adamo, Alizée, Art Mengo, Pierre Bachelet, Barbara, Didier Barbelivien, Claude Barzotti, Bénabar, Benjamin Biolay, Georges Brassens, Jean-Roger Caussimon, Alain Chamfort, Julien Clerc, Vincent Delerm, Bob Dylan, Lara Fabian, Jean Ferrat, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Mark Knopfler, Serge Lama, Allain Leprest, Yves Montand, Mouloudji, Pascal Obispo, Pierre Perret, Renaud, Yves Simon, Charles Trenet et Zazie.

Il s’agit bien sûr de Paul Verlaine, bravo a Pierre Delorme qui a trouvé la réponse le premier, suivi de près par Patrick Hannais et Nadia (de Meylan). Simon me propose même une chanson à ajouter à la liste, Rive gauche d’Alain Souchon qui n’hésite pas à couper en deux le nom de ce pauvre Verlaine. Vous pouvez retourner voir la série qu’on a consacré à cet étrange phénomène, ici. Je ne vais pas vous passer toutes les chansons… Je me contente d’une des plus inattendues : Bob Dylan, You’re gonna make me lonesome when you go.

Et si vous ne me croyez pas, voici la liste des chansons, allez-y voir !

Pauvre Verlaine, Adamo
À cause de l’automne, Alizée
L’enterrement de la lune, Art Mengo
En ce temps là j’avais 20 ans, Pierre Bachelet
La Solitude, Barbara
Gottingen, Barbara
Hop Là !, Barbara
L’absinthe, Barbara
Dinky Toys, Didier Barbelivien
Quitter l’autoroute, Didier Barbelivien
Je ne t’écrirai plus, Claude Barzotti
Remember Paris, Bénabar
Si tu suis mon regard, Benjamin Biolay
À Mireille [parlé, texte de Paul Fort], Georges Brassens
L’enterrement de Verlaine [parlé, texte de Paul Fort, mais il existe des versions chantées], Georges Brassens
Paris jadis, Jean-Roger Caussimon
Jamais je t’aime, Alain Chamfort
Hélène, Julien Clerc
Les chanteurs sont tous les mêmes, Vincent Delerm
You’re gonna make me lonesome when you go, Bob Dylan
La différence, Lara Fabian
Les poètes, Jean Ferrat
Ma môme, Jean Ferrat
Blues, Léo Ferré
La fortune, Léo Ferré
Paris, Léo Ferré
À Saint-Germain des Prés, Léo Ferré
Monsieur Barclay, de Léo Ferré
Je suis venu te dire que je m’en vais, Serge Gainsbourg
Metroland, Mark Knopfler
Jardins ouvriers, Serge Lama
Des éclairs et des révolvers, Serge Lama
Neige, Serge Lama
Pauvre Lélian, Allain Leprest
Ma môme, ma p’tite môme, Yves Montand
Rue de Crimée, Marcel Mouloudji
Et bleu…, Pascal Obispo
Je rentre, Pascal Obispo
Ce qu’on voit… allée Rimbaud, Pascal Obispo
L’arbre si beau, Pierre Perret
T’as pas la couleur, Pierre Perret
La femme grillagée, Pierre Perret
Peau Aime [parlé], Renaud
Mon bistrot préféré, Renaud
Les gauloises bleues, Yves Simon
Aux fontaines de la cloche, Charles Trenet
Ohé Paris, Charles Trenet
Adam et Yves, Zazie

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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Le plus cité

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 8/10

Devinette du jour : quelle célébrité a la particularité de voir son nom cité dans des chansons de Adamo, Alizée, Art Mengo, Pierre Bachelet, Barbara, Didier Barbelivien, Claude Barzotti, Bénabar, Benjamin Biolay, Georges Brassens, Jean-Roger Caussimon, Alain Chamfort, Julien Clerc, Vincent Delerm, Bob Dylan, Lara Fabian, Jean Ferrat, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Mark Knopfler, Serge Lama, Allain Leprest, Yves Montand, Mouloudji, Pascal Obispo, Pierre Perret, Renaud, Yves Simon, Charles Trenet et Zazie ?

Les fidèles du blogs doivent pouvoir trouver facilement. Léo Ferré va jusqu’à citer notre mystérieuse célébrité dans cinq chansons, Barbara dans quatre.

Réponse à la devinette d’hier. On demandait quel toponyme est cité dans le plus grand nombre de chansons de Georges Brassens, après « Paris », « Espagne » et « France ». Bravo à Diego qui a le premier proposé la bonne réponse. Il s’agit de « Cythère », mentionnée dans six chansons. Je plains ceux qui ont cherché la réponse en écoutant systématiquement les douze albums de Brassens dans leur ordre de sortie, parce que la première occurrence de « Cythère » se trouve seulement à la 8e piste du 7e album ! En plus, les suivantes sont dans le 9e album, le 11e, puis dans divers inédits. Je vous passe Les amours d’antan, 8e piste du 7e album donc.

Les autres chansons : Je bivouaque au pays de Cocagne, L’andropause, Le bulletin de santé, Quatre-vingt quinze pour cent et S’faire enculer (où l’on remercie Brassens de ne pas nous avoir gratifié de la rime avec « clystère »).

Réponse à la question subsidiaire. Le seul toponyme désignant un endroit situé en Amérique (Nord et Sud confondus) cité par Brassens est « Pérou », dans Gastibelza, adaptation d’un poème de Victor Hugo. Bravo encore à Diego qui a trouvé le premier. JF nous propose l’Eldorado, qui apparaît dans Le père Noël et la petite fille. Son statut de toponyme est problématique, mais pourquoi pas… il y aurait donc deux toponymes américains chez ce sacré Brassens. Il est aussi question d’un « bar américain » dans Le moyenâgeux et une sorte de scène de western est racontée dans La visite, mais ça ne répond pas vraiment à la question.  Sur la vidéo, curieusement Brassens oublie de dire « Pérou », comme s’il rechignait vraiment à nous parler d’Amérique !

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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Brassens nous parle de chansons

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 5/10

Devinette du jour : Brassens fait souvent allusion à des chansons. On a déjà vu dans le blog que cet antimilitariste citait deux fois la chanson Sambre-et-Meuse, voir ici. Mais quelles autres chansons sont citées au moins deux fois dans les chansons du bon Georges ? Question subsidiaire : faut-il y voir un anti-quelque-chosisme ?

Réponse à la devinette d’hier. Je vous demandais un maximum de références au rap dans les chansons de Renaud.

Juthova nous prose « une compil hommage à Renaud par le rap français est sortie en 2001. Ça s’appelle Hexagone 2001…rien n’a changé« . Vous noterez que la deuxième piste de l’album, Où c’est qu’j’ai mis mon flingue, n’est autre que la première chanson passée dans ce blog.

Un commentateur anonyme nous propose « plus qu’une référence, un remake: Lâche l’affaire par R-Wan, le chanteur de Java ».

Je vous propose Hexagonal de Doc Gynéco, référence claire à Hexagone, avec Renaud qui intervient directement.

Pitbull de Booba utilise la musique de Mistral gagnant.

Dans Commis d’office, de Booba et Mala, on entend « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est Christophe Colomb », référence claire à Dès que le vent soufflera de Renaud.

Dans Cherche l’amour de Dooz Kawa, référence claire à Manu de Renaud :

Oh Manu, rentre chez toi
Et puis va pas t’tailler les veines, hein
Une go de perdue, c’est pas la fin d’la race humaine

Manu de Renaud.

Cherche l’amour de Dooz Kawa.

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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Renaud dans le rap

Neuf devinettes (pas que sur Brassens) 4/10

Devinette du jour : Le rap, du moins en France, est l’héritier du grand courant de la chanson réaliste qui a marqué tout le XXe siècle d’Aristide Bruant à Renaud. À l’appui de cette théorie, je vous demande de trouver dans le rap un maximum de références aux chansons de Renaud (j’ai des exemples communiqués par Émile, internaute confiné dans les Monts du Forez et référent du Jardin pour le rap).

Réponse à la devinette d’hier. On demandait quelle est la chanson de Brassens dont les couplets sont en vers de 13 pieds. Bravo à Pierre, internaute de la Montagne Sainte-Geneviève, qui a le premier donné la bonne réponse.  Il s’agit des Funérailles d’antan. Chanson bouffonne sur un sujet macabre, je me demande s’il faut voir quelque superstition ou message subliminal à ce nombre 13 passé en contrebande (un peu comme le « diabolus in musica » glissé dans la mélodie des Copains d’abord, voir ici).

Pierre remarque que dans Les funérailles d’antan, les vers sont débités « en mitraillette ». C’est quand même une mitraillette bien réglée. Ça fait « un-deux-trois un-deux-trois un-deux-trois un-deux-trois Un » (on peut chanter tous les couplets sur ces paroles, sauf la toute fin). J’ai commis l’erreur de me confiner sans mes partitions de Brassens, mais ça a l’air d’un 12/8, chaque vers s’étalant sur deux mesures. La première est entièrement décomposée en 12 croches (d’où la « mitraillette »), la deuxième contient seulement le dernier pied, et du silence. Et puis ça recommence.

Par Chanson plus bifluorée.

 

Pierre nous signale aussi Le progrès où quelques vers de 13 pieds fleurissent au milieu d’octosyllabes, très belle chanson. Je n’ai pas d’explication à ces apparitions de vers de 13 pieds, mais j’observe que cette fois la musique est de Jean Bertola. Je ne vois pas comment Brassens a pu écrire un texte sur une métrique aussi curieuse sans une ébauche de musique en tête, au moins un placement rythmique. Par Jean Bertola.

Il me semble aussi que dans Embrasse-les tous des vers de 13 pieds se baladent par-ci par-là au milieu d’alexandrins et d’autres choses, car cette chanson n’a pas une conduite très réglée, au plan métrique s’entend…  Par Yves Jamait.

 

1 – Devinettes
2 – Les premiers seront les premiers
3 – 13 à la douzaine
4 – Renaud dans le rap
5 – Brassens nous parle de chansons
6 – Johnny dans une faille spatiotemporelle
7 – Les toponymes de Georges
8 – Le plus cité
9 – Recollage
10 – Vers d’anthologie

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À part peut-être Renaud

Féminisme / sexisme 12/16

Je vous propose aujourd’hui Miss Maggie de Renaud, qui détaille toutes les horreurs commises par les hommes et pas par les femmes (à part Mme Thatcher bien sûr).

En english.

Renaud s’explique, sur le site de l’INA, ici.

À la fin de la vidéo, Renaud nous dit : « D’une femme au pouvoir on attend peut-être une attitude plus humaine que d’un homme […] donc je l’aime pas, et puis en plus elle est moche ».

Au bout du compte, Renaud en veut à Thatcher parce qu’elle est une femme (moche).

Bonus du jour, la fin de Rien pour vos yeux, un James Bond de l’époque Roger Moore.  Miss Maggie fait le ménage, empoisonne la vie de monsieur et drague le beau James pendant qu’il se tape la James-Bond-Girl. Merci à lui d’avoir sauver l’Angleterre et la civilisation.

1 – Les petites filles de Michèle Bernard
2 – Êtes-vous sexiste-Beatles ou sexiste-Rolling Stones ?
3 – Jane Birkin
4 – Marie Dubas nous fait mal
5 – Les rapeurs sont-ils jugés sexistes ?
6 – Léo Ferré est-il misogyne ?
7 – Jacques Brel est-il misogyne ?
8 – Georges Brassens est-il misogyne ?
9 – Gainsbourg est-il misogyne ?
10 – Les z’hommes
11 – Le monsieur du métro
12 – À part peut-être Renaud
13 – Anne Sylvestre
13bis – La faute à Ève
14 – Rimes féminines
15 – Ne vous mariez pas les filles
16 – Nettoyer, balayer

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